Si tu me lis aujourd’hui, c’est que tu as suivi chaque pas de cette aventure à travers le Cotentin, et je t’en remercie ! Après sept jours de paysages changeants, de rencontres et de douleurs surmontées, nous y voilà : le grand final. Tu es arrivé sur cette page par hasard je te conseille, pour te mettre dans le bain et de lire avant : Partie 1 Partie 2 Partie 3 Partie 4
Où en suis-je maintenant ?
Aujourd’hui, c’est l’étape finale, de Surtainville à Barneville-Carteret. Une dernière journée de marche où chaque pas me rapproche de la fin de cette itinérance, mais aussi le moment des conclusions.
Prêt à terminer cette aventure avec moi ? C’est parti pour cette dernière étape !
Jour 8 : Dernière journée… Jusqu’à Barneville-Carteret – 18,304 km et +175 m
Jour 8 – Surtainville › Barneville-Carteret – 18,3 km – +175 m de dénivelé positif – 20 mai 2025
Je quitte le camping un peu avant 8 h et me rends à Surtainville où je prends un petit déjeuner dans une boulangerie, j’y achète aussi un casse-croûte pour midi et reprends ma route.
Arrivé sur la plage je décide de la marée basse pour faire comme la veille, un tronçon de 2,5 km sur le sable humide. Un vrai plaisir de marcher sur cette immense plage vierge de tout pas humain, le sentiment d’être seul au monde, un vrai plaisir !
Ensuite le sentier rentre les terres direction Hattainville, je trouve cette partie du chemin ennuyeux, beaucoup de bitume, Hattainville n’est pas non plus d’un grand intérêt. À la sortie de la ville il y a un petit bassin d’eau peut-être un ancien lavoir, non signalé sur la carte, j’y fais une pause et mange ma barre de céréale.
Le sentier est plus agréable, chemin de sables ou de terres, de beaux paysages.
Trois kilomètres et j’atteins le chemin des douaniers, un sentier étroit dans la falaise, Je passe devantLa Vieille Église au Cap Carteret (et sa légende). J’en profite un maximum car je sais Barneville-Carteret qu’à deux kilomètres.
J’ai ralenti le pas, profiter de ces derniers instants de beautés.
À Carteret je m’arrête à une terrasse proche du port de Carteret et me prends un soda bien frais, bien mérité, pour marque la fin de cette randonnée. Ensuite je vais sur la Promenade du petit port et sur un banc je mange tranquillement mon casse-croûte puis dirige vers l’auberge de jeunesse Centre Eugène Godey. Très bon accueil, le personnel est très sympa. Je prends possession de ma chambre, y pause mon sac et retourne en ville me promener, repérer l’arrêt de bus pour le lendemain, choisir un restaurant où je mangerai le soir. Bref, je me balade. Barneville-Carteret est la ville que j’aime le moins de mon itinéraire, une ville et un port snob, lieu de villégiature pour bobos, bref tu l’auras compris, je n’aime pas !
Infos :
Étape facile avec une partie bitumé que je n’ai pas aimé mais très belle étape et le meilleur pour la fin sur le sentier des douaniers. Centre Eugène Godey
Auberge de Jeunesse
18 rue des Douits 50270 Barneville-Carteret
Téléphone : 02.33.04.63.30
Portable : 06.77.85.89.92
centre.eugene-godey@barneville-carteret.fr
Prairie arrière-dunaire fleurie et massif de dunes fixées – Côte ouest du Cotentin entre Surtainville et les Moitiers-d’Allonne, Manche, NormandiePlage déserte à marée basse entre Surtainville et les Moitiers-d’Allonne – Côte ouest du Cotentin, Manche, NormandieSentier sableux à travers le massif dunaire des Moitiers-d’Allonne – Côte ouest du Cotentin, Manche, NormandieRuines de la chapelle Saint-Germain sur le cap de Carteret – Barneville-Carteret, Manche, NormandieLa Manche et son voilier encadrés par l’oculus de la chapelle Saint-Germain – Cap de Carteret, Barneville-Carteret, Manche, Normandie
Quelques points négatifs, il y en a peu.
Le GR a été modifié par endroit et ne correspond parfois pas à la trace téléchargée, et dans ce cas il arrive qu’il manque des traces à certains carrefours, ça reste rare, pas de quoi se perdre non-plus il suffit d’être vigilent et je pense que cela sera rapidement corrigé.
J’ai sous estimé le froid nocturne normand, j’aurai dû choisir un autre sac de couchage.
J’ai raté des points d’intérêts tels que dolmens, site archéologique, je m’en suis toujours rendu compte trop tard. Ajouter des waypoint sur son GPS est un plus.
Conclusion :
Huit jours de marche entre Saint-Vaast-la-Hougue et Barneville-Carteret, près de 170 km de souvenirs. Ce voyage, né d’une opportunité, s’est transformé en une expérience riche. J’ai marché seul, accompagné par la mer et les paysages changeants.
Chaque étape avait son caractère, ses défis et ses récompenses. Des plages de sable fin aux falaises escarpées, en passant par les chemins de terre et les routes bitumées, j’ai dormi sous la tente, dans des campings, un gîte d’accueil et dans une auberge de jeunesse. J’ai rencontré des randonneurs, croisé des habitants.
Les paysages étonnant de beauté, et quelques montées difficiles faisaient partie de l’aventure. Cette randonnée m’a appris beaucoup sur moi-même, comme chaque rando. Elle m’a rappelé l’importance de prendre le temps et de profiter des petites choses.
Si tu envisages une aventure similaire, je t’encourage à partir. Que tu sois débutant ou confirmé, l’important est de mettre un pied devant l’autre. Merci de m’avoir suivi. J’espère t’avoir inspiré à chausser tes chaussures de randonnée. Bon chemin à toi !
L’itinérance ne se termine jamais vraiment… elle ne fait que suspendre le temps d’une pause. À bientôt sur les sentiers !
Si tu as aimé ce récit, n’hésite pas à laisser un commentaire ou partager tes propres anecdotes de rando, ça fait toujours plaisir et ça motive à continuer !
Si tu arrives ici par hasard, sache que tu lis la suite d’un récit de randonnée itinérante dans le Cotentin. Un périple de huit jours le long des sentiers, entre mer, lande, cailloux et parfois l’improvisation.
Dans les parties précédentes, je t’ai raconté comment j’ai préparé ce voyage, les premières étapes de Saint-Vaast-la-Hougue à Cherbourg, et les paysages magnifiques qui ont jalonné mon chemin jusqu’à Vauville.
Si tu ne l’as pas encore fait, je te conseille de jeter un œil aux premiers billets de cette série pour ne rien manquer du début de cette aventure.
Après avoir parcouru des kilomètres de sentiers côtiers et découvert des paysages magnifiques, me voilà reparti pour de nouvelles découvertes. Les paysages continuent de se transformer, et chaque pas m’apporte son lot de surprises et d’émotions. Je t’emmène maintenant sur les étapes 6 et 7, de Vauville à Surtainville, en passant par le charmant village de Biville.
Jour 6 : Une toute petite étape jusqu’à Biville, 5,857 km +177 m
Jour 6 – Vauville › Biville – 5,9 km – +177 m de dénivelé positif – 18 mai 2025
Comme d’habitude, le froid a perturbé mon sommeil cette nuit, mais peu importe. Aujourd’hui, l’étape est courte. Je me dis qu’en une heure, voire une heure et demie maxi, je serai à Biville. Passer une journée à ne rien faire, c’est aussi très bien, et surtout, je dormirai dans un lit ce soir.
La randonnée, c’est prendre du temps pour soi, comme on l’entend ou comme il se présente.
Tout est plié, le sac sur mon dos, et c’est parti !
Dès la sortie du camping, je traverse la sublime Réserve naturelle nationale de la mare de Vauville. Un vrai paradis pour les oiseaux, avec des panneaux explicatifs sur la faune et la flore.
À 1,6 km, une première montée t’emmène de 7 mètres à 57 mètres sur 600 mètres de longueur pour rejoindre le Grand Thot. Cette première montée donne le ton pour la suivante, car elle est en sable très fin. Ensuite, ça redescend, mais à 3,100 km, on repart de 30 mètres à 119 mètres sur encore 600 mètres. Ça peut sembler peu lorsque l’on voit les dénivelés passés la veille, sur le papier elle ne paie pas de mine mais cette montée de sable fin, mais elle pique ! À chaque pas, ton pied redescend des trois quarts à cause du sable fin. Avec le sac à dos et la chaleur, cette montée est assez éprouvante.
Ensuite, le chemin continue de monter en pente douce, et ça paraît tout plat pour arriver à Biville. Finalement, j’ai mis 2 heures et 6 minutes pour parcourir cette courte distance.
J’arrive assez tôt au Gîte d’étape Thomas Hélye de Biville. En prenant possession des lieux, j’apprends qu’il s’agit d’un Centre d’accueil diocésain qui dépend du diocèse de Coutances et Avranches. Je m’installe dans ma chambre à deux lits et règle les 20 €. Je suis seul dans tout l’établissement.
Il y a eu une réception plus tôt dans la journée, et il reste des plats. On m’offre une énorme assiette de salade de pâtes avec du pain, ce qui fera mon repas de la journée. Je retire les pansements de mon pied droit, prends une douche, fais ma lessive, et pars visiter la ville.
