S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 2

1 746 mots, temps de lecture 9 minutes.

Étapes 2 et 3 – De Barfleur à Cherbourg-en-Cotentin en passant par la Pointe du Brick.

Si tu tombes sur cette page par hasard, sache qu’il s’agit de la suite d’un récit de randonnée au long cours dans le Cotentin. Dans la première partie, je te racontais comment j’ai préparé ce périple, le jour J-1, et ma première journée de marche jusqu’à Barfleur.

Si ce n’est pas déjà fait, je te conseille d’aller lire ce premier billet avant de continuer « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotententin – partie 1« , histoire de ne pas rater le début de l’aventure.

Où en étais-je ?

Après une première journée entre terre, sable et douleur naissante sous le pied, je reprends le sentier et débute la côte nord du Cotentin. Le paysage change, les sensations aussi. Je t’emmène maintenant sur les étapes 2 et 3, entre Barfleur et Cherbourg, avec la mer pour compagne fidèle, et quelques belles surprises sur le chemin…

Prêt ? C’est parti !

Jour 2 : Direction LAnse du Brick, 27,564 km +255 m

Carte du tracé GPX du deuxième jour de randonnée, reliant Barfleur à Cherbourg-en-Cotentin en longeant le littoral nord de la presqu'île du Cotentin sur environ 27 km, colorisé en rouge et orange indiquant des altitudes comprises entre 40 et 85 m, avec profil altimétrique enregistré le mercredi 14 mai 2025.
Jour 2 – Barfleur › Cherbourg-en-Cotentin via la pointe du Brick – ≈ 27 km – Altitudes entre 40 et 85 m – 14 mai 2025

J’ai encore mal dormi cette nuit… Le froid s’est encore invité et impossible de trouver une vraie position confortable. Bref, réveil un peu raide. Ha j’ai aussi de sacrés coups de soleil de la veille.
Je me prépare tranquillement. Un brin de toilette vite fait, puis je sors les pansements : deux orteils en mode alerte et cette fichue douleur sous le pied droit – je protège tout ça comme je peux.
Côté vestimentaire, je mets les bas de mon pantalon convertible en short, ma veste de pluie pour les manches longues (elle est super efficace contre le vent sans être trop chaude) et je n’oublie pas mon chapeau à longs bords. Je me badigeonne le visage et les mains de crème protectrice…  Me voilà protégé du soleil.

Avant de partir, je prends mon petit déjeuner au camping de la Blanche Nef. Et me voilà parti !

Très tôt, sur la pointe de « La Masse », on voit déjà au loin le phare de Gatteville. Je passe le Havre de Crabec et du Havre de Flicmare jusqu’au Havre de Houlvi, où se trouve l’aquaculture consacrée à l’écloserie des huîtres et palourdes. Je passe rapidement devant le phare de Gatteville, qui est d’un « Gigantisme Cathédralesque[1]« . Je regrette de ne pas l’avoir visité, car en plus d’être le deuxième plus grand phare de France et d’Europe, il a un lien avec notre calendrier : 365 marches, 12 étages et 52 fenêtres.

Jusqu’à la Pointe de la Loge, j’ai la mer et les plages de sable fin à ma droite. À ma gauche, je passe devant des lacs, des mares et des marécages qui font le bonheur des oiseaux. On passe aussi devant une multitude de blocos à la pointe de Néville, et j’ai fait une pause pour tremper mes pieds dans l’eau glaciale de la mer au niveau de la Pointe des Mares.
Au niveau de l’Anse de la Visière et de la Pointe de Fréval, j’ai fait une autre petite pause devant la Croix du Prométhée, un calvaire érigé à la mémoire des disparus du sous-marin Prométhée, qui a entraîné la mort de 62 des 69 hommes d’équipage suite à un problème technique.

Après le Port Pignot, qui est l’un des plus petits ports de France, les dénivelés commencent à s’affirmer au niveau du Cap Lévi, et le paysage change.

Entre le Cap Lévi et la Pointe du Vieux Fort, je manque de tomber et, en me rattrapant, je casse l’un de mes bâtons de marche.

Au kilomètre 24,5, une trace m’envoie à gauche. Je monte un bon dénivelé sur 400 mètres pour me rendre compte que ma trace ne passe pas par là, mais longe bien la côte. Je redescends et continue de longer la côte, sauf que je ne vois plus le moindre signe GR. Je vérifie : le GR passe pourtant bien là où je suis. Le chemin se rétrécit, je suis griffé par les broussailles qui n’ont pas été taillées, et au bout 1,5 kilomètre, le chemin est coupé, impossible de passer… Je rebrousse chemin sur une cinquantaine de mètres et coupe plein ouest pour rejoindre la D116, une montée ultra-raide que je n’aurais pu gravir par temps humide. Finalement, après ce petit détour sportif, je retrouve le GR et file vers le camping de l’Anse du Brick. Ouf, quelle journée !

