S25E03 – Le Tour du Larzac en 6 jours

3 635 mots, temps de lecture 19 minutes.

S25E03 – Le Tour du Larzac – Randonnée itinérante entre causses, falaises et ciel.

Mon binôme (Jubéa) m’a proposé cette rando, celui avec qui j’ai fait « le Tour des Puys d’Auvergne » en septembre 2024. Ça tombait super bien, parce qu’à chaque fois que je passais à Millau, je me disais : « Faut vraiment que je me fasse une rando dans le coin ! ».

Le seul problème avec cette randonnée, c’est que le point de départ est vraiment mal desservi par les transports en commun. Il nous aurait fallu plus de 10 heures pour y arriver, alors on a dû prendre la voiture. C’est vraiment dommage car je préfère toujours prendre le train quand c’est possible.

Pour le départ et l’arrivée, nous avons a été hébergés chez une connaissance. Du coup, sur les cartes, j’ai flouté les lieux exprès pour préserver un peu l’anonymat.
Lors de cette randonnée je n’ai pris aucune note, comme à chaque fois que je ne randonne pas seul, la rédaction va s’en ressentir.
La difficulté à été de ne choisir que trois photographies par jour.

Préparation et planification

Carte du tracé GPX d'un itinéraire pédestre en boucle parcourant le pourtour du causse du Larzac autour de Millau et du Camp du Larzac, colorisé selon l'altitude entre 400 et 900 m, avec un profil altimétrique oscillant majoritairement entre 750 et 850 m et une descente marquée vers 450 m vers le kilomètre 55, enregistré entre le 18 et le 23 juin 2025.
Tracé GPX colorisé par altitude – Tour du Larzac en 6 jours (18–23 juin 2025) – Distance totale : environ 115 km – Altitudes entre 400 et 900 m

Itinéraire
C’est Jubéa qui a trouvé l’idée sur un site web, c’est toujours enrichissant de reprendre sur les expériences des autres. Comme on prévoyait de partir depuis La Cavalerie, ne pas descendre à Saint-Geniez-de-Bertrand ni à Millau, sauf en cas d’intempérie… J’ai repris la trace GR sur MonGR et j’ai redécoupé les étapes depuis notre point de départ (qui est après La Cavalerie) une tâche que j’adore faire ! Lors de la préparation on constate immédiatement que le Larzac brille par l’absence de point d’eau, nous comptons beaucoup sur nos gourdes filtrantes et les éventuels abreuvoirs croisés, Tu verras que c’était une erreur…

Motre parcours jour par jour

  1. Point de départ – Point de bivouac → 19,535 km ↑525 m D+ ↓510 m D-
  2. Point de bivouac – Eco-Camping du Larzac → 11,232 km ↑157 m D+ ↓162 m D-
  3. Eco-Camping du Larzac – Nant → 24,429 km ↑363 m D+ ↓665 m D-
  4. Nant – La Couvertoirade → 19,721 km ↑537 m D+ ↓217 m D-
  5. La Couvertoirade – L’Hospitalet-du-Larzac → 24,857 km ↑423 m D+ ↓417 m D-
  6. L’Hospitalet-du-Larzac – Point d’arrivée → 19,337 km ↑406 m D+ ↓314 m D-

Un total arrondi de 119 km et 2 411 m de dénivelé D+ et 2 285 m D-

Précision : la différence entre le D+ et le D- est que le premier jour mon GPS est tombé en panne de piles et que pour le premier jour j’ai donc pris les données enregistrées par mon ordiphone qui est beaucoup moins précis, pas d’étalonnage possible.

Équipement
Tout le détail est le fichier « Ma_Liste_Larzac.pdf » téléchargeable.
Petite modification de poids à la dernière minute : si mon sac faisait bien 10 101 g juste avant de partir j’y ai ajouté ma liseuse qui fait 286 g avec sa house de protection, ce qui fait un sac à dos de 10 387 g, nourriture comprise mais sans eau.

Conseils

Condition physique.
J’ai tendance à penser que dès l’instant où il n’y a pas de difficultés techniques particulières (escalade, neige, etc.) ça reste à la portée de tout le monde, c’est juste une question de rythme (4, 5, 6 ou 7 jours ou plus, ça n’a pas d’importance). Tout de même attention au soleil, de mi-juin à fin août ça cogne fort et il y a peu d’ombre sur les causses.

Logistique
Entre La Cavalerie et l’Éco-Camping du Larzac il n’y a ni eau, ni hébergement à moins de redescendre sur Saint-Geniez-de-Bertrand ou Millau. Ensuite il y a des campings, hébergement et ravitaillement à chaque étape. Attention, à l’Éco-Camping du Larzac il n’y avait pas de bouteille d’eau (si vous avez besoin d’un contenant supplémentaire). Parfois les traces du GR sont peu, voire pas visibles.

Sécurité
Informe toujours quelqu’un de ton entourage de ton itinéraire. Dans ta trousse de secours, n’oublie pas les pansements, les antiseptiques, tes médicaments personnels si tu suis un traitement, ainsi que ton ordonnance. Pense également au sifflet !

Tu as lu jusqu’ici, c’est parti, on démarre la randonnée !

Jour 1 : De notre hébergement au point de bivouac, 19,535 km, D+525 m

Carte du tracé GPX du premier jour du Tour du Larzac, reliant le point de départ aux environs de Creissels au premier bivouac sur environ 19,5 km, colorisé du rouge au bleu-vert selon l'altitude entre 740 et 860 m, avec un profil altimétrique très ondulé oscillant entre 750 et 860 m, enregistré le mercredi 18 juin 2025.
Jour 1 – Hébergement › Point de bivouac – 19,5 km – +525 m de dénivelé positif – 18 juin 2025

Je pars avec 1,5 l dans la poche à eau, 1 l dans ma gourde filtrante et 75 cl dans une petite bouteille, ce qui fait 3,25 l d’eau (3,25 kg) pour les deux jours, nous espérons croiser des abreuvoirs à mouton ou des « lavognes[1] ».

Assez tôt nous passons par un chemin bordé de buis (Buxus), je n’en ai jamais vu avec des pieds aussi gros ils sont certainement plus que centenaires, mais aussi des nuées de Pyrales du buis (Cydalima perspectalis), je n’en ai jamais vu autant !
À environ 3 km de la ferme fortifiée « Les Brouzes » se pause un choix, soit continuer tout droit par un tronçon d’un GRP ou continuer le GR71D sur la gauche et longer l’autoroute sur près d’un kilomètre. Nous optons pour continuer tout droit et quitter le GRP pour nous rendre au point culminant « Malmont 805 m » où se trouve une antenne. De l’autre côté de l’antenne, plein nord sur un sentier à peine visible absent des cartes IGN mais présent sur OsmAnd, nous rejoignons le sentier noir de la carte IGN à l’Est du point 794, puis rejoignons le GR71D au niveau du « Cirque du Boundoulaou ». Nous passons plusieurs magnifiques points de vue (Cap de Coste, Croix du Pas Destrech, La Pente de la Grande…). Nous quittons le GR pour l’Oppidum de la Granède[2] où à l’Ouest on a un magnifique point de vu sur « La Granède ». Nous nous posons dans les environs dans un magnifique coin de bivouac.
Sur les cinq derniers kilomètres je me suis senti mal (cumul de plusieurs nuits d’insomnies, plus chaleur, efforts) m’obligeant à plusieurs petites pauses.

Vue panoramique sur le causse du Larzac, vaste plateau calcaire semi-aride aux teintes ocre et beige parsemé de genévriers et de parcelles agricoles vertes, avec des reliefs bleutés à l'horizon, sous un ciel bleu pâle et légèrement voilé par la chaleur estivale.
L’étendue du causse du Larzac depuis les hauteurs du plateau – Aveyron, Occitanie
Vue en plongée depuis le rebord calcaire du causse du Larzac sur la vallée encaissée menant à la ville de Millau, avec des falaises boisées et des parois rocheuses à droite, un fond de vallée agricole et boisé, et l'agglomération de Millau étalée dans la plaine en arrière-plan, sous un ciel bleu de juin.
Millau et sa vallée vus depuis le rebord du causse du Larzac – Aveyron, Occitanie

Nous dormons à la belle étoile sous un ciel dégagé !

Deux couchages de bivouac installés côte à côte dans une clairière herbeuse en lisière de forêt, composés de matelas de sol argentés, d'un sac de couchage orange et de couvertures de survie, avec sacs à dos et équipement dispersés au premier plan, en pleine lumière de juin.
Installation du bivouac en lisière de forêt lors du premier jour du Tour du Larzac – Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie

Crédit Photo ©Jubéa

Jour 2 : De Point de bivouac à l’Éco-Camping du Larzac, 11,232 km, D+157 m

Carte du tracé GPX du deuxième jour du Tour du Larzac, reliant le point de bivouac à l'Éco-Camping du Larzac sur environ 11,2 km, colorisé du rouge au bleu-cyan selon l'altitude entre 730 et 810 m, avec un profil altimétrique démarrant à 796 m, descendant vers 745 m en milieu d'étape puis remontant progressivement, enregistré le jeudi 19 juin 2025.
Jour 2 – Bivouac › Éco-Camping du Larzac – 11,2 km – +157 m de dénivelé positif – 19 juin 2025

Nous reprenons le GR en balcon, passons la ferme de Potensac, peu après nous empruntons un chemin sous une voûte de buis (la bouissière) et nuée de pyrales, nous continuons jusqu’à Saint-Martin-du-Larzac où se trouve une petite chapelle.
Depuis notre départ la veille nous n’avons croisé aucun point d’eau, juste un abreuvoir ce matin mais séparé de nous par une clôture de barbelé sur monté de câbles électrifiés, donc inaccessible.
À Saint-Martin-du-Larzac nous toquons à une porte et un monsieur nous remplis généreusement nos gourdes. Plus loin nous passons devant la ferme troglodytique des Baumes[3].
Nous arrivons à l’Éco-camping du Larzac à Cun, petite épicerie, accueil sympathique, nous y avons pris une petite structure en bois avec deux lits.
Les rencontres :
Sacha, très belle rencontre, une marcheuse solitaire d’exception, tente/tarp, réchaud à alcool, a de nombreuse randos à son actif. Fait le Tour du Larzac, est partie de La Couvertoirade,demain sera son avant-dernière étape.
Un duo, deux sympathiques hommes qui comme nous font une randonnée par an en duo, l’un des deux est plus expérimenté et a du matériel technique. Le monde est petit, le frère du second connaît et est ami de mon pote libraire. Ils font le tour du Larzac mais en passant part des hébergements « confort ».

Randonneur de dos, coiffé d'un chapeau de randonné et portant un grand sac à dos bleu avec des bâtons de marche, debout sur un affleurement rocheux calcaire en surplomb dominant la vallée du Tarn, avec Millau et ses environs visibles en contrebas et les falaises des causses environnants à l'horizon, sous un ciel bleu parfaitement dégagé.
Moi au bord du causse du Larzac dominant Millau et la vallée du Tarn – Aveyron, Occitanie
Édifice cylindrique en moellons calcaires coiffé d'un toit conique en lauzes grises surmonté d'un lanternon en pierre, apparemment attenant à une ferme caussenarde aux toits de lauzes, entourés de végétation, sous un ciel bleu vif.
Ferme caussenarde avec bergerie cylindrique à toit de lauzes – Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie
Chaos de rochers calcaires aux formes érodées et tourmentées dominant un champ de céréales dorées, avec les ruines de bâtiments en pierre visibles en pied de paroi à gauche, et une végétation de chênes et de pins en arrière-plan, sous un ciel bleu à cumulus blancs.
Chaos rocheux dolomitique et ruines d’une ferme caussenarde abandonnée – Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie

Jour 3 : de l’Éco-Camping du Larzac à Nant, 24,429 km, D+363 m

Carte du tracé GPX du troisième jour du Tour du Larzac, reliant l'Éco-Camping du Larzac à Nant sur environ 24,4 km, longeant le périmètre nord du Camp du Larzac, colorisé du bleu-cyan au rouge selon l'altitude entre 450 et 900 m, avec un profil altimétrique démarrant à 800 m, stable jusqu'au kilomètre 17 puis chutant spectaculairement vers 500 m, enregistré le vendredi 20 juin 2025.
Jour 3 – Éco-Camping du Larzac › Nant – 24,4 km – +363 m de dénivelé positif – 20 juin 2025

Nous partons tôt, quoique moins tôt que nous espérions, Sacha est déjà partie avant même que nous nous levions et le duo d’amis, une trentaine de minutes avant nous.
À partir de là je partirai chaque jour chargé de minimum 4,5 l d’eau.
Le GR est plat sur deux kilomètres pour remonter d’une trentaine de mètres sur un kilomètre pour redescendre d’une centaine de mètres sur deux kilomètre. On passe devant la ferme Le Tournet et au point le plus bas la ferme Le Sot ensuite ça remonte de nouveau de 135 m sur un plus de 4 km. Dans cette montée herbeuse nous laissons sur notre droite « Les Sourzials », nous longeons les chaos ruiniformes des « Anouts », passons entre les « Rocs du Bartas » et le « Roc Rouge » pour arriver au point culminant qui est Montredon. Jusqu’au point/carrefour 821 le GR le sentier traverse bois et pâtures, puis une piste qui rejoint la route venant Montredon. Au niveau de la ferme des Homs (culture et vente de plantes aromatiques médicinales) nous doublons le duo d’amis. Nous passons devant les ruines historiques « Baylet ». 4 km plus loin nous faisons une pause et le duo nous double. Après la Grotte du Bout de Côte le chemin descend de plus en plus sur un sentier de pierre le long du Ravin de Vallongue pour arriver au Camping Les Vernèdes à Nant[4]. Dans la descente nous nous arrêtons quelques instants pour discuter avec Sacha qui fait une pause café. Accueil au camping vraiment sympa, très familiale, nous nous y sentons bien. Tente à l’ombre, celle de Sacha est en face de nous de l’autre côté du sentier près de la rivière. Nous visitons la ville faisons quelques achats. Nous passons une bonne nuit.

Sentier forestier étroit recouvert de feuilles mortes et de cônes de conifères, bordé de rochers et de troncs d'arbres entièrement couverts de mousse vert vif, dans un sous-bois mêlant pins et feuillus, traversé par une lumière matinale rasante et filtrée.
Sentier moussu en sous-bois au petit matin – Rebord du causse du Larzac, Aveyron, Occitanie
Vue panoramique en plongée depuis le rebord du causse du Larzac sur la vallée verdoyante de la Dourbie encaissée entre des versants boisés, avec le bourg de Nant visible au centre dans le fond de vallée agricole, des reliefs tabulaires à l'horizon, sous un ciel bleu de juin.
La vallée de la Dourbie et le bourg de Nant vus depuis le rebord du causse du Larzac – Aveyron, Occitanie
Sculpture grandeur nature d'un chevalier en armure monté sur un cheval, entièrement assemblée à partir de pièces métalliques recyclées et d'objets de récupération oxydés, installée sur la place devant la mairie de Nant, bâtiment en pierre calcaire aux volets gris, sous un soleil estival.
Sculpture en métal de récupération représentant un chevalier à cheval – Place de la Mairie, Nant, Aveyron, Occitanie

Jour 4 : de Nant à La Couvertoirade, 19,721 km, D+537 m

Carte du tracé GPX du quatrième jour du Tour du Larzac, reliant Nant à La Couvertoirade sur environ 19,7 km, colorisé du rouge au bleu selon l'altitude entre 450 et 850 m, avec un profil altimétrique démarrant à 458 m et remontant progressivement jusqu'à 779 m en fin d'étape, enregistré le samedi 21 juin 2025.
Jour 4 – Nant › La Couvertoirade – 19,7 km – +537 m de dénivelé positif – 21 juin 2025

Sacha a tout plié, rangé et partie environ 30 minutes avant nous.
Nous sortons de Nant par la D99 sur presque 1 km puis un chemin vers Le Liquier, ensuite un chemin de terre par endroit empierré qui passe au-dessus du hameau de Frayssinet-Bas sur notre gauche. Nous continuons sur la plaine jusqu’à la plate-forme d’une voie ferrée désaffectée[5]. Nous passons par La Barraque Froide, nous laissons le calvaire sur notre droite et empruntons un chemin plus étroit et le suivre sur 1,8 km pour rejoindre la petite route de Gaillac que nous traversons. Le chemin nous mène jusqu’à La Couvertoirade[6]. Nous passons juste avant d’arriver devant une Lavogne.
Nous nous rendons au gîte d’étape Gîte de la Cité dans lequel nous avons réservé en chemin, tout juste à temps car il ne restait que deux places dans un dortoir, nous y sommes avec des cycliste qui font de l’itinérance avec portage de valise.
Nous visitons la ville, et le soir c’est la fête de la musique, alors c’est soirée banquet avec des musiciens, des chants (locaux mais aussi des années 70 ainsi que d’autres à la thématique des boissons (ha le petit vin blanc, etc.). Repas (entrée, plat, fromage et dessert[7]*) à 12,50 €, Bref nous avons passé une excellente soirée.