Biville est petit, et j’en fais vite le tour. Je m’attarde un peu à l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, en grande partie rénovée. Les vitraux sont magnifiques. De retour au gîte, je me renseigne sur l’étape de demain. J’aimerais dormir dans un lit, dans un petit bungalow du genre cabane, pas cher. Le camping « Le Grand Large » n’en a pas. Par contre, un peu plus loin, le camping municipal « Les Mielles » à Surtainville en propose. Je n’arrive pas à les joindre, mais je me dis que j’irai et je verrai bien sur place.
Je prends le temps d’écrire le récit de ma journée et lis tranquillement en attendant la nuit.
Infos :
Étape courte avec une montée technique dans le sable, mais pas de difficulté particulière, de jolis panoramas en haut de la deuxième montée. Gîte d’étape du Centre d’Accueil Thomas Hélye
1 rue Thomas Helye
Tél. 02.33.04.52.19
centrethomashelye@wanadoo.fr
Réservez → 20 € à payer sur place
Pas de ravitaillement
Vue plongeante sur la réserve naturelle de la mare de Vauville et le cordon dunaire – Vauville, Manche, NormandieLe massif dunaire de Biville, l’un des plus importants du Cotentin – Réserve naturelle nationale des Dunes de Biville, Manche, NormandieL’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Biville et son remarquable décor gothique peint en blanc – Biville, Manche, NormandieNef latérale et vitraux figuratifs de l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul – Biville, Manche, Normandie
Jour 7 : Une grande journée jusqu’à Surtainville – 30,5 km et +476 m
Jour 7 – Biville › Surtainville – 30,5 km – +476 m de dénivelé positif – 19 mai 2025
Après une bonne nuit de sommeil, je fais rapidement le point sur mon état. Mon pied droit me rappelle à l’ordre, à l’avant-pied surtout. Je pose un pansement, en ajoute deux autres en préventif sur mes orteils, et pour le reste, c’est du classique. Tout roule. Mon linge a bien séché dans la nuit, et il me reste de quoi faire un petit dîner. Deux barres de céréales dans le sac : une pour aujourd’hui, l’autre pour demain. Je boucle mon sac et je pars… le ventre vide. L’objectif : trouver une boulangerie sur le chemin.
Un kilomètre après le départ, un peu trop dans mes pensées, je rate un embranchement à droite. Je poursuis encore un bon kilomètre avant de m’en rendre compte. Demi-tour obligatoire. L’échauffement du jour commence par 2 km bonus.
Le sentier plonge ensuite dans un sous-bois pendant un moment, puis la vue se dégage peu à peu, avec de belles ouvertures sur les dunes à droite. Quelques descentes mènent jusqu’à Siouville-Hague, où je découvre que la première boulangerie est fermée pour congés… heureusement, dans la partie basse du village, une autre est ouverte. Je quitte le GR pour m’y rendre. Je prends un gros petit-déjeuner avec café au lait, croissant, et une crêpe au sucre. J’en profite pour acheter un casse-croûte pour midi et une spécialité locale : la Sioullaise. C’est un peu comme le Becquet, sauf que la pomme est remplacée par de la poire et du caramel…
On me dit que je peux récupérer le GR par la plage. Bonne idée en théorie, sauf qu’en pratique je me retrouve face à une falaise infranchissable. Je suis bon pour un nouveau demi-tour et je rejoins le sentier là où je l’avais quitté.
Je passe le Port Diélette, puis le chemin s’enfonce un peu dans les terres pour contourner le centrale nucléaire de Flamanville. Une fois passé le sud de la centrale, je retrouve un superbe sentier de falaises, avec encore une fois des paysages de carte postale.
Un peu avant Havre Jouan, je tombe sur un endroit inattendu : la Carrière des Filles, et juste à côté, une petite bâtisse qui m’intrigue. Une pancarte : Atelier-Galerie du Havre Juan. Curieux, je pose mon sac à l’entrée et j’entre. Et là, je suis scotché. Peintures, photos, sculptures, des bronzes et de la terre cuite, dans un espace minuscule (à peine 4 m sur 4). C’est superbe. Si j’avais été en voiture, je serais reparti avec une sculpture achetée sous le bras. Mais là, mon sac est déjà bien assez plein.
Un peu plus loin, vers Le Fortin, le GR longe la mer sur la dune. La marée est basse au moment où j’y passe. Je ne résiste pas, je quitte le sentier pour marcher directement sur la plage, pieds dans le sable humide, pendant presque 2 kilomètres. Le bonheur.
Je retrouve le GR un peu plus loin, juste à côté du camping Le Grand Large, puis je traverse Le Rozel avant d’arriver enfin au camping municipal Les Mielles, à Surtainville. Encore 2,5 km de plus, mais je suis content d’y poser enfin mon sac.
Une belle, très longue journée…
Je suis parti tôt ce matin et j’arrive vers 15 h au camping, il n’y a personne à l’accueil avant 16 h. Je m’installer à une table de pique-nique pour manger mon casse-croûte et ma délicieuse Sioullaise. L’accueil ouvre, et le personnel est vraiment sympa. On me dit que les deux « Cabadiennes » sont libres. Ce sont de petites structures en bois avec deux lits… Parfait ! Je m’y installe rapidement.
Je fais un tour sur la plage pour profiter un peu de l’air marin, puis je prends soin de moi. Le soir, je mange ce qu’il me reste. Ensuite, c’est le rituel habituel : un brin de toilette, un peu d’écriture, de la lecture, et dodo.
Demain sera ma dernière étape, et il ne me reste plus rien à manger à part une barre de céréales.
Infos :
Étape facile bien que longue, toujours de beaux paysages. Aucune difficulté particulière. Camping Municipal Les Mielles
80, Route des Laguettes
50270 Surtainville
02.33.04.31.04
contact@campinglesmielles-surtainville.fr
Vue plongeante sur le massif dunaire de Biville et la côte ouest du Cotentin depuis les hauteurs de Biville – Manche, NormandieAutoportrait en ombre portée sur le sable de la plage de Siouville-Hague – Manche, NormandieDune vive couverte d’oyats et d’arméries maritimes sur la côte ouest du Cotentin – Manche, NormandieFalaise de schiste et chaos rocheux sur la côte ouest du Cotentin – Entre Siouville-Hague et Surtainville, Manche, NormandieAtelier-Galerie Le Havre-Jouan – Peintures abstraites et sculptures, côte ouest du Cotentin, Manche, Normandie
La suite et fin de cette aventure arrive dans le prochain article, demain. Je parlerai de la huitième et dernière journée de marche… et du bilan de cette randonnée. À demain et en attendant n’hésite pas à laisser un commentaire pour partager tes impressions ou poser des questions, ça fait toujours plaisir et ça motive pour la suite !
Étapes 4 et 5 – De Cherbourg à Vauville en passant par Omonville-la-Rogue
Si tu es tombé sur cette page un peu par hasard, bienvenue ! Sache que tu es en train de suivre le récit d’une aventure de randonnée au long cours à travers le Cotentin. Dans les parties précédentes, je t’ai raconté comment j’ai préparé ce voyage, les premières étapes depuis St-Vaast-la-Hougue à Cherbourg, et les paysages magnifiques qui ont jalonné mon chemin.
Si tu ne l’as pas encore fait, je te conseille de jeter un œil aux premiers billets de cette série, « 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 1 et partie 2« , pour ne rien manquer du début de cette aventure.
Revenons à nos sentiers.
Après avoir parcouru des kilomètres de sentiers côtiers, avec la mer comme fidèle compagne, me voilà reparti pour de nouvelles découvertes. Les paysages continuent de se transformer, et chaque pas m’apporte son lot de surprises et d’émotions. Je t’emmène maintenant sur les étapes 4 et 5, de Cherbourg à Vauville, en passant par Omonville-la-Rogue.
Prêt pour la suite ? Chaussures bien lacées ? Alors on y va !
Jour 4 : Direction Omonville-la-Rogue, 21,521 km +252 m
Jour 4 – Cherbourg-en-Cotentin › Omonville-la-Rogue – 21,5 km – +252 m de dénivelé positif – 16 mai 2025
Après une bonne nuit dans un lit, j’ai pris soin de mes pieds, j’ai pris un big petit déjeuner dans l’auberge de jeunesse, mon sac prêt et mon linge a séché pendant la nuit, inutile de l’attacher à mon sac. Ce matin je pars de bonne heure.
Le début de l’étape n’a rien d’exceptionnel. Il faut d’abord s’extirper de la zone urbaine, un peu longuette. Mais en arrivant sur la plage de Saline, je tombe sur une œuvre d’art qui m’arrête net : La Traversée[1] (la lettre d’Equeurdreville-hainneville), de Jean-Bernard Métais. C’est une grande structure métallique en forme de lettre, posée là, face à la mer. Étonnant. Poétique. Je prends le temps de la contempler.
Et ça y est, après la Pointe de Querqueville, je retrouve enfin ce que j’étais venu chercher, la nature.
Un premier dénivelé m’attendait juste après Urville-Nacqueville, et d’autres sont arrivés à Landemer. Mais soyons honnêtes, rien de bien méchant. Depuis le premier jour, le parcours est plutôt facile, ce qui me laisse tout le loisir d’admirer les paysages.
