S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 3

1 916 mots, temps de lecture 10 minutes.

Étapes 4 et 5 – De Cherbourg à Vauville en passant par Omonville-la-Rogue

Si tu es tombé sur cette page un peu par hasard, bienvenue ! Sache que tu es en train de suivre le récit d’une aventure de randonnée au long cours à travers le Cotentin. Dans les parties précédentes, je t’ai raconté comment j’ai préparé ce voyage, les premières étapes depuis St-Vaast-la-Hougue à Cherbourg, et les paysages magnifiques qui ont jalonné mon chemin.

Si tu ne l’as pas encore fait, je te conseille de jeter un œil aux premiers billets de cette série, « 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 1 et partie 2« , pour ne rien manquer du début de cette aventure.

Revenons à nos sentiers.

Après avoir parcouru des kilomètres de sentiers côtiers, avec la mer comme fidèle compagne, me voilà reparti pour de nouvelles découvertes. Les paysages continuent de se transformer, et chaque pas m’apporte son lot de surprises et d’émotions. Je t’emmène maintenant sur les étapes 4 et 5, de Cherbourg à Vauville, en passant par Omonville-la-Rogue.

Prêt pour la suite ? Chaussures bien lacées ? Alors on y va !

Jour 4 : Direction Omonville-la-Rogue, 21,521 km +252 m

Carte du tracé GPX du quatrième jour de randonnée, reliant Cherbourg-en-Cotentin à Omonville-la-Rogue en longeant la côte nord-ouest du Cotentin sur environ 21,5 km, colorisé du bleu au rouge selon l'altitude entre 0 et 70 m, avec un profil altimétrique présentant une bosse centrale marquée autour du kilomètre 14, enregistré le vendredi 16 mai 2025.
Jour 4 – Cherbourg-en-Cotentin › Omonville-la-Rogue – 21,5 km – +252 m de dénivelé positif – 16 mai 2025

Après une bonne nuit dans un lit, j’ai pris soin de mes pieds, j’ai pris un big petit déjeuner dans l’auberge de jeunesse, mon sac prêt et mon linge a séché pendant la nuit, inutile de l’attacher à mon sac. Ce matin je pars de bonne heure.

Le début de l’étape n’a rien d’exceptionnel. Il faut d’abord s’extirper de la zone urbaine, un peu longuette. Mais en arrivant sur la plage de Saline, je tombe sur une œuvre d’art qui m’arrête net : La Traversée[1] (la lettre d’Equeurdreville-hainneville), de Jean-Bernard Métais. C’est une grande structure métallique en forme de lettre, posée là, face à la mer. Étonnant. Poétique. Je prends le temps de la contempler.

Et ça y est, après la Pointe de Querqueville, je retrouve enfin ce que j’étais venu chercher, la nature.

Un premier dénivelé m’attendait juste après Urville-Nacqueville, et d’autres sont arrivés à Landemer. Mais soyons honnêtes, rien de bien méchant. Depuis le premier jour, le parcours est plutôt facile, ce qui me laisse tout le loisir d’admirer les paysages.

Après Landemer, une montée m’a conduit à « La Batterie », un spot avec des toilettes publiques, un espace pique-nique avec deux tables et une vue magnifique ! J’en ai profité pour faire une pause et manger le Becquet que je n’avais pas mangé la veille. J’y ai discuté avec un couple de randonneurs. Leurs sacs sont énormes, au moins 80 litres bien remplis. Ils sont Luxembourgeois, viennent de Honfleur et se dirigent vers le Mont-Saint-Michel. Ils ont l’habitude des grands treks, comme le Sentier des Appalaches, qui fait plus de 3 500 km, et d’autres grands treks à travers le monde, impresionnant. Je les ai regardés partir, chargés comme des sherpas.
Pendant ce temps, un groupe de randonneurs à la journée s’installe à l’autre table. Ils sortent des verres en « vrai » verre, des olives, de la charcuterie, des bouteilles de rouge et de blanc, et m’ont invité à trinquer pour l’apéro. J’ai décliné en les remerciant et j’ai repris mon chemin.

Le sentier change. Fini les longues plages, place aux petites falaises, aux criques secrètes qu’on ne peut atteindre qu’avec les yeux. Ça monte, ça descend, sans jamais devenir difficile. C’est beau. Sauvage. Je me sens bien.

Au niveau de la Roche Buchy, juste avant le Doué du Moulin, je découvre « Le Mur Blanc« , Construit en 1887, le mur blanc ou mur de Holterman sert d’amer, c’est-à-dire un repère pour les marins.

Un peu plus loin, la Baie de Quervière m’offre un panorama de carte postale.

Le sentier redescend au niveau du Fort d’Omonville Bas, et j’arrive rapidement à Omonville. Je passe devant un resto et je demande s’il sera ouvert ce soir. Ensuite, je me rends au camping municipal du Hâble.

Bon, la personne de l’accueil n’arrive que dans une heure. Je m’installe dans un coin sympa où le soleil viendra taper dès le matin pour sécher la rosée et à côté d’une table de pique-nique, au cas où. Quand la responsable arrive, je règle mes 9 € (de mémoire), et elle m’explique le fonctionnement emplacements, et surtout… une épicerie juste à côté ! Super accueil, vraiment.
Je file donc à l’épicerie, je commande un pain nordique et un casse-croûte pour le lendemain.

À 19 h, direction le resto. Et là, surprise ! Je tombe sur le couple que j’avais rencontré au camping de la Nef, à Barfleur. Je les croyais loin devant, vu qu’ils disaient marcher 30 km par jour… On échange quelques mots, ça fait toujours plaisir de recroiser des visages connus.

