Randos au Sud-Ouest d’Issoire – Le Cézallier

Quelques idées de randos dans le Cézallier (Auvergne)

Des randonnées à la mi-journée et journée dans le Cézallier.

La rando, finalement ce n’est pas que de l’itinérance, faire une sortie à la mi-journée ou à la journée, c’est aussi de la randonnée. D’ailleur, en itinérance, entre deux bivouacs, deux gîtes, deux campings, etc, c’est bien une randonnée d’une journée que nous effectuons, voire mi-journée lorsqu’une étape est plus courte.

j’avais déjà parlé d’une randonnée à la mi-journée dans cet article « Rando – Chevreuse – demi-journée« .

6 Randonnées dans le Cézallier, de la plus courte à la plus longue

Avertissement

Côté transport en commun c’est très mal desservi, S’il est facile d’arriver à Issoire (TGV + TER) une fois à Issoire pour vous rapprocher des points des départs (Ardes, Anzat-Le-Luguet) il n’y a que le bus P20 qui circule une fois par semaine le mercredi ! Et vous devrez attendre le mercredi prochain pour repartir dans l’autre sens.
Exemple :
Issoire mercredi – 18:10 arriver à Anzat à 19:05
Anzat mercredi – 12:05 arrive à Issoire à 13:15
Où se renseigner auprès du réseau de transport collectif Sherpa
Mais pour vous rendre aux points de départs de certaines randos risque d’être compliqué.

Période

De mai à octobre pour les parties hautes, en 2022 j’ai eu de la neige début avril, c’est rare à cette période mais ça peut arriver.

Si vous êtes équipé, vous pouvez faire de magnifiques randonnées en raquettes l’hiver.

Il faut savoir que même s’il est tombé peu de neige (10 cm) dans le haut Cézallier, le vent y est constant avec des rafales régulières ce qui va balayer la neige à certains endroits et créer des congères dans d’autres ce qui peut rendre la randonnée fatigante et surtout les bâtons de marche sont indispensables, profiter pour lire l’article « Rando – Avantages et inconvénients des bâtons de marche« .

Circuits (boucles)

Roche-Charles-la-Mayrand (Boslabert)

Roche-chales-la-Mayrand résulte de la fusion de deux communes, Roche-Charles et Mayrand en 1976 (loi Marcellin) et constitué de plusieurs hameaux dont Boslabert qui est le point de départ.

Boucle
Distance : 4,4 km
Dénivelé : 158 D+
Balisage : bleu

Le long de ce circuit vous aurez une vue sur les Gorges du Sault. À mi-chemin (~ 2 km) vous arriverez à la Chapelle Romane Roche-Charles et l’ancien cimetière. Cet édifice roman du 12e siècle, a été fortifié aux 14e – 15e siècles ; vous aurez également une magnifique vue sur le Massif du Sancy.
À 3,5 km, si vous trouvez le parcours trop court, au lieu de tourner à gauche, continuez tout droit en direction des éoliennes pour voir de près la chapelle de la Croix Maubert, 800 m aller/retour, (toute petite chapelle avec une table de pique-nique à proximité)

Trace GPX : Trace GPX Boslabert 4,4 km

Mazoires

Randonnée courte mais des paysages variés entre sous-bois, puy de Domarège (ou puy de Mazoires, volcan strombolien édifié il y a 140 000 ans, présentant un cratère égueulé orienté au nord), gorges de Rentière, chapelle Sainte-Pezade.

Boucle
distance : 7,1 km
Dénivelé : 225 D+
Balisage : bleu

En sortant de Mazoires (Nord/Est) un sentier sur votre droite (vue sur les gorges et village de Rentières)  vous mènera à une grotte et la Chapelle-Sainte-Pezade (pezade signifiant « pas » en occitan) qui se trouve au bout d’une impasse de 300 m.
Après avoir passé le ruisseau de Vèze vous avez une vue sur des orgues basaltiques au-dessus.
Après Granges, vue sur le puy de Domarège. À Vèze reste les ruine du château (maison fortifiée du XIIe siècle citée à partir de 1304).
De retour Mazoires vous pouvez visiter l’église romane Saint-Saturnin-Sainte-Florine.

Petite histoire, de Florine (parmi les variantes):
Bergère du Cézallier (jolie, vierge et pieuse) dans le haut Moyen Âge, originaire du village Strigoux, au-dessus des gorges de la Couze d’Ardres. Pour échapper à un agresseur, lié peut-être à un raid des Hongrois au Xe siècle, elle franchit d’un saut le torrent. Sur la rive sud de la Couze, une roche à bassin, en forme de pied humain, a accrédité l’idée d’un souvenir du prodige. À son emplacement s’élève la chapelle Sainte-Pezade, dont le vocable a été inspiré par l’empreinte pédestre ; il pourrait s’agir de la christianisation d’un lieu de culte païen.
Le corps de Sainte-Florine a été transporté à Mazoires, tandis que son chef se partage, depuis le XIe siècle, entre la cathédrale de Viviers et l’église de Sainte-Florine. Le culte de sainte Florine était associé à celui de Sainte-Flamine dans l’église des Récollets de Montferrand.
La légende dit que marcher dans l’empreinte de ses pas soulage les rhumatismes.
Les reliques de Sainte-Florine se trouvent aujourd’hui à l’église de Mazoires, dans une châsse en bois doré.

Trace GPX : Trace GPX Mazoire 7,1 km

Ardes – Apchat

Ardes est implanté sur les contreforts orientaux du Cézallier dont il est le principal bourg. Capital de la puissante famille des Mercoeur Ardes hérite d’un pan d’histoire médiévale auvergnate. Des passages entre les maisons permettent de communiquer entre la ville haute et les bords de la Couze, On y retrouve de nombreux tunnels et traboules dans la Grande Rue du bourg. Un village vivant avec épicerie, pharmacie, boucherie, etc.