Après Landemer, une montée m’a conduit à « La Batterie », un spot avec des toilettes publiques, un espace pique-nique avec deux tables et une vue magnifique ! J’en ai profité pour faire une pause et manger le Becquet que je n’avais pas mangé la veille. J’y ai discuté avec un couple de randonneurs. Leurs sacs sont énormes, au moins 80 litres bien remplis. Ils sont Luxembourgeois, viennent de Honfleur et se dirigent vers le Mont-Saint-Michel. Ils ont l’habitude des grands treks, comme le Sentier des Appalaches, qui fait plus de 3 500 km, et d’autres grands treks à travers le monde, impresionnant. Je les ai regardés partir, chargés comme des sherpas.
Pendant ce temps, un groupe de randonneurs à la journée s’installe à l’autre table. Ils sortent des verres en « vrai » verre, des olives, de la charcuterie, des bouteilles de rouge et de blanc, et m’ont invité à trinquer pour l’apéro. J’ai décliné en les remerciant et j’ai repris mon chemin.
Le sentier change. Fini les longues plages, place aux petites falaises, aux criques secrètes qu’on ne peut atteindre qu’avec les yeux. Ça monte, ça descend, sans jamais devenir difficile. C’est beau. Sauvage. Je me sens bien.
Au niveau de la Roche Buchy, juste avant le Doué du Moulin, je découvre « Le Mur Blanc« , Construit en 1887, le mur blanc ou mur de Holterman sert d’amer, c’est-à-dire un repère pour les marins.
Un peu plus loin, la Baie de Quervière m’offre un panorama de carte postale.
Le sentier redescend au niveau du Fort d’Omonville Bas, et j’arrive rapidement à Omonville. Je passe devant un resto et je demande s’il sera ouvert ce soir. Ensuite, je me rends au camping municipal du Hâble.
Bon, la personne de l’accueil n’arrive que dans une heure. Je m’installe dans un coin sympa où le soleil viendra taper dès le matin pour sécher la rosée et à côté d’une table de pique-nique, au cas où. Quand la responsable arrive, je règle mes 9 € (de mémoire), et elle m’explique le fonctionnement emplacements, et surtout… une épicerie juste à côté ! Super accueil, vraiment.
Je file donc à l’épicerie, je commande un pain nordique et un casse-croûte pour le lendemain.
À 19 h, direction le resto. Et là, surprise ! Je tombe sur le couple que j’avais rencontré au camping de la Nef, à Barfleur. Je les croyais loin devant, vu qu’ils disaient marcher 30 km par jour… On échange quelques mots, ça fait toujours plaisir de recroiser des visages connus.
À la table derrière moi, un jeune randonneur s’installe. Je commande mon repas : 6 huîtres en entrée, puis des moules à la Normande. Et là, je ne m’attendais pas à ça… Un plat gargantuesque, genre la portion que je fais pour quatre personnes à la maison. Mais j’ai tout mangé.
Je sympathise avec le jeune randonneur, Marc. Il fait le parcours dans l’autre sens et vient de Vauville. Apparemment, c’était une grosse journée pour lui. Longue, difficile. Moi, j’envisage de faire les trois quarts de cette étape demain, et de bivouaquer quelque part en chemin. On papote. Entre randonneurs, ça parle forcément matos, applis, itinéraires, galères, coups de cœur…
De retour au camping, je lui montre où j’ai planté ma tente, il me montre la sienne, et chacun chez-soi.
Un brin de toilette, un peu d’écriture, de lecture… et extinction des feux.
Infos :
Étape tranquille, le premier dénivelé arrive au onzième kilomètre (montée descente sur 1,5 km), au treisième ça donne le ton avec une belle montée sur bitume et redescend sur 2 km, ensuite ça oscille jusqu’à un peu avant le camping. Camping Municiapal de la NEF
4 rue de la Jonquière
Omenville La Rogue
+34233528615
Pas besoin de réservation
Épicerie/boulangerie juste derrière.
« La Traversée » – Œuvre de Jean-Bernard Métais, acier perforé de texte – Littoral de Cherbourg-en-Cotentin, Manche, NormandieLa côte déchiquetée de la Hague vue depuis La Batterie – Entre Querqueville et Omonville-la-Rogue, Manche, NormandieLe sentier côtier en corniche entre Querqueville et Omonville-la-Rogue, avec la baie de Sciotot à l’horizon – Presqu’île de la Hague, Manche, NormandieLe Mur d’Éculleville, ancienne marque de navigation en pierre – Côte de la Hague, Manche, NormandieMoules marinières et frites maison en terrasse face au port d’Omonville-la-Rogue – Presqu’île de la Hague, Manche, Normandie
Jour 5 : Hein ? Quoi ? Jusquà Vauville, 30,735 km +695 m
Jour 5 – Omonville-la-Rogue › Vauville via le cap de la Hague – 30,7 km – +695 m de dénivelé positif – 17 mai 2025
J’entame la seconde moitié du parcours, si je dois faire un bilan « bobos », toujours mes douleurs de dos par intermittence et qui datent d’avant la randonnée, toujours ma douleur sous mon pied droit mais très supportable, mes deux orteils n’ont pas d’ampoule et je ne ressens aucune gêne, les pansements en préventif aux premières alertes font leurs effets.
Le froid m’a encore écourté le sommeil. Je suis passé à l’épicerie récupérer mon pain nordique, un casse-croûte et j’ai aussi du fromage et du saucisson.
Au moment de partir, j’ai déjà en tête mon objectif du jour : un bivouac quelque part vers le Nez de Voidries. L’endroit me semble parfait sur le papier.
Je démarre sous un ciel couvert, mais pas vraiment menaçant. La pluie n’est pas annoncée, bien au contraire, le ciel devrait s’éclaircir. Le paysage a encore changé, oscillant entre roches et plage. Dès la Pointe de Jardeheu, je découvre de magnifiques roches roses.
La mer est calme, la température agréable, et même si le vent souffle un peu, il reste supportable. Le chemin est plutôt plat sur environ treize kilomètres. Je passe la Pointe du Nez, puis le Port Racine, que je regrette de ne pas avoir photographié. Certains disent que c’est le plus petit port de France, d’autres, l’un des plus petits. Je continue mon chemin en passant la Pointe du Nez Cabot, la Pointe de la Loge, la Pointe des Grouins, le Nez Bayard, et le Sémaphore de la Hague pour arriver à la Croix du Vendémiaire à Goury. Là, je fais une pause casse-croûte à côté de deux jeunes randonneurs la vingtaine à peine passée. Ils font une rando à la journée. Jusqu’à présent, la seule difficulté a été de marcher sur des galets fins, où le pied s’enfonce un peu, ou sur des galets plus gros qui font travailler les chevilles. Une partie assez agréable avec aussi des beaux paysages du côté terre. Le sentier est régulièrement jonché de Crambe maritima, le chou marin, en fleurs, c’est très joli. Parfois, il y en a tant qu’il faut faire attention de ne pas les piétiner, car c’est une plante protégée.
À partir de là, les premiers dénivelés de la journée commencent et s’affirment franchement à partir de La Côte Soufflée. J’arrive au sommet du Nez de Voidries après 5h30 de marche, pauses comprises, et j’ai parcouru 19 km.
Nous sommes samedi, le ciel s’est dégagé, et il y a beaucoup de monde. Les gens sont venus en voiture et font des balades dans le coin. Je n’ai pas envie de m’arrêter tout de suite et d’attendre que tout le monde parte pour chercher un spot de bivouac. Je décide de continuer et je verrai bien en cheminant si je trouve un coin plus tranquille.
Mais je me retrouve sur un sentier étroit, entre falaise et roche, ou bordé d’arbustes épineux. Pas un endroit plat, que des montées et des descentes assez abruptes… C’est clair, je ne trouverai pas de coin de bivouac tant que je ne serai pas sorti des falaises. Il n’y a plus de vent, il fait chaud. Heureusement, souvent dans les points bas, je traverse de petits rus où je remplis ma gourde filtrante. Les paysages, eux, sont à couper le souffle : une mer bleue et calme où l’on voit les fonds et qui donne envie d’y plonger. Des paysages qui s’offrent seulement à ceux qui font l’effort de venir marcher.
Lorsque le sentier devient enfin plat, je suis à environ un ou deux kilomètres du camping de Vauville, alors je m’y rends. J’arrive au camping municipal de Vauville, 9h45 après mon heure de départ d’Omonville-la-Rogue.
Au camping très bon accueil, je me trouve un emplacement et vais dîner avec mon pain nordique, du fromage et du saucisson sur la plage, face à la mer. Je me couche de bonne heure car je suis fatigué par cette journée et il y a de grande chance que le froid me réveille vers deux heures du matin.
Info :
les dix derniers kilomètres sont particulièrement physiques sans spot de bivouac possible. Toujours de magnifiques paysages.