À la table derrière moi, un jeune randonneur s’installe. Je commande mon repas : 6 huîtres en entrée, puis des moules à la Normande. Et là, je ne m’attendais pas à ça… Un plat gargantuesque, genre la portion que je fais pour quatre personnes à la maison. Mais j’ai tout mangé.

Je sympathise avec le jeune randonneur, Marc. Il fait le parcours dans l’autre sens et vient de Vauville. Apparemment, c’était une grosse journée pour lui. Longue, difficile. Moi, j’envisage de faire les trois quarts de cette étape demain, et de bivouaquer quelque part en chemin. On papote. Entre randonneurs, ça parle forcément matos, applis, itinéraires, galères, coups de cœur…
De retour au camping, je lui montre où j’ai planté ma tente, il me montre la sienne, et chacun chez-soi.

Un brin de toilette, un peu d’écriture, de lecture… et extinction des feux.

Infos :
Étape tranquille, le premier dénivelé arrive au onzième kilomètre (montée descente sur 1,5 km), au treisième ça donne le ton avec une belle montée sur bitume et redescend sur 2 km, ensuite ça oscille jusqu’à un peu avant le camping.
Camping Municiapal de la NEF
4 rue de la Jonquière
Omenville La Rogue
+34233528615
Pas besoin de réservation
Épicerie/boulangerie juste derrière.

Grande sculpture monumentale en acier inoxydable perforé de texte en français, à la forme trapézoïdale légèrement incurvée, installée sur un espace de sable face à la mer, sous un ciel partiellement nuageux, sur la côte de Cherbourg-en-Cotentin.
« La Traversée » – Œuvre de Jean-Bernard Métais, acier perforé de texte – Littoral de Cherbourg-en-Cotentin, Manche, Normandie
Vue panoramique en hauteur depuis le site de La Batterie sur une côte de falaises verdoyantes plongeant directement dans la mer, avec des rochers battus par de légères vagues blanches en contrebas, la ligne côtière se prolongeant vers l'ouest, sous un ciel bleu à gros cumulus.
La côte déchiquetée de la Hague vue depuis La Batterie – Entre Querqueville et Omonville-la-Rogue, Manche, Normandie
Vue en plongée depuis un sentier de corniche sur une côte rocheuse couverte de lande, avec des falaises schisteuses plongeant dans une mer d'un bleu profond, et une baie sablonneuse visible à l'horizon, sous un ciel bleu à cumulus épars.
Le sentier côtier en corniche entre Querqueville et Omonville-la-Rogue, avec la baie de Sciotot à l’horizon – Presqu’île de la Hague, Manche, Normandie
Mur épais en maçonnerie de moellons de granite, de forme rectangulaire à contreforts latéraux, dressé isolément sur un promontoire herbeux dominant directement la mer et des rochers, sous un ciel bleu à nuages blancs.
Le Mur d’Éculleville, ancienne marque de navigation en pierre – Côte de la Hague, Manche, Normandie
Bol en terre cuite rempli de moules marinières persillées, accompagné d'un plat de frites maison et d'une corbeille de pain, servis en terrasse face à la mer au crépuscule, le port d'Omonville-la-Rogue visible en arrière-plan.
Moules marinières et frites maison en terrasse face au port d’Omonville-la-Rogue – Presqu’île de la Hague, Manche, Normandie

Jour 5 : Hein ? Quoi ? Jusquà Vauville, 30,735 km +695 m

Carte du tracé GPX du cinquième jour de randonnée, contournant l'intégralité de la pointe du cap de la Hague depuis Omonville-la-Rogue jusqu'à Vauville sur environ 31 km, colorisé en rouge et orange dominant avec des portions bleu-vert indiquant des altitudes variables entre 0 et 140 m, avec un profil altimétrique très accidenté dépassant régulièrement les 100 m, enregistré le samedi 17 mai 2025.
Jour 5 – Omonville-la-Rogue › Vauville via le cap de la Hague – 30,7 km – +695 m de dénivelé positif – 17 mai 2025

J’entame la seconde moitié du parcours, si je dois faire un bilan « bobos », toujours mes douleurs de dos par intermittence et qui datent d’avant la randonnée, toujours ma douleur sous mon pied droit mais très supportable, mes deux orteils n’ont pas d’ampoule et je ne ressens aucune gêne, les pansements en préventif aux premières alertes font leurs effets.
Le froid m’a encore écourté le sommeil. Je suis passé à l’épicerie récupérer mon pain nordique, un casse-croûte et j’ai aussi du fromage et du saucisson.

Au moment de partir, j’ai déjà en tête mon objectif du jour : un bivouac quelque part vers le Nez de Voidries. L’endroit me semble parfait sur le papier.

Je démarre sous un ciel couvert, mais pas vraiment menaçant. La pluie n’est pas annoncée, bien au contraire, le ciel devrait s’éclaircir. Le paysage a encore changé, oscillant entre roches et plage. Dès la Pointe de Jardeheu, je découvre de magnifiques roches roses.

La mer est calme, la température agréable, et même si le vent souffle un peu, il reste supportable. Le chemin est plutôt plat sur environ treize kilomètres. Je passe la Pointe du Nez, puis le Port Racine, que je regrette de ne pas avoir photographié. Certains disent que c’est le plus petit port de France, d’autres, l’un des plus petits. Je continue mon chemin en passant la Pointe du Nez Cabot, la Pointe de la Loge, la Pointe des Grouins, le Nez Bayard, et le Sémaphore de la Hague pour arriver à la Croix du Vendémiaire à Goury.
Là, je fais une pause casse-croûte à côté de deux jeunes randonneurs la vingtaine à peine passée. Ils font une rando à la journée. Jusqu’à présent, la seule difficulté a été de marcher sur des galets fins, où le pied s’enfonce un peu, ou sur des galets plus gros qui font travailler les chevilles. Une partie assez agréable avec aussi des beaux paysages du côté terre. Le sentier est régulièrement jonché de Crambe maritima, le chou marin, en fleurs, c’est très joli. Parfois, il y en a tant qu’il faut faire attention de ne pas les piétiner, car c’est une plante protégée.