Ha le camping de l’Anse du Brick ! Il fait partie de la chaîne Sandaya.
Toi le randonneur, que tu sois à pied ou à vélo, passe ton chemin, trouve un autre camping ou un spot de bivouac !
Je t’explique mon expérience… J’avais pourtant réservé à l’avance un emplacement « tente de bivouac », en précisant bien que j’arrivais à pied. À l’accueil ? Un minimum d’infos, juste un numéro de place et « débrouille-toi » pour les sanitaires. Par contre, le bar-restaurant, ça, on me l’a bien indiqué !
J’arrive à l’emplacement donné, il est en pente. Je retourne à l’accueil et précise que, contrairement aux camping-cars, je n’ai pas de cale pour mettre ma tente de niveau. On me donne deux autres emplacements au choix. Je prends le plus plat et retourne à l’accueil pour annoncer mon choix.
Et là, on me sort fièrement :
« Vous avez l’électricité sur chaque emplacement ! »
Ma réponse : « Super… mais sans adaptateur pour camping-car, mon téléphone reste à plat. »
« Ah bon ? Essayez au bar alors… »
Bilan : 24,21 € pour un emplacement médiocre, un service zéro et mon téléphone rechargé grâce à MA batterie de secours. Sans conteste le pire camping de mon périple, et le plus cher !

Infos :
L’étape en elle-même m’a semblé plutôt facile, malgré quelques bons petits dénivelés. Par contre, attention : le tracé du GR semble avoir été modifié sur le terrain, mais pas encore sur les cartes type MonGR ou IGN – à surveiller.
Et non, je ne te donne pas plus d’infos sur ce camping. Il n’en vaut pas la peine.

Vue depuis le rivage sur le phare de Gatteville et son phare secondaire, deux tours cylindriques en granite posées sur un ensemble de bâtiments bas au bord de la mer, sous un ciel bleu parfaitement dégagé, avec des rochers affleurants au premier plan.
Le phare de Gatteville et sa tourelle secondaire – Pointe de Barfleur, Manche, Normandie – Deuxième phare de France par sa hauteur (75 m)
Anse sablonneuse bordée d'une lande herbeuse rase, avec plusieurs blocs de béton armé effondrés et inclinés — vestiges de blockhaus de la Seconde Guerre mondiale - éparpillés sur la plage et en bordure de dune, sous un ciel bleu sans nuages.
Blockhaus effondrés de l’anse de Gattemare, progressivement engloutis par l’érosion côtière – Manche, Normandie
Zone humide côtière avec un plan d'eau peu profond séparé de la plage de sable par une bande de végétation, sur lequel repose une colonie de plusieurs dizaines de cygnes blancs, avec des roselières, des prés et des habitations en arrière-plan, sous un ciel bleu.
Colonie de cygnes tuberculés sur les mares côtières de la pointe des Mares – Littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie
Sentier sableux étroit serpentant entre des touffes d'oyats et des valérianes rouges en pleine floraison, avec des maisons et des arbres visibles à l'arrière-plan, sous un ciel bleu légèrement voilé.
Sentier dunaire fleuri de valérianes rouges – Secteur de Fréval, littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie
Longue plage de sable blanc déserte en courbe douce, bordée d'une dune herbeuse à droite et d'une mer aux teintes turquoise et bleu profond à gauche, avec une laisse de mer sombre et des rochers affleurant à l'horizon, sous un ciel bleu sans nuages.
L’anse de la Mandrée, plage sauvage et déserte du cap Lévi – Littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie

Jour 3 : On part pour la grande ville, Cherbourg-en-Cotentin, 19,147 km +285 m

Carte du tracé GPX du troisième jour de randonnée, reliant la zone de Maupertus-sur-Mer à Cherbourg-en-Cotentin en longeant la côte nord-ouest sur environ 19 km, colorisé du bleu au rouge selon l'altitude, avec un profil altimétrique accusant deux bosses marquées dépassant les 100 m, enregistré le jeudi 15 mai 2025.
Jour 3 – Pointe du Brick › Cherbourg-en-Cotentin – 19,1 km – +285 m de dénivelé positif – 15 mai 2025

La veille j’ai mangé un repas de ma préparation, me suis douché, j’ai écrit et lu avant dormir, encore une nuit courte à cause du froid. Le matin petit déjeuner de ma préparation et en route.
Dès le départ je prends du dénivelé positif. Mais au bout d’environ un kilomètre, une récompense : un point de vue incroyable. Ensuite, le sentier quitte un peu la côte pour s’enfoncer dans les terres.