Le camping habituellement ouvert du 1er juin au 30 septembre a ouvert cette année le 1er mai… étant donné qu’ils ont eu du monde il y a de grande chance que les nouvelles dates d’ouvertures soit du 1er mai au 30 septembre. Téléphonez tout de même pour vérifier. Camping Municipal La Devise à Vauville
Situé le long du GR223
49.63312 -1.84938
Tél. : 02 33 52 64 69 https://www.encotentin.fr/campings/camping-municipal-la-devise/
Granite rose et arméries maritimes – Armeria maritima – sur le littoral du cap de la Hague, Manche, NormandieChou marin en fleurs – Crambe maritima – sur le cordon de galets de la baie d’Écalgrain – Cap de la Hague, Manche, NormandieParcellaire agricole délimité par des murs de pierres sèches – Intérieur de la presqu’île de la Hague, Manche, NormandieLe sentier de corniche de la côte ouest du cap de la Hague dominant l’Atlantique – Presqu’île de la Hague, Manche, NormandieLa baie de Vauville à marée basse, l’une des plus longues plages sauvages du Cotentin – Vauville, Manche, Normandie
La suite de l’aventure – les journées 6 et 7 – arrive dès demain dans le prochain article. N’oublie pas de revenir et n’hésite pas à commenter pour partager tes propres expériences ou poser des questions !
^La traversée : Oeuvre de Jean-Bernard Métais, septembre 2010. « Cette lettre réalisée à partir des mots-voyages des habitants de la ville. Des écrivains : Michel Besnier, Elisabeth Coquart, Didier Decoin, Philippe Huet, Victor Hugo, Georges Pérec, Gilles Perrault, Jacques Prévert, Alexis Salatko, Boris Vian. Des journalistes : Marcel Clairet, hubert Lemonnier, François Simon et Pascal Vannier.
Étapes 2 et 3 – De Barfleur à Cherbourg-en-Cotentin en passant par la Pointe du Brick.
Si tu tombes sur cette page par hasard, sache qu’il s’agit de la suite d’un récit de randonnée au long cours dans le Cotentin. Dans la première partie, je te racontais comment j’ai préparé ce périple, le jour J-1, et ma première journée de marche jusqu’à Barfleur.
Après une première journée entre terre, sable et douleur naissante sous le pied, je reprends le sentier et débute la côte nord du Cotentin. Le paysage change, les sensations aussi. Je t’emmène maintenant sur les étapes 2 et 3, entre Barfleur et Cherbourg, avec la mer pour compagne fidèle, et quelques belles surprises sur le chemin…
Prêt ? C’est parti !
Jour 2 : Direction LAnse du Brick, 27,564 km +255 m
Jour 2 – Barfleur › Cherbourg-en-Cotentin via la pointe du Brick – ≈ 27 km – Altitudes entre 40 et 85 m – 14 mai 2025
J’ai encore mal dormi cette nuit… Le froid s’est encore invité et impossible de trouver une vraie position confortable. Bref, réveil un peu raide. Ha j’ai aussi de sacrés coups de soleil de la veille.
Je me prépare tranquillement. Un brin de toilette vite fait, puis je sors les pansements : deux orteils en mode alerte et cette fichue douleur sous le pied droit – je protège tout ça comme je peux.
Côté vestimentaire, je mets les bas de mon pantalon convertible en short, ma veste de pluie pour les manches longues (elle est super efficace contre le vent sans être trop chaude) et je n’oublie pas mon chapeau à longs bords. Je me badigeonne le visage et les mains de crème protectrice… Me voilà protégé du soleil.
Avant de partir, je prends mon petit déjeuner au camping de la Blanche Nef. Et me voilà parti !
Très tôt, sur la pointe de « La Masse », on voit déjà au loin le phare de Gatteville. Je passe le Havre de Crabec et du Havre de Flicmare jusqu’au Havre de Houlvi, où se trouve l’aquaculture consacrée à l’écloserie des huîtres et palourdes. Je passe rapidement devant le phare de Gatteville, qui est d’un « Gigantisme Cathédralesque[1]« . Je regrette de ne pas l’avoir visité, car en plus d’être le deuxième plus grand phare de France et d’Europe, il a un lien avec notre calendrier : 365 marches, 12 étages et 52 fenêtres.
Jusqu’à la Pointe de la Loge, j’ai la mer et les plages de sable fin à ma droite. À ma gauche, je passe devant des lacs, des mares et des marécages qui font le bonheur des oiseaux. On passe aussi devant une multitude de blocos à la pointe de Néville, et j’ai fait une pause pour tremper mes pieds dans l’eau glaciale de la mer au niveau de la Pointe des Mares.
Au niveau de l’Anse de la Visière et de la Pointe de Fréval, j’ai fait une autre petite pause devant la Croix du Prométhée, un calvaire érigé à la mémoire des disparus du sous-marin Prométhée, qui a entraîné la mort de 62 des 69 hommes d’équipage suite à un problème technique.
Après le Port Pignot, qui est l’un des plus petits ports de France, les dénivelés commencent à s’affirmer au niveau du Cap Lévi, et le paysage change.
Entre le Cap Lévi et la Pointe du Vieux Fort, je manque de tomber et, en me rattrapant, je casse l’un de mes bâtons de marche.
Au kilomètre 24,5, une trace m’envoie à gauche. Je monte un bon dénivelé sur 400 mètres pour me rendre compte que ma trace ne passe pas par là, mais longe bien la côte. Je redescends et continue de longer la côte, sauf que je ne vois plus le moindre signe GR. Je vérifie : le GR passe pourtant bien là où je suis. Le chemin se rétrécit, je suis griffé par les broussailles qui n’ont pas été taillées, et au bout 1,5 kilomètre, le chemin est coupé, impossible de passer… Je rebrousse chemin sur une cinquantaine de mètres et coupe plein ouest pour rejoindre la D116, une montée ultra-raide que je n’aurais pu gravir par temps humide. Finalement, après ce petit détour sportif, je retrouve le GR et file vers le camping de l’Anse du Brick. Ouf, quelle journée !
Ha le camping de l’Anse du Brick ! Il fait partie de la chaîne Sandaya. Toi le randonneur, que tu sois à pied ou à vélo, passe ton chemin, trouve un autre camping ou un spot de bivouac ! Je t’explique mon expérience… J’avais pourtant réservé à l’avance un emplacement « tente de bivouac », en précisant bien que j’arrivais à pied. À l’accueil ? Un minimum d’infos, juste un numéro de place et « débrouille-toi » pour les sanitaires. Par contre, le bar-restaurant, ça, on me l’a bien indiqué !
J’arrive à l’emplacement donné, il est en pente. Je retourne à l’accueil et précise que, contrairement aux camping-cars, je n’ai pas de cale pour mettre ma tente de niveau. On me donne deux autres emplacements au choix. Je prends le plus plat et retourne à l’accueil pour annoncer mon choix.
Et là, on me sort fièrement : « Vous avez l’électricité sur chaque emplacement ! »
Ma réponse : « Super… mais sans adaptateur pour camping-car, mon téléphone reste à plat. »
– « Ah bon ? Essayez au bar alors… » Bilan : 24,21 € pour un emplacement médiocre, un service zéro et mon téléphone rechargé grâce à MA batterie de secours. Sans conteste le pire camping de mon périple, et le plus cher !
Infos :
L’étape en elle-même m’a semblé plutôt facile, malgré quelques bons petits dénivelés. Par contre, attention : le tracé du GR semble avoir été modifié sur le terrain, mais pas encore sur les cartes type MonGR ou IGN – à surveiller. Et non, je ne te donne pas plus d’infos sur ce camping. Il n’en vaut pas la peine.
Le phare de Gatteville et sa tourelle secondaire – Pointe de Barfleur, Manche, Normandie – Deuxième phare de France par sa hauteur (75 m)Blockhaus effondrés de l’anse de Gattemare, progressivement engloutis par l’érosion côtière – Manche, NormandieColonie de cygnes tuberculés sur les mares côtières de la pointe des Mares – Littoral nord du Cotentin, Manche, NormandieSentier dunaire fleuri de valérianes rouges – Secteur de Fréval, littoral nord du Cotentin, Manche, NormandieL’anse de la Mandrée, plage sauvage et déserte du cap Lévi – Littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie
Jour 3 : On part pour la grande ville, Cherbourg-en-Cotentin, 19,147 km +285 m
Jour 3 – Pointe du Brick › Cherbourg-en-Cotentin – 19,1 km – +285 m de dénivelé positif – 15 mai 2025
La veille j’ai mangé un repas de ma préparation, me suis douché, j’ai écrit et lu avant dormir, encore une nuit courte à cause du froid. Le matin petit déjeuner de ma préparation et en route.
Dès le départ je prends du dénivelé positif. Mais au bout d’environ un kilomètre, une récompense : un point de vue incroyable. Ensuite, le sentier quitte un peu la côte pour s’enfoncer dans les terres.
Changement d’ambiance, de la verdure, du dénivelé toujours, des chemins parfois étroits, mais franchement agréables. Et tout au long du parcours, des vues superbes qui surgissent au détour du chemin avant la descente vers St-Germain.
À hauteur du Becquet de Digosville. je fais un petit crochet par une boulangerie. Je m’installe tranquillement pour manger un casse-croûte[2] avec un café, et je me laisse tenter par une spécialité locale : un Becquet. C’est comme un chausson aux pommes, mais fait dans une pâte à pain, avec une croûte de sucre caramélisé. Une tuerie. Je le garde pour plus tard, en mode grignotage.
Je reprends la route, passe devant le fort de l’Île Pelée — un ancien fort de 1784 devenu prison à la Révolution, puis base allemande avec batteries de DCA pendant la Seconde Guerre mondiale.