À partir de là, les premiers dénivelés de la journée commencent et s’affirment franchement à partir de La Côte Soufflée. J’arrive au sommet du Nez de Voidries après 5h30 de marche, pauses comprises, et j’ai parcouru 19 km.

Nous sommes samedi, le ciel s’est dégagé, et il y a beaucoup de monde. Les gens sont venus en voiture et font des balades dans le coin. Je n’ai pas envie de m’arrêter tout de suite et d’attendre que tout le monde parte pour chercher un spot de bivouac. Je décide de continuer et je verrai bien en cheminant si je trouve un coin plus tranquille.
Mais je me retrouve sur un sentier étroit, entre falaise et roche, ou bordé d’arbustes épineux. Pas un endroit plat, que des montées et des descentes assez abruptes… C’est clair, je ne trouverai pas de coin de bivouac tant que je ne serai pas sorti des falaises. Il n’y a plus de vent, il fait chaud. Heureusement, souvent dans les points bas, je traverse de petits rus où je remplis ma gourde filtrante. Les paysages, eux, sont à couper le souffle : une mer bleue et calme où l’on voit les fonds et qui donne envie d’y plonger. Des paysages qui s’offrent seulement à ceux qui font l’effort de venir marcher.

Lorsque le sentier devient enfin plat, je suis à environ un ou deux kilomètres du camping de Vauville, alors je m’y rends. J’arrive au camping municipal de Vauville, 9h45 après mon heure de départ d’Omonville-la-Rogue.

Au camping très bon accueil, je me trouve un emplacement et vais dîner avec mon pain nordique, du fromage et du saucisson sur la plage, face à la mer. Je me couche de bonne heure car je suis fatigué par cette journée et il y a de grande chance que le froid me réveille vers deux heures du matin.

Info :
les dix derniers kilomètres sont particulièrement physiques sans spot de bivouac possible. Toujours de magnifiques paysages.
Le camping habituellement ouvert du 1er juin au 30 septembre a ouvert cette année le 1er mai… étant donné qu’ils ont eu du monde il y a de grande chance que les nouvelles dates d’ouvertures soit du 1er mai au 30 septembre. Téléphonez tout de même pour vérifier.
Camping Municipal La Devise à Vauville
Situé le long du GR223
49.63312 -1.84938
Tél. : 02 33 52 64 69
https://www.encotentin.fr/campings/camping-municipal-la-devise/

Chaos de rochers de granite rose-orangé couverts de lichen jaune au bord de la mer, avec une pente herbeuse parsemée d'arméries maritimes en fleurs roses, sous un ciel couvert et gris, au cap de la Hague.
Granite rose et arméries maritimes – Armeria maritima – sur le littoral du cap de la Hague, Manche, Normandie
Chemin de galets longeant une plage en baie, bordé de touffes volumineuses de chou marin (Crambe maritima) en pleine floraison blanche, avec des roselières à gauche, une baie calme et des collines bocagères en arrière-plan, sous un ciel gris et couvert.
Chou marin en fleurs – Crambe maritima – sur le cordon de galets de la baie d’Écalgrain – Cap de la Hague, Manche, Normandie
Paysage rural ouvert composé de prés verdoyants délimités par une succession de murs de pierres sèches en granite, avec des poteaux de clôture en bois, un village et des falaises visibles à l'horizon, sous un ciel gris et nuageux, dans l'intérieur de la presqu'île de la Hague.
Parcellaire agricole délimité par des murs de pierres sèches – Intérieur de la presqu’île de la Hague, Manche, Normandie
Vue en plongée depuis le sommet d'une falaise couverte de lande sur une mer d'un bleu profond aux reflets argentés, avec une paroi rocheuse sombre à droite sur laquelle se devine un sentier, des rochers affleurants en contrebas, sous un ciel bleu parfaitement dégagé.
Le sentier de corniche de la côte ouest du cap de la Hague dominant l’Atlantique – Presqu’île de la Hague, Manche, Normandie
Vue en hauteur depuis une pelouse sur une vaste baie sablonneuse déserte en courbe ample, avec un estran découvert à marée basse présentant des flaques et des algues au premier plan, une mer turquoise et bleue, et des dunes bordant le rivage à l'horizon, sous un ciel bleu parfaitement dégagé.
La baie de Vauville à marée basse, l’une des plus longues plages sauvages du Cotentin – Vauville, Manche, Normandie

La suite de l’aventure – les journées 6 et 7 – arrive dès demain dans le prochain article. N’oublie pas de revenir et n’hésite pas à commenter pour partager tes propres expériences ou poser des questions !

Le billet « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotententin – partie 3 » est apparu en premier dur le blog de Sima78.

Note(s)

  1. ^ La traversée : Oeuvre de Jean-Bernard Métais, septembre 2010. « Cette lettre réalisée à partir des mots-voyages des habitants de la ville. Des écrivains : Michel Besnier, Elisabeth Coquart, Didier Decoin, Philippe Huet, Victor Hugo, Georges Pérec, Gilles Perrault, Jacques Prévert, Alexis Salatko, Boris Vian. Des  journalistes : Marcel Clairet, hubert Lemonnier, François Simon et Pascal Vannier.

S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 2

1 746 mots, temps de lecture 9 minutes.