Boucle
Distance : 10 km
Dénivelé : 219 D+
Balisage : jaune

Lors de cette randonnée vous aurez à plusieurs reprises des vues sur « le Doigt de Mercoeur » tour ruinée, vestige du château de Mercoeur qui culmine à 939 m à l’Ouest d’Ardes.
à Zanières-la-Mave vous aurez une vue sur Apchat.

Conseil :
À la Croze, quittez le chemin balisé pour descendre à la Cascade du Gour d’Appat puis remontez pour récupérer votre chemin à Bord. Ce crochet vous rallonge de 2,9 km. Un « Gour » est un mot ancien désignant des creux profonds et plein d’eau, se formant au bord des rivières.
Depuis Bord vous suivez le « GRP autour d’Issoire », en arrivant à Apchat vous le quittez pour vous orienter vers l’église de type gothique. Vous rejoindrez le GRP à la sortie de Apchat.

Trace GPX : Trace GPX Ardes – Apchat 10 km

Trace GPX « crochet Cascade du Gour » Trace GPX crochet Cascade du Gour d’Appat 2,9 km

Ardes – Rentières – Doigt de Mercoeur

Au menu, Falaise, gorges, forêt, rivière et les reste du château de la dynastie des Mercoeur.

Boucle
Distance : 12 km
Dénivelé : 331 D+
Balisage : vert

Vous quittez la Rue du Commerce par la rue de la Petite Côte (descente) passage sous l’ancienne porte fortifiée d’Ardes. En bas à gauche vous passerez devant l’église gothique Saint-Dizain XIIIe siècle (classée monument historique depuis 1920) sa construction aurait durée près de 200 ans.
En sortant de la ville, dans la montée du Trion, vous aurez une magnifique vue sur Ardes.

À Rentières n’hésitez pas à faire un petit détour (200 m A/R) pour voir l’église Romane Notre-Dame, Profondément remaniée au XIIIe siècle (la nef, et les chapelles latérales dotées de voûtes sur croisées d’ogives), elle est classée monument historique depuis 1980.

Et que dire de plus de cette magnifique randonnée aux dénivelés plus marqués que les précédentes, tout est dans la courte description du menu d’intro.

Trace GPX : Trace GPX Ardes – Doigt de Mercoeur 12 km

Jassy

On est au cœur du Cézallier, socle primaire vous y croiserez des estives, lacs d’altitude, forêts, tourbières. des paysages époustoufflants. Une atmosphère nordique, les hivers généralement enneigés, des vents forts et glacials, la petite Sibérie d’Auvergne.

À savoir que la Couze prend sa source dans cette ancienne vallée glaciaire.

Boucle
Distance : 14,3 km
Dénivelé : 301 D+
Balisage : jaune

Le départ de cette randonnée est donné à La Godivelle, je vous la propose sur le tracé depuis Jassy, mais je vous avoue que finalement je préfère la démarrer à Brion-Haut où face à un bistro au milieu de nulle part (qui doit être ouvert en période estivale, mais j’y vais hors saison) il y a une aire assez grande pour y sationner. Bref, vous pouvez démarrer d’où vous voulez puisqu’il s’agit d’une boucle, tout dépend d’où vous venez.

Que vous dire de plus que de profiter des panoramas qui s’offriront à vous ainsi que la flore. N’hésitez pas à vous attarder aux lacs d’origines volcaniques de La Godivelle, l’église Saint-Blaise de La Godivelle (partiellement modifée au XIIe siècle). La Godivelle est la commune la plus haute du département et la moins peuplée (17 hab. en 2022) et la fontaine sur la place de l’église est la plus large du département.
Le sentier chevauche de temps en temps le TVR (Tour des Vaches Rouges) vous le remarquerez aux balisages.

Trace GPX : Trace GPX Jassy 14,3 km

Parrot – Le Luguet

Prendre encore un plus de hauteur pour mieux profitez des plus beaux panoramas du Cézallier. Vérifiez la météo avant d’y aller.

Boucle
Distance : 17 km
Dénivelé : 455 D+
Balisage : vert

De Parrot jusqu’au km 13 le sentier suit celui du TVR. Au km 14 sur votre droite le point culminant couronné d’un bois (bois de la Croix des Champs), le Signal du Luguet 1 547 m.

Que vous dire de plus sinon qu’il s’agit d’une des plus belles vallées glaciaires du Massif Central.

Trace GPX : Trace GPX Parrot – Luguet 17 km

J’espère vous avoir donné envie d’aller dans le Cézallier, moins connu que le tour des puys et pourtant un lieu magnifique et dépaysant.
Laissez vos commentaires après les photos ci-dessous.

Petite vidéo pour conclure

Le billet « Randos au Sud-Ouest d’Issoire » est apparu en premier du le blog de Sima78.

Le tour des Puys d’Auvergne GR441

Une magnifique boucle sur le tour des volcans d’Auvergne.

GR® 441, boucle de Volvic – Tour de la Chaîne des Puys

113 km de difficulté → difficile.

Ce circuit est prévu sur 5 jours, une durée raisonnable si vous choisissez de dormir en gîte. Avec le petit-déjeuner et le dîner disponibles sur place, vous pourrez voyager léger, sans avoir à transporter tente, matelas, etc., emportant uniquement un pique-nique et de l’eau.

Si vous optez pour le bivouac et l’autonomie alimentaire, vous devrez non seulement porter une charge plus lourde, mais aussi partir plus tard le matin en raison du démontage du camp (sécher la tente, plier, ranger…). Dans ce cas, prévoir 6 ou 7 jours est plus adapté, à moins d’être un performeur.