Un kilomètre plus loin, j’entre dans Cherbourg, par le boulevard des Flamands. Là, j’accélère le pas, cette portion urbaine jusqu’au centre-ville est franchement sans intérêt. Je longe le port, fais une pause devant la Basilique Sainte-Trinité, puis direction l’auberge de jeunesse, où j’ai réservé pour la nuit.
C’est ma toute première fois en auberge de jeunesse… et très bonne surprise ! Accueil sympa, lieu propre, ambiance calme. J’ai une petite chambre avec deux lits superposés rien que pour moi.
Je dépose mon sac, repars découvrir un peu Cherbourg. Et je dois dire que j’aime bien cette ville. Je fais un ravitaillement dans une petite épicerie pour les jours suivants, je prends de quoi dîner et je trouve aussi une pharmacie (je suis à court de pansements “seconde peau”, je prends aussi un tube de NOK, c’est bête j’en ai à la maison). De retour à l’auberge : lessive, douche, un peu d’écriture, un peu de lecture… et cette fois, je sens que la nuit va être bonne.
Mon sac est prêt pour le lendemain, il ne me restera plus qu’à accrocher mon linge humide dessus pour qu’il sèche en route.
Infos :
Étape facile dans l’ensemble, même s’il y a du dénivelé sur les 10 premiers kilomètres.
L’arrivée sur Cherbourg, une fois en ville, est assez monotone, mais le centre rattrape largement.
HI Cherbourg
Fédération Unie des Auberges de Jeunesse
55, rue de l’Abbaye
50100 CHERBOURG (FRANCE)
Tél. : +33 (0) 2.33.78.15.15
Sentier de crête et ruines côtières surplombant l’anse du Brick – Maupertus-sur-Mer, Manche, NormandieChemin creux ombragé entre fougères et muret de granite – Sud de Becquet, littoral nord du Cotentin, Manche, NormandiePanorama sur la rade de Cherbourg depuis la batterie de Bretteville-le-Haut – Tourlaville, Manche, NormandieLe fort de l’Île Pelée, gardien de la rade de Cherbourg – Manche, NormandieDétail architectural du flanc sud de la basilique Sainte-Trinité – Cherbourg-en-Cotentin, Manche, Normandie
J’arrête mon récit pour aujourd’hui, revenez rapidement pour la suite ! Exprimes-toi dans les commentaires.
8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin entre terre, mer ; dépaysement assuré.
Pour faciliter la lecture, le récit de cette randonnée itinérante est découpé en plusieurs billets, chacun correspondant à une ou deux journées de marche.
Tracé GPX colorisé par altitude – Randonnée côtière du Cotentin (13–20 mai 2025) – Distance totale : environ 170 km – Dénivelé : de −42 m à +200 m
Ce voyage s’imposait à moi… Je venais d’annuler une randonnée jugée trop coûteuse alors où aller ? Deux randonneuses m’ont parlé de leur projet dans le Cotentin, m’ont envoyé leur parcours, et si nous marchions ensemble trois ou quatre jours ? L’idée nous a plu ! Je marcherai un peu plus longtemps et le point de départ serait une étape en amont et deux ou trois étapes après. Malheureusement elles ont dû annuler leur parcours au dernier moment, ce sera pour une autre fois, je marcherai seul ce qui n’est pas un souci en soi.
Partir de Saint-Vaast-la-Hougue. Ce choix a une signification particulière pour moi, un clin d’œil à un ami d’enfance qui m’a fait découvrir cette ville et cette région lorsque j’avais vingt-deux ans, un hommage à ses parents.
Que tu sois, oui je te tutoie, randonneur débutant, confirmé ou simple curieux en quête d’évasion, j’espère que ce récit t’embarque sur les chemins de l’itinérance comme ces chemins m’ont emporté et peut-être qu’il te donne l’envie de chausser tes chaussures pour partir, toi aussi.
Préparation et planification
Itinéraire
L’aventure débute comme je l’ai dit plus haut de Saint-Vaast-la-Hougue jusqu’à Barneville-Carteret ce qui permet de découvrir une partie de la côte Est du Cotentin, la côte Nord et un tronçon de la côte Ouest. De nombreux campings, hébergements, points de ravitaillement (boulangeries, épiceries) jalonnent le parcours.
Mon plan initial prévoyait des étapes régulières avec un seul bivouac, je l’ai modifié en cours de chemin optant pour deux étapes plus longues que prévu et une plus courte, j’expliquerai mes choix qui sont très subjectifs.
Mon parcours jour par jour
1 – Saint-Vaast-la-Hougue – Barfleur → 16,394 km +74 m
2 – Barfleur – L’Anse du Brick → 27,567 km +255 m
3 – L’Anse du Brick – Cherbourg-en-Cotentin → 19,147 km +285 m
4 – Cherbourg-en-Cotentin – Omonville-la-Rogue → 21,521 km +252 m
5 – Omonville-la-Rogue – Vauville → 30,735 km +695 m
6 – Vauville – Biville → 5,857 km +177 m
7 – Biville – Surtainville → 30,458 km +476 m
8 – Surtainville – Barneville-Carteret → 18,304 km +175 m
Un total de 169,983 km et 2389 m de dénivelé D+
Équipement Tu auras ma liste complète en téléchargeant « Ma-Liste » (tu as besoin de plus de renseignements, n’hésite pas à demander).
Mon sac-à-dos est 55L+10, un sac de 40 à 45L m’aurait suffi, mais je n’ai que celui-ci les autres sont vraiment trop petits (30L et un 35L).
Mon sac-à-dos faisait 8 312 gr… avec du grignotage et un peu de nourriture (quelques petits déjeuner, repas de préparation maison et des barres de céréales) je suis parti avec un sac de 8 976 gr, à cela il faut ajouter l’eau aux alentours de 75 cl car j’ai une gourde filtrante et trouver de l’eau n’est pas un problème sur ce parcours.
En change j’avais 2 paires de chaussettes, 2 boxers, 1 tee-shirt manches courtes et 1 manches longues les deux en mérinos. 1 seul paire de chaussettes et un boxer de rechange aurait suffi car j’ai pu faire des lessives régulièrement.
En plus de mon ordiphone j’avais pour la première fois un vrai GPS (Garmin 30x).
Conseils Condition physique.
Je pense que même si tu es débutant et que tu marches peu au quotidien, c’est tout à fait possible. Il faut bien commencer un jour. Dans ce cas, écoute ton corps et n’hésite pas à ajuster tes étapes en cours de route, voire à prendre un jour ou deux de repos quitte à raccourcir la randonnée et consulter ton médecin pour avoir son avis. Il ne faut pas marcher dans la souffrance, cela doit rester un plaisir. Le mieux est de marcher au quotidien et de faire à pied tous les déplacements possibles. Préfère les escaliers à l’ascenseur et fais de longues balades de deux à trois heures pour te préparer.
Logistique Renseigne-toi et réserve tes hébergements à l’avance, surtout en haute saison. Certains campings accueillent les randonneurs sans réservation, mais pas tous, et certains même n’accueillent pas les tentes, même de bivouac qui prennent peu de place. Je donne les renseignements sur mes hébergements, il y en a plein d’autres.
Sécurité
Informe toujours quelqu’un de ton entourage de ton itinéraire. Dans ta trousse de secours, n’oublie pas les pansements, les antiseptiques, tes médicaments personnels si tu suis un traitement, ainsi que ton ordonnance.
Tu as lu jusqu’ici, je t’invite à me suivre jour après jour
Jour moins 1 : l’arrivée à Saint-Vaast-la-Hougue.
Parti de Paris, gare Saint-Lazare, j’arrive par le train à Valognes à 13h51. Le bus de la ligne C, qui dessert Saint-Vaast-la-Hougue, n’arrive qu’à 16h02, ce qui me laisse le temps d’aller au centre-ville, place du Château, pour prendre un café. De retour à l’arrêt de bus à la gare, je demande un renseignement à une personne et c’est ainsi que je fais la connaissance de Daniel, un libristre. Il est rare que deux libristes se rencontrent dans la nature, et nous restons en contact sur le réseau social Mastodon. Il se rend au même camping que moi, où il restera quelques jours pour visiter les alentours. Une fois installés, nous visitons ensemble la ville : la Chapelle des marins, le port, etc. Mon seul regret est de ne pas avoir le temps de visiter l’île Tatihou. Ce qui m’a le plus marqué en arrivant à Saint-Vaast-la-Hougue, ce sont les effluves fortement iodés. Cela faisait longtemps que je n’avais pas senti cette odeur, et même en Bretagne, elle n’était pas si présente qu’ici. Cela m’a rappelé de bons souvenirs.
Je fais un brin de toilette, écris le déroulé de la journée, fais un peu de méditation et des étirements, puis je me couche, lis un peu et m’endors. Ce sera mon rituel de chaque soir quand ce sera possible.
Les +
Possibilité de charger téléphones et batterie gratuitement dans un petit coffre à l’accueil, donc attention aux horaires d’ouverture et fermeture de l’accueil.
Les –
Pas d’espace spécial bivouac donc emplacement que j’ai trouvé cher pour une tente bivouac 19,22 €
Jour 1 : Direction Barfleur, 16,394 km +74 m
Jour 1 – Saint-Vaast-la-Hougue › Barfleur – 16,4 km – +74 m de dénivelé positif – 13 mai 2025
J’ai très mal dormi car j’ai eu froid à partir de deux heures du matin, malgré l’utilisation du drap de couchage dans mon sac de couchage. Cela m’amène à questionner la description des températures du sac, qui est donné pour une température de confort de 8 °C et une température extrême de -10 °C, alors qu’il a fait entre 6 et 7 °C avec beaucoup d’humidité. Je dirais donc que le niveau de confort est plutôt de 10 °C.