Étapes 2 et 3 – De Barfleur à Cherbourg-en-Cotentin en passant par la Pointe du Brick.

Si tu tombes sur cette page par hasard, sache qu’il s’agit de la suite d’un récit de randonnée au long cours dans le Cotentin. Dans la première partie, je te racontais comment j’ai préparé ce périple, le jour J-1, et ma première journée de marche jusqu’à Barfleur.

Si ce n’est pas déjà fait, je te conseille d’aller lire ce premier billet avant de continuer « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotententin – partie 1« , histoire de ne pas rater le début de l’aventure.

Où en étais-je ?

Après une première journée entre terre, sable et douleur naissante sous le pied, je reprends le sentier et débute la côte nord du Cotentin. Le paysage change, les sensations aussi. Je t’emmène maintenant sur les étapes 2 et 3, entre Barfleur et Cherbourg, avec la mer pour compagne fidèle, et quelques belles surprises sur le chemin…

Prêt ? C’est parti !

Jour 2 : Direction LAnse du Brick, 27,564 km +255 m

Carte du tracé GPX du deuxième jour de randonnée, reliant Barfleur à Cherbourg-en-Cotentin en longeant le littoral nord de la presqu'île du Cotentin sur environ 27 km, colorisé en rouge et orange indiquant des altitudes comprises entre 40 et 85 m, avec profil altimétrique enregistré le mercredi 14 mai 2025.
Jour 2 – Barfleur › Cherbourg-en-Cotentin via la pointe du Brick – ≈ 27 km – Altitudes entre 40 et 85 m – 14 mai 2025

J’ai encore mal dormi cette nuit… Le froid s’est encore invité et impossible de trouver une vraie position confortable. Bref, réveil un peu raide. Ha j’ai aussi de sacrés coups de soleil de la veille.
Je me prépare tranquillement. Un brin de toilette vite fait, puis je sors les pansements : deux orteils en mode alerte et cette fichue douleur sous le pied droit – je protège tout ça comme je peux.
Côté vestimentaire, je mets les bas de mon pantalon convertible en short, ma veste de pluie pour les manches longues (elle est super efficace contre le vent sans être trop chaude) et je n’oublie pas mon chapeau à longs bords. Je me badigeonne le visage et les mains de crème protectrice…  Me voilà protégé du soleil.

Avant de partir, je prends mon petit déjeuner au camping de la Blanche Nef. Et me voilà parti !

Très tôt, sur la pointe de « La Masse », on voit déjà au loin le phare de Gatteville. Je passe le Havre de Crabec et du Havre de Flicmare jusqu’au Havre de Houlvi, où se trouve l’aquaculture consacrée à l’écloserie des huîtres et palourdes. Je passe rapidement devant le phare de Gatteville, qui est d’un « Gigantisme Cathédralesque[1]« . Je regrette de ne pas l’avoir visité, car en plus d’être le deuxième plus grand phare de France et d’Europe, il a un lien avec notre calendrier : 365 marches, 12 étages et 52 fenêtres.

Jusqu’à la Pointe de la Loge, j’ai la mer et les plages de sable fin à ma droite. À ma gauche, je passe devant des lacs, des mares et des marécages qui font le bonheur des oiseaux. On passe aussi devant une multitude de blocos à la pointe de Néville, et j’ai fait une pause pour tremper mes pieds dans l’eau glaciale de la mer au niveau de la Pointe des Mares.
Au niveau de l’Anse de la Visière et de la Pointe de Fréval, j’ai fait une autre petite pause devant la Croix du Prométhée, un calvaire érigé à la mémoire des disparus du sous-marin Prométhée, qui a entraîné la mort de 62 des 69 hommes d’équipage suite à un problème technique.

Après le Port Pignot, qui est l’un des plus petits ports de France, les dénivelés commencent à s’affirmer au niveau du Cap Lévi, et le paysage change.

Entre le Cap Lévi et la Pointe du Vieux Fort, je manque de tomber et, en me rattrapant, je casse l’un de mes bâtons de marche.

Au kilomètre 24,5, une trace m’envoie à gauche. Je monte un bon dénivelé sur 400 mètres pour me rendre compte que ma trace ne passe pas par là, mais longe bien la côte. Je redescends et continue de longer la côte, sauf que je ne vois plus le moindre signe GR. Je vérifie : le GR passe pourtant bien là où je suis. Le chemin se rétrécit, je suis griffé par les broussailles qui n’ont pas été taillées, et au bout 1,5 kilomètre, le chemin est coupé, impossible de passer… Je rebrousse chemin sur une cinquantaine de mètres et coupe plein ouest pour rejoindre la D116, une montée ultra-raide que je n’aurais pu gravir par temps humide. Finalement, après ce petit détour sportif, je retrouve le GR et file vers le camping de l’Anse du Brick. Ouf, quelle journée !

Ha le camping de l’Anse du Brick ! Il fait partie de la chaîne Sandaya.
Toi le randonneur, que tu sois à pied ou à vélo, passe ton chemin, trouve un autre camping ou un spot de bivouac !
Je t’explique mon expérience… J’avais pourtant réservé à l’avance un emplacement « tente de bivouac », en précisant bien que j’arrivais à pied. À l’accueil ? Un minimum d’infos, juste un numéro de place et « débrouille-toi » pour les sanitaires. Par contre, le bar-restaurant, ça, on me l’a bien indiqué !
J’arrive à l’emplacement donné, il est en pente. Je retourne à l’accueil et précise que, contrairement aux camping-cars, je n’ai pas de cale pour mettre ma tente de niveau. On me donne deux autres emplacements au choix. Je prends le plus plat et retourne à l’accueil pour annoncer mon choix.
Et là, on me sort fièrement :
« Vous avez l’électricité sur chaque emplacement ! »
Ma réponse : « Super… mais sans adaptateur pour camping-car, mon téléphone reste à plat. »
« Ah bon ? Essayez au bar alors… »
Bilan : 24,21 € pour un emplacement médiocre, un service zéro et mon téléphone rechargé grâce à MA batterie de secours. Sans conteste le pire camping de mon périple, et le plus cher !