Sentier de terre longeant de grandes touffes de genêts en pleine floraison jaune vif, avec en arrière-plan la vallée de la Dourbie boisée et verdoyante, dominée par les falaises calcaires grises du rebord du causse, sous un ciel bleu parfaitement dégagé.
Genêts en fleurs sur le sentier de remontée vers le causse depuis Nant – Vallée de la Dourbie, Aveyron, Occitanie
Sentier de terre herbeux passant sous un pont en arc de pierre calcaire à garde-corps métallique losangé, encadré d'une végétation arbustive dense, sous un ciel bleu vif, sur une ancienne emprise ferroviaire reconvertie en chemin de randonnée.
Pont en arc de pierre sur l’ancienne voie ferrée Millau-Tournemire, reconvertie en sentier de randonnée – Vallée de la Dourbie, Aveyron, Occitanie
Vue en plongée depuis les remparts sur les toits de lauzes et de tuiles romanes du village médiéval de La Couvertoirade, avec ses deux tours carrées crénelées dominant l'ensemble des maisons en pierre calcaire, des arbres et une terrasse de café ombragée, sous un ciel bleu à cumulus.
La Couvertoirade et ses tours templières vues depuis le chemin de ronde – Village médiéval classé, Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie

Jour 5 : La Couvertoirade à L’Hospitalet-de-Larzac,  24,857 km, D+423 m

Carte du tracé GPX du cinquième jour du Tour du Larzac, reliant La Couvertoirade à L'Hospitalet-du-Larzac sur environ 24,9 km, colorisé du bleu-cyan au rouge selon l'altitude entre 660 et 860 m, avec un profil altimétrique démarrant à 727 m, descendant vers 670 m en milieu d'étape puis remontant progressivement vers 733 m, enregistré le dimanche 22 juin 2025.
Jour 5 – La Couvertoirade › L’Hospitalet-du-Larzac – 24,9 km – +423 m de dénivelé positif – 22 juin 2025

Le matin nous prenons un petit déjeuner copieux au gîte, l’ambiance est très sympa, le maître des lieux aussi, c’est convivial et familial.
Nous récupérons le GR une piste qui nous mène jusqu’à la Salvetat, mais avant en chemin nous entendons des coassements sur notre gauche, nous nous y rendons et découvrons une magnifique lavogne très bien entretenue. Dès le début nous doublons un groupe de randonneurs (un homme et quatre femmes), qui nous redoublerons et que l’on redoublera et ainsi de suite jusqu’au début de l’ancienne voie ferrée, ça tisse des liens, des sourires, des blagues…
Après Salvetat nous empruntons une « bouissière » (chemin entre des haies de buis) pour rejoindre un large chemin d’exploitation qui oblique nord-ouest vers la ferme du Cun, puis le chemin vers La Blaquèrerie[8]. Sur un sentier à travers buis et genévriers nous passons devant la ferme abandonnée de Fontvive et remonter vers l’ancienne voie ferrée[9].
À environ 1 km nous décidons de quitter l’ancienne voie ferrée et couper plei nord pour rejoindre un chemin qui nous mène au Site Naturel des Canalettes[10], un lieu magnifique avec un côté féérique où il y règne une fraîcheur inattendue et bienvenue.
Nous reprenons un sentier large qui nous mène à l’ancienne voie ferrée, très rectiligne, un peu ennuyeuse jusqu’au Camping Au Tour de l’Aveyron à L’Hospitalet-du-Larzac[11]*.
Accueil sympathique, nous optons pour une tente déjà montée avec deux matelas pour partir très tôt le matin

Mare circulaire peu profonde aux berges pavées de dalles calcaires, entourée de joncs et de végétation arbustive se reflétant dans une eau calme et limpide, dans une légère dépression du causse du Larzac, sous une lumière matinale rasante.
Lavogne – mare pastorale à berges pavées de calcaire – Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie
Ruelle goudronnée étroite d'un hameau caussenard bordée de maisons en moellons calcaires, avec une tour cylindrique en pierre percée d'une porte en arc et d'une archère, partiellement en ruine, sous un ciel bleu vif de juin.
Tour cylindrique médiévale et ruelle de hameau en pierre calcaire – Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie
Sentier de terre étroit s'enfonçant dans la fissure naturelle du site des Canalettes, entre deux parois verticales de roche dolomitique entièrement couvertes de mousse et de fougères, avec un bloc rocheux coincé en surplomb au-dessus du passage, dans une lumière tamisée et verdoyante.
Les Canalettes – site naturel de gorges karstiques dans la roche dolomitique – Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie

Jour 6 : de L’Hospitalet-du-Larzac à notre hébergement, 19,337 km, D+406 m

Carte du tracé GPX du sixième et dernier jour du Tour du Larzac, reliant L'Hospitalet-du-Larzac au point d'hébergement final sur environ 19,3 km, colorisé du bleu au rouge-orange selon l'altitude entre 680 et 880 m, avec un profil altimétrique démarrant à 693 m, montant jusqu'à 870 m vers le kilomètre 4 puis ondulant régulièrement jusqu'à l'arrivée à 785 m, enregistré le lundi 23 juin 2025.
Jour 6 – L’Hospitalet-du-Larzac › Hébergement final – 19,3 km – +406 m de dénivelé positif – 23 juin 2025

Nous partons tôt, le jour pointe et le soleil n’est pas encore levé. Nous empruntons une piste forestière pour se diriger vers le bois de Carron. La piste s’élève sous les arbres par plusieurs virages, à la sortie une petite chapelle Saint-Amans restaurée. Puis, par « la plaine du Temple » nous arrivons rapidement à La Cavalerie[12] que nous prenons le temps de visiter, nous comptions y prendre le petit déjeuner mais tout est encore fermé. Par contre la sortie de la ville n’est pas très intéressante.
Le sentier de terre nous fait passer à côté d’un dolmen sur notre droite mais inaccessible, deux clôtures nous en séparent. Le chemin devient empierré et nous mène vers la plantation du Bicentenaire de la Révolution[13] que nous longeons. Nous longeons un chemin de crête qui donne une vue sur les ruiniformes du Rajal del Gorp[14]*
Nous arrivons rapidement à notre point d’arrivée.

Fin des 6 jours reste mes réflexion et la conclusion.

Petite chapelle votive en moellons calcaires à voûte en plein cintre et toit de tuiles romanes, abritant un autel garni de statuettes religieuses, d'ex-votos et de fleurs artificielles, entourée de hautes herbes et de murets de pierre, dans la lumière laiteuse de l'aube.
Chapelle votive abandonnée abritant un autel aux statuettes religieuses – Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie
Vue depuis l'extérieur à travers une large porte en arc brisé en pierre calcaire donnant sur la rue principale pavée de La Cavalerie, village médiéval fortifié, avec des maisons en pierre, des lanternes et une boulangerie visibles dans la ruelle déserte, sous un ciel bleu matinal.
La porte médiévale de La Cavalerie, ancienne commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean – La Cavalerie, Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie
Vue panoramique sur le causse du Larzac sous la chaleur de juin, avec un lapiaz calcaire affleurant au sol, des chaos de rochers dolomitiques érodés aux formes tourmentées, une végétation rase de genévriers et d'arbustes, et un horizon lointain estompé par la brume de chaleur.
Lapiaz et chaos rocheux dolomitiques sur le causse du Larzac sous la chaleur estivale – Aveyron, Occitanie

Réflexions

Randonner à deux : Cela demande des concessions. Jubéa aime arriver tôt pour se doucher et laver son linge, tandis que je préfère parfois faire une sieste en attendant que le soleil décline et éviter le cagnard, quitte à laver plus tard et faire sécher sur mon sac. Il faut donc trouver un équilibre, ce qui, heureusement, s’est fait naturellement, sans même en parler. Une bonne entente fait toute la différence.
À deux je n’écris pas sur mon carnet le soir, je privilégie les discussions.
Les regrets : je savais qu’il y avait beaucoup à découvrir, mais nous sommes parfois passés à côté de certains points d’intérêt. Pour une prochaine fois, j’emporterai un topo-guide ou, mieux encore, je préparerai des « waypoints » sur la trace GPS pour être sûr de ne rien rater.

Conclusion

C’est une chouette randonnée que j’ai beaucoup appréciée entre causses arides, falaises et ciel, que de beaux paysages, sans oublier les sites historiques.
Malgré l’absence de points d’eau et un ensoleillement intense, cette randonnée reste accessible à tous, à condition de bien se préparer, de respecter son rythme et surtout porter son eau. Sur ces 6 jours nous avons croisé très peu de randonneurs, ce qui me va très bien, ce qui n’empêche, comme à chaque randonnée de faire de belles rencontres.
N’hésite pas à chausser tes chaussures, prendre ton sac et vivre ta propre aventure, sans oublier tes gourdes.

Tu as fait cette randonnée, ou tu souhaites la faire, ou encore tu as des questions ou d’autres expériences à partager… Les commentaires sont là pour ça !

Le billet « S25E03 – Le Tour du Larzac en 6 jours » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Note(s)

  1. ^ Une lavogne est une petite retenue d’eau artificielle, typique des causses du Larzac et d’autres régions calcaires du sud de la France. Ces réservoirs peu profonds sont conçus pour recueillir et retenir l’eau de pluie, principalement pour abreuver les troupeaux. Les lavognes sont souvent de forme circulaire et sont construites en creusant légèrement le sol calcaire, puis en le recouvrant d’argile pour rendre l’étendue étanche et permettre la rétention de l’eau. Elles jouent un rôle important dans l’élevage ovin, caractéristique de cette région aride.
  2. ^ L’Oppidum de la Granède, situé sur le plateau du Larzac, est un site archéologique typique des oppida gaulois. Construit entre le IIe et le Ier siècle avant notre ère, il est notable pour son emplacement stratégique offrant une vue panoramique, servant de point de défense et de centre politique, économique et social pour les communautés gauloises.
  3. ^ La ferme troglodytique des Baumes, située dans le Larzac, illustre l’habitat troglodytique où des espaces de vie étaient creusés dans la roche. Ces structures, utilisées pour leur isolation naturelle, servaient d’habitations, d’étables et de lieux de stockage. Datant souvent du Moyen Âge à l’époque moderne, elles reflètent la vie rurale et l’adaptation ingénieuse des populations à leur environnement. Aujourd’hui, ces sites sont préservés pour leur valeur historique et culturelle, offrant un aperçu des modes de vie traditionnels de la région.
  4. ^ Nant : le village de Nant, installé au milieu d’un large bassin au confluent de la Dourbie et du Durzon, grâce à l’œuvre entreprise par les premiers moines (Xe siècle) et les bénédictins (XIIe siècle), se transforma en « Jardin du Rouergue ». Son abbatiale (XIIe siècle) ressemble à une forteresse.L’ancienne église Saint-Jacques (XIVe siècle) de style gothique méridional, les maisons porches et les vieilles portes le long des rues tortueuses méritent un détour ainsi que la halle à cinq arcades du XVIIIe siècle.
  5. ^ la plate-forme d’une voie ferrée désaffectée : Tous les travaux d’infrastructure, ouvrages d’art, ainsi que les gares avaient été réalisés au début du siècle.
  6. ^ La Couvertoirade : village templier dont l’enceinte est quasiment intacte. L’ensemble de l’architecture défensive a été préservée et mise en valeur. Cédé aux Templiers au XIIe siècle, le village releva de la Commanderie de Sainte-Eulalie-de-Cernon, puis des Hospitaliers qui le fortifièrent au milieu du XVe siècle. Il connut une période de prospérité du XVe au XVIIe siècle qui se traduisit par la construction de belles maisons encore visibles de part et d’autre de la rue principale qui unit les portes haute et basse.
  7. ^ La flaune, ou flausona en occitan ou flauna en occitan rouergat, est une pâtisserie de ménage de la cuisine rouergate (aveyronnaise), à mi-chemin entre le cheesecake et le flan pâtissier.
  8. ^ La Blaquèrerie : au centre du village, maison avec des tours crénelées et un four. Église du XVIIIe siècle à chevet pentagonal.
  9. ^ Cette ligne SNCF désaffectée devait relier Albi au Vigan (Gard). Depuis Albi, elle suivait la vallée du Tarn et du Dourdou jusqu’à Saint-Affrique pour ensuite, par la vallée du Cernon, remonter sur le plateau du Larzac et rejoindre Le Vigan par la vallée de la Vis et de l’Arre. La ligne entre Le Vigan et Tournemire s’étend sur 60 km et compte 32 tunnels et 12 viaducs. Elle a été inaugurée en 1896, le transport des voyageurs fut fermé en 1935 et celui des marchandises en 1955. Entre L’Hospitalet-du-Larzac et La Bastide-Pradines, la voie est actuellement exploitée en vélorail et train touristique au départ de la gare de Sainte-Eulalie-de-Cernon.
  10. ^ Le Site Naturel des Canalettes est un magnifique canyon creusé dans les calcaires du Causse du Larzac, en Aveyron. Ce paysage karstique est caractérisé par des gorges étroites, des falaises sculptées par l’érosion et des formations rocheuses spectaculaires.Le site est également connu pour ses phénomènes géologiques, comme les marmites de géant et les cavités naturelles.
  11. ^ L’Hospitalet-du-Larzac : ancienne étape avec un hôpital pour les voyageurs qui se rendaient à Millau et qui redoutaient la traversée du Causse. Les maisons du village se groupent autour d’une grande place et d’une fontaine alimentant un lavoir. Église du XIXe siècle et vierge en bois du XVIe siècle.
  12. ^ La Cavalerie : ce village d’origine templier possède encore côté nord un vestige, bien restauré, de son enceinte fortifiée du XVe siècle (courtine de 90 m de long). À proximité du bourg est installé un camp militaire accueillant depuis 2016 la 13e demi-brigade de la Légion Étrangère, avec un effectif de 1 200 légionnaires.
  13. ^ Cette plantation de conifères a été réalisée le 25 novembre 1989 par 1 789 enfants des écoles de Millau qui ont planté ce jour-là 1 789 arbres de la liberté en formant le nombre 1989 (symbole de la commémoration du bicentenaire de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l’homme).
  14. ^ Les « ruiniformes du Rajal del Gorp » sont des formations rocheuses caractéristiques situées sur le causse du Larzac, dans le département de l’Aveyron en France. Ces formations sont le résultat de millions d’années d’érosion par l’eau et le vent, sculptant des paysages calcaires en formes spectaculaires et parfois étranges, évoquant des ruines d’où leur nom « ruiniformes ».

S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 5 et FIN

868 mots, temps de lecture 5 minutes.

Si tu me lis aujourd’hui, c’est que tu as suivi chaque pas de cette aventure à travers le Cotentin, et je t’en remercie ! Après sept jours de paysages changeants, de rencontres et de douleurs surmontées, nous y voilà : le grand final.
Tu es arrivé sur cette page par hasard je te conseille, pour te mettre dans le bain et de lire avant :
Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4

Où en suis-je maintenant ?

Aujourd’hui, c’est l’étape finale, de Surtainville à Barneville-Carteret. Une dernière journée de marche où chaque pas me rapproche de la fin de cette itinérance, mais aussi le moment des conclusions.

Prêt à terminer cette aventure avec moi ? C’est parti pour cette dernière étape !

Jour 8 : Dernière journée… Jusqu’à Barneville-Carteret – 18,304 km et +175 m

Carte du tracé GPX du huitième et dernier jour de randonnée, reliant Surtainville à Barneville-Carteret en longeant la côte ouest du Cotentin sur environ 18,3 km, colorisé du rouge au bleu-vert selon l'altitude entre 0 et 100 m, avec un profil altimétrique présentant une bosse centrale marquée autour des kilomètres 10 à 14, enregistré le mardi 20 mai 2025.
Jour 8 – Surtainville › Barneville-Carteret – 18,3 km – +175 m de dénivelé positif – 20 mai 2025

Je quitte le camping un peu avant 8 h et me rends à Surtainville où je prends un petit déjeuner dans une boulangerie, j’y achète aussi un casse-croûte pour midi et reprends ma route.

Arrivé sur la plage je décide de la marée basse pour faire comme la veille, un tronçon de 2,5 km sur le sable humide. Un vrai plaisir de marcher sur cette immense plage vierge de tout pas humain, le sentiment d’être seul au monde, un vrai plaisir !

Ensuite le sentier rentre les terres direction Hattainville, je trouve cette partie du chemin ennuyeux, beaucoup de bitume, Hattainville n’est pas non plus d’un grand intérêt. À la sortie de la ville il y a un petit bassin d’eau peut-être un ancien lavoir, non signalé sur la carte, j’y fais une pause et mange ma barre de céréale.

Le sentier est plus agréable, chemin de sables ou de terres, de beaux paysages.

Trois kilomètres et j’atteins le chemin des douaniers, un sentier étroit dans la falaise, Je passe devant La Vieille Église au Cap Carteret (et sa légende). J’en profite un maximum car je sais Barneville-Carteret qu’à deux kilomètres.

J’ai ralenti le pas, profiter de ces derniers instants de beautés.

À Carteret je m’arrête à une terrasse proche du port de Carteret et me prends un soda bien frais, bien mérité, pour marque la fin de cette randonnée. Ensuite je vais sur la Promenade du petit port et sur un banc je mange tranquillement mon casse-croûte puis dirige vers l’auberge de jeunesse Centre Eugène Godey. Très bon accueil, le personnel est très sympa. Je prends possession de ma chambre, y pause mon sac et retourne en ville me promener, repérer l’arrêt de bus pour le lendemain, choisir un restaurant où je mangerai le soir. Bref, je me balade.
Barneville-Carteret est la ville que j’aime le moins de mon itinéraire, une ville et un port snob, lieu de villégiature pour bobos, bref tu l’auras compris, je n’aime pas !