Dès le départ, depuis le camping, le GR m’offre une vue magnifique, derrière moi le Fort de la Hougue et devant sur la droite le phare de Saint-Vaast et l’Île Tatihou avec sa Tour Vauban. Je longe le port, déjà vu la veille, puis le sentier m’emmène en bord de mer, face au « phare de la Pointe de Saire », inauguré en 1836.
Après avoir franchi la Saire, je quitte la côte pour traverser le « hameau de Fouly » et quelques chemins campagnards avant de retrouver la mer au nord de « la Pointe de la Loge » à « l’Anse-de-Bret-en-Bas » m’offre un sentier doux, entre terre battue et sable épais, moins fluide pour marcher, mais reposant pour les pieds.
Puis, après les Pointes de Sly et de Landemer, une douleur sous le pied droit que je connais que trop bien commence. Je passe devant « Le Moulard », croisant quelques vestiges de la guerre, ces sinistres blocos.
Arrivé à la plage des Angues, je fais une pause grignotage et… chaussures enlevées, pieds dans l’eau glacée… Un vrai bonheur !
La suite alterne entre terre, sable épais et galets jusqu’à Barfleur. Je m’attarde sur la Grande Jetée de Barfleur pour admirer l’église Saint-Nicolas de l’autre côté. Je longe le port, passe par le chemin « La Cache des Amoureux » juste derrière l’église, puis emprunte la rue du Fort, un étroit passage entre maisons et mer, un kilomètre plus loin j’arrive au camping municipal de La Blanche Nef.
Le soleil ne m’a pas quitté de la journée. Tente installée, je file en ville m’acheter de quoi manger. Le ventre vide depuis le matin, mis à part un grignotage, j’engloutis mon casse-croûte au camping. Je discute avec un couple logé en cabane. Ils me disent marcher 30 km par jour, ils sont partis de plus loin que moi et vont jusqu’au Mont-Saint-Michel. Impressionné, je leur dis que ce n’est pas pour moi, je n’envisage pas faire des étapes de 30 km… l’avenir me prouvera le contraire.
Le soir, je mange une de mes préparations maison. Pas assez d’intimité pour les étirements ou la méditation. Dans la tente, je fais le point sur mes bobos : une probable sciatique, une gêne sous l’omoplate (les deux date déjà de quelques jours), deux orteils prêts à cloquer, des coups de soleil et toujours cette douleur sous le pied droit – j’en parle d’ailleurs dans un article de cette douleur à mon pied. Je me masse comme je peux le dos, les genoux aussi, puis je lis un peu avant de sombrer dans le sommeil.
Infos :
Étape facile. Camping municipal de La Blanche Nef
12 Chemin de la Masse
50760 Gatteville-le-Phare
42 33 23 15 40
Mieux vaut réserver
Les +
Possibilité de charger téléphones et batterie gratuitement dans un petit coffre situé dans les sanitaires donc toujours accessibles.
Les –
Pas d’emplacement assez intime à mon goût, mettre l’ouverture de la tente côté haie.
À suivre :
Ce premier billet couvre la veille du départ et la première journée de marche. La suite de l’aventure arrive très bientôt ! Reviens régulièrement sur le blog pour découvrir les prochaines étapes de cette belle randonnée au fil des jours. Tu peux t’exprimer en commentaire !
Quelques photos :
L’île de Tatihou et sa tour Vauban, vue depuis le bord de mer de Saint-Vaast-la-Hougue – Manche, NormandieChemin creux bordé d’aubépines en fleurs – Hameau du Fouly, côte est du Cotentin, MancheRuelle du hameau du Fouly – Architecture en granite typique du Cotentin, Manche, NormandieL’anse de la pointe Maigret vers le nord – Entre dunes, rochers et mer calme – Côte est du Cotentin, MancheLa grande jetée de Barfleur et son feu d’entrée de port – Barfleur, Manche, NormandieL’église Saint-Nicolas de Barfleur vue depuis le port – Barfleur, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, Manche, NormandieLa rue du Fort et son chemin de ronde côtier – Barfleur, Manche, Normandie
De Clécy à Condé-sur-Noireau 3 Jours
Distance → 71,400 km
Niveau difficile.
Le niveau difficile ne nécessite pas de compétences ou d’expériences particulières. Un randonneur débutant en bonne condition physique peut réussir cette randonnée, alors qu’un randonneur expérimenté mais en moins bonne forme pourrait rencontrer des difficultés. Difficile signifie simplement qu’il y a beaucoup de dénivelé, mais cela ne rend pas la randonnée technique pour autant.
Introduction
L’idée était de partir d’une ville de la Suisse Normande où se trouve un camping, sans utiliser de trace GPS, et de voir comment organiser une randonnée de quatre jours. Sans plan de départ précis, je pars simplement avec les repas pour toute la durée. Certains me diront : « Pourquoi emporter tes repas et te charger alors qu’il y a des villages avec des épiceries ? »
J’aime partir avec mes repas pour des raisons de budget. Je trouve beaucoup plus économique de les préparer à l’avance. Mes repas se composent de : petits-déjeuners, barres de céréales (3 par jours), grignotages (fruits secs), repas du soir, et pour le midi, des repas froids (pain, fromage, jambon de pays ou autres). J’emporte aussi du café, du thé et des tisanes. Certes, mon sac est un peu plus chargé au départ, mais il s’allège de jour en jour, et c’est plus économique.
Début d’aventure
Suisse normande – Clécy
Jour moins 1
Le Clos d’Ailly – Clécy Camping Les Rochers
3,026 km
Trace GPS du trajet d’approche depuis l’arrêt de bus jusqu’au camp de départ, à Clécy – Suisse Normande, Normandie.
Dans le train de Montparnasse à Flers, je reçois un message de Mme m’informant que j’ai oublié mes repas de midi dans le réfrigérateur. Bon, il faudra faire avec… À Flers, je prends le bus 117, mais en raison de travaux, il ne passe pas par Clécy et je dois descendre au Clos d’Ailly. J’arrive au Clos d’Ailly sous la pluie. Je repère l’arrêt de bus de l’autre côté de la route pour mon retour dans quelques jours : juste une pancarte, pas d’abri. J’espère qu’il ne pleuvra pas ce jour-là.
En arrivant à Clécy, je vois des fléchages et panneaux indiquant « Tour de la Suisse Normande ». Mon parcours est déjà tracé. L’épicerie et la boulangerie étant fermées le lundi, je me dirige vers le café en face de l’église pour prendre un café, on m’y confirme que le tour de la Suisse Normande à plusieurs variantes et peut se faire en 3, 4 ou 5 jours. Le temps s’éclaircit et le soleil pointe. Je prends alors le chemin vers le camping. Très bon accueil et wifi autour de l’accueil. Je m’y installe, il est 15 h. Je commande un casse-croûte à récupérer le lendemain à 8 h pour mon repas de midi. Un cycliste anglais s’installe à côté de moi. Nous sympathisons. Il a parcouru le Cotentin, le Mont St-Michel, une partie de la Bretagne, et repart demain pour Caen avant de continuer vers Amiens. Sacré parcours !
L’église Saint-Laurent de Clécy, point de repère du bourg à l’arrivée – Suisse Normande, Normandie.L’Orne serpente au pied des falaises de grès près de Clécy, à la veille du départ – Suisse Normande, Normandie.
Jour 1
Clécy – Pont d’Ouilly Camping Municipal
18,315 km
Trace GPS du jour 1 : Le Vey – Pont-d’Ouilly, vallée de l’Orne – Suisse Normande, Normandie.
Une nuit à 7 °C. Bien que le ciel soit dégagé, la tente est trempée d’humidité. Malgré mes efforts pour l’essuyer, je dois la plier encore mouillée. Je récupère mon casse-croûte et commence mon chemin.
Très vite, je fais face à un gros dénivelé montant. Ça pique dès le matin et ça met dans l’ambiance, mais au sommet de ce premier défi, quelle agréable surprise : les paysages sont magnifiques.
La montée commence dès le camping (95 m) et nous mène sur le « Chemin du dessus des Rochers », en amont de l’Orne sur la rive droite. En sous-bois, je profite de magnifiques vues sur l’Orne et les alentours. Le point culminant est « La Bruyère » (197 m). Les paysages champêtres descendent jusqu’à « Le Bô » (120 m), puis redescendent jusqu’à « Le Moulin » (85 m), vallonnés jusqu’à « La Cour » pour remonter à 175 m avant d’arriver à « Le Manoir », puis redescendent à 90 m à « La Rustiquerie ».
Je ne vais pas détailler tout le parcours avec ses dénivelés, mais vous donner un aperçu : entre montées et descentes abruptes, il y a des faux-plats qui vous sembleront plats.
En forêt, je rejoins le « Ruisseau du Val de la Hère », que je longe en amont sur la rive droite avant de le traverser pour rejoindre « Le Bourg d’Ouilly », puis continuer jusqu’à « Pont d’Ouilly » au camping municipal. Je m’y installe : à gauche, un grand espace où l’emplacement est à 8 €, à droite, entre des haies, l’emplacement libre est à 10 €. La responsable passe en soirée entre 18 h et 19 h pour encaisser le paiement, sinon ce sera le matin entre 8 h et 9 h. J’y plante ma tente, qui n’est toujours pas bien sèche. Je profite d’aller en ville acheter de quoi manger pour les midis suivant.