Infos :
L’étape en elle-même m’a semblé plutôt facile, malgré quelques bons petits dénivelés. Par contre, attention : le tracé du GR semble avoir été modifié sur le terrain, mais pas encore sur les cartes type MonGR ou IGN – à surveiller.
Et non, je ne te donne pas plus d’infos sur ce camping. Il n’en vaut pas la peine.

Vue depuis le rivage sur le phare de Gatteville et son phare secondaire, deux tours cylindriques en granite posées sur un ensemble de bâtiments bas au bord de la mer, sous un ciel bleu parfaitement dégagé, avec des rochers affleurants au premier plan.
Le phare de Gatteville et sa tourelle secondaire – Pointe de Barfleur, Manche, Normandie – Deuxième phare de France par sa hauteur (75 m)
Anse sablonneuse bordée d'une lande herbeuse rase, avec plusieurs blocs de béton armé effondrés et inclinés — vestiges de blockhaus de la Seconde Guerre mondiale - éparpillés sur la plage et en bordure de dune, sous un ciel bleu sans nuages.
Blockhaus effondrés de l’anse de Gattemare, progressivement engloutis par l’érosion côtière – Manche, Normandie
Zone humide côtière avec un plan d'eau peu profond séparé de la plage de sable par une bande de végétation, sur lequel repose une colonie de plusieurs dizaines de cygnes blancs, avec des roselières, des prés et des habitations en arrière-plan, sous un ciel bleu.
Colonie de cygnes tuberculés sur les mares côtières de la pointe des Mares – Littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie
Sentier sableux étroit serpentant entre des touffes d'oyats et des valérianes rouges en pleine floraison, avec des maisons et des arbres visibles à l'arrière-plan, sous un ciel bleu légèrement voilé.
Sentier dunaire fleuri de valérianes rouges – Secteur de Fréval, littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie
Longue plage de sable blanc déserte en courbe douce, bordée d'une dune herbeuse à droite et d'une mer aux teintes turquoise et bleu profond à gauche, avec une laisse de mer sombre et des rochers affleurant à l'horizon, sous un ciel bleu sans nuages.
L’anse de la Mandrée, plage sauvage et déserte du cap Lévi – Littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie

Jour 3 : On part pour la grande ville, Cherbourg-en-Cotentin, 19,147 km +285 m

Carte du tracé GPX du troisième jour de randonnée, reliant la zone de Maupertus-sur-Mer à Cherbourg-en-Cotentin en longeant la côte nord-ouest sur environ 19 km, colorisé du bleu au rouge selon l'altitude, avec un profil altimétrique accusant deux bosses marquées dépassant les 100 m, enregistré le jeudi 15 mai 2025.
Jour 3 – Pointe du Brick › Cherbourg-en-Cotentin – 19,1 km – +285 m de dénivelé positif – 15 mai 2025

La veille j’ai mangé un repas de ma préparation, me suis douché, j’ai écrit et lu avant dormir, encore une nuit courte à cause du froid. Le matin petit déjeuner de ma préparation et en route.
Dès le départ je prends du dénivelé positif. Mais au bout d’environ un kilomètre, une récompense : un point de vue incroyable. Ensuite, le sentier quitte un peu la côte pour s’enfoncer dans les terres.

Changement d’ambiance, de la verdure, du dénivelé toujours, des chemins parfois étroits, mais franchement agréables. Et tout au long du parcours, des vues superbes qui surgissent au détour du chemin avant la descente vers St-Germain.

À hauteur du Becquet de Digosville. je fais un petit crochet par une boulangerie. Je m’installe tranquillement pour manger un casse-croûte[2] avec un café, et je me laisse tenter par une spécialité locale : un Becquet. C’est comme un chausson aux pommes, mais fait dans une pâte à pain, avec une croûte de sucre caramélisé. Une tuerie. Je le garde pour plus tard, en mode grignotage.

Je reprends la route, passe devant le fort de l’Île Pelée — un ancien fort de 1784 devenu prison à la Révolution, puis base allemande avec batteries de DCA pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un kilomètre plus loin, j’entre dans Cherbourg, par le boulevard des Flamands. Là, j’accélère le pas, cette portion urbaine jusqu’au centre-ville est franchement sans intérêt. Je longe le port, fais une pause devant la Basilique Sainte-Trinité, puis direction l’auberge de jeunesse, où j’ai réservé pour la nuit.

C’est ma toute première fois en auberge de jeunesse et très bonne surprise ! Accueil sympa, lieu propre, ambiance calme. J’ai une petite chambre avec deux lits superposés rien que pour moi.
Je dépose mon sac, repars découvrir un peu Cherbourg. Et je dois dire que j’aime bien cette ville. Je fais un ravitaillement dans une petite épicerie pour les jours suivants, je prends de quoi dîner et je trouve aussi une pharmacie (je suis à court de pansements “seconde peau”, je prends aussi un tube de NOK, c’est bête j’en ai à la maison). De retour à l’auberge : lessive, douche, un peu d’écriture, un peu de lecture… et cette fois, je sens que la nuit va être bonne.

Mon sac est prêt pour le lendemain, il ne me restera plus qu’à accrocher mon linge humide dessus pour qu’il sèche en route.