Changement d’ambiance, de la verdure, du dénivelé toujours, des chemins parfois étroits, mais franchement agréables. Et tout au long du parcours, des vues superbes qui surgissent au détour du chemin avant la descente vers St-Germain.

À hauteur du Becquet de Digosville. je fais un petit crochet par une boulangerie. Je m’installe tranquillement pour manger un casse-croûte[2] avec un café, et je me laisse tenter par une spécialité locale : un Becquet. C’est comme un chausson aux pommes, mais fait dans une pâte à pain, avec une croûte de sucre caramélisé. Une tuerie. Je le garde pour plus tard, en mode grignotage.

Je reprends la route, passe devant le fort de l’Île Pelée — un ancien fort de 1784 devenu prison à la Révolution, puis base allemande avec batteries de DCA pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un kilomètre plus loin, j’entre dans Cherbourg, par le boulevard des Flamands. Là, j’accélère le pas, cette portion urbaine jusqu’au centre-ville est franchement sans intérêt. Je longe le port, fais une pause devant la Basilique Sainte-Trinité, puis direction l’auberge de jeunesse, où j’ai réservé pour la nuit.

C’est ma toute première fois en auberge de jeunesse et très bonne surprise ! Accueil sympa, lieu propre, ambiance calme. J’ai une petite chambre avec deux lits superposés rien que pour moi.
Je dépose mon sac, repars découvrir un peu Cherbourg. Et je dois dire que j’aime bien cette ville. Je fais un ravitaillement dans une petite épicerie pour les jours suivants, je prends de quoi dîner et je trouve aussi une pharmacie (je suis à court de pansements “seconde peau”, je prends aussi un tube de NOK, c’est bête j’en ai à la maison). De retour à l’auberge : lessive, douche, un peu d’écriture, un peu de lecture… et cette fois, je sens que la nuit va être bonne.

Mon sac est prêt pour le lendemain, il ne me restera plus qu’à accrocher mon linge humide dessus pour qu’il sèche en route.

Infos :
Étape facile dans l’ensemble, même s’il y a du dénivelé sur les 10 premiers kilomètres.
L’arrivée sur Cherbourg, une fois en ville, est assez monotone, mais le centre rattrape largement.

HI Cherbourg
Fédération Unie des Auberges de Jeunesse

55, rue de l’Abbaye
50100 CHERBOURG (FRANCE)
Tél. : +33 (0) 2.33.78.15.15

Sentier rocheux longeant une crête de falaise couverte de lande, menant vers des vestiges de maçonnerie en pierre dominant directement la Manche, avec des rochers de granite, de la végétation rase et un ciel bleu partiellement nuageux.
Sentier de crête et ruines côtières surplombant l’anse du Brick – Maupertus-sur-Mer, Manche, Normandie
Sentier étroit et pierreux en légère montée, encadré d'un muret de granite couvert de mousse à droite et d'une végétation dense de fougères et d'arbustes, filtrant la lumière en taches de soleil sur le sol, au sud de Becquet dans le Cotentin.
Chemin creux ombragé entre fougères et muret de granite – Sud de Becquet, littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie
Vue panoramique en hauteur depuis la batterie de Bretteville-le-Haut sur l'agglomération de Tourlaville et la grande rade de Cherbourg, avec la digue du large, le fort de l'Île Pelée et les installations portuaires visibles à l'horizon, sous un ciel couvert et gris.
Panorama sur la rade de Cherbourg depuis la batterie de Bretteville-le-Haut – Tourlaville, Manche, Normandie
Vue depuis le rivage sur le fort de l'Île Pelée, vaste ensemble fortifié en pierre posé à fleur d'eau au milieu de la rade de Cherbourg, sous un ciel gris uniforme, avec une mer légèrement agitée au premier plan.
Le fort de l’Île Pelée, gardien de la rade de Cherbourg – Manche, Normandie
Vue rapprochée du flanc extérieur de la basilique Sainte-Trinité de Cherbourg-en-Cotentin, montrant des fenêtres à remplage gothique flamboyant, des pinacles, des gargouilles et une frise ajourée en pierre calcaire, avec une pelouse fleurie de marguerites au premier plan, sous un ciel bleu.
Détail architectural du flanc sud de la basilique Sainte-Trinité – Cherbourg-en-Cotentin, Manche, Normandie

J’arrête mon récit pour aujourd’hui, revenez rapidement pour la suite ! Exprimes-toi dans les commentaires.

Le billet « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotententin – partie 2 » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Note(s)

  1. ^ Gigantisme Cathédralesque : ça ne s’invente pas, expression en clin d’œil à mon ami d’enfance, mon frère de sang.
  2. ^ Casse-croûte : oui, je ne dis pas sandwich qui pour moi est avec du pain mou, mais casse-croûte, dans de la bonne baguette croustillante.

3 réflexions sur « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 2 »

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