Vue plongeante sur un méandre de l’Orne et ses prairies bocagères depuis les hauteurs – Suisse Normande, Normandie.L’Orne, ses falaises et le viaduc de Clécy vus depuis les hauteurs – Suisse Normande, Normandie.Entre gorges et plateaux, le contraste des paysages de Suisse Normande – Normandie.
Jour 2
Pont d’Ouilly – Camping de « La Rouvre »
24,798 km
Trace GPS du jour 2 : Pont-d’Ouilly – La Forêt-Auvray, une boucle exigeante au cœur des vallées – Suisse Normande, Normandie.
Après une nuit à 5°C au camping de Pont d’Ouilly, je plie ma tente encore trempée de rosée, malgré mes efforts pour l’essuyer au maximum. Tôt le matin, je longe « KotaVenture », une option d’hébergement assez originale si cela vous tente. Inutile de mentionner les dénivelés à nouveau, vous êtes prévenu, mais les paysages et les points de vue en valent la peine.
À ne pas manquer : en arrivant près de « Oêtre », vous trouverez un espace pique-nique avec « Le Café du Caillou » et, un peu plus loin, le restaurant du même nom. Quittez le GR et prenez à gauche pour atteindre « Les Roches d’Oêtre » et admirer les vues magnifiques depuis la falaise.
Après avoir passé « Saint-Philbert-sur-Orne » (qui dispose d’un gîte municipal), continuez jusqu’à « Le Bas de Rouvrou » et le « Camping de la Rouvre ». L’accueil y est très chaleureux. N’utilisez pas les prises des lavabos pour recharger vos smartphones, car il n’y en que quatre. Pour 1 € symbolique, vous pourrez les charger à l’accueil le temps de votre séjour. J’ai beaucoup aimé ce camping ainsi que celui de Clécy.
La rivière se glisse sous une voûte de verdure – Suisse Normande, Normandie.Un éperon de grès armoricain domine la mer de verdure des vallées de la Suisse Normande – Normandie.Depuis la crête rocheuse, les vallées boisées de la Suisse Normande s’étendent à perte de vue – Normandie.Les strates de grès armoricain tombent à pic sur la canopée – Suisse Normande, Normandie.L’arête rocheuse suit le rebord du plateau au-dessus d’une vallée entièrement boisée – Suisse Normande, Normandie.
Jour 3
Camping de « La Rouvre » – Condé-sur-Noireau Camping municipal
25,611 km
Trace GPS du jour 3 : La Forêt-Auvray – Saint-Pierre-du-Regard, une traversée d’ouest en est – Suisse Normande, Normandie.
Une nuit à 4 °C et une tente toujours trempée (heureusement, pas l’habitacle, mais tout de même…). Cette étape est longue et comporte également des dénivelés, mais je l’ai trouvée plus facile, peut-être parce que je m’habitue aux difficultés du parcours.
Dans les bois de Berjou et tout au long de ce trajet, des panneaux pédagogiques relatent l’historique de la libération d’août 1944, lorsque les soldats du 7ème Somerset Light Infantry ont libéré le village de Cahan et capturé environ 150 parachutistes allemands du 3ème Fallschirmjäger, ainsi que d’autres faits d’armes dans la région.
À ne pas manquer : lorsque vous passez par Berjou, juste avant l’église, sur votre gauche, se trouve un petit espace avec deux tables de pique-nique et, sur votre droite, une boulangerie-pâtisserie qui fait également épicerie (Épi Service). Les pâtisseries y sont faites maison ; j’ai pris un flan pour mon dessert, qui m’a rappelé mon enfance. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas mangé un flan aussi délicieux !
À mon arrivée au camping municipal de Condé-sur-Noireau, le paiement se fait à la piscine municipale juste à côté. À 17 h, il commence à pleuvoir, et à 18 h, je suis déjà dans ma tente, je n’ai même pas gonflé mon matelas, je dormirais sur la dure. Je n’ai pas ma liseuse, mais heureusement, j’ai de quoi écrire pour m’occuper.
Une ancienne dépendance agricole abandonnée au bord du chemin, vestige du patrimoine rural normand – Suisse Normande, Normandie.Une source votive discrète veille au cœur du sous-bois, le long du sentier – Suisse Normande, Normandie.
Jour 4
Fin.
Tracé du parcours effectué.
Trace GPS des trois journées de randonnée itinérante en Suisse Normande, de Le Vey à Saint-Pierre-du-Regard – Normandie.
Il a plu toute la nuit (8 °C) et la pluie continue lorsque je plie ma tente. En consultant la météo, je constate qu’il est prévu de pleuvoir toute la journée et le lendemain. Je n’ai pas envie de marcher sous la pluie toute la journée, ni d’attendre le bus le lendemain sous la pluie au bord de la D562. Je décide donc de me rendre en centre-ville pour trouver un arrêt de la ligne 117 qui dessert également cette ville, mes voisins de camping m’y dépose. Je prends mon petit déjeuner dans un bar en attendant l’arrivée du bus qui me conduira à la gare de Flers. À la gare, je n’ai aucun problème pour échanger mon billet du lendemain contre un billet pour le prochain train à destination de Paris. Je rentre chez moi.
La toile de tente qui sèche chez-moi.
La tente suspendue pour séchage après trois jours de randonnée en Suisse Normande.
Bah alors Sima, t’as pas fait de bivouac ?
Au début, je pensais devoir bivouaquer, mais j’ai finalement constaté que chacune de mes étapes se terminait près d’un camping. Pourquoi m’en priver ? Je bivouaque seulement lorsqu’il n’y a pas de camping, ou lorsque ceux-ci sont rencontrés trop tôt dans la journée ou sont trop onéreux. Dans les endroits où il y a des gîtes non gardés ou d’autres refuges, il m’arrive de bivouaquer à proximité lorsque je trouve les literies douteuses. Bref, je fais ce qui me semble le plus pratique.
Matériel
Je ne vais pas faire une liste, mais juste dire que je n’ai pris qu’une seule batterie 10 000 mAh, je n’ai pas pris ma liseuse, qui m’a manquée ni ma gourde filtrante. En vêtement sur moi boxer, bermuda, tee-shirt, chaussette. Dans le sac un manches longues mérinos que j’ai mis que lors de la nuit à 4 °C, un boxer, 2 paires de chaussettes, polaire et veste coupe-vent déperlant. Par contre j’ai pris ma perche à selfie qui fait également trépied et mon appareil photo pour économiser la charge de mon smartphone. Et biensur le nécessaire de couchage, popote, trousse de toilette.
Botanique
Pas beaucoup d’ail des ours (Allium ursinum) alors que lors de la randonnée au Pays Caux il y en avait à foison.
Par contre les chemins en sous-bois sont bordés de Nombril de Vénus (Umbilicus rupestris) fleuris dont j’aurais bien pris quelques feuilles pour me faire une petite salade, mais je ne transporte pas d’assaisonnement avec moi et il est vrai que les feuilles sont meilleures et plus tendres avant les inflorescences.
Je n’ai pas croisé de Abies alba dont les noms vernaculaires sont : Sapin blanc, Sapin commun, Sapin pectiné, Sapin de Normandie, Sapin des Vosges, Sapin noir, Sapin de l’Aigle, Sapin de croix, Sapin à feuilles d’if… Bref les noms vernaculaires ne veulent pas dire grand-chose, seul le nom latin compte. Avec les jeunes pousses, j’aurai pu me faire une tisane.
Pour conclure
Les moins : Je suis tombé sur une semaine à la météo capricieuse avec des vents du nord. Marcher en manche courte sous le soleil puis nuages et vent froid, m’arrêter pour mettre polaire, voire le coupe-vent, puis pluie et mettre ma house de sac à dos… De nouveau soleil bref, j’ai les quatre saisons plusieurs fois par jour m’obligeant à m’arrêter régulièrement pour enlever ou ajouter des couches.
Les plus :
Les dénivelés ne m’ont pas gêné d’autant plus que j’étais récompensé par de magnifiques paysages. Des campings bien répartis sur le parcours et comme toujours de belles rencontres.
Les rencontres
Camping de Clécy, l’anglais avec qui j’ai sympathisé il m’a montré son vélo au top à changement de vitesse sans dérailleur, bloque guidon, béquille qui se pose sur le cadre, blocage des freins… je ne suis plus à la page et découvre…
Camping de Pont d’Ouilly, un père et son fils ado qui font de la rando pour une première fois avec plein de matos tout neuf de l’enseigne bleu, il envisage faire la prochaine rando avec sa fille maintenant qu’ils ont le matériel. Une cycliste qui fait une pause d’une journée pour cause de douleurs musculaires, je suis impressionné par les parcours qu’elle a déjà fait, par exemple la Norvège…
Camping La Rouvre, un couple qui souhaite faire de la randonnée et m’ont demandé à voir mon matériel, un jeune couple néerlandais qui ont décidé de rester une journée de plus aller voir « Les Roches d’Oêtre » que je leur ai conseillé.