Rando en binôme

Nous sommes partis à deux. Nous avions déjà randonné dans les Pyrénées quand nous étions jeunes, beaux et c… à la fois. C’était donc le ’come-back’ ! Je n’avais pas d’appréhension particulière, étant assez confiant dans mon binôme, comme lors de ma randonnée dans le Pays de Caux avec Tom23. En réalité, la seule source d’inquiétude, c’était moi-même : Dans les deux cas, je venais de me remettre d’une lombalgie. Mon pied droit tiendra-t-il jusqu’au bout ? Et là, une fatigue chronique inexplicable me pèse depuis plus d’un mois…

Avertissement

Je ne mets pas les traces GPS (téléchargeables) pour ne pas dévoiler nos spots de bivouacs. C’est volontaire et j’ai toute une argumentation sur le sujet qui sera traité lors d’un billet à venir.
Les images de traces sur l’article ont été créées après notre retour car je n’ai pas enregistré mes traces, j’ai souvent marché smartphone éteint pour économiser de la batterie.
Mon binôme, pour ne pas le nommer il faut que je lui trouve un pseudo… Jubéa, c’est pas mal ça ! Je pense qu’il comprendra et j’espère que ce pseudo lui plaira ! Il lui reste les commentaires pour s’exprimer.

Jour 1

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Volvic – Lieu de bivouac
10,686 km

Nous arrivons à Volvic un peu avant 14h, nous comptions passer une nuit au camping pour commencer le lendemain. L’accueil du camping est fermé et ouvre à 15h30, nous attendons un peu… Puis nous décidons de garer la voiture en centre-ville et démarrer la randonnée il est un peu plus tard que 14h30. Les 2 ou 3 premiers kilomètres nous croisons des points d’eau, j’en ai 1,5L et Jubéa à peu près autant. Les dénivelés montants, descendants sévères s’enchaînent, il fait aux alentours des 30°C, nous devons trouver un coin de bivouac et nous n’avons plus beaucoup d’eau.

Sur l’un des sommets au magnifique panorama il y a juste derrière une toute petite clairière où nos deux tentes y tiendraient à l’étroit, l’herbe y est écrasée signe que quelqu’un y a bivouaqué avant nous malgré l’interdiction mais nous devons nous poser, nous reposer. Je décide de ne pas manger ce soir là, juste une barre de céréale, je veux garder un peu d’eau pour le lendemain. On a passé une belle journée, dure en dénivelés mais avec de magnifiques paysages.

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Jour 2

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Lieu de bivouac – Lieu de bivouac après Laschamps
19,385 km

Après avoir profité du panorama matinal, nous reprenons notre chemin. Les dénivelés continuent de se succéder, offrant toujours des paysages grandioses. Toutefois, notre principale préoccupation demeure l’eau : nous n’en avons pas assez.
Nous croisons plusieurs petites retenues d’eau (flaques et petites mares) que les sangliers ont utilisés pour créer leurs bauges. L’idée de remplir nos gourdes, même filtrantes, à ces endroits est peu engageant. Pour la pause déjeuner, nous découvrons une magnifique clairière. À sa sortie, deux abreuvoirs à bétail partiellement remplis par les pluies nous offrent une solution. Nous choisissons celui dont l’eau semble la moins croupie pour remplir nos gourdes, nous désaltérer et emporter une réserve suffisante pour la suite du parcours.

L’ascension du Puy de Dôme est sans doute la partie la plus éprouvante, mais elle nous récompense par des vues à couper le souffle. La seule ombre au tableau se trouve au sommet, lorsque nous décidons de nous rafraîchir au bar. À notre surprise, les commandes se font via des bornes électroniques, comme dans un fast-food. Pendant notre pause, nous observons plusieurs familles et groupes, visiblement agacés par ce système, qui quittent les lieux sans rien consommer. Dans un tel cadre, on s’attend à une ambiance plus accueillante et chaleureuse, que les technologies modernes n’offrent pas. Un service traditionnel, avec des serveurs prenant les commandes à table, aurait été bien plus approprié et apprécié.

À Laschamps nous faisons une halte au cimetière, pour faire nos toilettes, une peu de lessive et remplir nos gourdes avant d’aller à la recherche d’un spot de bivouac que nous trouverons sous des épicéas, un bon spot au sol bien moelleux. Les sardines s’enfoncent au pouce, sans effort mais ressortiront le lendemain collant de résine, on ne peut pas tout avoir.

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Jour 3

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Lieu de bivouac après Laschamps – Pessade
22,505 km

Les dénivelés sont moins difficiles mais toujours existant, comme aurait dit un berger rencontré dans notre jeunesse dans les Pyrénées : Ho, c’est tout plat par là !  Jubéa se rappellera certainement de cette anecdote. Nous traversons de beaux paysages, moins boisés, ce qui nous pèse c’est de marcher souvent en plein cagnard. Depuis le début nous marchons sous une chaleur caniculaire par contre le ravitaillement en eau est moins problématique.

En quête d’un peu plus de confort pour la nuit à venir, nous réservons au gîte « Le Bercail Montagne » à Pessade. Malheureusement, le gîte est complet, mais le propriétaire, dans un geste très sympathique, nous propose de nous loger dans une annexe qu’il possède. Nous apprenons par la suite que cette annexe est habituellement fermée, car elle est en vente. Ce geste attentionné nous a véritablement dépannés.

Une fois installés dans ce gîte spacieux de six couchages, tout propre et confortable, c’est un véritable luxe après nos nuits en bivouac. Nous découvrons avec surprise qu’il y a même un petit bar dans ce village d’environ soixante habitants. Nous nous y rendons pour boire un rafraîchissement, et sommes immédiatement charmés par l’ambiance chaleureuse et la convivialité de ce lieu, véritablement unique.