Infos :
Étape facile avec une partie bitumé que je n’ai pas aimé mais très belle étape et le meilleur pour la fin sur le sentier des douaniers.
Centre Eugène Godey
Auberge de Jeunesse
18 rue des Douits 50270 Barneville-Carteret
Téléphone : 02.33.04.63.30
Portable : 06.77.85.89.92
centre.eugene-godey@barneville-carteret.fr

Vieille barrière en bois grisé à cinq barreaux, ligaturée à ses poteaux, s'ouvrant sur une vaste prairie dunaire couverte de fleurs blanches et de graminées, avec un massif dunaire couvert d'oyats à l'horizon, sous un ciel bleu strié de traînées de condensation.
Prairie arrière-dunaire fleurie et massif de dunes fixées – Côte ouest du Cotentin entre Surtainville et les Moitiers-d’Allonne, Manche, Normandie
Vaste plage de sable fin totalement déserte à marée basse, s'étendant à perte de vue vers l'horizon, avec un cordon de dunes à gauche et la ligne de mer à peine visible au loin, sous un ciel bleu pâle strié de traînées de condensation.
Plage déserte à marée basse entre Surtainville et les Moitiers-d’Allonne – Côte ouest du Cotentin, Manche, Normandie
Sentier sableux serpentant à travers un massif dunaire fixé couvert d'oyats, de touffes d'arbustes et de végétation rase, avec la mer visible à l'horizon à droite et une masse boisée à gauche, sous un ciel bleu légèrement voilé.
Sentier sableux à travers le massif dunaire des Moitiers-d’Allonne – Côte ouest du Cotentin, Manche, Normandie
Ruines d'une petite chapelle romane en moellons de granite et de schiste, dont il ne reste que les murs gouttereaux et le pignon percé d'une baie en plein cintre, posées sur une lande herbeuse dominant la mer turquoise et les dunes de Carteret, sous un ciel bleu strié.
Ruines de la chapelle Saint-Germain sur le cap de Carteret – Barneville-Carteret, Manche, Normandie
Vue à travers l'oculus circulaire en moellons de schiste et de granite couvert de lichen de la chapelle Saint-Germain, encadrant la Manche d'un bleu pâle avec un voilier blanc solitaire au centre, sous un ciel légèrement voilé.
La Manche et son voilier encadrés par l’oculus de la chapelle Saint-Germain – Cap de Carteret, Barneville-Carteret, Manche, Normandie

Quelques points négatifs, il y en a peu.
Le GR a été modifié par endroit et ne correspond parfois pas à la trace téléchargée, et dans ce cas il arrive qu’il manque des traces à certains carrefours, ça reste rare, pas de quoi se perdre non-plus il suffit d’être vigilent et je pense que cela sera rapidement corrigé.
J’ai sous estimé le froid nocturne normand, j’aurai dû choisir un autre sac de couchage.
J’ai raté des points d’intérêts tels que dolmens, site archéologique, je m’en suis toujours rendu compte trop tard. Ajouter des waypoint sur son GPS est un plus.

Conclusion :

Huit jours de marche entre Saint-Vaast-la-Hougue et Barneville-Carteret, près de 170 km de souvenirs. Ce voyage, né d’une opportunité, s’est transformé en une expérience riche. J’ai marché seul, accompagné par la mer et les paysages changeants.

Chaque étape avait son caractère, ses défis et ses récompenses. Des plages de sable fin aux falaises escarpées, en passant par les chemins de terre et les routes bitumées, j’ai dormi sous la tente, dans des campings, un gîte d’accueil et dans une auberge de jeunesse. J’ai rencontré des randonneurs, croisé des habitants.

Les paysages étonnant de beauté, et quelques montées difficiles faisaient partie de l’aventure. Cette randonnée m’a appris beaucoup sur moi-même, comme chaque rando. Elle m’a rappelé l’importance de prendre le temps et de profiter des petites choses.

Si tu envisages une aventure similaire, je t’encourage à partir. Que tu sois débutant ou confirmé, l’important est de mettre un pied devant l’autre. Merci de m’avoir suivi. J’espère t’avoir inspiré à chausser tes chaussures de randonnée. Bon chemin à toi !

L’itinérance ne se termine jamais vraiment… elle ne fait que suspendre le temps d’une pause. À bientôt sur les sentiers !

Si tu as aimé ce récit, n’hésite pas à laisser un commentaire ou partager tes propres anecdotes de rando, ça fait toujours plaisir et ça motive à continuer !

Le billet « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 5 et FIN » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 4

1 569 mots, temps de lecture 8 minutes.

Si tu arrives ici par hasard, sache que tu lis la suite d’un récit de randonnée itinérante dans le Cotentin. Un périple de huit jours le long des sentiers, entre mer, lande, cailloux et parfois l’improvisation.

Dans les parties précédentes, je t’ai raconté comment j’ai préparé ce voyage, les premières étapes de Saint-Vaast-la-Hougue à Cherbourg, et les paysages magnifiques qui ont jalonné mon chemin jusqu’à Vauville.

Si tu ne l’as pas encore fait, je te conseille de jeter un œil aux premiers billets de cette série pour ne rien manquer du début de cette aventure.

Partie1
Partie 2
Partie 3

Où en étais-je ?

Après avoir parcouru des kilomètres de sentiers côtiers et découvert des paysages magnifiques, me voilà reparti pour de nouvelles découvertes. Les paysages continuent de se transformer, et chaque pas m’apporte son lot de surprises et d’émotions. Je t’emmène maintenant sur les étapes 6 et 7, de Vauville à Surtainville, en passant par le charmant village de Biville.

Jour 6 : Une toute petite étape jusqu’à Biville, 5,857 km +177 m

Carte du tracé GPX du sixième jour de randonnée, reliant Vauville à Biville en longeant la côte ouest du Cotentin sur environ 5,9 km, colorisé du rouge au bleu-vert selon l'altitude entre 0 et 140 m, avec un profil altimétrique en montée progressive et soutenue jusqu'à 130 m en fin d'étape, enregistré le dimanche 18 mai 2025.
Jour 6 – Vauville › Biville – 5,9 km – +177 m de dénivelé positif – 18 mai 2025

Comme d’habitude, le froid a perturbé mon sommeil cette nuit, mais peu importe. Aujourd’hui, l’étape est courte. Je me dis qu’en une heure, voire une heure et demie maxi, je serai à Biville. Passer une journée à ne rien faire, c’est aussi très bien, et surtout, je dormirai dans un lit ce soir.

La randonnée, c’est prendre du temps pour soi, comme on l’entend ou comme il se présente.

Tout est plié, le sac sur mon dos, et c’est parti !

Dès la sortie du camping, je traverse la sublime Réserve naturelle nationale de la mare de Vauville. Un vrai paradis pour les oiseaux, avec des panneaux explicatifs sur la faune et la flore.
À 1,6 km, une première montée t’emmène de 7 mètres à 57 mètres sur 600 mètres de longueur pour rejoindre le Grand Thot. Cette première montée donne le ton pour la suivante, car elle est en sable très fin. Ensuite, ça redescend, mais à 3,100 km, on repart de 30 mètres à 119 mètres sur encore 600 mètres. Ça peut sembler peu lorsque l’on voit les dénivelés passés la veille, sur le papier elle ne paie pas de mine mais cette montée de sable fin, mais elle pique ! À chaque pas, ton pied redescend des trois quarts à cause du sable fin. Avec le sac à dos et la chaleur, cette montée est assez éprouvante.
Ensuite, le chemin continue de monter en pente douce, et ça paraît tout plat pour arriver à Biville. Finalement, j’ai mis 2 heures et 6 minutes pour parcourir cette courte distance.

J’arrive assez tôt au Gîte d’étape Thomas Hélye de Biville. En prenant possession des lieux, j’apprends qu’il s’agit d’un Centre d’accueil diocésain qui dépend du diocèse de Coutances et Avranches. Je m’installe dans ma chambre à deux lits et règle les 20 €. Je suis seul dans tout l’établissement.
Il y a eu une réception plus tôt dans la journée, et il reste des plats. On m’offre une énorme assiette de salade de pâtes avec du pain, ce qui fera mon repas de la journée. Je retire les pansements de mon pied droit, prends une douche, fais ma lessive, et pars visiter la ville.
Biville est petit, et j’en fais vite le tour. Je m’attarde un peu à l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, en grande partie rénovée. Les vitraux sont magnifiques.
De retour au gîte, je me renseigne sur l’étape de demain. J’aimerais dormir dans un lit, dans un petit bungalow du genre cabane, pas cher. Le camping « Le Grand Large » n’en a pas. Par contre, un peu plus loin, le camping municipal « Les Mielles » à Surtainville en propose. Je n’arrive pas à les joindre, mais je me dis que j’irai et je verrai bien sur place.
Je prends le temps d’écrire le récit de ma journée et lis tranquillement en attendant la nuit.

Infos :
Étape courte avec une montée technique dans le sable, mais pas de difficulté particulière, de jolis panoramas en haut de la deuxième montée.
Gîte d’étape du Centre d’Accueil Thomas Hélye
1 rue Thomas Helye
Tél. 02.33.04.52.19
centrethomashelye@wanadoo.fr
Réservez → 20 € à payer sur place
Pas de ravitaillement

Vue panoramique en hauteur depuis une pelouse avec un banc en bois au premier plan, sur la réserve naturelle de la mare de Vauville : un plan d'eau entouré de roselières et de dunes herbeuses, séparé de la mer par un cordon dunaire, avec des falaises s'étirant à l'horizon, sous un ciel bleu sans nuages.
Vue plongeante sur la réserve naturelle de la mare de Vauville et le cordon dunaire – Vauville, Manche, Normandie
Vue panoramique en hauteur sur un vaste massif dunaire couvert d'oyats et de végétation rase, parcouru par un sentier sableux sinueux balisé de poteaux, avec la mer bleue visible à l'horizon, sous un ciel bleu sans nuages.
Le massif dunaire de Biville, l’un des plus importants du Cotentin – Réserve naturelle nationale des Dunes de Biville, Manche, Normandie
Façade latérale de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Biville, édifice en granite appareillé aux encadrements gothiques peints en blanc, avec pinacles, rosaces et fenêtres à remplage, entourée d'un cimetière clos d'une grille bordeaux, sous un ciel bleu vif.
L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Biville et son remarquable décor gothique peint en blanc – Biville, Manche, Normandie
Vue intérieure de la nef latérale de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Biville, avec des colonnes en granite blanc soutenant des voûtes en ogive, une série de vitraux figuratifs multicolores à dominantes bleues et rouges, des médaillons de chemin de croix entre les fenêtres, et des bancs en bois clair au premier plan.
Nef latérale et vitraux figuratifs de l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul – Biville, Manche, Normandie

Jour 7 : Une grande journée jusqu’à Surtainville – 30,5 km et +476 m

Carte du tracé GPX du septième jour de randonnée, reliant Biville à Surtainville en longeant la côte ouest du Cotentin sur environ 30,5 km, colorisé du rouge au bleu-vert selon l'altitude entre 0 et 140 m, avec un profil altimétrique démarrant haut puis ondulant régulièrement entre 40 et 100 m sur toute l'étape, enregistré le lundi 19 mai 2025.
Jour 7 – Biville › Surtainville – 30,5 km – +476 m de dénivelé positif – 19 mai 2025

Après une bonne nuit de sommeil, je fais rapidement le point sur mon état. Mon pied droit me rappelle à l’ordre, à l’avant-pied surtout. Je pose un pansement, en ajoute deux autres en préventif sur mes orteils, et pour le reste, c’est du classique. Tout roule. Mon linge a bien séché dans la nuit, et il me reste de quoi faire un petit dîner. Deux barres de céréales dans le sac : une pour aujourd’hui, l’autre pour demain. Je boucle mon sac et je pars… le ventre vide. L’objectif : trouver une boulangerie sur le chemin.

Un kilomètre après le départ, un peu trop dans mes pensées, je rate un embranchement à droite. Je poursuis encore un bon kilomètre avant de m’en rendre compte. Demi-tour obligatoire. L’échauffement du jour commence par 2 km bonus.

Le sentier plonge ensuite dans un sous-bois pendant un moment, puis la vue se dégage peu à peu, avec de belles ouvertures sur les dunes à droite. Quelques descentes mènent jusqu’à Siouville-Hague, où je découvre que la première boulangerie est fermée pour congés… heureusement, dans la partie basse du village, une autre est ouverte. Je quitte le GR pour m’y rendre. Je prends un gros petit-déjeuner avec café au lait, croissant, et une crêpe au sucre. J’en profite pour acheter un casse-croûte pour midi et une spécialité locale : la Sioullaise. C’est un peu comme le Becquet, sauf que la pomme est remplacée par de la poire et du caramel…

On me dit que je peux récupérer le GR par la plage. Bonne idée en théorie, sauf qu’en pratique je me retrouve face à une falaise infranchissable. Je suis bon pour un nouveau demi-tour et je rejoins le sentier là où je l’avais quitté.

Je passe le Port Diélette, puis le chemin s’enfonce un peu dans les terres pour contourner le centrale nucléaire de Flamanville. Une fois passé le sud de la centrale, je retrouve un superbe sentier de falaises, avec encore une fois des paysages de carte postale.

Un peu avant Havre Jouan, je tombe sur un endroit inattendu : la Carrière des Filles, et juste à côté, une petite bâtisse qui m’intrigue. Une pancarte : Atelier-Galerie du Havre Juan. Curieux, je pose mon sac à l’entrée et j’entre. Et là, je suis scotché. Peintures, photos, sculptures, des bronzes et de la terre cuite, dans un espace minuscule (à peine 4 m sur 4). C’est superbe. Si j’avais été en voiture, je serais reparti avec une sculpture achetée sous le bras. Mais là, mon sac est déjà bien assez plein.

Un peu plus loin, vers Le Fortin, le GR longe la mer sur la dune. La marée est basse au moment où j’y passe. Je ne résiste pas, je quitte le sentier pour marcher directement sur la plage, pieds dans le sable humide, pendant presque 2 kilomètres. Le bonheur.
Je retrouve le GR un peu plus loin, juste à côté du camping Le Grand Large, puis je traverse Le Rozel avant d’arriver enfin au camping municipal Les Mielles, à Surtainville. Encore 2,5 km de plus, mais je suis content d’y poser enfin mon sac.

Une belle, très longue journée…

Je suis parti tôt ce matin et j’arrive vers 15 h au camping, il n’y a personne à l’accueil avant 16 h. Je m’installer à une table de pique-nique pour manger mon casse-croûte et ma délicieuse Sioullaise.
L’accueil ouvre, et le personnel est vraiment sympa. On me dit que les deux « Cabadiennes » sont libres. Ce sont de petites structures en bois avec deux lits… Parfait ! Je m’y installe rapidement.
Je fais un tour sur la plage pour profiter un peu de l’air marin, puis je prends soin de moi. Le soir, je mange ce qu’il me reste. Ensuite, c’est le rituel habituel : un brin de toilette, un peu d’écriture, de la lecture, et dodo.

Demain sera ma dernière étape, et il ne me reste plus rien à manger à part une barre de céréales.

Infos :
Étape facile bien que longue, toujours de beaux paysages. Aucune difficulté particulière.
Camping Municipal Les Mielles
80, Route des Laguettes
50270 Surtainville
02.33.04.31.04
contact@campinglesmielles-surtainville.fr

Vue panoramique depuis un champ herbeux en hauteur sur le vaste massif dunaire de Biville s'étirant vers le sud le long du littoral, avec une longue plage de sable, la mer bleue et des falaises lointaines visibles à l'horizon, sous un ciel bleu à cumulus blancs.
Vue plongeante sur le massif dunaire de Biville et la côte ouest du Cotentin depuis les hauteurs de Biville – Manche, Normandie
Ombre portée allongée d'un randonneur coiffé d'un chapeau et portant un sac à dos avec des bâtons de marche, projetée sur le sable humide et marqué de traces de pas de la plage de Siouville-Hague, en plein soleil.
Autoportrait en ombre portée sur le sable de la plage de Siouville-Hague – Manche, Normandie
Flanc d'une dune côtière couvert d'oyats couchés par le vent, avec quelques touffes d'arméries roses, bordant une plage de sable clair à droite, avec en arrière-plan des terrasses de végétation verte et une falaise, sous un ciel bleu clair.
Dune vive couverte d’oyats et d’arméries maritimes sur la côte ouest du Cotentin – Manche, Normandie
Vue en plongée depuis une falaise couverte de lande et de fleurs blanches sur un chaos de rochers sombres aux strates verticales plongeant dans une mer bleu-vert, avec un sentier visible sur la crête et l'océan Atlantique s'étendant à l'horizon, sous un ciel bleu légèrement voilé.
Falaise de schiste et chaos rocheux sur la côte ouest du Cotentin – Entre Siouville-Hague et Surtainville, Manche, Normandie
Intérieur d'une galerie d'art aux murs en lambris blanc, présentant plusieurs œuvres abstraites encadrées à dominante bleu-noir, des sculptures en céramique sombre sur une étagère et des figurines en bois, dans un espace intimiste et lumineux.
Atelier-Galerie Le Havre-Jouan – Peintures abstraites et sculptures, côte ouest du Cotentin, Manche, Normandie

La suite et fin de cette aventure arrive dans le prochain article, demain. Je parlerai de la huitième et dernière journée de marche… et du bilan de cette randonnée. À demain et en attendant n’hésite pas à laisser un commentaire pour partager tes impressions ou poser des questions, ça fait toujours plaisir et ça motive pour la suite !