Camping de Condé-sur-Noireau, un jeune couple qui est là à défaut de trouver un logement avec une tente qui prend l’eau qui sert de garde-manger et une autre plus étanche pour dormir et une voiture plein à craquer des effets d’une vie, ça m’a fait de la peine sachant le nombre de logements libres qui existe ou loués en AirBnb. Ça me révolte… Nous n’avons pas pu parler trop longtemps à cause de la pluie nous obligeant à nous réfugier sous nos tentes dès 18 h.
En chemin sur le tour de la Suisse normande, un couple qui faisait du repérage pour leur association du 92, je les croiserais plusieurs fois ainsi qu’un groupe de randonneurs d’une association du côté de Èvreux que je croiserai aussi plusieurs fois.
Petite Vidéo
Les frais
Allée/retour Paris – Flers en train → 44 €
Bus 117 – 2X1,90 € → 3,80 €
Total des transports → 47,80 €
Camping du Clécy → 8 €
Camping Pont d’Ouilly → 8 €
Camping de La Rouvre → 8 € + (1 € pour la durée du séjour pour recharger mon smartphone).
Camping Condé-sur-Noireau → 5,50 €
Total des hébergements → 30,50 €
Cet article sur la randonnée en Suisse Normande vous a donné envie de partir à l’aventure ? Partagez vos propres expériences ou posez vos questions en commentaire !
Une randonnée dans le Pays ou la Vallée de Caux, un petit coin de Normandie.
De la Normandie, je ne connaissais que le Cotentin, Dieppe, Trouville-sur-Mer, Deauville, Le Havre et Étretat… Ah oui, sans oublier le Mont Saint-Michel. Mais est-il vraiment normand ou breton ? C’est un sujet aussi délicat que le débat entre pain au chocolat et chocolatine.
Ha, ce n’est pas nous sur le logo à gauche c’est une image libre de droit.
Une randonnée inattendue. Elle m’a été proposée par Tom23. Nous ne nous connaissons pas vraiment, ayant seulement échangé quelques fois sur Mastodon. J’ai donc été enthousiaste à l’idée de cette expérience : partir en randonnée dans un lieu auquel je n’aurais pas pensé, à deux, sans nous connaître et sans me soucier du parcours. Bref, une première pour moi.
– Mais Sima, t’as déjà fait des randos à plusieurs.
– En itinérance rarement…
Dans ma jeunesse, j’ai fait une longue randonnée en montagne avec deux autres personnes. Nous étions trois caractères très différents, mais tout s’est très bien passé. Une autre fois, j’ai fait une randonnée à deux, encore avec une personne très différente de moi. C’était sa première randonnée, et toujours en montagne, avec des conditions météorologiques compliquées : pluie verglaçante, neige… Un véritable baptême pour sa première fois, et ça s’est bien passé également même si nous avons dû écourter. Mais à chaque fois, nous nous connaissions déjà.
Tout commence par la rencontre
Le rendez-vous était fixé dans un bar de la ville de départ. Nous nous sommes immédiatement reconnus : avec chacun notre sac à dos et le fait que nous étions les deux seuls clients, il n’y avait pas de place pour le doute !
Après les présentations et un café nous entamons la randonnée.
Jour-1
Caudebec-en-Caux – lieu du premier bivouac
Rive en Seine → 21,496 km
Quand, comme moi, on ne connaît la Normandie que pour l’avoir traversée en voiture et y avoir fait quelques petites promenades, on a une vision biaisée. J’imaginais la Normandie très plate, voire légèrement vallonnée. J’ai donc été surpris par les dénivelés que j’ai découverts. Dès que l’on quitte le bord de la Seine, on pénètre dans une forêt aux reliefs marqués. Vers le point culminant nord de la boucle, la forêt alterne avec quelques terres agricoles. Peu avant d’atteindre Saint-Aubin-de-Crétot, situé sur le plateau, les paysages vallonnés se succèdent entre cultures, prés d’élevages et prés à foin. À Saint-Nicolas-de-la-Haie, nous faisons le plein d’eau et partons à la recherche d’un endroit pour bivouaquer. Après avoir aperçu un chevreuil sur notre sentier, nous trouvons enfin un petit coin de bivouac dans le sous-bois.
Pour ce premier repas en bivouac, nous avons préparé un dîner « amélioré », vous remarquerez les guillemets, car tout est relatif en randonnée.
Nuit en forêt — Pays de Caux, juin 2024, Normandie, France
Jour-2
Lieu du premier bivouac – lieu du deuxième bivouac
Saint-Arnoult → 29,173 km
Maintenant je le sais, la Normandie n’est pas que vallonnée, elle a de beaux dénivelés.
Un parcours où le sentier traverse des forêts verdoyantes et débouchent sur des panoramas de terres agricole où s’étendent les champs cultivés et les prés d’élevage. J’ai été surpris de voir des vaches Salers en Normandie. Nous avons traversé un pré où se trouvaient des Salers, leurs veaux et un taureau, ce qui n’était pas très rassurant.
Juste après Le Becquet, au nord de Lillebonne, nous avons fait un petit détour pour découvrir l’Abbaye cistercienne Notre-Dame-du-Voeu, aussi appelée Abbaye du Valasse. Cette abbaye est entourée d’un magnifique parc accessible à tous, offrant un cadre bucolique idéal pour une pause grignotage ou un pique-nique. De plus, des sanitaires sont à disposition, rendant l’endroit encore plus accueillant et pratique pour les visiteurs.
Réveil sous la brume, Pays de Caux, Normandie,Un chemin creux typique du bocage cauchois se perd dans la brume du matin – Pays de Caux, Normandie.Le bocage cauchois vu depuis les hauteurs de l’Abbaye de Valasse — Pays de Caux, Normandie.Vaches Limousines et leurs veaux profitent du soleil dans un pâturage du Pays de Caux, Normandie.Une tour oubliée et sa chouette de bois, surgies de la végétation le long du sentier, Pays de Caux, Normandie.
À Saint-Nicolas-de-la-Taille nous faisons le plein d’eau et poursuivons à la recherche d’un coin de bivouac. À défaut de trouver un sous-bois ou autres nous nous installons sur le chemin à l’endroit, le seul, où il s’élargit laissant la possibilité éventuelle d’un passage d’un engin agricole sans le gêner. Ce choix c’est avéré paisible et pas si mal que ça à défaut de mieux. La pluie est arrivée en fin de soirée.
Le bivouac du soir, niché entre chemin et haie bocagère – Pays de Caux, Normandie.
Jour 3
Lieu du deuxième bivouac – Lillebonne
Saint-Jean-de-Folleville → 4,726km
Nous plions les tentes sous la pluie. Ne voyant aucun autre lieu propice à un meilleur bivouac, nous n’avons aucun regret : notre spot était le meilleur. Nous traversons un autre pré, cette fois encore peuplé de vaches Salers, leurs veaux et un taureau. Ils semblent habitués à voir des randonneurs et tout est calme. Pour ma part, je les surveille du coin de l’œil. Sous une pluie fine, nous affrontons un beau dénivelé montant, suivi d’une descente plutôt rude. Finalement, nous arrivons à Lillebonne, en plein jour de marché. Nous faisons une pause bien méritée. Ma veste déperlante et coupe-vent a parfaitement rempli son rôle : je ne suis pas trempé en dessous et mon sac à dos, sans filet, n’a pas causé de transpiration dans le dos. Je l’avais déjà testé par grosses chaleurs et je n’avais jamais eu le dos trempé.
Un vallon préservé où prairie fleurie de boutons d’or et massif boisé se font face – Pays de Caux, Normandie.
Nous allons boire un café dans un bar avant de nous rendre à l’arrêt de bus pour rentrer à Caudebec-en-Caux. Ainsi se termine notre randonnée.
Petite Vidéo
Conclusion
Le bivouac
Le bivouac est une expérience très variable, surtout en campagne où presque chaque parcelle est une propriété privée. Parfois, on tombe sur un endroit idéal, parfois moins. Je pars du principe qu’il faut se contenter de ce que l’on trouve, et j’ai apprécié nos deux spots de bivouac, particulièrement le premier en sous-bois, car j’aime les sous-bois. Le parcours
J’ai aimé marcher sur un itinéraire auquel je n’aurais pas pensé. La découverte de nouveaux endroits m’enchante toujours. Marcher avec quelqu’un que je ne connais pas
J’ai vraiment apprécié cette expérience. Bien qu’il y ait eu, je pense, une certaine retenue de la part de chacun, en tout cas de la mienne, puisque je n’ai pas pratiqué mes habitudes comme les étirements, la méditation, écrire et lire, cela ne m’a pas manqué, je n’en ai pas ressenti le besoin (le fait que je sois bavard cache une grande part de ma timidité). J’aurais aimé que la randonnée dure plus longtemps pour que l’on fasse plus ample connaissance, mais ce sera peut-être pour une prochaine fois. Je suis vraiment content d’avoir rencontré Tom23. Une belle rencontre ! Le lieu
Je ne connaissais pas le pays de Caux et suis impressionné par le nombre de lieux à découvrir en marchant. Et nous n’en avons exploré qu’une partie. Un seul regret
Cela n’a pas duré assez longtemps. Ce sera pour une prochaine, qui sait ? Les aléas de la météo…
Et vous, avez-vous déjà vécu une expérience similaire en randonnée ? Partagez vos histoires et impressions en commentaire !