MapPatou : enfin une carte pour savoir où se trouvent les chiens de protection des troupeaux

812 mots, temps de lecture 4 minutes.

Randonnée, vélo, jogging… L’outil développé par Pasto Kézako permet d’anticiper les rencontres avec les patous sur plus de 5 000 alpages.

La rencontre avec un chien de protection des troupeaux est l’une des situations les plus redoutées. Pas seulement par les randonneurs, mais aussi : joggers, cyclistes, promeneurs du dimanche… tout le monde peut se retrouver face à un patou, un berger d’Anatolie, un mâtin des Abruzzes ou encore un mastiff espagnol… sans avoir été prévenu ou parce que l’on a pas vu un panneau. C’est d’ailleurs de plus en plus fréquent, au fil de la progression du pastoralisme et des politiques de protection des troupeaux contre les prédateurs.

Le but de cet article n’est pas de relancer le débat « pour ou contre les patous ». Il s’agit simplement d’apporter des informations concrètes pour mieux vivre ces situations, et si possible les anticiper.

Planifier son itinéraire : MapPatou, la carte interactive des estives

C’est dans cette optique que le réseau Pasto Kézako a développé MapPatou, une carte interactive recensant la présence potentielle de chiens de protection sur plus de 5 000 alpages et quartiers d’alpage en Auvergne-Rhône-Alpes. En quelques clics ou d’un coup d’œil sur son smartphone il devient possible de visualiser les estives concernées sur son itinéraire, avant de partir.

Accéder à la carte interactive MapPatou

L’application est entièrement accessible depuis un navigateur mobile, sans installation. Un QR code permet même d’y accéder instantanément sur le terrain… À condition d’avoir du réseau.

Logo et QR code de l'application Pasto Kézako, avec l'adresse du site pasto-kezako.fr. Le QR code intègre une empreinte de patte en son centre.
Le QR code de Pasto Kézako donne accès en un scan à la ressource de référence sur les patous et la cohabitation avec les troupeaux en alpage.

En zoomant sur un secteur, la carte bascule sur un fond IGN détaillé avec sentiers, cols et sommets. Les estives apparaissent clairement, distinguant les troupeaux gardés par des patous (en violet) de ceux qui ne le sont pas (en orange).

Mon avis : une bonne idée, qui peut être améliorée

L’intention est bonne, et l’outil répond à un vrai besoin. Mais comme toute application collaborative, son efficacité dépend directement de l’implication des acteurs de terrain (éleveurs, bergers, collectivités, offices de tourisme). Le projet le reconnaît d’ailleurs lui-même dans sa documentation :

La réussite du projet tient à l’implication des territoires et des éleveurs/bergers pour préciser l’information fournie et actualiser les dates de présence.

J’imagine qu’il doit subsister des zones blanches, des alpages non renseignés ou des données obsolètes. Comme toute application interactive, cela dépend du facteur humain et de sa réactivité.

Voici les améliorations qui me sembleent importantes :

  • Donner la possibilité aux usagers de l’application (randonneurs, cyclistes, promeneurs, etc.) de signaler des oublis lorsque la présence n’a pas été signalée. En fait il y a bien les dates avec un nom. Est-ce celui du Berger, ou du propriétaire ? correction le 21/06/2026 Afficher les dates de présence des troupeaux sur chaque alpage, indispensable quand on planifie un parcours plusieurs semaines à l’avance. En fait il y a bien les dates avec un nom. Est-ce celui du Berger, ou du propriétaire ?
  • Faciliter l’intégration dans les applications de randonnée existantes (OsmAnd, Komoot, Visorando…). Pour l’instant, il faut contacter Pasto Kézako directement.
  • Étendre la couverture à l’ensemble du territoire national, et non aux seuls 9 départements d’Auvergne-Rhône-Alpes actuellement couverts.

Source :

Pasto Kézako Vous trouverez toutes les information sur ce site !

En cas de rencontre avec un patous, les bons réflexes

Malgré toutes les précautions, la rencontre reste possible. Voici comment la gérer sereinement :

  • Restez calme et arrêtez-vous. Ne fuyez pas, ne criez pas. Placez-vous face au chien ou légèrement de profil, ne le perdez pas de vu sans jamais le regarder directement dans les yeux ce qu’il interpréterait comme une menace.
  • Laissez-le venir. Le patou s’arrête généralement à distance ou peut venir vous renifler. Ne cherchez pas à le caresser, évitez tout geste brusque.
  • Ne forcez pas le passage. S’il reste en travers de votre chemin, reculez lentement, sans lui tourner le dos. Au bout d’un moment, il retournera à ses occupations.
  • Contournez le troupeau si c’est possible, quitte à modifier votre itinéraire. C’est contraignant, surtout quand on est attendu dans un gîte en fin de journée, mais c’est souvent la solution la plus simple.