Le billet « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 4 » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 3

1 916 mots, temps de lecture 10 minutes.

Étapes 4 et 5 – De Cherbourg à Vauville en passant par Omonville-la-Rogue

Si tu es tombé sur cette page un peu par hasard, bienvenue ! Sache que tu es en train de suivre le récit d’une aventure de randonnée au long cours à travers le Cotentin. Dans les parties précédentes, je t’ai raconté comment j’ai préparé ce voyage, les premières étapes depuis St-Vaast-la-Hougue à Cherbourg, et les paysages magnifiques qui ont jalonné mon chemin.

Si tu ne l’as pas encore fait, je te conseille de jeter un œil aux premiers billets de cette série, « 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 1 et partie 2« , pour ne rien manquer du début de cette aventure.

Revenons à nos sentiers.

Après avoir parcouru des kilomètres de sentiers côtiers, avec la mer comme fidèle compagne, me voilà reparti pour de nouvelles découvertes. Les paysages continuent de se transformer, et chaque pas m’apporte son lot de surprises et d’émotions. Je t’emmène maintenant sur les étapes 4 et 5, de Cherbourg à Vauville, en passant par Omonville-la-Rogue.

Prêt pour la suite ? Chaussures bien lacées ? Alors on y va !

Jour 4 : Direction Omonville-la-Rogue, 21,521 km +252 m

Carte du tracé GPX du quatrième jour de randonnée, reliant Cherbourg-en-Cotentin à Omonville-la-Rogue en longeant la côte nord-ouest du Cotentin sur environ 21,5 km, colorisé du bleu au rouge selon l'altitude entre 0 et 70 m, avec un profil altimétrique présentant une bosse centrale marquée autour du kilomètre 14, enregistré le vendredi 16 mai 2025.
Jour 4 – Cherbourg-en-Cotentin › Omonville-la-Rogue – 21,5 km – +252 m de dénivelé positif – 16 mai 2025

Après une bonne nuit dans un lit, j’ai pris soin de mes pieds, j’ai pris un big petit déjeuner dans l’auberge de jeunesse, mon sac prêt et mon linge a séché pendant la nuit, inutile de l’attacher à mon sac. Ce matin je pars de bonne heure.

Le début de l’étape n’a rien d’exceptionnel. Il faut d’abord s’extirper de la zone urbaine, un peu longuette. Mais en arrivant sur la plage de Saline, je tombe sur une œuvre d’art qui m’arrête net : La Traversée[1] (la lettre d’Equeurdreville-hainneville), de Jean-Bernard Métais. C’est une grande structure métallique en forme de lettre, posée là, face à la mer. Étonnant. Poétique. Je prends le temps de la contempler.

Et ça y est, après la Pointe de Querqueville, je retrouve enfin ce que j’étais venu chercher, la nature.

Un premier dénivelé m’attendait juste après Urville-Nacqueville, et d’autres sont arrivés à Landemer. Mais soyons honnêtes, rien de bien méchant. Depuis le premier jour, le parcours est plutôt facile, ce qui me laisse tout le loisir d’admirer les paysages.

Après Landemer, une montée m’a conduit à « La Batterie », un spot avec des toilettes publiques, un espace pique-nique avec deux tables et une vue magnifique ! J’en ai profité pour faire une pause et manger le Becquet que je n’avais pas mangé la veille. J’y ai discuté avec un couple de randonneurs. Leurs sacs sont énormes, au moins 80 litres bien remplis. Ils sont Luxembourgeois, viennent de Honfleur et se dirigent vers le Mont-Saint-Michel. Ils ont l’habitude des grands treks, comme le Sentier des Appalaches, qui fait plus de 3 500 km, et d’autres grands treks à travers le monde, impresionnant. Je les ai regardés partir, chargés comme des sherpas.
Pendant ce temps, un groupe de randonneurs à la journée s’installe à l’autre table. Ils sortent des verres en « vrai » verre, des olives, de la charcuterie, des bouteilles de rouge et de blanc, et m’ont invité à trinquer pour l’apéro. J’ai décliné en les remerciant et j’ai repris mon chemin.

Le sentier change. Fini les longues plages, place aux petites falaises, aux criques secrètes qu’on ne peut atteindre qu’avec les yeux. Ça monte, ça descend, sans jamais devenir difficile. C’est beau. Sauvage. Je me sens bien.

Au niveau de la Roche Buchy, juste avant le Doué du Moulin, je découvre « Le Mur Blanc« , Construit en 1887, le mur blanc ou mur de Holterman sert d’amer, c’est-à-dire un repère pour les marins.

Un peu plus loin, la Baie de Quervière m’offre un panorama de carte postale.

Le sentier redescend au niveau du Fort d’Omonville Bas, et j’arrive rapidement à Omonville. Je passe devant un resto et je demande s’il sera ouvert ce soir. Ensuite, je me rends au camping municipal du Hâble.

Bon, la personne de l’accueil n’arrive que dans une heure. Je m’installe dans un coin sympa où le soleil viendra taper dès le matin pour sécher la rosée et à côté d’une table de pique-nique, au cas où. Quand la responsable arrive, je règle mes 9 € (de mémoire), et elle m’explique le fonctionnement emplacements, et surtout… une épicerie juste à côté ! Super accueil, vraiment.
Je file donc à l’épicerie, je commande un pain nordique et un casse-croûte pour le lendemain.

À 19 h, direction le resto. Et là, surprise ! Je tombe sur le couple que j’avais rencontré au camping de la Nef, à Barfleur. Je les croyais loin devant, vu qu’ils disaient marcher 30 km par jour… On échange quelques mots, ça fait toujours plaisir de recroiser des visages connus.

À la table derrière moi, un jeune randonneur s’installe. Je commande mon repas : 6 huîtres en entrée, puis des moules à la Normande. Et là, je ne m’attendais pas à ça… Un plat gargantuesque, genre la portion que je fais pour quatre personnes à la maison. Mais j’ai tout mangé.

Je sympathise avec le jeune randonneur, Marc. Il fait le parcours dans l’autre sens et vient de Vauville. Apparemment, c’était une grosse journée pour lui. Longue, difficile. Moi, j’envisage de faire les trois quarts de cette étape demain, et de bivouaquer quelque part en chemin. On papote. Entre randonneurs, ça parle forcément matos, applis, itinéraires, galères, coups de cœur…
De retour au camping, je lui montre où j’ai planté ma tente, il me montre la sienne, et chacun chez-soi.

Un brin de toilette, un peu d’écriture, de lecture… et extinction des feux.

Infos :
Étape tranquille, le premier dénivelé arrive au onzième kilomètre (montée descente sur 1,5 km), au treisième ça donne le ton avec une belle montée sur bitume et redescend sur 2 km, ensuite ça oscille jusqu’à un peu avant le camping.
Camping Municiapal de la NEF
4 rue de la Jonquière
Omenville La Rogue
+34233528615
Pas besoin de réservation
Épicerie/boulangerie juste derrière.

Grande sculpture monumentale en acier inoxydable perforé de texte en français, à la forme trapézoïdale légèrement incurvée, installée sur un espace de sable face à la mer, sous un ciel partiellement nuageux, sur la côte de Cherbourg-en-Cotentin.
« La Traversée » – Œuvre de Jean-Bernard Métais, acier perforé de texte – Littoral de Cherbourg-en-Cotentin, Manche, Normandie
Vue panoramique en hauteur depuis le site de La Batterie sur une côte de falaises verdoyantes plongeant directement dans la mer, avec des rochers battus par de légères vagues blanches en contrebas, la ligne côtière se prolongeant vers l'ouest, sous un ciel bleu à gros cumulus.
La côte déchiquetée de la Hague vue depuis La Batterie – Entre Querqueville et Omonville-la-Rogue, Manche, Normandie
Vue en plongée depuis un sentier de corniche sur une côte rocheuse couverte de lande, avec des falaises schisteuses plongeant dans une mer d'un bleu profond, et une baie sablonneuse visible à l'horizon, sous un ciel bleu à cumulus épars.
Le sentier côtier en corniche entre Querqueville et Omonville-la-Rogue, avec la baie de Sciotot à l’horizon – Presqu’île de la Hague, Manche, Normandie
Mur épais en maçonnerie de moellons de granite, de forme rectangulaire à contreforts latéraux, dressé isolément sur un promontoire herbeux dominant directement la mer et des rochers, sous un ciel bleu à nuages blancs.
Le Mur d’Éculleville, ancienne marque de navigation en pierre – Côte de la Hague, Manche, Normandie
Bol en terre cuite rempli de moules marinières persillées, accompagné d'un plat de frites maison et d'une corbeille de pain, servis en terrasse face à la mer au crépuscule, le port d'Omonville-la-Rogue visible en arrière-plan.
Moules marinières et frites maison en terrasse face au port d’Omonville-la-Rogue – Presqu’île de la Hague, Manche, Normandie

Jour 5 : Hein ? Quoi ? Jusquà Vauville, 30,735 km +695 m

Carte du tracé GPX du cinquième jour de randonnée, contournant l'intégralité de la pointe du cap de la Hague depuis Omonville-la-Rogue jusqu'à Vauville sur environ 31 km, colorisé en rouge et orange dominant avec des portions bleu-vert indiquant des altitudes variables entre 0 et 140 m, avec un profil altimétrique très accidenté dépassant régulièrement les 100 m, enregistré le samedi 17 mai 2025.
Jour 5 – Omonville-la-Rogue › Vauville via le cap de la Hague – 30,7 km – +695 m de dénivelé positif – 17 mai 2025

J’entame la seconde moitié du parcours, si je dois faire un bilan « bobos », toujours mes douleurs de dos par intermittence et qui datent d’avant la randonnée, toujours ma douleur sous mon pied droit mais très supportable, mes deux orteils n’ont pas d’ampoule et je ne ressens aucune gêne, les pansements en préventif aux premières alertes font leurs effets.
Le froid m’a encore écourté le sommeil. Je suis passé à l’épicerie récupérer mon pain nordique, un casse-croûte et j’ai aussi du fromage et du saucisson.

Au moment de partir, j’ai déjà en tête mon objectif du jour : un bivouac quelque part vers le Nez de Voidries. L’endroit me semble parfait sur le papier.

Je démarre sous un ciel couvert, mais pas vraiment menaçant. La pluie n’est pas annoncée, bien au contraire, le ciel devrait s’éclaircir. Le paysage a encore changé, oscillant entre roches et plage. Dès la Pointe de Jardeheu, je découvre de magnifiques roches roses.

La mer est calme, la température agréable, et même si le vent souffle un peu, il reste supportable. Le chemin est plutôt plat sur environ treize kilomètres. Je passe la Pointe du Nez, puis le Port Racine, que je regrette de ne pas avoir photographié. Certains disent que c’est le plus petit port de France, d’autres, l’un des plus petits. Je continue mon chemin en passant la Pointe du Nez Cabot, la Pointe de la Loge, la Pointe des Grouins, le Nez Bayard, et le Sémaphore de la Hague pour arriver à la Croix du Vendémiaire à Goury.
Là, je fais une pause casse-croûte à côté de deux jeunes randonneurs la vingtaine à peine passée. Ils font une rando à la journée. Jusqu’à présent, la seule difficulté a été de marcher sur des galets fins, où le pied s’enfonce un peu, ou sur des galets plus gros qui font travailler les chevilles. Une partie assez agréable avec aussi des beaux paysages du côté terre. Le sentier est régulièrement jonché de Crambe maritima, le chou marin, en fleurs, c’est très joli. Parfois, il y en a tant qu’il faut faire attention de ne pas les piétiner, car c’est une plante protégée.

À partir de là, les premiers dénivelés de la journée commencent et s’affirment franchement à partir de La Côte Soufflée. J’arrive au sommet du Nez de Voidries après 5h30 de marche, pauses comprises, et j’ai parcouru 19 km.

Nous sommes samedi, le ciel s’est dégagé, et il y a beaucoup de monde. Les gens sont venus en voiture et font des balades dans le coin. Je n’ai pas envie de m’arrêter tout de suite et d’attendre que tout le monde parte pour chercher un spot de bivouac. Je décide de continuer et je verrai bien en cheminant si je trouve un coin plus tranquille.
Mais je me retrouve sur un sentier étroit, entre falaise et roche, ou bordé d’arbustes épineux. Pas un endroit plat, que des montées et des descentes assez abruptes… C’est clair, je ne trouverai pas de coin de bivouac tant que je ne serai pas sorti des falaises. Il n’y a plus de vent, il fait chaud. Heureusement, souvent dans les points bas, je traverse de petits rus où je remplis ma gourde filtrante. Les paysages, eux, sont à couper le souffle : une mer bleue et calme où l’on voit les fonds et qui donne envie d’y plonger. Des paysages qui s’offrent seulement à ceux qui font l’effort de venir marcher.

Lorsque le sentier devient enfin plat, je suis à environ un ou deux kilomètres du camping de Vauville, alors je m’y rends. J’arrive au camping municipal de Vauville, 9h45 après mon heure de départ d’Omonville-la-Rogue.

Au camping très bon accueil, je me trouve un emplacement et vais dîner avec mon pain nordique, du fromage et du saucisson sur la plage, face à la mer. Je me couche de bonne heure car je suis fatigué par cette journée et il y a de grande chance que le froid me réveille vers deux heures du matin.

Info :
les dix derniers kilomètres sont particulièrement physiques sans spot de bivouac possible. Toujours de magnifiques paysages.
Le camping habituellement ouvert du 1er juin au 30 septembre a ouvert cette année le 1er mai… étant donné qu’ils ont eu du monde il y a de grande chance que les nouvelles dates d’ouvertures soit du 1er mai au 30 septembre. Téléphonez tout de même pour vérifier.
Camping Municipal La Devise à Vauville
Situé le long du GR223
49.63312 -1.84938
Tél. : 02 33 52 64 69
https://www.encotentin.fr/campings/camping-municipal-la-devise/

Chaos de rochers de granite rose-orangé couverts de lichen jaune au bord de la mer, avec une pente herbeuse parsemée d'arméries maritimes en fleurs roses, sous un ciel couvert et gris, au cap de la Hague.
Granite rose et arméries maritimes – Armeria maritima – sur le littoral du cap de la Hague, Manche, Normandie
Chemin de galets longeant une plage en baie, bordé de touffes volumineuses de chou marin (Crambe maritima) en pleine floraison blanche, avec des roselières à gauche, une baie calme et des collines bocagères en arrière-plan, sous un ciel gris et couvert.
Chou marin en fleurs – Crambe maritima – sur le cordon de galets de la baie d’Écalgrain – Cap de la Hague, Manche, Normandie
Paysage rural ouvert composé de prés verdoyants délimités par une succession de murs de pierres sèches en granite, avec des poteaux de clôture en bois, un village et des falaises visibles à l'horizon, sous un ciel gris et nuageux, dans l'intérieur de la presqu'île de la Hague.
Parcellaire agricole délimité par des murs de pierres sèches – Intérieur de la presqu’île de la Hague, Manche, Normandie
Vue en plongée depuis le sommet d'une falaise couverte de lande sur une mer d'un bleu profond aux reflets argentés, avec une paroi rocheuse sombre à droite sur laquelle se devine un sentier, des rochers affleurants en contrebas, sous un ciel bleu parfaitement dégagé.
Le sentier de corniche de la côte ouest du cap de la Hague dominant l’Atlantique – Presqu’île de la Hague, Manche, Normandie
Vue en hauteur depuis une pelouse sur une vaste baie sablonneuse déserte en courbe ample, avec un estran découvert à marée basse présentant des flaques et des algues au premier plan, une mer turquoise et bleue, et des dunes bordant le rivage à l'horizon, sous un ciel bleu parfaitement dégagé.
La baie de Vauville à marée basse, l’une des plus longues plages sauvages du Cotentin – Vauville, Manche, Normandie

La suite de l’aventure – les journées 6 et 7 – arrive dès demain dans le prochain article. N’oublie pas de revenir et n’hésite pas à commenter pour partager tes propres expériences ou poser des questions !

Le billet « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotententin – partie 3 » est apparu en premier dur le blog de Sima78.

Note(s)

  1. ^ La traversée : Oeuvre de Jean-Bernard Métais, septembre 2010. « Cette lettre réalisée à partir des mots-voyages des habitants de la ville. Des écrivains : Michel Besnier, Elisabeth Coquart, Didier Decoin, Philippe Huet, Victor Hugo, Georges Pérec, Gilles Perrault, Jacques Prévert, Alexis Salatko, Boris Vian. Des  journalistes : Marcel Clairet, hubert Lemonnier, François Simon et Pascal Vannier.

S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 2

1 746 mots, temps de lecture 9 minutes.

Étapes 2 et 3 – De Barfleur à Cherbourg-en-Cotentin en passant par la Pointe du Brick.

Si tu tombes sur cette page par hasard, sache qu’il s’agit de la suite d’un récit de randonnée au long cours dans le Cotentin. Dans la première partie, je te racontais comment j’ai préparé ce périple, le jour J-1, et ma première journée de marche jusqu’à Barfleur.

Si ce n’est pas déjà fait, je te conseille d’aller lire ce premier billet avant de continuer « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotententin – partie 1« , histoire de ne pas rater le début de l’aventure.

Où en étais-je ?

Après une première journée entre terre, sable et douleur naissante sous le pied, je reprends le sentier et débute la côte nord du Cotentin. Le paysage change, les sensations aussi. Je t’emmène maintenant sur les étapes 2 et 3, entre Barfleur et Cherbourg, avec la mer pour compagne fidèle, et quelques belles surprises sur le chemin…

Prêt ? C’est parti !