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Jour 4

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Pessade – Olby
22,787 km

Si le parcours commence très vite par une partie boisée nous faisant passer par le Lac de Servière, l’on se retrouve très vite de nouveau sous la chaleur caniculaire inattendue en cette période.
À Orcival l’on décide de faire un tout petit détour par le centre village pour m’acheter un casse-croûte pour le midi car je n’ai plus de repas pour les midis. Magnifique village et sa Basilique Notre-Dame d’Orcival, un joyau d’art roman auvergnat construit par les moines de la Chaise-Dieu au XIIᵉ siècle. Nous remontons jusqu’à la Chapelle Notre-Dame pour pique-niquer.
Peu de temps après nous ratons une marque cachée par une remorque et faisons quelques kilomètres pour rien. Des dénivelés plus faciles mais toujours cette chaleur caniculaire. De magnifiques panoramas sur notre droite nous voyons au loin les puys que nous avons passé les premiers jours.

À Olby nous nous renseignons s’il y a de bons coins de bivouacs proches et nous obtenons une autorisation pour bivouaquer sur le jardin du presbytère.
Ne vous avisez pas à y bivouaquer sans autorisation, et même avec autorisation je vous déconseille ce spot.

Avantage : vous êtes prêt d’une épicerie, boulangerie, point d’eau.
Inconvénients : Vous êtes au centre du village, pas d’intimité possible, les cloches sonnent toutes les heures (même la nuit), puis une minute après au cas ou vous n’auriez pas entendu, plus le gong de la demi-heure et vous êtes juste en dessous des cloches… Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Les clochent n’ont apparemment pas perturbées le sommeil de Jubéa qui à plus été déranger par les quelques voitures et motos de la D2089 qui passe à plus d’un kilomètre au sud.

Mon conseil : ravitaillez-vous à Olby et sortez de la ville pour vous trouver un spot de bivouac plus isolé et plus tranquille.

Je ne regrette pas non-plus car une randonnée est une petite aventure et les bivouacs, bons et moins bons, en font partie.

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Jour 5

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Olby – Camping Bel-air (à côté de St-Ours)
18,533 km

Des dénivelés plus marqués que les jours 3 et 4, toujours la canicule, je suis plus en forme que les jours précédents. Lors de ce parcours l’on passe de la chaleur aux alentours de 30°C à la fraîcheur du Cheire de Côme… Un lieu magique où il y fait très bon marcher où certains passages ou les courants d’air y sont très frais comme le passage devant un congélateur où la porte serait restée ouverte. Une très belle expérience dans un environnement à la beauté féerique.

Résumer de ce phénomène :
La coulée de lave du Cheire de Côme, issue d’une éruption il y a 30 000 ans, a formé un paysage de blocs volcaniques poreux propices au phénomène de froid. L’air froid s’infiltre dans les cavités des blocs de lave poreux et y reste piégé en raison de sa densité. Même lorsque l’air se réchauffe en surface, l’air froid reste emprisonné au sol, créant une sensation de froid persistant.

Le phénomène est très bien expliqué dans ce lien pdf.
Une très belle étape !

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Jour 6

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Camping Bel-air – Volvic
16,265 km

Nous replions nos tentes alors que quelques gouttes commencent à tomber. Nous couvrons nos sacs avec leurs housses de protection, mais la pluie est si fine qu’il n’est pas nécessaire de nous couvrir davantage, et nous restons en manches courtes. Cela change agréablement de la chaleur écrasante des jours précédents, et rend la marche plus plaisante. Toutefois, le ciel s’assombrit et devient menaçant. Après avoir dépassé le Puy de l’Espinasse, nous décidons de bifurquer légèrement vers le nord-est, écourtant notre parcours d’environ 5 km. Finalement, quitter les sentiers balisés pour emprunter, comme le dirait Sylvain Tesson, « les chemins noirs » a son charme.

Cette dernière étape, rafraîchissante et agréable, marque une belle conclusion à notre aventure.
Arrivés au camping de Volvic, nous avons opté pour une nuit en cabane, prêts à reprendre la route le lendemain.

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Budget

Je passerai sur les détails, mais les tarifs des gîtes et campings sont très raisonnables. Je vais me pencher plus attentivement sur les prix des transports en commun, qui auraient probablement été moins coûteux que le trajet en voiture. Cela dit, le covoiturage devient vraiment avantageux à partir de trois personnes pour ce type de trajet.

Les belles rencontres

  • Le jeune berger, très sympathique, que nous avons rencontré le troisième jour, nous avons marché ensemble tout en conduisant son troupeau vers une prairie. Nous avons échangé des discussions passionnantes.
  • Le propriétaire du gîte très sympathique aussi et très accueillant, nous avons parlé de son travail d’agriculteur, de son fils qui fait de l’élevage de la race Aubrac et fait de la vente en directe de viande bio maturé. Parler d’autres choses, d’anecdotes, de la région…
  • Le cycliste randonneur rencontré à Volvic à la fin de notre parcours. Entre randonneurs, nous parlons forcément matériel, trucs et astuces[1], l’une des siennes s’est d’ailleurs révélée meilleure que la mienne, et je compte bien l’adopter lors de ma prochaine sortie en itinérance. Il a une tente assez similaire à la mienne, la même que celle du cycliste croisé lors de mon tour des 7 cascades et des 7 lacs dans le Jura.

Les difficultés

  • J’ai trouvé la portion Volvic – Laschamps particulièrement éprouvante, d’autant plus que je n’étais pas en grande forme physique.
  • Pour celles et ceux qui préfèrent éviter le bivouac, il faut noter qu’il n’y a pas d’hébergement entre Volvic et Laschamps, ce qui ne nous a pas posé de problème.
  • Le manque d’eau potable sur cette section est un vrai défi : mis à part des points d’eau juste après le départ de Volvic, quand nos réserves sont encore pleines, il n’y a rien jusqu’au sommet du Puy de Dôme, où des toilettes publiques sont disponibles (mais que nous n’avons pas utilisées), puis plus rien jusqu’à Laschamps. Même avec des gourdes filtrantes, en période de canicule, cette étape reste compliquée.