Infos :
Étape facile dans l’ensemble, même s’il y a du dénivelé sur les 10 premiers kilomètres.
L’arrivée sur Cherbourg, une fois en ville, est assez monotone, mais le centre rattrape largement.

HI Cherbourg
Fédération Unie des Auberges de Jeunesse

55, rue de l’Abbaye
50100 CHERBOURG (FRANCE)
Tél. : +33 (0) 2.33.78.15.15

Sentier rocheux longeant une crête de falaise couverte de lande, menant vers des vestiges de maçonnerie en pierre dominant directement la Manche, avec des rochers de granite, de la végétation rase et un ciel bleu partiellement nuageux.
Sentier de crête et ruines côtières surplombant l’anse du Brick – Maupertus-sur-Mer, Manche, Normandie
Sentier étroit et pierreux en légère montée, encadré d'un muret de granite couvert de mousse à droite et d'une végétation dense de fougères et d'arbustes, filtrant la lumière en taches de soleil sur le sol, au sud de Becquet dans le Cotentin.
Chemin creux ombragé entre fougères et muret de granite – Sud de Becquet, littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie
Vue panoramique en hauteur depuis la batterie de Bretteville-le-Haut sur l'agglomération de Tourlaville et la grande rade de Cherbourg, avec la digue du large, le fort de l'Île Pelée et les installations portuaires visibles à l'horizon, sous un ciel couvert et gris.
Panorama sur la rade de Cherbourg depuis la batterie de Bretteville-le-Haut – Tourlaville, Manche, Normandie
Vue depuis le rivage sur le fort de l'Île Pelée, vaste ensemble fortifié en pierre posé à fleur d'eau au milieu de la rade de Cherbourg, sous un ciel gris uniforme, avec une mer légèrement agitée au premier plan.
Le fort de l’Île Pelée, gardien de la rade de Cherbourg – Manche, Normandie
Vue rapprochée du flanc extérieur de la basilique Sainte-Trinité de Cherbourg-en-Cotentin, montrant des fenêtres à remplage gothique flamboyant, des pinacles, des gargouilles et une frise ajourée en pierre calcaire, avec une pelouse fleurie de marguerites au premier plan, sous un ciel bleu.
Détail architectural du flanc sud de la basilique Sainte-Trinité – Cherbourg-en-Cotentin, Manche, Normandie

J’arrête mon récit pour aujourd’hui, revenez rapidement pour la suite ! Exprimes-toi dans les commentaires.

Le billet « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotententin – partie 2 » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Note(s)

  1. ^ Gigantisme Cathédralesque : ça ne s’invente pas, expression en clin d’œil à mon ami d’enfance, mon frère de sang.
  2. ^ Casse-croûte : oui, je ne dis pas sandwich qui pour moi est avec du pain mou, mais casse-croûte, dans de la bonne baguette croustillante.

S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 1

1 819 mots, temps de lecture 10 minutes.

8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin entre terre, mer ; dépaysement assuré.

Pour faciliter la lecture, le récit de cette randonnée itinérante est découpé en plusieurs billets, chacun correspondant à une ou deux journées de marche.

De Saint-Vaast-la-Hougue à Barneville-Carteret, presque 170 km en 8 jours, GR©223-GRE9

Carte du tracé GPX d'un itinéraire pédestre longeant le pourtour ouest et nord de la presqu'île du Cotentin, avec profil altimétrique sur huit jours entre le 13 et le 20 mai 2025, colorisé selon l'altitude de −60 m à +160 m.
Tracé GPX colorisé par altitude – Randonnée côtière du Cotentin (13–20 mai 2025) – Distance totale : environ 170 km – Dénivelé : de −42 m à +200 m

Ce voyage s’imposait à moi… Je venais d’annuler une randonnée jugée trop coûteuse alors où aller ? Deux randonneuses m’ont parlé de leur projet dans le Cotentin, m’ont envoyé leur parcours, et si nous marchions ensemble trois ou quatre jours ? L’idée nous a plu ! Je marcherai un peu plus longtemps et le point de départ serait une étape en amont et deux ou trois étapes après. Malheureusement elles ont dû annuler leur parcours au dernier moment, ce sera pour une autre fois, je marcherai seul ce qui n’est pas un souci en soi.

Partir de Saint-Vaast-la-Hougue. Ce choix a une signification particulière pour moi, un clin d’œil à un ami d’enfance qui m’a fait découvrir cette ville et cette région lorsque j’avais vingt-deux ans, un hommage à ses parents.

Que tu sois, oui je te tutoie, randonneur débutant, confirmé ou simple curieux en quête d’évasion, j’espère que ce récit t’embarque sur les chemins de l’itinérance comme ces chemins m’ont emporté et peut-être qu’il te donne l’envie de chausser tes chaussures pour partir, toi aussi.

Préparation et planification

Itinéraire
L’aventure débute comme je l’ai dit plus haut de  Saint-Vaast-la-Hougue jusqu’à Barneville-Carteret ce qui permet de découvrir une partie de la côte Est du Cotentin, la côte Nord et un tronçon de la côte Ouest. De nombreux campings, hébergements, points de ravitaillement (boulangeries, épiceries) jalonnent le parcours.

Mon plan initial prévoyait des étapes régulières avec un seul bivouac, je l’ai modifié en cours de chemin optant pour deux étapes plus longues que prévu et une plus courte, j’expliquerai mes choix qui sont très subjectifs.