Jour 2 : Direction LAnse du Brick, 27,564 km +255 m

Carte du tracé GPX du deuxième jour de randonnée, reliant Barfleur à Cherbourg-en-Cotentin en longeant le littoral nord de la presqu'île du Cotentin sur environ 27 km, colorisé en rouge et orange indiquant des altitudes comprises entre 40 et 85 m, avec profil altimétrique enregistré le mercredi 14 mai 2025.
Jour 2 – Barfleur › Cherbourg-en-Cotentin via la pointe du Brick – ≈ 27 km – Altitudes entre 40 et 85 m – 14 mai 2025

J’ai encore mal dormi cette nuit… Le froid s’est encore invité et impossible de trouver une vraie position confortable. Bref, réveil un peu raide. Ha j’ai aussi de sacrés coups de soleil de la veille.
Je me prépare tranquillement. Un brin de toilette vite fait, puis je sors les pansements : deux orteils en mode alerte et cette fichue douleur sous le pied droit – je protège tout ça comme je peux.
Côté vestimentaire, je mets les bas de mon pantalon convertible en short, ma veste de pluie pour les manches longues (elle est super efficace contre le vent sans être trop chaude) et je n’oublie pas mon chapeau à longs bords. Je me badigeonne le visage et les mains de crème protectrice…  Me voilà protégé du soleil.

Avant de partir, je prends mon petit déjeuner au camping de la Blanche Nef. Et me voilà parti !

Très tôt, sur la pointe de « La Masse », on voit déjà au loin le phare de Gatteville. Je passe le Havre de Crabec et du Havre de Flicmare jusqu’au Havre de Houlvi, où se trouve l’aquaculture consacrée à l’écloserie des huîtres et palourdes. Je passe rapidement devant le phare de Gatteville, qui est d’un « Gigantisme Cathédralesque[1]« . Je regrette de ne pas l’avoir visité, car en plus d’être le deuxième plus grand phare de France et d’Europe, il a un lien avec notre calendrier : 365 marches, 12 étages et 52 fenêtres.

Jusqu’à la Pointe de la Loge, j’ai la mer et les plages de sable fin à ma droite. À ma gauche, je passe devant des lacs, des mares et des marécages qui font le bonheur des oiseaux. On passe aussi devant une multitude de blocos à la pointe de Néville, et j’ai fait une pause pour tremper mes pieds dans l’eau glaciale de la mer au niveau de la Pointe des Mares.
Au niveau de l’Anse de la Visière et de la Pointe de Fréval, j’ai fait une autre petite pause devant la Croix du Prométhée, un calvaire érigé à la mémoire des disparus du sous-marin Prométhée, qui a entraîné la mort de 62 des 69 hommes d’équipage suite à un problème technique.

Après le Port Pignot, qui est l’un des plus petits ports de France, les dénivelés commencent à s’affirmer au niveau du Cap Lévi, et le paysage change.

Entre le Cap Lévi et la Pointe du Vieux Fort, je manque de tomber et, en me rattrapant, je casse l’un de mes bâtons de marche.

Au kilomètre 24,5, une trace m’envoie à gauche. Je monte un bon dénivelé sur 400 mètres pour me rendre compte que ma trace ne passe pas par là, mais longe bien la côte. Je redescends et continue de longer la côte, sauf que je ne vois plus le moindre signe GR. Je vérifie : le GR passe pourtant bien là où je suis. Le chemin se rétrécit, je suis griffé par les broussailles qui n’ont pas été taillées, et au bout 1,5 kilomètre, le chemin est coupé, impossible de passer… Je rebrousse chemin sur une cinquantaine de mètres et coupe plein ouest pour rejoindre la D116, une montée ultra-raide que je n’aurais pu gravir par temps humide. Finalement, après ce petit détour sportif, je retrouve le GR et file vers le camping de l’Anse du Brick. Ouf, quelle journée !

Ha le camping de l’Anse du Brick ! Il fait partie de la chaîne Sandaya.
Toi le randonneur, que tu sois à pied ou à vélo, passe ton chemin, trouve un autre camping ou un spot de bivouac !
Je t’explique mon expérience… J’avais pourtant réservé à l’avance un emplacement « tente de bivouac », en précisant bien que j’arrivais à pied. À l’accueil ? Un minimum d’infos, juste un numéro de place et « débrouille-toi » pour les sanitaires. Par contre, le bar-restaurant, ça, on me l’a bien indiqué !
J’arrive à l’emplacement donné, il est en pente. Je retourne à l’accueil et précise que, contrairement aux camping-cars, je n’ai pas de cale pour mettre ma tente de niveau. On me donne deux autres emplacements au choix. Je prends le plus plat et retourne à l’accueil pour annoncer mon choix.
Et là, on me sort fièrement :
« Vous avez l’électricité sur chaque emplacement ! »
Ma réponse : « Super… mais sans adaptateur pour camping-car, mon téléphone reste à plat. »
« Ah bon ? Essayez au bar alors… »
Bilan : 24,21 € pour un emplacement médiocre, un service zéro et mon téléphone rechargé grâce à MA batterie de secours. Sans conteste le pire camping de mon périple, et le plus cher !

Infos :
L’étape en elle-même m’a semblé plutôt facile, malgré quelques bons petits dénivelés. Par contre, attention : le tracé du GR semble avoir été modifié sur le terrain, mais pas encore sur les cartes type MonGR ou IGN – à surveiller.
Et non, je ne te donne pas plus d’infos sur ce camping. Il n’en vaut pas la peine.

Vue depuis le rivage sur le phare de Gatteville et son phare secondaire, deux tours cylindriques en granite posées sur un ensemble de bâtiments bas au bord de la mer, sous un ciel bleu parfaitement dégagé, avec des rochers affleurants au premier plan.
Le phare de Gatteville et sa tourelle secondaire – Pointe de Barfleur, Manche, Normandie – Deuxième phare de France par sa hauteur (75 m)
Anse sablonneuse bordée d'une lande herbeuse rase, avec plusieurs blocs de béton armé effondrés et inclinés — vestiges de blockhaus de la Seconde Guerre mondiale - éparpillés sur la plage et en bordure de dune, sous un ciel bleu sans nuages.
Blockhaus effondrés de l’anse de Gattemare, progressivement engloutis par l’érosion côtière – Manche, Normandie
Zone humide côtière avec un plan d'eau peu profond séparé de la plage de sable par une bande de végétation, sur lequel repose une colonie de plusieurs dizaines de cygnes blancs, avec des roselières, des prés et des habitations en arrière-plan, sous un ciel bleu.
Colonie de cygnes tuberculés sur les mares côtières de la pointe des Mares – Littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie
Sentier sableux étroit serpentant entre des touffes d'oyats et des valérianes rouges en pleine floraison, avec des maisons et des arbres visibles à l'arrière-plan, sous un ciel bleu légèrement voilé.
Sentier dunaire fleuri de valérianes rouges – Secteur de Fréval, littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie
Longue plage de sable blanc déserte en courbe douce, bordée d'une dune herbeuse à droite et d'une mer aux teintes turquoise et bleu profond à gauche, avec une laisse de mer sombre et des rochers affleurant à l'horizon, sous un ciel bleu sans nuages.
L’anse de la Mandrée, plage sauvage et déserte du cap Lévi – Littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie

Jour 3 : On part pour la grande ville, Cherbourg-en-Cotentin, 19,147 km +285 m

Carte du tracé GPX du troisième jour de randonnée, reliant la zone de Maupertus-sur-Mer à Cherbourg-en-Cotentin en longeant la côte nord-ouest sur environ 19 km, colorisé du bleu au rouge selon l'altitude, avec un profil altimétrique accusant deux bosses marquées dépassant les 100 m, enregistré le jeudi 15 mai 2025.
Jour 3 – Pointe du Brick › Cherbourg-en-Cotentin – 19,1 km – +285 m de dénivelé positif – 15 mai 2025

La veille j’ai mangé un repas de ma préparation, me suis douché, j’ai écrit et lu avant dormir, encore une nuit courte à cause du froid. Le matin petit déjeuner de ma préparation et en route.
Dès le départ je prends du dénivelé positif. Mais au bout d’environ un kilomètre, une récompense : un point de vue incroyable. Ensuite, le sentier quitte un peu la côte pour s’enfoncer dans les terres.

Changement d’ambiance, de la verdure, du dénivelé toujours, des chemins parfois étroits, mais franchement agréables. Et tout au long du parcours, des vues superbes qui surgissent au détour du chemin avant la descente vers St-Germain.

À hauteur du Becquet de Digosville. je fais un petit crochet par une boulangerie. Je m’installe tranquillement pour manger un casse-croûte[2] avec un café, et je me laisse tenter par une spécialité locale : un Becquet. C’est comme un chausson aux pommes, mais fait dans une pâte à pain, avec une croûte de sucre caramélisé. Une tuerie. Je le garde pour plus tard, en mode grignotage.

Je reprends la route, passe devant le fort de l’Île Pelée — un ancien fort de 1784 devenu prison à la Révolution, puis base allemande avec batteries de DCA pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un kilomètre plus loin, j’entre dans Cherbourg, par le boulevard des Flamands. Là, j’accélère le pas, cette portion urbaine jusqu’au centre-ville est franchement sans intérêt. Je longe le port, fais une pause devant la Basilique Sainte-Trinité, puis direction l’auberge de jeunesse, où j’ai réservé pour la nuit.

C’est ma toute première fois en auberge de jeunesse et très bonne surprise ! Accueil sympa, lieu propre, ambiance calme. J’ai une petite chambre avec deux lits superposés rien que pour moi.
Je dépose mon sac, repars découvrir un peu Cherbourg. Et je dois dire que j’aime bien cette ville. Je fais un ravitaillement dans une petite épicerie pour les jours suivants, je prends de quoi dîner et je trouve aussi une pharmacie (je suis à court de pansements “seconde peau”, je prends aussi un tube de NOK, c’est bête j’en ai à la maison). De retour à l’auberge : lessive, douche, un peu d’écriture, un peu de lecture… et cette fois, je sens que la nuit va être bonne.

Mon sac est prêt pour le lendemain, il ne me restera plus qu’à accrocher mon linge humide dessus pour qu’il sèche en route.

Infos :
Étape facile dans l’ensemble, même s’il y a du dénivelé sur les 10 premiers kilomètres.
L’arrivée sur Cherbourg, une fois en ville, est assez monotone, mais le centre rattrape largement.

HI Cherbourg
Fédération Unie des Auberges de Jeunesse

55, rue de l’Abbaye
50100 CHERBOURG (FRANCE)
Tél. : +33 (0) 2.33.78.15.15

Sentier rocheux longeant une crête de falaise couverte de lande, menant vers des vestiges de maçonnerie en pierre dominant directement la Manche, avec des rochers de granite, de la végétation rase et un ciel bleu partiellement nuageux.
Sentier de crête et ruines côtières surplombant l’anse du Brick – Maupertus-sur-Mer, Manche, Normandie
Sentier étroit et pierreux en légère montée, encadré d'un muret de granite couvert de mousse à droite et d'une végétation dense de fougères et d'arbustes, filtrant la lumière en taches de soleil sur le sol, au sud de Becquet dans le Cotentin.
Chemin creux ombragé entre fougères et muret de granite – Sud de Becquet, littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie
Vue panoramique en hauteur depuis la batterie de Bretteville-le-Haut sur l'agglomération de Tourlaville et la grande rade de Cherbourg, avec la digue du large, le fort de l'Île Pelée et les installations portuaires visibles à l'horizon, sous un ciel couvert et gris.
Panorama sur la rade de Cherbourg depuis la batterie de Bretteville-le-Haut – Tourlaville, Manche, Normandie
Vue depuis le rivage sur le fort de l'Île Pelée, vaste ensemble fortifié en pierre posé à fleur d'eau au milieu de la rade de Cherbourg, sous un ciel gris uniforme, avec une mer légèrement agitée au premier plan.
Le fort de l’Île Pelée, gardien de la rade de Cherbourg – Manche, Normandie
Vue rapprochée du flanc extérieur de la basilique Sainte-Trinité de Cherbourg-en-Cotentin, montrant des fenêtres à remplage gothique flamboyant, des pinacles, des gargouilles et une frise ajourée en pierre calcaire, avec une pelouse fleurie de marguerites au premier plan, sous un ciel bleu.
Détail architectural du flanc sud de la basilique Sainte-Trinité – Cherbourg-en-Cotentin, Manche, Normandie

J’arrête mon récit pour aujourd’hui, revenez rapidement pour la suite ! Exprimes-toi dans les commentaires.

Le billet « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotententin – partie 2 » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Note(s)

  1. ^ Gigantisme Cathédralesque : ça ne s’invente pas, expression en clin d’œil à mon ami d’enfance, mon frère de sang.
  2. ^ Casse-croûte : oui, je ne dis pas sandwich qui pour moi est avec du pain mou, mais casse-croûte, dans de la bonne baguette croustillante.

S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 1

1 819 mots, temps de lecture 10 minutes.

8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin entre terre, mer ; dépaysement assuré.

Pour faciliter la lecture, le récit de cette randonnée itinérante est découpé en plusieurs billets, chacun correspondant à une ou deux journées de marche.

De Saint-Vaast-la-Hougue à Barneville-Carteret, presque 170 km en 8 jours, GR©223-GRE9

Carte du tracé GPX d'un itinéraire pédestre longeant le pourtour ouest et nord de la presqu'île du Cotentin, avec profil altimétrique sur huit jours entre le 13 et le 20 mai 2025, colorisé selon l'altitude de −60 m à +160 m.
Tracé GPX colorisé par altitude – Randonnée côtière du Cotentin (13–20 mai 2025) – Distance totale : environ 170 km – Dénivelé : de −42 m à +200 m

Ce voyage s’imposait à moi… Je venais d’annuler une randonnée jugée trop coûteuse alors où aller ? Deux randonneuses m’ont parlé de leur projet dans le Cotentin, m’ont envoyé leur parcours, et si nous marchions ensemble trois ou quatre jours ? L’idée nous a plu ! Je marcherai un peu plus longtemps et le point de départ serait une étape en amont et deux ou trois étapes après. Malheureusement elles ont dû annuler leur parcours au dernier moment, ce sera pour une autre fois, je marcherai seul ce qui n’est pas un souci en soi.

Partir de Saint-Vaast-la-Hougue. Ce choix a une signification particulière pour moi, un clin d’œil à un ami d’enfance qui m’a fait découvrir cette ville et cette région lorsque j’avais vingt-deux ans, un hommage à ses parents.

Que tu sois, oui je te tutoie, randonneur débutant, confirmé ou simple curieux en quête d’évasion, j’espère que ce récit t’embarque sur les chemins de l’itinérance comme ces chemins m’ont emporté et peut-être qu’il te donne l’envie de chausser tes chaussures pour partir, toi aussi.

Préparation et planification

Itinéraire
L’aventure débute comme je l’ai dit plus haut de  Saint-Vaast-la-Hougue jusqu’à Barneville-Carteret ce qui permet de découvrir une partie de la côte Est du Cotentin, la côte Nord et un tronçon de la côte Ouest. De nombreux campings, hébergements, points de ravitaillement (boulangeries, épiceries) jalonnent le parcours.

Mon plan initial prévoyait des étapes régulières avec un seul bivouac, je l’ai modifié en cours de chemin optant pour deux étapes plus longues que prévu et une plus courte, j’expliquerai mes choix qui sont très subjectifs.

Mon parcours jour par jour

  • 1 – Saint-Vaast-la-Hougue – Barfleur → 16,394 km +74 m
  • 2 – Barfleur – L’Anse du Brick → 27,567 km +255 m
  • 3 – L’Anse du Brick – Cherbourg-en-Cotentin → 19,147 km +285 m
  • 4 – Cherbourg-en-Cotentin – Omonville-la-Rogue → 21,521 km +252 m
  • 5 – Omonville-la-Rogue – Vauville → 30,735 km +695 m
  • 6 – Vauville – Biville → 5,857 km +177 m
  • 7 – Biville – Surtainville → 30,458 km +476 m
  • 8 – Surtainville – Barneville-Carteret → 18,304 km +175 m

Un total de 169,983 km et 2389 m de dénivelé D+

Équipement
Tu auras ma liste complète en téléchargeant « Ma-Liste » (tu as besoin de plus de renseignements, n’hésite pas à demander).

Mon sac-à-dos est 55L+10, un sac de 40 à 45L m’aurait suffi, mais je n’ai que celui-ci les autres sont vraiment trop petits (30L et un 35L).
Mon sac-à-dos faisait 8 312 gr… avec du grignotage et un peu de nourriture (quelques petits déjeuner, repas de préparation maison et des barres de céréales) je suis parti avec un sac de 8 976 gr, à cela il faut ajouter l’eau aux alentours de 75 cl car j’ai une gourde filtrante et trouver de l’eau n’est pas un problème sur ce parcours.
En change j’avais 2 paires de chaussettes, 2 boxers, 1 tee-shirt manches courtes et 1 manches longues les deux en mérinos. 1 seul paire de chaussettes et un boxer de rechange aurait suffi car j’ai pu faire des lessives régulièrement.
En plus de mon ordiphone j’avais pour la première fois un vrai GPS (Garmin 30x).