Les principales difficultés de cette randonnée se concentrent donc sur ce tronçon mais rien de dramatique.

Petite Vidéo

Conclusion

J’ai de nouveau adoré randonner en duo.
Ce Tour de la Chaîne des Puys d’Auvergne, avec ses paysages majestueux et ses défis physiques, fut une belle aventure. Chaque étape, qu’elle soit marquée par la chaleur écrasante ou la fraîcheur du Cheire de Côme, nous a offert son lot de découvertes et de rencontres enrichissantes. La diversité des terrains, les rencontres humaines authentiques et la beauté des lieux ont fait de cette randonnée un voyage à la fois physique » et gratifiant. Une expérience où nature, partage et dépassement de soi se mêlent pour créer des souvenirs impérissables.

Commentez :

N’hésitez pas à partager vos impressions ou à poser vos questions sur ce récit ! Votre expérience personnelle, vos astuces ou même vos doutes concernant ce magnifique Tour de la Chaîne des Puys d’Auvergne sont les bienvenus. Que vous soyez un passionné de randonnée ou en quête d’inspiration pour votre prochaine aventure, vos commentaires enrichiront la discussion !

Le billet « Rando – Le tour des volcans d’Auvergne GR441 » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

PS : La photo du logo, en haut à gauche, je l’ai prise depuis une affiche, il s’agit certainnement d’une vue prise depuis une montgolfière ou un drome.

Note(s)

  1. ^ Je compte faire un article sur tous mes trucs et astuces, dans un ou deux mois.

S22E01 – Rando – GR de Pays du Val d’Allier

S22E01 – Rando – GR de Pays du Val d’Allier – Boucle n°4 Aux marches du Cézallier.
Intro

Il s’agit d’une boucle donnée pour quatre jours de randonnées. Il s’agissait d’un test (voir si mon problème de pied perdure ou pas) une sorte d’entraînement (vérifier mon état physique après un état sédentaire depuis de nombreuses années), d’ajustement de matériel : je fais avec ce qu’il me reste (quelques matériels fonctionnels mais pas forcément les plus légers actuellement) et d’autres que j’ai achetés dernièrement.

Récit en plusieurs points :

  • Journal
    • J-1
    • 1er jour
    • 2e jour
    • Moment de réflexion à Blesle
    • Conclusion
  • Améliorations
  • Conseils
  • Infos

Journal

Jour J-1

J’ai une grande appréhension, ce qui n’est pas un trait de mon caractère. La crainte d’avoir mal à mon pied, mes maux de dos qui resurgiraient, une condition physique que je surestimerais (alors que j’ai conscience que je n’ai plus vingt ans)… La peur de devoir arrêter dès les premières heures et constater que je ne pourrais plus faire de randonnées sur plusieurs jours, ce que je prendrais comme un véritable échec puisque j’y crois et j’ai investi ce que j’ai pu dans du matériel (tente, matelas, sac-à-dos).

Alors que le sac était prêt, je le vide totalement et le refais en supprimant encore ce que je peux pour l’alléger encore, ça se joue sur de tout petits détails, mais bon…

Avec mes deux gourdes pleines, je suis à plus de 15kg. C’est lourd, mais bon, je pars du principe qu’il faut bien commencer par quelque chose pour voir comment l’améliorer par la suite.

1er jour :

Suite à un incident à mon arrivée en fin de cette étape, mon téléphone est resté en plein soleil j’ai eu le message suivant : votre appareil est en surchauffe, toutes les applications ont été arrêtées. J’ai donc perdu le tracé OSM, je l’ai refait à la main avec une petite partie assez aléatoire lorsque je suis passé par la Table de Montcelet, le parcours que j’ai pris en quittant le sentier, pour en rejoindre un autre n’existe pas sur la carte OSM, mas ça ne change pas grand-chose, environ 1km avec un beau dénivelé.

Carte topographique d'un itinéraire de randonnée de 23,72 km dans le Puy-de-Dôme, tracé en rouge, vert et bleu entre Ardes et Saint-Germain-Lembron.
Itinéraire balisé de 23 719 m (23,72 km) reliant Ardes à Saint-Germain-Lembron, en passant par Augnat, Saint-Gervazy et Solignac-sous-Roche. Les différentes couleurs du tracé (rouge, vert, bleu) indiquent les dénivelés du parcours.

Départ 7h30. Au moment de partir, je sens tout de suite que le porte-cartes va m’emmerder, je n’ai pas envi de l’accrocher au cou (je ne veux pas d’un truc qui pendouille), ni la tenir à la main (j’ai mes bâtons de marche), je la glisse sous la ceinture ventrale du sac-à-dos (je sais qu’elle glissera), bref, ça va me faire chier, je le sens tout de suite.
Première montée en sortant de Ardes, j’entends toutes les coutures du sac neuf travailler, ça se met en place. J’arrive à Poudain, j’ai fait 1,6km, je sors la carte dont j’ai besoin et qui est plié sur la partie de mon itinéraire et la glisse dans ma poche latérale de mon short. Le porte-cartes avec la carte don je n’ai pas besoin pour l’instant termine dans mon sac à dos. C’est la solution qui me conviendra tout le long.

