Randonner seul : entre liberté, solitude et rencontres

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Pourquoi j’aime randonner seul.

J’entends souvent les réflexions suivantes : Tu n’as pas peur ? Tu ne t’ennuies pas ? Il faut vraiment être solitaire pour faire ça ! Et s’il t’arrive un accident ? Marcher seul sans voir personne, je ne pourrais pas ! T’es courageux !… Liste non exhaustive.

Plutôt que de répondre point par point, je vais essayer de vous transmettre ce que je ressens quand je randonne seul (même si j’aime aussi le faire en binôme ou avec le club).

Partir seul sur les sentiers est unehttps://reactiontiming.com/games expérience à part. Au premier abord, cela peut sembler intimidant, mais beaucoup de randonneurs y trouvent une forme de liberté difficile à retrouver ailleurs. Il n’y a ni courage, ni bravoure… c’est à la portée de chacun.

L’un des avantages de la randonnée en solitaire, c’est la liberté totale. Je choisis mon itinéraire, mon rythme, mes pauses, et je gère les imprévus comme je l’entends. Personne ne me presse, personne ne me ralentit. Ça me permet aussi de me reconnecter à la nature, à moi-même. On parle souvent du « silence de la nature », je préfère parler de ses bruits, car elle n’est jamais silencieuse. Ce sont eux qui favorisent chez moi la réflexion, l’observation, et lors des bivouacs, ce sont eux aussi qui me bercent la nuit. Il m’est bien arrivé d’être réveillé (je ne mets pas de boules-quies en bivouac) par le cri d’une chouette effraie sur un arbre juste derrière ma tente… mais c’est rare, et bien plus supportable que les ronflements d’un dortoir, d’autant plus que c’est toujours celui qui ronfle le plus fort qui s’endort le premier.

C’est l’occasion de passer moins de temps face à l’écran (aussi si l’on randonne à plusieurs), même si je donne de temps en temps de mes nouvelles et que mon smartphone me sert à l’orientation. Peu à peu, le téléphone perd de son importance. Les notifications sont coupées (je marche en mode avion), le réseau disparaît parfois complètement et, avec lui, l’impression de devoir rester joignable en permanence. Les contraintes de la vie quotidienne et le flot incessant d’informations s’éloignent. Le temps retrouve un autre rythme, celui de la marche, des pauses et de la lumière qui évolue au fil de la journée. Cette déconnexion numérique n’est pas une privation, elle devient une libération, un retour à l’essentiel où l’on redécouvre le plaisir d’observer, d’écouter et simplement d’être présent.

Il y a aussi ces moments où je me retrouve seul face à un paysage grandiose. Une vallée qui s’ouvre sous les nuages, une crête balayée par le vent, un lac immobile reflétant le ciel, un sommet baigné par la lumière du matin. Mais la beauté n’est pas réservée aux grands panoramas de montagne… elle est tout autant dans un bocage, une forêt, un bord de mer. Dans ces instants, il n’y a personne avec qui partager l’émotion. Cette solitude peut sembler étrange, presque déroutante (car l’on a souvent l’habitude de vouloir montrer ce que ce que l’on voit). Pourtant, c’est aussi ce qui rend l’expérience intense. Le paysage m’appartient quelques instants, je l’ai mérité ! Je prends conscience de ma propre petitesse face à l’immensité de la nature, mais aussi de ma place dans cet espace. Cette solitude est une rencontre avec la nature, avec moi-même.

Lorsque je suis seul, j’ai aussi mes propres routines… Celles du matin : dès le réveil j’ouvre la valve de mon matelas pour qu’il se dégonfle puis sors m’étirer. Ensuite je range mon duvet, plis mon matelas, ma tente, prépare mes encas pour la marche. Je petit-déjeune qu’au dernier moment, parfois s’il y a un village proche avec un bar ou une boulangerie, j’attends d’y arriver. Le soir, une fois la tente montée, je fais quelques étirements, assouplissement, écris ma journée, etc. Je suis un animal d’habitudes.

Randonner seul demande davantage de prudence et je suis bien plus concentré sur les passages compliqués. En cas de blessure, de changement de météo ou d’erreur d’orientation, il faut pouvoir compter sur ses propres moyens. La solitude peut également peser, surtout lorsque les conditions deviennent difficiles. Tout est dans le mental et un équipement adapté et surtout prévenir un proche de son itinéraire. Et pour ce qui est de la peur j’en parlais déjà dans l’article « Le bivouac, peur et appréhension »… Il n’y a pas de peur à avoir, juste de la vigilance et du bon sens.

Paradoxalement, marcher seul favorise souvent les rencontres. Lorsqu’on est en groupe, on reste facilement entre soi. Seul, on échange plus naturellement avec les autres randonneurs, les habitants des villages traversés, les gardiens de refuge ou d’autres personnes sur un camping. Un simple bonjour peut devenir une conversation, un repas partagé ou même une amitié.

Ces rencontres sont souvent simples et sincères. Elles naissent sans artifice, au détour d’un sentier, près d’une source ou autour d’une table en refuge. Et on papote, partage un conseil, une histoire, un sourire, un encouragement, souvent la conversation tourne autour de la randonnée, le matériel. Ces rencontres, même brèves, elles laissent parfois un souvenir plus durable que certains paysages et j’ai gardé quelques amitiés de ces rencontres.

Au fond, randonner seul, ce n’est pas forcément être isolé. C’est apprendre à apprécier sa propre compagnie tout en restant ouvert aux autres. La solitude devient alors un espace de liberté, la déconnexion, une respiration, et les rencontres… des cadeaux inattendus qui enrichissent le voyage autant que les kilomètres parcourus. Sur les chemins, on découvre finalement que l’on n’est jamais tout à fait seul, la montagne, le vent, les forêts et les horizons deviennent eux aussi des compagnons de route.

Et si vous aussi vous avez envie de vous lancer, je vous invite à lire l’article « Randonner Seul pour la Première Fois – Le Guide de Ceux qui Osent »

Et vous, qu’est-ce que la solitude vous apporte en randonnée ? Partagez votre ressenti en commentaire, et n’hésitez pas à faire découvrir cet article autour de vous.

Je marche seul
Sans témoin, sans personne
Que mes pas qui résonnent
Je marche seul
Acteur et voyeur
Paroles de Jean-Jacques Goldman.

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