Conseils
Condition physique.
Je pense que même si tu es débutant et que tu marches peu au quotidien, c’est tout à fait possible. Il faut bien commencer un jour. Dans ce cas, écoute ton corps et n’hésite pas à ajuster tes étapes en cours de route, voire à prendre un jour ou deux de repos quitte à raccourcir la randonnée et consulter ton médecin pour avoir son avis. Il ne faut pas marcher dans la souffrance, cela doit rester un plaisir.
Le mieux est de marcher au quotidien et de faire à pied tous les déplacements possibles. Préfère les escaliers à l’ascenseur et fais de longues balades de deux à trois heures pour te préparer.

Logistique
Renseigne-toi et réserve tes hébergements à l’avance, surtout en haute saison. Certains campings accueillent les randonneurs sans réservation, mais pas tous, et certains même n’accueillent pas les tentes, même de bivouac qui prennent peu de place. Je donne les renseignements sur mes hébergements, il y en a plein d’autres.

Sécurité
Informe toujours quelqu’un de ton entourage de ton itinéraire. Dans ta trousse de secours, n’oublie pas les pansements, les antiseptiques, tes médicaments personnels si tu suis un traitement, ainsi que ton ordonnance.

Tu as lu jusqu’ici, je t’invite à me suivre jour après jour

Jour moins 1 : l’arrivée à Saint-Vaast-la-Hougue.

Parti de Paris, gare Saint-Lazare, j’arrive par le train à Valognes à 13h51. Le bus de la ligne C, qui dessert Saint-Vaast-la-Hougue, n’arrive qu’à 16h02, ce qui me laisse le temps d’aller au centre-ville, place du Château, pour prendre un café. De retour à l’arrêt de bus à la gare, je demande un renseignement à une personne et c’est ainsi que je fais la connaissance de Daniel, un libristre. Il est rare que deux libristes se rencontrent dans la nature, et nous restons en contact sur le réseau social Mastodon. Il se rend au même camping que moi, où il restera quelques jours pour visiter les alentours. Une fois installés, nous visitons ensemble la ville : la Chapelle des marins, le port, etc. Mon seul regret est de ne pas avoir le temps de visiter l’île Tatihou.
Ce qui m’a le plus marqué en arrivant à Saint-Vaast-la-Hougue, ce sont les effluves fortement iodés. Cela faisait longtemps que je n’avais pas senti cette odeur, et même en Bretagne, elle n’était pas si présente qu’ici. Cela m’a rappelé de bons souvenirs.

Je fais un brin de toilette, écris le déroulé de la journée, fais un peu de méditation et des étirements, puis je me couche, lis un peu et m’endors. Ce sera mon rituel de chaque soir quand ce sera possible.

Info :
Camping La Gallouette
02 33 54 20 57
Mieux vaut réserver.

Les +
Possibilité de charger téléphones et batterie gratuitement dans un petit coffre à l’accueil, donc attention aux horaires d’ouverture et fermeture de l’accueil.

Les –
Pas d’espace spécial bivouac donc emplacement que j’ai trouvé cher pour une tente bivouac 19,22 €

Jour 1 : Direction Barfleur, 16,394 km +74 m

Carte du tracé GPX du premier jour de randonnée, reliant Saint-Vaast-la-Hougue à Barfleur en longeant le littoral est de la presqu'île du Cotentin sur environ 16 km, avec profil altimétrique quasi plat enregistré le mardi 13 mai 2025.
Jour 1 – Saint-Vaast-la-Hougue › Barfleur – 16,4 km – +74 m de dénivelé positif – 13 mai 2025

J’ai très mal dormi car j’ai eu froid à partir de deux heures du matin, malgré l’utilisation du drap de couchage dans mon sac de couchage. Cela m’amène à questionner la description des températures du sac, qui est donné pour une température de confort de 8 °C et une température extrême de -10 °C, alors qu’il a fait entre 6 et 7 °C avec beaucoup d’humidité. Je dirais donc que le niveau de confort est plutôt de 10 °C.

Dès le départ, depuis le camping, le GR m’offre une vue magnifique, derrière moi le Fort de la Hougue et devant sur la droite le phare de Saint-Vaast et l’Île Tatihou avec sa Tour Vauban. Je longe le port, déjà vu la veille, puis le sentier m’emmène en bord de mer, face au « phare de la Pointe de Saire », inauguré en 1836.
Après avoir franchi la Saire, je quitte la côte pour traverser le « hameau de Fouly » et quelques chemins campagnards avant de retrouver la mer au nord de « la Pointe de la Loge » à « l’Anse-de-Bret-en-Bas » m’offre un sentier doux, entre terre battue et sable épais, moins fluide pour marcher, mais reposant pour les pieds.

Puis, après les Pointes de Sly et de Landemer, une douleur sous le pied droit que je connais que trop bien commence. Je passe devant « Le Moulard », croisant quelques vestiges de la guerre, ces sinistres blocos.

Arrivé à la plage des Angues, je fais une pause grignotage et… chaussures enlevées, pieds dans l’eau glacée… Un vrai bonheur !

La suite alterne entre terre, sable épais et galets jusqu’à Barfleur. Je m’attarde sur la Grande Jetée de Barfleur pour admirer l’église Saint-Nicolas de l’autre côté. Je longe le port, passe par le chemin « La Cache des Amoureux » juste derrière l’église, puis emprunte la rue du Fort, un étroit passage entre maisons et mer, un kilomètre plus loin j’arrive au camping municipal de La Blanche Nef.

Le soleil ne m’a pas quitté de la journée. Tente installée, je file en ville m’acheter de quoi manger. Le ventre vide depuis le matin, mis à part un grignotage, j’engloutis mon casse-croûte au camping. Je discute avec un couple logé en cabane. Ils me disent marcher 30 km par jour, ils sont partis de plus loin que moi et vont jusqu’au Mont-Saint-Michel. Impressionné, je leur dis que ce n’est pas pour moi, je n’envisage pas faire des étapes de 30 km… l’avenir me prouvera le contraire.

Le soir, je mange une de mes préparations maison. Pas assez d’intimité pour les étirements ou la méditation. Dans la tente, je fais le point sur mes bobos : une probable sciatique, une gêne sous l’omoplate (les deux date déjà de quelques jours), deux orteils prêts à cloquer, des coups de soleil et toujours cette douleur sous le pied droit – j’en parle d’ailleurs dans un article de cette douleur à mon pied. Je me masse comme je peux le dos, les genoux aussi, puis je lis un peu avant de sombrer dans le sommeil.

Infos :
Étape facile.
Camping municipal de La Blanche Nef
12 Chemin de la Masse
50760 Gatteville-le-Phare
42 33 23 15 40
Mieux vaut réserver

Les +
Possibilité de charger téléphones et batterie gratuitement dans un petit coffre situé dans les sanitaires donc toujours accessibles.

Les –
Pas d’emplacement assez intime à mon goût, mettre l’ouverture de la tente côté haie.

À suivre :

Ce premier billet couvre la veille du départ et la première journée de marche. La suite de l’aventure arrive très bientôt ! Reviens régulièrement sur le blog pour découvrir les prochaines étapes de cette belle randonnée au fil des jours. Tu peux t’exprimer en commentaire !

Quelques photos :

Vue depuis le rivage de Saint-Vaast-la-Hougue sur la Manche calme, avec l'île de Tatihou visible à l'horizon, sous un ciel bleu partiellement nuageux.
L’île de Tatihou et sa tour Vauban, vue depuis le bord de mer de Saint-Vaast-la-Hougue – Manche, Normandie
Sentier de terre étroit encadré de végétation dense, avec des aubépines en fleurs blanches à gauche et une haie verte à droite, sous un ciel bleu vif, près du hameau du Fouly dans le Cotentin.
Chemin creux bordé d’aubépines en fleurs – Hameau du Fouly, côte est du Cotentin, Manche
Ruelle pavée d'un petit hameau normand, bordée de maisons et murets en pierre de granite appareillée, avec des fleurs en pot et des volets blancs, sous un ciel bleu sans nuages.
Ruelle du hameau du Fouly – Architecture en granite typique du Cotentin, Manche, Normandie
Vue panoramique depuis la pointe Maigret sur une anse sablonneuse bordée de rochers de granite, avec des eaux peu profondes aux reflets turquoise, des dunes herbeuses et quelques maisons à l'arrière-plan, sous un ciel bleu strié de nuages légers.
L’anse de la pointe Maigret vers le nord – Entre dunes, rochers et mer calme – Côte est du Cotentin, Manche
Vue en perspective le long d'une jetée en pierre bétonnée s'avançant dans la mer, avec un petit feu de signalisation rouge et blanc à son extrémité, des rochers affleurant à droite et la Manche ouverte à l'horizon, sous un ciel bleu.
La grande jetée de Barfleur et son feu d’entrée de port – Barfleur, Manche, Normandie
Vue depuis le port sur le bourg de Barfleur, dominé par l'église Saint-Nicolas en granite, entourée de maisons traditionnelles normandes, avec le quai et les rochers au premier plan et un ciel bleu dégagé.
L’église Saint-Nicolas de Barfleur vue depuis le port – Barfleur, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, Manche, Normandie
Passage piéton étroit en pavés longeant des maisons en granite à gauche et un muret surplombant une plage de sable et de rochers à droite, avec la baie de Barfleur et des habitations visibles à l'horizon, sous un ciel partiellement nuageux.
La rue du Fort et son chemin de ronde côtier – Barfleur, Manche, Normandie

Le billet « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 1 » est apparue en premier sur le blog de Sima78.

S24E07 – Le tour des Puys d’Auvergne GR441

3 015 mots, temps de lecture 16 minutes.

Une magnifique boucle sur le tour des volcans d’Auvergne.

GR® 441, boucle de Volvic – Tour de la Chaîne des Puys

113 km de difficulté → difficile.

Ce circuit est prévu sur 5 jours, une durée raisonnable si vous choisissez de dormir en gîte. Avec le petit-déjeuner et le dîner disponibles sur place, vous pourrez voyager léger, sans avoir à transporter tente, matelas, etc., emportant uniquement un pique-nique et de l’eau.

Si vous optez pour le bivouac et l’autonomie alimentaire, vous devrez non seulement porter une charge plus lourde, mais aussi partir plus tard le matin en raison du démontage du camp (sécher la tente, plier, ranger…). Dans ce cas, prévoir 6 ou 7 jours est plus adapté, à moins d’être un performeur.

Vue de la Chaîne des Puys en Auvergne, alignement de volcans recouverts de forêts verdoyantes sous un ciel nuageux.
La Chaîne des Puys déroule ses cônes volcaniques à perte de vue, un terrain de jeu exceptionnel pour les randonneurs du GR441.

Rando en binôme

Nous sommes partis à deux. Nous avions déjà randonné dans les Pyrénées quand nous étions jeunes, beaux et c… à la fois. C’était donc le ’come-back’ ! Je n’avais pas d’appréhension particulière, étant assez confiant dans mon binôme, comme lors de ma randonnée dans le Pays de Caux avec Tom23. En réalité, la seule source d’inquiétude, c’était moi-même : Dans les deux cas, je venais de me remettre d’une lombalgie. Mon pied droit tiendra-t-il jusqu’au bout ? Et là, une fatigue chronique inexplicable me pèse depuis plus d’un mois…

Avertissement

Je ne mets pas les traces GPS (téléchargeables) pour ne pas dévoiler nos spots de bivouacs. C’est volontaire et j’ai toute une argumentation sur le sujet qui sera traité lors d’un billet à venir.
Les images de traces sur l’article ont été créées après notre retour car je n’ai pas enregistré mes traces, j’ai souvent marché smartphone éteint pour économiser de la batterie.
Mon binôme, pour ne pas le nommer il faut que je lui trouve un pseudo… Jubéa, c’est pas mal ça ! Je pense qu’il comprendra et j’espère que ce pseudo lui plaira ! Il lui reste les commentaires pour s’exprimer.

Jour 1

Carte GPX et profil altimétrique du Jour 1 du GR441, tracé en couleurs d'altitude depuis le point de départ à 502 m jusqu'à l'arrivée à 1 136 m, sur environ 10 km.
Le ton est donné dès le premier jour : une montée quasi continue de 502 m à 1 136 m d’altitude, pour rejoindre le cœur de la Chaîne des Puys.

Volvic – Lieu de bivouac
10,686 km

Nous arrivons à Volvic un peu avant 14h, nous comptions passer une nuit au camping pour commencer le lendemain. L’accueil du camping est fermé et ouvre à 15h30, nous attendons un peu… Puis nous décidons de garer la voiture en centre-ville et démarrer la randonnée il est un peu plus tard que 14h30. Les 2 ou 3 premiers kilomètres nous croisons des points d’eau, j’en ai 1,5L et Jubéa à peu près autant. Les dénivelés montants, descendants sévères s’enchaînent, il fait aux alentours des 30°C, nous devons trouver un coin de bivouac et nous n’avons plus beaucoup d’eau.

Sur l’un des sommets au magnifique panorama il y a juste derrière une toute petite clairière où nos deux tentes y tiendraient à l’étroit, l’herbe y est écrasée signe que quelqu’un y a bivouaqué avant nous malgré l’interdiction mais nous devons nous poser, nous reposer. Je décide de ne pas manger ce soir là, juste une barre de céréale, je veux garder un peu d’eau pour le lendemain. On a passé une belle journée, dure en dénivelés mais avec de magnifiques paysages.

Pente boisée et prairie verdoyante encadrées d'arbres feuillus sous un ciel bleu limpide, au début du GR441 en Auvergne.
Entre ombre et lumière, le sentier s’engage timidement dans les premiers reliefs, la montagne se dévoile par tranches, à travers les arbres.
Vue panoramique sur le Puy de Dôme et ses volcans voisins couverts de forêts, avec une montgolfière dans le ciel bleu.
Il domine, il impose, il fascine. Le Puy de Dôme se dévoile dès le premier jour — et une montgolfière vient rappeler que ce volcan-là se contemple aussi depuis les airs.
Deux tentes de bivouac légères, une tarp et une tente pyramidale verte, dissimulées dans un sous-bois dense de noisetiers en Auvergne.
Camouflés plutôt que campés – le bivouac du soir se glisse discrètement entre les noisetiers, comme si la forêt avait elle-même ouvert un refuge.

Jour 2

Carte GPX et profil altimétrique du Jour 2 du GR441, tracé nord-sud le long de la Chaîne des Puys sur environ 19 km, avec un point culminant vers 1 500 m et une arrivée à 998 m.
Plus de 19 km le long de la Chaîne des Puys, avec un beau sommet à franchir en milieu de parcours avant une descente vers la vallée.

Lieu de bivouac – Lieu de bivouac après Laschamps
19,385 km

Après avoir profité du panorama matinal, nous reprenons notre chemin. Les dénivelés continuent de se succéder, offrant toujours des paysages grandioses. Toutefois, notre principale préoccupation demeure l’eau : nous n’en avons pas assez.
Nous croisons plusieurs petites retenues d’eau (flaques et petites mares) que les sangliers ont utilisés pour créer leurs bauges. L’idée de remplir nos gourdes, même filtrantes, à ces endroits est peu engageant. Pour la pause déjeuner, nous découvrons une magnifique clairière. À sa sortie, deux abreuvoirs à bétail partiellement remplis par les pluies nous offrent une solution. Nous choisissons celui dont l’eau semble la moins croupie pour remplir nos gourdes, nous désaltérer et emporter une réserve suffisante pour la suite du parcours.

L’ascension du Puy de Dôme est sans doute la partie la plus éprouvante, mais elle nous récompense par des vues à couper le souffle. La seule ombre au tableau se trouve au sommet, lorsque nous décidons de nous rafraîchir au bar. À notre surprise, les commandes se font via des bornes électroniques, comme dans un fast-food. Pendant notre pause, nous observons plusieurs familles et groupes, visiblement agacés par ce système, qui quittent les lieux sans rien consommer. Dans un tel cadre, on s’attend à une ambiance plus accueillante et chaleureuse, que les technologies modernes n’offrent pas. Un service traditionnel, avec des serveurs prenant les commandes à table, aurait été bien plus approprié et apprécié.

À Laschamps nous faisons une halte au cimetière, pour faire nos toilettes, une peu de lessive et remplir nos gourdes avant d’aller à la recherche d’un spot de bivouac que nous trouverons sous des épicéas, un bon spot au sol bien moelleux. Les sardines s’enfoncent au pouce, sans effort mais ressortiront le lendemain collant de résine, on ne peut pas tout avoir.

Clairière herbeuse parsemée de bouleaux et bordée de conifères sous un ciel bleu vif, avec un léger tracé de sentier dans l'herbe.
La fraîcheur du matin, le vert éclatant de l’herbe, le frémissement des bouleau – le Jour 2 s’ouvre sur une clairière lumineuse et apaisante.
Panorama sur la Chaîne des Puys depuis les hauteurs, avec des cônes volcaniques aux flancs ocre et verts ondulant jusqu'à l'horizon sous un ciel nuageux.
Les puys se succèdent comme des vagues figées — landes rases, flancs rougeâtres et horizons infinis. On marche ici sur le toit de l’Auvergne.
Sentier de descente du Puy de Dôme avec vue plongeante sur la plaine auvergnate, une dizaine de parapentes évoluant dans le ciel sous de beaux cumulus.
Eux descendent en volant, nous descendons en marchant sur les flancs du Puy de Dôme, chacun choisit sa façon de toucher les nuages.
Deux tentes de bivouac légères installées en sous-bois, avec réchauds à gaz ultralight, bouteille d'eau et matériel de cuisine disposés au sol entre les abris.
Tentes plantées, réchauds allumés – le rituel du bivouac s’installe…

Jour 3

Carte GPX et profil altimétrique du Jour 3 du GR441, tracé en forme de boucle vers le nord sur environ 22 km, avec des variations d'altitude répétées entre 950 m et 1 176 m.
22 km et un profil en montagnes russes – le Jour 3 multiplie les montées et descentes entre 950 m et 1 176 m, dans le secteur vallonné d’Orcival et de la vallée de la Sioule.