Mon parcours jour par jour

  • 1 – Saint-Vaast-la-Hougue – Barfleur → 16,394 km +74 m
  • 2 – Barfleur – L’Anse du Brick → 27,567 km +255 m
  • 3 – L’Anse du Brick – Cherbourg-en-Cotentin → 19,147 km +285 m
  • 4 – Cherbourg-en-Cotentin – Omonville-la-Rogue → 21,521 km +252 m
  • 5 – Omonville-la-Rogue – Vauville → 30,735 km +695 m
  • 6 – Vauville – Biville → 5,857 km +177 m
  • 7 – Biville – Surtainville → 30,458 km +476 m
  • 8 – Surtainville – Barneville-Carteret → 18,304 km +175 m

Un total de 169,983 km et 2389 m de dénivelé D+

Équipement
Tu auras ma liste complète en téléchargeant « Ma-Liste » (tu as besoin de plus de renseignements, n’hésite pas à demander).

Mon sac-à-dos est 55L+10, un sac de 40 à 45L m’aurait suffi, mais je n’ai que celui-ci les autres sont vraiment trop petits (30L et un 35L).
Mon sac-à-dos faisait 8 312 gr… avec du grignotage et un peu de nourriture (quelques petits déjeuner, repas de préparation maison et des barres de céréales) je suis parti avec un sac de 8 976 gr, à cela il faut ajouter l’eau aux alentours de 75 cl car j’ai une gourde filtrante et trouver de l’eau n’est pas un problème sur ce parcours.
En change j’avais 2 paires de chaussettes, 2 boxers, 1 tee-shirt manches courtes et 1 manches longues les deux en mérinos. 1 seul paire de chaussettes et un boxer de rechange aurait suffi car j’ai pu faire des lessives régulièrement.
En plus de mon ordiphone j’avais pour la première fois un vrai GPS (Garmin 30x).

Conseils
Condition physique.
Je pense que même si tu es débutant et que tu marches peu au quotidien, c’est tout à fait possible. Il faut bien commencer un jour. Dans ce cas, écoute ton corps et n’hésite pas à ajuster tes étapes en cours de route, voire à prendre un jour ou deux de repos quitte à raccourcir la randonnée et consulter ton médecin pour avoir son avis. Il ne faut pas marcher dans la souffrance, cela doit rester un plaisir.
Le mieux est de marcher au quotidien et de faire à pied tous les déplacements possibles. Préfère les escaliers à l’ascenseur et fais de longues balades de deux à trois heures pour te préparer.

Logistique
Renseigne-toi et réserve tes hébergements à l’avance, surtout en haute saison. Certains campings accueillent les randonneurs sans réservation, mais pas tous, et certains même n’accueillent pas les tentes, même de bivouac qui prennent peu de place. Je donne les renseignements sur mes hébergements, il y en a plein d’autres.

Sécurité
Informe toujours quelqu’un de ton entourage de ton itinéraire. Dans ta trousse de secours, n’oublie pas les pansements, les antiseptiques, tes médicaments personnels si tu suis un traitement, ainsi que ton ordonnance.

Tu as lu jusqu’ici, je t’invite à me suivre jour après jour

Jour moins 1 : l’arrivée à Saint-Vaast-la-Hougue.

Parti de Paris, gare Saint-Lazare, j’arrive par le train à Valognes à 13h51. Le bus de la ligne C, qui dessert Saint-Vaast-la-Hougue, n’arrive qu’à 16h02, ce qui me laisse le temps d’aller au centre-ville, place du Château, pour prendre un café. De retour à l’arrêt de bus à la gare, je demande un renseignement à une personne et c’est ainsi que je fais la connaissance de Daniel, un libristre. Il est rare que deux libristes se rencontrent dans la nature, et nous restons en contact sur le réseau social Mastodon. Il se rend au même camping que moi, où il restera quelques jours pour visiter les alentours. Une fois installés, nous visitons ensemble la ville : la Chapelle des marins, le port, etc. Mon seul regret est de ne pas avoir le temps de visiter l’île Tatihou.
Ce qui m’a le plus marqué en arrivant à Saint-Vaast-la-Hougue, ce sont les effluves fortement iodés. Cela faisait longtemps que je n’avais pas senti cette odeur, et même en Bretagne, elle n’était pas si présente qu’ici. Cela m’a rappelé de bons souvenirs.

Je fais un brin de toilette, écris le déroulé de la journée, fais un peu de méditation et des étirements, puis je me couche, lis un peu et m’endors. Ce sera mon rituel de chaque soir quand ce sera possible.

Info :
Camping La Gallouette
02 33 54 20 57
Mieux vaut réserver.

Les +
Possibilité de charger téléphones et batterie gratuitement dans un petit coffre à l’accueil, donc attention aux horaires d’ouverture et fermeture de l’accueil.

Les –
Pas d’espace spécial bivouac donc emplacement que j’ai trouvé cher pour une tente bivouac 19,22 €

Jour 1 : Direction Barfleur, 16,394 km +74 m

Carte du tracé GPX du premier jour de randonnée, reliant Saint-Vaast-la-Hougue à Barfleur en longeant le littoral est de la presqu'île du Cotentin sur environ 16 km, avec profil altimétrique quasi plat enregistré le mardi 13 mai 2025.
Jour 1 – Saint-Vaast-la-Hougue › Barfleur – 16,4 km – +74 m de dénivelé positif – 13 mai 2025

J’ai très mal dormi car j’ai eu froid à partir de deux heures du matin, malgré l’utilisation du drap de couchage dans mon sac de couchage. Cela m’amène à questionner la description des températures du sac, qui est donné pour une température de confort de 8 °C et une température extrême de -10 °C, alors qu’il a fait entre 6 et 7 °C avec beaucoup d’humidité. Je dirais donc que le niveau de confort est plutôt de 10 °C.