À Augnat, alors que je dois tourner à gauche je poursuis pour compléter l’une de mes gourdes au cimetière, ça me fait un petit détour mais rien de bien méchant. Je passe Madriat, Collanges, j’espère faire ma pause déjeuner le long la Couze d’Ardes. Je ne trouve pas d’endroit sympa pour m’installer alors je me pose à l’ombre d’un arbre, pas top, j’aurai aimé une pierre, une souche ou un muret où poser mon cul, du coup je vais déjeuner debout (pain au 5 céréales, 1 tranche de jambon d’Auvergne, un morceau de saucisson d’Auvergne, un morceau de cantal et deux abricots secs) et je me réconforte en me disant que je prendrais un café assis à la terrasse d’un bar au prochain village.

ue panoramique sur une vaste plaine agricole verdoyante en Auvergne, encadrée de végétation au premier plan, avec des collines et des sommets montagneux dans la brume à l'horizon, sous un ciel bleu dégagé.
Vue depuis les hauteurs surplombant la plaine du Lembron (Puy-de-Dôme), en juillet 2022. Au premier plan, taillis et arbustes buissonnants ; au loin, les massifs du Cézallier se devinent dans la brume matinale.

Je fais le bilan de cette matinée plutôt positive, je n’ai pas mal aux pieds, j’ai bien avancé, supporte bien la charge. Juste une bonne douleur derrière l’épaule droite, quand je remets mon sac-à-dos je détends légèrement la bretelle droite et ressers ma ventrale, j’ai l’impression que c’est mieux équilibrer. Je sais qu’avec un sac neuf, je devrais modifier plusieurs fois les réglages jusqu’à trouver le bon et sais que les réglages que l’on fait à la maison ne valent pas grand-chose surtout avec un sac neuf que l’on découvre.

Alors que j’ai déjeuné debout, je ne fais pas 100 m que je passe devant un banc bien placé à l’ombre où j’aurai pu déjeuner plus paisiblement, ça m’a fait sourire… Je passerai devant deux autres avant d’arriver à St-Germain-Lembron. Là, comme promis, je me pose à une terrasse et prends un café, fait remplir une des gourdes.

Là, je commets une erreur, alors que j’étais persuadé avoir entamé qu’une gourde, ma seconde gourde est presque vide.

Je repars donc avec 1 litre et une gourde presque vide sans le savoir.
Avant de partir je regarde ma carte et ne vois pas où planter ma tente avant Vichel. Je vois qu’en quittant le GR sur la droite à la sortie de Vichel il y a un petit sentier qui longe un ru, il y aura peut-être un coin sympa à côté du ru ? Il me reste environ 4 km pour m’y rendre.

Vaste champ de tournesols en pleine floraison dans la plaine du Lembron en Auvergne, avec des collines boisées et un ciel bleu nuageux en arrière-plan.
Plaine du Lembron (Puy-de-Dôme), juillet 2022. Un immense champ de tournesols (Helianthus annuus) en plein été, avec les plateaux se profilant à l’horizon.

Mauvaise surprise ! Le ru est à sec et inaccessible au fond un fossé d’environ 5m sur ma droite et sur ma gauche la friche et les bois sont pentus et également inaccessibles tant la végétation est dense.

Je décide de couper sur la gauche pour rejoindre le GR qui se trouve à 900 m au Sud-Est à vol d’oiseau, en passant par la Table de Montcelet, mais la sente qui y mène est très sinueuse, très étroite, monte jusqu’à la Table et redescend de l’autre côté au sud de la Table. J’avance assez péniblement et ça change des sentiers bien fléchés.

Je croise une fourmilière, je n’en ai jamais vu d’aussi haute, environ 80 cm de haut, il faut dire que dans cette végétation aussi dense elle est protégée de toute intempérie. Le temps de la prendre en photo j’ai des fourmis partout jusqu’à mi-mollet, ce ne sont pas des fourmis rouges, ne piquent pas certaines s’accrochent bien par leurs mandibules mais ne font pas mal, elles n’ont que leur nombre comme défense.

Grande fourmilière conique composée d'aiguilles de pin et de brindilles, adossée à un taillis dense en lisière de forêt, près du sommet du Moncelet en Auvergne.
Aux abords du sommet du Moncelet (Puy-de-Dôme), juillet 2022. Un imposant nid de fourmis des bois (Formica sp.), construit en dôme de débris végétaux, se fond dans la végétation forestière environnante.

Plus loin, sur ma gauche je vois un tout petit endroit plat, où ma tente pourrais tout juste tenir entre arbres et broussailles. La vue n’est pas idyllique, pas dégagée, elle est vite coupée à très courte distance par la végétation, mais finalement l’idée de dormir dans un endroit si sauvage, si abandonné ne me déplais pas. Je pose mon sac et fais le bilan et c’est là que je constate que soit, j’ai bu dans la gourde que j’ai rempli au bar et qu’il reste un fond, mais découvre que l’autre aussi est presque vide. Je n’ai pas assez d’eau pour boire, cuisiner ce soir et demain matin !

Je regarde ma carte et me dit qu’il y a des endroits sympas un peu plus haut que St-Gervazy où mettre ma tente, je remplirai mes gourdes au passage de St-Gervazy.

Je continue la sente jusqu’à rejoindre le GR et arrive sur le plateau qui surplombe St-Gervasy, l’endroit est idyllique pour un bivouac, l’embarras du choix d’emplacement avec des vues magnifiques, mais mon souci c’est l’eau. Je descends donc sur St-Gervazy, une descente très pentue mais surtout pleine de pierres instables qui roulent sous les pieds, je manque de tomber plusieurs fois et fini par tomber, rien de grave, par contre dans cette descente où l’on cherche constamment à se retenir, freiner des pieds, je me fais une ampoule à chaque pied. Je pense que cette gravière c’est créé par la multitude d’orages qu’il y a eux ses dernières semaines.