 

Lieu de bivouac après Lachamps – Pessade
22,505 km

Les dénivelés sont moins difficiles mais toujours existant, comme aurait dit un berger rencontré dans notre jeunesse dans les Pyrénées : Ho, c’est tout plat par là !  Jubéa se rappellera certainement de cette anecdote. Nous traversons de beaux paysages, moins boisés, ce qui nous pèse c’est de marcher souvent en plein cagnard. Depuis le début nous marchons sous une chaleur caniculaire par contre le ravitaillement en eau est moins problématique.

En quête d’un peu plus de confort pour la nuit à venir, nous réservons au gîte « Le Bercail Montagne » à Pessade. Malheureusement, le gîte est complet, mais le propriétaire, dans un geste très sympathique, nous propose de nous loger dans une annexe qu’il possède. Nous apprenons par la suite que cette annexe est habituellement fermée, car elle est en vente. Ce geste attentionné nous a véritablement dépannés.

Une fois installés dans ce gîte spacieux de six couchages, tout propre et confortable, c’est un véritable luxe après nos nuits en bivouac. Nous découvrons avec surprise qu’il y a même un petit bar dans ce village d’environ soixante habitants. Nous nous y rendons pour boire un rafraîchissement, et sommes immédiatement charmés par l’ambiance chaleureuse et la convivialité de ce lieu, véritablement unique.

Chemin herbeux en courbe traversant une prairie dorée en direction d'un groupe d'épicéas, avec un poteau de balisage jaune du GR441 visible au fond.
La lumière rasante du matin dore les herbes, le sentier s’incurve doucement vers les épicéas, et le panneau jaune du GR441 confirme qu’on est bien sur la bonne voie.
Vue panoramique depuis une prairie verdoyante sur la Chaîne des Puys, avec le Puy de Dôme reconnaissable à son antenne à gauche et des cônes volcaniques aux flancs ocre à droite.
Le chemin parcouru se lit dans le paysage – le Puy de Dôme, déjà loin derrière, veille encore sur la plaine et sur les randonneurs qui s’en éloignent.
Terrasse d'un bar-restaurant de village en Auvergne, avec tables et chaises sous une voile d'ombrage rose, barbecue extérieur et enseigne "Bar" visible sur la façade.
Deux nuits sous tente, et soudain : une terrasse, des chaises, un bar. Le gîte du Jour 3 a des allures de paradis pour randonneurs éreintés.

Jour 4

Carte GPX et profil altimétrique du Jour 4 du GR441, tracé orienté nord-sud sur environ 22 km, avec une descente marquée depuis 1 177 m jusqu'à environ 650 m avant une remontée finale.
Le Jour 4 est celui de la descente : depuis les plateaux à 1 177 m, le tracé plonge résolument vers les vallées basses.

Pessade – Olby
22,787 km

Si le parcours commence très vite par une partie boisée nous faisant passer par le Lac de Servière, l’on se retrouve très vite de nouveau sous la chaleur caniculaire inattendue en cette période.
À Orcival l’on décide de faire un tout petit détour par le centre village pour m’acheter un casse-croûte pour le midi car je n’ai plus de repas pour les midis. Magnifique village et sa Basilique Notre-Dame d’Orcival, un joyau d’art roman auvergnat construit par les moines de la Chaise-Dieu au XIIᵉ siècle. Nous remontons jusqu’à la Chapelle Notre-Dame pour pique-niquer.
Peu de temps après nous ratons une marque cachée par une remorque et faisons quelques kilomètres pour rien. Des dénivelés plus faciles mais toujours cette chaleur caniculaire. De magnifiques panoramas sur notre droite nous voyons au loin les puys que nous avons passé les premiers jours.

À Olby nous nous renseignons s’il y a de bons coins de bivouacs proches et nous obtenons une autorisation pour bivouaquer sur le jardin du presbytère.
Ne vous avisez pas à y bivouaquer sans autorisation, et même avec autorisation je vous déconseille ce spot.

Avantage : vous êtes prêt d’une épicerie, boulangerie, point d’eau.
Inconvénients : Vous êtes au centre du village, pas d’intimité possible, les cloches sonnent toutes les heures (même la nuit), puis une minute après au cas ou vous n’auriez pas entendu, plus le gong de la demi-heure et vous êtes juste en dessous des cloches… Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Les clochent n’ont apparemment pas perturbées le sommeil de Jubéa qui à plus été déranger par les quelques voitures et motos de la D2089 qui passe à plus d’un kilomètre au sud.

Mon conseil : ravitaillez-vous à Olby et sortez de la ville pour vous trouver un spot de bivouac plus isolé et plus tranquille.

Je ne regrette pas non-plus car une randonnée est une petite aventure et les bivouacs, bons et moins bons, en font partie.

Paysage bocager auvergnate au petit matin, avec prairies verdoyantes, clôture en fil barbelé au premier plan et silhouettes bleutées de la Chaîne des Puys à l'horizon sous un ciel nuageux.
La Chaîne des Puys se dessine en ombres bleues à l’horizon, le chemin parcouru contemple ceux qui marchent encore.
Lande d'altitude baignée de lumière dorée matinale, avec herbes sèches et genêts au premier plan, un buron isolé dans les pâturages et un cône volcanique en arrière-plan sous un ciel clair.
La lumière du matin embrase les herbes folles et réveille les estives – un buron veille, seul, au pied du puy.
Lac de maar volcanique aux eaux bleu profond, encadré de forêts de conifères et d'une végétation rivulaire, avec un cône volcanique visible à l'horizon sous un ciel bleu.
Né du feu, empli d’eau, ce lac de maar est l’une des plus belles signatures géologiques du Jour 4, surprise bleue surgissant au détour du sentier.
Vue depuis le sentier sur la basilique romane Notre-Dame d'Orcival, édifice en pierre volcanique grise émergeant d'un écrin de forêts verdoyantes au fond d'une vallée auvergnate.
Entre deux branches, la basilique d’Orcival apparaît comme une vision médiévale – pierre et forêt, silence et siècles.
Deux tentes de bivouac légères installées sur la pelouse au pied de l'église romane en pierre de Volvic d'Olby, tente pyramidale verte au premier plan et tente dôme kaki derrière.
Mille ans de pierre volcanique pour voisin de tente, le bivouac d’Olby, autorisé par la commune, restera l’un des plus mémorables du périple.

Jour 5

Carte GPX et profil altimétrique du Jour 5 du GR441, tracé nord-sud sur environ 18 km entre 650 m et 780 m d'altitude, avec un profil très ondulé caractéristique d'un parcours en fond de vallée.
Le Jour 5 joue la carte de la modestie en altitude – entre 650 m et 780 m — mais multiplie les petits reliefs dans les vallées encaissées de la Sioule et de ses affluents.

Olby – Camping Bel-air (à côté de St-Ours)
18,533 km

Des dénivelés plus marqués que les jours 3 et 4, toujours la canicule, je suis plus en forme que les jours précédents. Lors de ce parcours l’on passe de la chaleur aux alentours de 30°C à la fraîcheur du Cheire de Côme… Un lieu magique où il y fait très bon marcher où certains passages ou les courants d’air y sont très frais comme le passage devant un congélateur où la porte serait restée ouverte. Une très belle expérience dans un environnement à la beauté féerique.

Résumer de ce phénomène :
La coulée de lave du Cheire de Côme, issue d’une éruption il y a 30 000 ans, a formé un paysage de blocs volcaniques poreux propices au phénomène de froid. L’air froid s’infiltre dans les cavités des blocs de lave poreux et y reste piégé en raison de sa densité. Même lorsque l’air se réchauffe en surface, l’air froid reste emprisonné au sol, créant une sensation de froid persistant.

Le phénomène est très bien expliqué dans ce lien pdf.
Une très belle étape !

Église de village auvergnate à façade blanche et encadrements en pierre volcanique, avec une haute croix de mission en fer forgé et un monument aux morts sur la place, sous un ciel bleu vif.
Pierre volcanique sombre et crépi blan, l’architecture des villages auvergnats a son identité propre, humble et solide, ancrée dans la matière du pays.
Vue panoramique sur la Chaîne des Puys depuis une prairie verdoyante de la vallée de la Sioule, avec plusieurs cônes volcaniques alignés et le Puy de Dôme reconnaissable à son antenne sommitale à droite.
Depuis le fond de la vallée, la Chaîne des Puys se déploie dans toute sa largeur, et le Puy de Dôme, fidèle vigie, referme le tableau à droite.
Sous-bois de bouleaux et hêtres aux troncs élancés, sol entièrement recouvert de blocs de lave basaltique tapissés d'une épaisse mousse vert vif, traversé de rais de lumière solaire.
Sur la Cheire de Côme, la lave d’autrefois s’est faite velours, des millénaires de mousse ont transformé ce chaos volcanique en cathédrale de verdure et fraîcheur.

Jour 6

Carte GPX et profil altimétrique du Jour 6 du GR441, tracé orienté ouest-est sur environ 16 km, avec une descente progressive et marquée depuis 772 m jusqu'à 504 m, bouclant le tour des Puys.
16 km et une longue descente libératrice – le Jour 6 referme la boucle avec une étape en arc de cercle qui ramène doucement vers le point de départ.

Camping Bel-air – Volvic
16,265 km

Nous replions nos tentes alors que quelques gouttes commencent à tomber. Nous couvrons nos sacs avec leurs housses de protection, mais la pluie est si fine qu’il n’est pas nécessaire de nous couvrir davantage, et nous restons en manches courtes. Cela change agréablement de la chaleur écrasante des jours précédents, et rend la marche plus plaisante. Toutefois, le ciel s’assombrit et devient menaçant. Après avoir dépassé le Puy de l’Espinasse, nous décidons de bifurquer légèrement vers le nord-est, écourtant notre parcours d’environ 5 km. Finalement, quitter les sentiers balisés pour emprunter, comme le dirait Sylvain Tesson, « les chemins noirs » a son charme.

Cette dernière étape, rafraîchissante et agréable, marque une belle conclusion à notre aventure.
Arrivés au camping de Volvic, nous avons opté pour une nuit en cabane, prêts à reprendre la route le lendemain.

Cône volcanique boisé à la silhouette parfaitement symétrique se dressant au-dessus d'un champ de céréales moissonné sous un ciel couvert et gris.
Le ciel s’est couvert, le blé a été fauch – le dernier jour a ses couleurs à lui, ocre et gris, mélancoliques et belles.
Flanc d'un cône volcanique entièrement boisé se découpant sous un ciel dramatique chargé de nuages gris anthracite, avec une percée lumineuse blanche à la ligne de crête.
Le dernier jour réserve ses surprises : le ciel s’est refermé sur les puys, et la lumière ne passe plus qu’en filet, juste au ras des arbres.
Ruines d'un château médiéval perché sur une colline boisée, tour crénelée et murailles en partie effondrées se détachant sur un ciel d'orage dramatique, feuillages aux premières teintes automnales au premier plan.
Depuis le camping d’arrivée, un château en ruine veille sous le ciel d’orage – comme un point final romanesque au bout de six jours de marche.

Budget

Je passerai sur les détails, mais les tarifs des gîtes et campings sont très raisonnables. Je vais me pencher plus attentivement sur les prix des transports en commun, qui auraient probablement été moins coûteux que le trajet en voiture. Cela dit, le covoiturage devient vraiment avantageux à partir de trois personnes pour ce type de trajet.

Les belles rencontres

  • Le jeune berger, très sympathique, que nous avons rencontré le troisième jour, nous avons marché ensemble tout en conduisant son troupeau vers une prairie. Nous avons échangé des discussions passionnantes.
  • Le propriétaire du gîte très sympathique aussi et très accueillant, nous avons parlé de son travail d’agriculteur, de son fils qui fait de l’élevage de la race Aubrac et fait de la vente en directe de viande bio maturé. Parler d’autres choses, d’anecdotes, de la région…
  • Le cycliste randonneur rencontré à Volvic à la fin de notre parcours. Entre randonneurs, nous parlons forcément matériel, trucs et astuces[1], l’une des siennes s’est d’ailleurs révélée meilleure que la mienne, et je compte bien l’adopter lors de ma prochaine sortie en itinérance. Il a une tente assez similaire à la mienne, la même que celle du cycliste croisé lors de mon tour des 7 cascades et des 7 lacs dans le Jura.

Les difficultés

  • J’ai trouvé la portion Volvic – Laschamps particulièrement éprouvante, d’autant plus que je n’étais pas en grande forme physique.
  • Pour celles et ceux qui préfèrent éviter le bivouac, il faut noter qu’il n’y a pas d’hébergement entre Volvic et Laschamps, ce qui ne nous a pas posé de problème.
  • Le manque d’eau potable sur cette section est un vrai défi : mis à part des points d’eau juste après le départ de Volvic, quand nos réserves sont encore pleines, il n’y a rien jusqu’au sommet du Puy de Dôme, où des toilettes publiques sont disponibles (mais que nous n’avons pas utilisées), puis plus rien jusqu’à Laschamps. Même avec des gourdes filtrantes, en période de canicule, cette étape reste compliquée.

Les principales difficultés de cette randonnée se concentrent donc sur ce tronçon mais rien de dramatique.

Petite Vidéo

Conclusion

J’ai de nouveau adoré randonner en duo.
Ce Tour de la Chaîne des Puys d’Auvergne, avec ses paysages majestueux et ses défis physiques, fut une belle aventure. Chaque étape, qu’elle soit marquée par la chaleur écrasante ou la fraîcheur du Cheire de Côme, nous a offert son lot de découvertes et de rencontres enrichissantes. La diversité des terrains, les rencontres humaines authentiques et la beauté des lieux ont fait de cette randonnée un voyage à la fois physique » et gratifiant. Une expérience où nature, partage et dépassement de soi se mêlent pour créer des souvenirs impérissables.

Commentez :

N’hésitez pas à partager vos impressions ou à poser vos questions sur ce récit ! Votre expérience personnelle, vos astuces ou même vos doutes concernant ce magnifique Tour de la Chaîne des Puys d’Auvergne sont les bienvenus. Que vous soyez un passionné de randonnée ou en quête d’inspiration pour votre prochaine aventure, vos commentaires enrichiront la discussion !

Le billet « S24E07 – Le tour des volcans d’Auvergne GR441 » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

PS : La photo du logo, en haut à gauche, je l’ai prise depuis une affiche, il s’agit certainnement d’une vue prise depuis une montgolfière ou un drome.

Note(s)

  1. ^ Je compte faire un article sur tous mes trucs et astuces, dans un ou deux mois.

S24E04 – Rando en Suisse Normande

2,469 mots, temps de lecture 13 minutes

Randonnée en Suisse Normande

De Clécy à Condé-sur-Noireau
3 Jours
Distance → 71,400 km
Niveau difficile.

Le niveau difficile ne nécessite pas de compétences ou d’expériences particulières. Un randonneur débutant en bonne condition physique peut réussir cette randonnée, alors qu’un randonneur expérimenté mais en moins bonne forme pourrait rencontrer des difficultés. Difficile signifie simplement qu’il y a beaucoup de dénivelé, mais cela ne rend pas la randonnée technique pour autant.

Introduction

L’idée était de partir d’une ville de la Suisse Normande où se trouve un camping, sans utiliser de trace GPS, et de voir comment organiser une randonnée de quatre jours. Sans plan de départ précis, je pars simplement avec les repas pour toute la durée. Certains me diront : « Pourquoi emporter tes repas et te charger alors qu’il y a des villages avec des épiceries ? »
J’aime partir avec mes repas pour des raisons de budget. Je trouve beaucoup plus économique de les préparer à l’avance. Mes repas se composent de : petits-déjeuners, barres de céréales (3 par jours), grignotages (fruits secs), repas du soir, et pour le midi, des repas froids (pain, fromage, jambon de pays ou autres). J’emporte aussi du café, du thé et des tisanes. Certes, mon sac est un peu plus chargé au départ, mais il s’allège de jour en jour, et c’est plus économique.

Début d’aventure

Suisse normande – Clécy

Jour moins 1

Le Clos d’Ailly – Clécy Camping Les Rochers
3,026 km

Trace GPS colorée du trajet à pied depuis le point de dépose du bus jusqu'au point de départ de la randonnée, autour de Clécy en Suisse Normande, les couleurs allant du rouge pour les points bas au bleu foncé pour les points hauts.
Trace GPS du trajet d’approche depuis l’arrêt de bus jusqu’au camp de départ, à Clécy – Suisse Normande, Normandie.

Dans le train de Montparnasse à Flers, je reçois un message de Mme m’informant que j’ai oublié mes repas de midi dans le réfrigérateur. Bon, il faudra faire avec…
À Flers, je prends le bus 117, mais en raison de travaux, il ne passe pas par Clécy et je dois descendre au Clos d’Ailly. J’arrive au Clos d’Ailly sous la pluie. Je repère l’arrêt de bus de l’autre côté de la route pour mon retour dans quelques jours : juste une pancarte, pas d’abri. J’espère qu’il ne pleuvra pas ce jour-là.