Dès le départ, depuis le camping, le GR m’offre une vue magnifique, derrière moi le Fort de la Hougue et devant sur la droite le phare de Saint-Vaast et l’Île Tatihou avec sa Tour Vauban. Je longe le port, déjà vu la veille, puis le sentier m’emmène en bord de mer, face au « phare de la Pointe de Saire », inauguré en 1836.
Après avoir franchi la Saire, je quitte la côte pour traverser le « hameau de Fouly » et quelques chemins campagnards avant de retrouver la mer au nord de « la Pointe de la Loge » à « l’Anse-de-Bret-en-Bas » m’offre un sentier doux, entre terre battue et sable épais, moins fluide pour marcher, mais reposant pour les pieds.

Puis, après les Pointes de Sly et de Landemer, une douleur sous le pied droit que je connais que trop bien commence. Je passe devant « Le Moulard », croisant quelques vestiges de la guerre, ces sinistres blocos.

Arrivé à la plage des Angues, je fais une pause grignotage et… chaussures enlevées, pieds dans l’eau glacée… Un vrai bonheur !

La suite alterne entre terre, sable épais et galets jusqu’à Barfleur. Je m’attarde sur la Grande Jetée de Barfleur pour admirer l’église Saint-Nicolas de l’autre côté. Je longe le port, passe par le chemin « La Cache des Amoureux » juste derrière l’église, puis emprunte la rue du Fort, un étroit passage entre maisons et mer, un kilomètre plus loin j’arrive au camping municipal de La Blanche Nef.

Le soleil ne m’a pas quitté de la journée. Tente installée, je file en ville m’acheter de quoi manger. Le ventre vide depuis le matin, mis à part un grignotage, j’engloutis mon casse-croûte au camping. Je discute avec un couple logé en cabane. Ils me disent marcher 30 km par jour, ils sont partis de plus loin que moi et vont jusqu’au Mont-Saint-Michel. Impressionné, je leur dis que ce n’est pas pour moi, je n’envisage pas faire des étapes de 30 km… l’avenir me prouvera le contraire.

Le soir, je mange une de mes préparations maison. Pas assez d’intimité pour les étirements ou la méditation. Dans la tente, je fais le point sur mes bobos : une probable sciatique, une gêne sous l’omoplate (les deux date déjà de quelques jours), deux orteils prêts à cloquer, des coups de soleil et toujours cette douleur sous le pied droit – j’en parle d’ailleurs dans un article de cette douleur à mon pied. Je me masse comme je peux le dos, les genoux aussi, puis je lis un peu avant de sombrer dans le sommeil.

Infos :
Étape facile.
Camping municipal de La Blanche Nef
12 Chemin de la Masse
50760 Gatteville-le-Phare
42 33 23 15 40
Mieux vaut réserver

Les +
Possibilité de charger téléphones et batterie gratuitement dans un petit coffre situé dans les sanitaires donc toujours accessibles.

Les –
Pas d’emplacement assez intime à mon goût, mettre l’ouverture de la tente côté haie.

À suivre :

Ce premier billet couvre la veille du départ et la première journée de marche. La suite de l’aventure arrive très bientôt ! Reviens régulièrement sur le blog pour découvrir les prochaines étapes de cette belle randonnée au fil des jours. Tu peux t’exprimer en commentaire !

Quelques photos :

Vue depuis le rivage de Saint-Vaast-la-Hougue sur la Manche calme, avec l'île de Tatihou visible à l'horizon, sous un ciel bleu partiellement nuageux.
L’île de Tatihou et sa tour Vauban, vue depuis le bord de mer de Saint-Vaast-la-Hougue – Manche, Normandie
Sentier de terre étroit encadré de végétation dense, avec des aubépines en fleurs blanches à gauche et une haie verte à droite, sous un ciel bleu vif, près du hameau du Fouly dans le Cotentin.
Chemin creux bordé d’aubépines en fleurs – Hameau du Fouly, côte est du Cotentin, Manche
Ruelle pavée d'un petit hameau normand, bordée de maisons et murets en pierre de granite appareillée, avec des fleurs en pot et des volets blancs, sous un ciel bleu sans nuages.
Ruelle du hameau du Fouly – Architecture en granite typique du Cotentin, Manche, Normandie
Vue panoramique depuis la pointe Maigret sur une anse sablonneuse bordée de rochers de granite, avec des eaux peu profondes aux reflets turquoise, des dunes herbeuses et quelques maisons à l'arrière-plan, sous un ciel bleu strié de nuages légers.
L’anse de la pointe Maigret vers le nord – Entre dunes, rochers et mer calme – Côte est du Cotentin, Manche
Vue en perspective le long d'une jetée en pierre bétonnée s'avançant dans la mer, avec un petit feu de signalisation rouge et blanc à son extrémité, des rochers affleurant à droite et la Manche ouverte à l'horizon, sous un ciel bleu.
La grande jetée de Barfleur et son feu d’entrée de port – Barfleur, Manche, Normandie
Vue depuis le port sur le bourg de Barfleur, dominé par l'église Saint-Nicolas en granite, entourée de maisons traditionnelles normandes, avec le quai et les rochers au premier plan et un ciel bleu dégagé.
L’église Saint-Nicolas de Barfleur vue depuis le port – Barfleur, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, Manche, Normandie
Passage piéton étroit en pavés longeant des maisons en granite à gauche et un muret surplombant une plage de sable et de rochers à droite, avec la baie de Barfleur et des habitations visibles à l'horizon, sous un ciel partiellement nuageux.
La rue du Fort et son chemin de ronde côtier – Barfleur, Manche, Normandie

Le billet « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 1 » est apparue en premier sur le blog de Sima78.