J’arrive à St-Gervazy, je vois que le château qui fait aussi Musée est ouvert, qui dit musée, dit toilettes publics, de quoi remplir mes gourdes. Le musée et le château sont gérés par une association, j’y rencontre le trésorier, qui me remplit aimablement mes gourdes. En lui montrant ma carte, Je lui demande confirmation concernant l’endroit que j’ai repéré pour bivouaquer.
Il me dit : pas besoin d’aller si loin, si vous êtes parti avant 8h demain matin vous pouvez vous installer dans le parc derrière le château ! Super sympa, il me montre un robinet caché dans un recoin extérieur du château où je pourrais remplir mes gourdes le lendemain matin. Bref, je peux donc aussi me laver le soir et le lendemain, le grand luxe !
Quand tout le monde est parti, j’ai le parc pour moi tout seul vers 18h30, je prépare le dîner et mange à une table de pique-nique du parc, je monte ma tente, j’écris, je lis, fais le tour du château, j’ai l’impression d’être le châtelain qui vérifie que tout est en bon ordre.

Tente de randonnée verte de type pyramidal dressée sur une pelouse, devant le château médiéval de Saint-Gervazy et sa tour ronde en pierre, en soirée d'été.
Saint-Gervazy (Puy-de-Dôme), 2022, en fin de soirée. Bivouac (avec autorisation des gestionnaire du château musée) au pied du château médiéval, avec une tente ultralégère à bâton central et un sac à dos de randonnée posé sur l’herbe.

À 22h, je me couche. Je suis réveillé à 3h30 par le chant d’une chouette effraie, si l’on peut appeler ça un chant, ça crie, ça crache, ça roucoule, ça crie beaucoup et surtout très fort, elle n’est pas loin dans les arbres derrière ma tente, ça s’arrête une demi-heure plus tard et je me rendors.

  • 23,72 km
  • 550 ↑
  • 665 ↓
  • 1215 mètres de dénivelés.

2ᵉ jour

Ce sera mon dernier jour, mais je ne le sais pas encore.

Carte topographique d'un itinéraire de randonnée de 16,87 km dans le Puy-de-Dôme, tracé en rouge, vert et bleu entre Saint-Gervazy et Blesle.
Deuxième étape de la randonnée : 16 867 m (16,87 km) au départ de Saint-Gervazy (marqueur vert), en direction de Léotoing et Blesle. Le tracé multicolore suit les vallées et les hauteurs boisées du sud du Puy-de-Dôme.

Réveillé à 5h30, je petit-déjeune, fais ma toilette, regroupe tout mon matériel. J’attends un peu car la tente condense un peu, pas dans l’habitable, mais sur l’intérieur de la toile ext., j’essuie ce que je peux, au bout d’un moment je décide de tout plier, ranger. Je réajuste mon sac, redescends d’un cran la partie dorsale. Je mets mon sac, ça porte mieux sur les hanches mais ce n’est pas encore ça.

7h30 je pars. J’ai du dénivelé pour la journée, mes ampoules me font mal, mais c’est supportable au  bout de trente minutes je n’y pense plus.

La montée vers le Parc naturel régional des volcans d’Auvergne, juste après Segonzat, me rappelle la présence de mes ampoules. Je me dis qu’à ce rythme-là, je serai ce soir à Blesle il y a un camping au sud où j’aurais le temps de prendre soin de moi (je n’avais pas prévu de passage par le camping, mais ça me fera vraiment du bien), d’autant plus que j’ai un jour d’avance, à ce rythme je boucle en trois jours.

Vue panoramique depuis les hauteurs boisées sur la vallée verdoyante et encaissée du ruisseau de la Roche, avec prairies, bois et collines ondulantes à l'horizon, sous un ciel bleu d'été.
Vallée du ruisseau de la Roche (Puy-de-Dôme). Vue plongeante depuis les crêtes boisées sur un paysage de vallons, de prairies et de bocage typique.

La descente vers La Roche, est en grande partie faire de roches et les orages y ont déposés une sorte alluvion, le sentiment d’avoir des micros billes sous les chaussures, c’est hyper glissant. Manque de tomber plusieurs fois et finis par chuter. J’ai un petit bout de peau qui est arraché et pendouille de ma main gauche, ça saigne un peu, mais pas bien grave. Par contre à force de me retenir et freiner des pieds et bâtons… Ça s’est amplifié côté pied droit, je sens qu’il y a du liquide qui coule, mon pied colle à la chaussette qui colle à la chaussure, là, sa pique vraiment.

À La Roche je me pose, désinfecte ma main et mets un pansement, je n’ose pas enlever ma chaussure de crainte d’empirer les choses, je vais continuer comme ça jusqu’à Blesle. Je réajuste mon sac un abaissant encore d’un cran le réglage dorsal, c’est presque parfait dans l’équilibre bretelles/hanches.

Je repars. Je passe Flora Haut, Flora bas, puis Sanson, j’ai fait attention dans les descentes, mais après Sanson une descente aussi glissante que celle où je suis tombé dernièrement. Comme l’on dit : jamais deux sans trois ! Je refais une chute, je suis tombé sur le côté, le pansement de la main s’est enlevé, un petit hématome au coude et des éraflures au genou et bras gauches mais rien de grave. Par contre mon pied droit me fait souffrir, je descends au ralenti. Arrivé en bas je me rends compte que la vitre de mon smartphone s’est cassé dans la chute, il fonctionne toujours, le tactile aussi.

Je cherche mes lunettes de lecture et me rends compte que j’ai dû les perdre dans ma chute !

Bien que je n’aie jamais croisé ni vu personne depuis le début, je cache mon sac et remonte à la recherche de mes lunettes.
Ne les trouvant pas je refais toute la montée, toujours rien, je redescends, contrarié par cette perte…
Et c’est dans la redescente que je les retrouve, ouf ! Je suis passé à côté sans les voir la première fois.