En arrivant à Clécy, je vois des fléchages et panneaux indiquant « Tour de la Suisse Normande ». Mon parcours est déjà tracé. L’épicerie et la boulangerie étant fermées le lundi, je me dirige vers le café en face de l’église pour prendre un café, on m’y confirme que le tour de la Suisse Normande à plusieurs variantes et peut se faire en 3, 4 ou 5 jours. Le temps s’éclaircit et le soleil pointe. Je prends alors le chemin vers le camping. Très bon accueil et wifi autour de l’accueil. Je m’y installe, il est 15 h. Je commande un casse-croûte à récupérer le lendemain à 8 h pour mon repas de midi. Un cycliste anglais s’installe à côté de moi. Nous sympathisons. Il a parcouru le Cotentin, le Mont St-Michel, une partie de la Bretagne, et repart demain pour Caen avant de continuer vers Amiens. Sacré parcours !

Façade frontale de l'église Saint-Laurent de Clécy, édifice roman en pierre de granit avec un portail ogival en pierre de taille claire, surmonté d'un clocher à flèche d'ardoise, sous un ciel nuageux en Suisse Normande.
L’église Saint-Laurent de Clécy, point de repère du bourg à l’arrivée – Suisse Normande, Normandie.
Vue sur l'Orne encadrée de végétation dense, avec en arrière-plan des falaises rocheuses et des coteaux boisés caractéristiques de la Suisse Normande, près de Clécy, Normandie.
L’Orne serpente au pied des falaises de grès près de Clécy, à la veille du départ – Suisse Normande, Normandie.

Jour 1

Clécy – Pont d’Ouilly Camping Municipal
18,315 km

Trace GPS du premier jour de randonnée en Suisse Normande, reliant Le Vey à Pont-d'Ouilly en longeant la vallée de l'Orne, avec un profil altimétrique coloré du rouge pour les points bas au bleu pour les points hauts, passant par Le Bo et Cossesseville.
Trace GPS du jour 1 : Le Vey – Pont-d’Ouilly, vallée de l’Orne – Suisse Normande, Normandie.

Une nuit à 7 °C. Bien que le ciel soit dégagé, la tente est trempée d’humidité. Malgré mes efforts pour l’essuyer, je dois la plier encore mouillée. Je récupère mon casse-croûte et commence mon chemin.

Très vite, je fais face à un gros dénivelé montant. Ça pique dès le matin et ça met dans l’ambiance, mais au sommet de ce premier défi, quelle agréable surprise : les paysages sont magnifiques.
La montée commence dès le camping (95 m) et nous mène sur le « Chemin du dessus des Rochers », en amont de l’Orne sur la rive droite. En sous-bois, je profite de magnifiques vues sur l’Orne et les alentours. Le point culminant est « La Bruyère » (197 m). Les paysages champêtres descendent jusqu’à « Le Bô » (120 m), puis redescendent jusqu’à « Le Moulin » (85 m), vallonnés jusqu’à « La Cour » pour remonter à 175 m avant d’arriver à « Le Manoir », puis redescendent à 90 m à « La Rustiquerie ».

Je ne vais pas détailler tout le parcours avec ses dénivelés, mais vous donner un aperçu : entre montées et descentes abruptes, il y a des faux-plats qui vous sembleront plats.

En forêt, je rejoins le « Ruisseau du Val de la Hère », que je longe en amont sur la rive droite avant de le traverser pour rejoindre « Le Bourg d’Ouilly », puis continuer jusqu’à « Pont d’Ouilly » au camping municipal. Je m’y installe : à gauche, un grand espace où l’emplacement est à 8 €, à droite, entre des haies, l’emplacement libre est à 10 €. La responsable passe en soirée entre 18 h et 19 h pour encaisser le paiement, sinon ce sera le matin entre 8 h et 9 h. J’y plante ma tente, qui n’est toujours pas bien sèche. Je profite d’aller en ville acheter de quoi manger pour les midis suivant.

Vue plongeante depuis un belvédère boisé sur le méandre de l'Orne, encadré de falaises boisées et de prairies verdoyantes, avec un vaste panorama sur la campagne normande à l'horizon, en Suisse Normande.
Vue plongeante sur un méandre de l’Orne et ses prairies bocagères depuis les hauteurs – Suisse Normande, Normandie.
Vue plongeante depuis un belvédère rocheux sur la vallée encaissée de l'Orne, avec les falaises de grès armoricain à droite, le viaduc ferroviaire de Clécy en arrière-plan et la campagne normande s'étendant à l'horizon, en Suisse Normande.
L’Orne, ses falaises et le viaduc de Clécy vus depuis les hauteurs – Suisse Normande, Normandie.
Vue panoramique sur un paysage agricole ouvert en Suisse Normande, avec au premier plan une prairie verdoyante, un vaste champ de céréales dorées au centre, et des collines boisées s'étageant jusqu'à l'horizon sous un ciel partiellement nuageux.
Entre gorges et plateaux, le contraste des paysages de Suisse Normande – Normandie.

Jour 2

Pont d’Ouilly – Camping de « La Rouvre »
24,798 km

Trace GPS du deuxième jour de randonnée en Suisse Normande, au départ de Pont-d'Ouilly, décrivant une large boucle vers le sud via Saint-Philbert-sur-Orne, Bréel et La Forêt-Auvray, avec un profil altimétrique coloré du rouge pour les points bas au bleu foncé pour les points hauts.
Trace GPS du jour 2 : Pont-d’Ouilly – La Forêt-Auvray, une boucle exigeante au cœur des vallées – Suisse Normande, Normandie.

Après une nuit à 5°C au camping de Pont d’Ouilly, je plie ma tente encore trempée de rosée, malgré mes efforts pour l’essuyer au maximum. Tôt le matin, je longe « KotaVenture », une option d’hébergement assez originale si cela vous tente. Inutile de mentionner les dénivelés à nouveau, vous êtes prévenu, mais les paysages et les points de vue en valent la peine.

À ne pas manquer : en arrivant près de « Oêtre », vous trouverez un espace pique-nique avec « Le Café du Caillou » et, un peu plus loin, le restaurant du même nom. Quittez le GR et prenez à gauche pour atteindre « Les Roches d’Oêtre » et admirer les vues magnifiques depuis la falaise.

Après avoir passé « Saint-Philbert-sur-Orne » (qui dispose d’un gîte municipal), continuez jusqu’à « Le Bas de Rouvrou » et le « Camping de la Rouvre ». L’accueil y est très chaleureux. N’utilisez pas les prises des lavabos pour recharger vos smartphones, car il n’y en que quatre. Pour 1 € symbolique, vous pourrez les charger à l’accueil le temps de votre séjour. J’ai beaucoup aimé ce camping ainsi que celui de Clécy.

Rivière calme aux reflets dorés, encadrée d'une végétation dense et lumineuse, avec des branches de hêtres et de saules surplombant l'eau et se reflétant à sa surface, en Suisse Normande, Normandie.
La rivière se glisse sous une voûte de verdure – Suisse Normande, Normandie.
Éperon rocheux de grès armoricain aux strates apparentes, couronné d'un chêne, émergeant d'un massif forestier dense, avec en arrière-plan un vaste panorama sur les vallées boisées et le bocage de la Suisse Normande sous un ciel couvert.
Un éperon de grès armoricain domine la mer de verdure des vallées de la Suisse Normande – Normandie.
Vue depuis une crête de grès armoricain couverte de landes et de genêts, dominant un vaste massif forestier vallonné avec des collines boisées et des parcelles agricoles à l'horizon, sous un ciel nuageux en Suisse Normande, Normandie.
Depuis la crête rocheuse, les vallées boisées de la Suisse Normande s’étendent à perte de vue – Normandie.
Vue plongeante sur des strates de grès armoricain couvertes de bruyères, fougères et genêts, surplombant à pic une canopée dense de chênes et de hêtres en Suisse Normande, Normandie.
Les strates de grès armoricain tombent à pic sur la canopée – Suisse Normande, Normandie.
Arête de grès armoricain couverte de genêts et de bruyères, longeant le bord d'une vallée encaissée entièrement boisée, avec des collines bocagères s'étageant à l'horizon sous un ciel couvert, en Suisse Normande, Normandie.
L’arête rocheuse suit le rebord du plateau au-dessus d’une vallée entièrement boisée – Suisse Normande, Normandie.

Jour 3

Camping de « La Rouvre » – Condé-sur-Noireau Camping municipal
25,611 km

Trace GPS du troisième jour de randonnée en Suisse Normande, reliant La Forêt-Auvray à Saint-Pierre-du-Regard en passant par Ménil-Hubert-sur-Orne et Dejou, avec un profil altimétrique coloré du rouge pour les points bas au bleu foncé pour les points hauts.
Trace GPS du jour 3 : La Forêt-Auvray – Saint-Pierre-du-Regard, une traversée d’ouest en est – Suisse Normande, Normandie.

Une nuit à 4 °C et une tente toujours trempée (heureusement, pas l’habitacle, mais tout de même…). Cette étape est longue et comporte également des dénivelés, mais je l’ai trouvée plus facile, peut-être parce que je m’habitue aux difficultés du parcours.

Dans les bois de Berjou et tout au long de ce trajet, des panneaux pédagogiques relatent l’historique de la libération d’août 1944, lorsque les soldats du 7ème Somerset Light Infantry ont libéré le village de Cahan et capturé environ 150 parachutistes allemands du 3ème Fallschirmjäger, ainsi que d’autres faits d’armes dans la région.

À ne pas manquer : lorsque vous passez par Berjou, juste avant l’église, sur votre gauche, se trouve un petit espace avec deux tables de pique-nique et, sur votre droite, une boulangerie-pâtisserie qui fait également épicerie (Épi Service). Les pâtisseries y sont faites maison ; j’ai pris un flan pour mon dessert, qui m’a rappelé mon enfance. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas mangé un flan aussi délicieux !

À mon arrivée au camping municipal de Condé-sur-Noireau, le paiement se fait à la piscine municipale juste à côté. À 17 h, il commence à pleuvoir, et à 18 h, je suis déjà dans ma tente, je n’ai même pas gonflé mon matelas, je dormirais sur la dure. Je n’ai pas ma liseuse, mais heureusement, j’ai de quoi écrire pour m’occuper.

Façade d'un ancien bâtiment agricole normand en pierre de grès et calcaire, aux portes vermoulues et envahi par la végétation, avec un vieux abreuvoir en béton au pied du mur, le long d'un chemin de terre en Suisse Normande, Normandie.
Une ancienne dépendance agricole abandonnée au bord du chemin, vestige du patrimoine rural normand – Suisse Normande, Normandie.
Petite grotte votive en pierres sèches abritant une statue de saint tenant l'Enfant Jésus, ornée de fleurs rouges, entourée de fougères luxuriantes et de végétation dense en sous-bois, en Suisse Normande, Normandie.
Une source votive discrète veille au cœur du sous-bois, le long du sentier – Suisse Normande, Normandie.

Jour 4

Fin.

Tracé du parcours effectué.

Carte de la trace GPS complète d'une randonnée itinérante de trois jours en Suisse Normande, reliant Le Vey à Saint-Pierre-du-Regard via Pont-d'Ouilly et La Forêt-Auvray, avec un profil altimétrique coloré du rouge pour les points bas au bleu foncé pour les points hauts.
Trace GPS des trois journées de randonnée itinérante en Suisse Normande, de Le Vey à Saint-Pierre-du-Regard – Normandie.

Il a plu toute la nuit (8 °C) et la pluie continue lorsque je plie ma tente. En consultant la météo, je constate qu’il est prévu de pleuvoir toute la journée et le lendemain. Je n’ai pas envie de marcher sous la pluie toute la journée, ni d’attendre le bus le lendemain sous la pluie au bord de la D562. Je décide donc de me rendre en centre-ville pour trouver un arrêt de la ligne 117 qui dessert également cette ville, mes voisins de camping m’y dépose. Je prends mon petit déjeuner dans un bar en attendant l’arrivée du bus qui me conduira à la gare de Flers. À la gare, je n’ai aucun problème pour échanger mon billet du lendemain contre un billet pour le prochain train à destination de Paris. Je rentre chez moi.

La toile de tente qui sèche chez-moi.

Tente ultralight verte de marque Nigth-Cat suspendue et étendue à l'intérieur d'un logement pour séchage, avec ses haubans jaunes encore attachés, au retour d'une randonnée itinérante en Suisse Normande.
La tente suspendue pour séchage après trois jours de randonnée en Suisse Normande.

Bah alors Sima, t’as pas fait de bivouac ?

Au début, je pensais devoir bivouaquer, mais j’ai finalement constaté que chacune de mes étapes se terminait près d’un camping. Pourquoi m’en priver ? Je bivouaque seulement lorsqu’il n’y a pas de camping, ou lorsque ceux-ci sont rencontrés trop tôt dans la journée ou sont trop onéreux. Dans les endroits où il y a des gîtes non gardés ou d’autres refuges, il m’arrive de bivouaquer à proximité lorsque je trouve les literies douteuses. Bref, je fais ce qui me semble le plus pratique.

Matériel
Je ne vais pas faire une liste, mais juste dire que je n’ai pris qu’une seule batterie 10 000 mAh, je n’ai pas pris ma liseuse, qui m’a manquée ni ma gourde filtrante. En vêtement sur moi boxer, bermuda, tee-shirt, chaussette. Dans le sac un manches longues mérinos que j’ai mis que lors de la nuit à 4 °C, un boxer, 2 paires de chaussettes, polaire et veste coupe-vent déperlant. Par contre j’ai pris ma perche à selfie qui fait également trépied et mon appareil photo pour économiser la charge de mon smartphone. Et biensur le nécessaire de couchage, popote, trousse de toilette.

Botanique

  • Pas beaucoup d’ail des ours (Allium ursinum) alors que lors de la randonnée au Pays Caux il y en avait à foison.
  • Par contre les chemins en sous-bois sont bordés de Nombril de Vénus (Umbilicus rupestris) fleuris dont j’aurais bien pris quelques feuilles pour me faire une petite salade, mais je ne transporte pas d’assaisonnement avec moi et il est vrai que les feuilles sont meilleures et plus tendres avant les inflorescences.
  • Je n’ai pas croisé de Abies alba dont les noms vernaculaires sont : Sapin blanc, Sapin commun, Sapin pectiné, Sapin de Normandie, Sapin des Vosges, Sapin noir, Sapin de l’Aigle, Sapin de croix, Sapin à feuilles d’if… Bref les noms vernaculaires ne veulent pas dire grand-chose, seul le nom latin compte. Avec les jeunes pousses, j’aurai pu me faire une tisane.

Pour conclure

Les moins :
Je suis tombé sur une semaine à la météo capricieuse avec des vents du nord. Marcher en manche courte sous le soleil puis nuages et vent froid, m’arrêter pour mettre polaire, voire le coupe-vent, puis pluie et mettre ma house de sac à dos… De nouveau soleil bref, j’ai les quatre saisons plusieurs fois par jour m’obligeant à m’arrêter régulièrement pour enlever ou ajouter des couches.

Les plus :
Les dénivelés ne m’ont pas gêné d’autant plus que j’étais récompensé par de magnifiques paysages. Des campings bien répartis sur le parcours et comme toujours de belles rencontres.

Les rencontres

  • Camping de Clécy, l’anglais avec qui j’ai sympathisé il m’a montré son vélo au top à changement de vitesse sans dérailleur, bloque guidon, béquille qui se pose sur le cadre, blocage des freins… je ne suis plus à la page et découvre…
  • Camping de Pont d’Ouilly, un père et son fils ado qui font de la rando pour une première fois avec plein de matos tout neuf de l’enseigne bleu, il envisage faire la prochaine rando avec sa fille maintenant qu’ils ont le matériel. Une cycliste qui fait une pause d’une journée pour cause de douleurs musculaires, je suis impressionné par les parcours qu’elle a déjà fait, par exemple la Norvège…
  • Camping La Rouvre, un couple qui souhaite faire de la randonnée et m’ont demandé à voir mon matériel, un jeune couple néerlandais qui ont décidé de rester une journée de plus aller voir « Les Roches d’Oêtre » que je leur ai conseillé.
  • Camping de Condé-sur-Noireau, un jeune couple qui est là à défaut de trouver un logement avec une tente qui prend l’eau qui sert de garde-manger et une autre plus étanche pour dormir et une voiture plein à craquer des effets d’une vie, ça m’a fait de la peine sachant le nombre de logements libres qui existe ou loués en AirBnb. Ça me révolte… Nous n’avons pas pu parler trop longtemps à cause de la pluie nous obligeant à nous réfugier sous nos tentes dès 18 h.
  • En chemin sur le tour de la Suisse normande, un couple qui faisait du repérage pour leur association du 92, je les croiserais plusieurs fois ainsi qu’un groupe de randonneurs d’une association du côté de Èvreux que je croiserai aussi plusieurs fois.

Petite Vidéo

Les frais

Allée/retour Paris – Flers en train → 44 €
Bus 117 – 2X1,90 € → 3,80 €
Total des transports → 47,80 €
Camping du Clécy → 8 €
Camping Pont d’Ouilly → 8 €
Camping de La Rouvre → 8 € + (1 € pour la durée du séjour pour recharger mon smartphone).
Camping Condé-sur-Noireau → 5,50 €
Total des hébergements → 30,50 €

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