Conclusion

MapPatou l’outil existe, il est gratuit, reste à suivre s’il s’améliore au fil des contributions. N’oubliez pas q’une carte, même bien renseignée, ne remplace pas l’observation et le bon sens en montagne cela permet au moins de partir moins dans l’inconnu. En attendant une couverture nationale et une intégration fluide dans nos applications favorites, il mérite d’être connu et utilisé.

Avez-vous déjà utilisé MapPatou pour préparer une randonnée ? L’application vous a-t-elle été utile ou au contraire, avez-vous rencontré des zones mal renseignées ? Et si vous avez vécu une rencontre marquante avec un chien de protection racontez comment avez-vous géré la situation ?

7 réflexions sur « MapPatou : enfin une carte pour savoir où se trouvent les chiens de protection des troupeaux »

  1. Merci pour cette information mais je ne sais pas si cela va me réconcilier avec ces gros chiens qui font vraiment peur. J’évite de randonner là où il y a des alpages, je trouve ça dommage.

    1. Le point fort des applications contributives, c’est d’avoir de bonnes infos en temps réel, le point faible, faut-il encore que les acteurs concernés jouent le jeu. Mais restons positifs, pour l’instant la majorité des applications contributives sont assez fiables, les exemples : wikipédia, Osm, etc.

  2. Les patous mon gâché une rando d’un week-end. Fin de matinée je me trouve face à des patous, je rebrousse chemin sur 2 ou 3 km et trouve un sentier pour contourner, pas par les paysages que j’espérais voir. Le matin juste après avoir levé le bivouac, de nouveau des patous, était-ce les mêmes ? Toujours est-il que je n’ai pas trouvé d’autre solution que revenir à mon point départ sans terminer ma boucle.

    1. Oui, cela peut-être compliqué lorsque l’on a pas de possibilité de chemin de traverse, ou qu’il rallonge considérablement alors que l’on doit se tenir à un certain délais pour se rendre à un hébergement, ou autre.

  3. Bel article , ( je possède également cette petite application sur mon smartphone ) je me suis souvent retrouvée seule face à des Patous surtout dans les massifs des Alpes et Pyrénées , j’ai eu cette chance de n’avoir jamais rencontré à leur contact de réels problèmes, il faut vraiment rester calme , ils viennent juger la situation et vous situer , ensuite ils partent rejoindre leur troupeau, bref il faut leur job ( sourires , si, … une seule fois , sous la Barre de Chine, Cloches de Barles ) chemin sans échappatoire , ils étaient 6 Patous et chiens bergers de Mongolie , au loin un immense troupeau de brebis , ils me sont arrivés dessus en aboyant , petit moment de doute et de solitude , j’ai échangé quelques paroles rassurantes avec eux , et puis ils se sont mis à me pousser en direction du troupeau , certains avec le museau sur les mollets , à chaque tentative pour repartir dans l’autre sens , les aboiements revenaient sévères , ils se regroupaient autour de moi pour me remettre dans le droit chemin , le leur 🙂 , bref en approche du troupeau , un berger est arrivé , je me suis sentie libérée 🙂 rire du berger , une brebis de plus dans son troupeau , j’en garde tout de même un bon souvenir , par contre certains Patous ayant des colliers avec des pointes en aciers peuvent êtres agressifs, car dans leur quotidien ils se sont déjà  » coltinés  » avec des loups , il est courant en montagne de discuter avec des bergers qui vous relatent que des loups ont mis à mort un Patou ou vis versa des Patous ayant mis à mort un loup , d’autres sont bien plus cool , j’en ai caressé certains ( après les avoir rencontré souvent )dans les Mt de Vaucluse ou dans le Massif du Ventoux , ils venaient en reconnaissance puis repartaient tranquillement , bref , je suis pour les Patous, car ils protègent efficacement les troupeaux , les accidents arrivent souvent par méconnaissance ou par bêtise venant  » de certains  » randonneurs ayant eu la sottise de vouloir les frapper , leur lancer des pierres , leur hurler dessus ou pire d’utiliser une bombe au poivre , à ces randonneurs : «  » »ne venez pas dans les massifs » » , randonnez dans les jardins publics , trop souvent , la faute de leur sottise, est rejetée sur les bergers, qui eux , ne font que leur difficile travail , l’année dernière entre les lacs d’Egorgéou et Foréant (Crête de la Taillante et Pain de Sucre ) en Queyras  » une pécore  » s’est mis à crier , car , sur le sentier se trouvait un berger avec son troupeau et ses chiens , cette pécore à déclaré haut et fort que tout ce petit monde pastoral n’avait rien à faire sur «  » son «  » chemin , tout en faisant des moulinets avec ses bâtons en direction des chiens et après ils se plaignent !!!!!En fait il ne faut, pour éviter tout conflit et accident , de la compréhension et du respect , envers le monde pastoral
    Sacha

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