Ruines d'un château médiéval au sommet d'un piton rocheux boisé, vues depuis une prairie fauchée dans la vallée de la Couze d'Issoire, sous un ciel bleu estival.
Environs de Léotoing (Puy-de-Dôme). Les ruines du château de Léotoing dominent fièrement leur piton volcanique depuis la vallée de la Couze d’Issoire, environ deux heures après avoir dépassé Sanson.

Je déjeune sur un petit pont au-dessus du ruisseau de Zouze.

En me relevant, j’ai vraiment mal au pied…

Je regarde ma carte et me dit que je vais abandonner à Larian, mon pied droit ne me mènera pas à Blesle.
Je quitte le GR pour suivre la D5 en direction de Larian, presque arrivé la douleur est redevenu supportable, je regarde la carte, me dis qu’en suivant la rivière L’Alagnon il n’y a presque pas de dénivelé et que la douleur sera supportable jusqu’à Blesle.
Mais au bout d’un kilomètre la douleur s’est ravivée, je marche lentement, pour la première fois je n’ai plus de plaisir à marché.

À Brugeilles, je décide d’arrêter, à ce rythme il me faudrait au moins 2h30 pour arriver à Blesle.
Il n’y a pas de réseau et ne me sens pas de marcher encore plusieurs heures. Je rencontre une personne sympathique qui me dépose en voiture à Blesle.

  • 16,87 km
  • 677 ↑
  • 668 ↓
  • 1345 mètres de dénivelés.

Moment de réflexion à Blesle.

Il ne me reste qu’une étape. Vais-je jusqu’au camping et termine demain ? Mon pied sera-t-il suffisamment rétabli après une nuit de repos ? Je n’y crois pas… Non, j’arrête là !
Mon gendre viendra me chercher à 17h30, il est 14h30 j’apprécie une bière bien fraîche à la terrasse d’un café, je visite un peu cette ville magnifique, retourne à la terrasse prendre cette fois un café en attendant que le l’on vienne me chercher.

Conclusion

Je ne suis pas déçu, au contraire, je suis assez content car physiquement je me sens plutôt bien, pas de douleurs articulaires, ni musculaires. Ma douleur derrière l’épaule s’est atténué avec les ajustements de mon sac-à-dos, j’ai bien supporté la charge trop lourde de mon sac. Les douleurs aux pieds ne sont liées qu’à des ampoule et non aux soucis qui m’a fait tant souffrir ces derniers mois.

Je ne prends pas cet abandon comme un échec, d’autant plus que sans les ampoules aux pieds je bouclais en trois jours au lieu de quatre tout en ayant pris le temps de faire des poses, prendre des photos. Je ne ferai pas la randonnée de 5 jours prévue à la suite (je la prévois pour septembre) car mes ampoules ne seront pas totalement soignées, je reste motivé pour faire d’autres randonnées et ai déjà plein d’idées.

Si vous aimez la solitude vous serez servi, je n’y ai croisé personne.

En tout :

  • 40,59 km
  • 1227 ↑
  • 1330 ↓
  • 2560 mètres de dénivelés.

Améliorations

  • Voir pour de meilleures chaussures, j’ai le premier prix de chez Merrell, mais bon, j’ai fait avec les moyens que j’avais.
  • Pas besoin de piles de rechange pour ma frontale sur moins de six jours.
  • Une seule bouteille de gaz suffit.
  • Si j’ai bien calculé pour les petits-déjeuners, dîners et en-cas, J’ai vu un trop pour le déjeuner du midi, j’aurai pu réduire de moitié.
  • Ma gamelle est un peu grande pour une seule personne.
  • Le porte-carte ne sert à rien.
  • Sur 5 jours, mieux vaut apporter une batterie de recharge plutôt que le panneau solaire.
  • Tente : à voir, faut-il prendre l’habitable que je ne trouve pas pratique entrer/sortir surtout la nuit si vous avez bu trop d’eau avant de vous coucher et devez uriner ? La toile seule en tarp me paraît aussi très bien et plus pratique, à tester.
  • La boussole ne me paraît pas utile dans ce genre de randonnées, mais si je n’avais pas retrouvé mes lunettes la loupe qu’elle contient m’aurait été précieuse.
  • Voir pour un duvet plus léger.

Conseils

Certaines fontaines sont à sec, d’autres, la majorité sont indiquées « eau non potable » (est-ce vrai ? On sait que parfois c’est mis pour que les gens ne remplissent pas de bidons, et ça dégage de toute responsabilité la municipalité). 2 litres d’eau c’est bien d’autant plus qu’il y a certains tronçons en plein cagnard.

Endroits vraiment sympa pour bivouaquer que j’ai croisés :

  • Juste au sommet de la première montées après Poudain, un tout petit plateau très sympa.
  • Entre Vichel et St-Gervasy, après avoir passé Montcelet, un magnifique et immense plateau surplombant St-Gervazy, vous aurez l’embarras du choix où piquer votre bivouac.
  • En haut de la première montée après St-Gervazy, le long de la Volave, une large étendue d’herbe, il y a même à un moment une table de pique-nique.
  • Ensuite, avant d’arriver au croisement avec la D5 on peut trouver quelques petits recoins, mais pas beaucoup.

Petite vidéo pour conclure

Infos

Sur le site MonGR
Vous pouvez télécharger le pdf du parcours complet sans mes détours, ainsi que la trace gpx de ce parcours. J’ai démarré par le point 18 en partant de Ardes.

PS: Les trois chutes n’ont pas eu conséquences physiques, juste des éraflures, sans les ampoules aux pieds, dont une ouverte et saignante, j’aurais pu continuer.

Le billet Rando – GR de Pays du Val d’Allier est apparu en premier sur le blog Sima78