Randonner Seul pour la Première Fois – Le Guide de Ceux qui Osent

1 944 mots, temps de lecture 10 minutes.

Randonnée Solo : Plus qu’un Chemin, une Rencontre avec Soi

Si je trouve enrichissant de randonner à plusieurs, mon véritable bonheur, est de partir seul !
C’est une liberté où chaque pas m’offre bien plus que de nouveaux paysages, une rencontre avec moi-même, une expérience intense, parfois intimidante, mais toujours inoubliable. Si toi aussi, tu ressens cet appel, « L’Appel de la forêt, aurait dit Jack London », de prendre les chemins en solitaire, je t’encourage à sauter le pas !

Oui, tu auras peut-être des doutes, des peurs, nous en avons tous, mais rassure-toi, à chaque randonnée tu apprendras à les apprivoiser. Petit à petit elles s’effaceront laissant place à un plaisir plus grand, à une confiance qui grandit avecles kilomètre parcourus.

Tu es débutant et tu rêves de te lancer dans une randonnée itinérante en solo ? J’espère que cet article sous forme de modeste guide t’aidera préparer ta randonnée et que tu puisses vivre pleinement cette expérience.

Marcher seul, c’est bien plus qu’un voyage… c’est une transformation !

Rentrons dans le vif du sujet !

Dans cet article je vais commencer par brosser une liste des appréhensions pour terminer par les biens-fait de la randonnée en solo. Pourquoi 7 ? C’est un chiffre que j’aime bien, ce n’est pas exhaustif, mais un bon départ pour apprivoiser tes peurs et faire place aux plaisirs.

Les 7 appréhensions :
La peur de se perdre
L’angoisse de la solitude (ou de l’inconfort mental)
Le doute sur ses capacités physiques, La peur de ne pas être à la hauteur
Le manque de sécurité en cas de blessure ou d’accident
La peur de l’inconnu et La gestion de l’imprévu
La charge mentale de la logistique
Le jugement des autres

Oui, tu auras des appréhensions… et c’est normal !

Si tu envisages une première randonnée en solitaire, sache que tu auras des peurs et des craintes. Et c’est tout à fait normal. Ces craintes ne sont pas des signes de faiblesses, mais la preuve que tu prends la chose au sérieux.
L’idée de passer une nuit seul en pleine nature, d’affronter la météo, le silence, et autres peut faire hésiter. On se demande « suis-je prêt ? Est-ce raisonnable ? ». Ta première nuit en bivouac seul sera bien plus intimidante que les suivantes. Alors commence petit, mais commence. Car derrière chaque appréhension surmontée, il y a une récompense : la fierté d’avoir osé, et le bonheur de découvrir que tu es plus capable que tu ne le crois.

1. La peur de se perdre
« Et si je ne retrouve pas mon chemin ? »
Sans personne pour partager tes décisions tu peux craindre de perdre le sentier ou de mal interpréter une carte.

  • Apprends à lire une carte et utilise un GPS ou une appli fiable (OsmAnd[1] ou MaRando® de la FFRandonnée).
  • Prépare ton itinéraire à l’avance et informe quelqu’un de ton trajet.
  • Commence par des sentiers bien balisés avant de t’aventurer en zone plus isolée.

2. L’angoisse de la solitude (ou de l’inconfort mental)
« Vais-je me sentir isolé, paniquer sans compagnie ? »
Se retrouver seul avec soi-même peut être déstabilisant surtout au début et si tu n’es pas habitué à la solitude.

  • Accepte que cette solitude fasse partie de l’expérience. Elle peut d’abord déranger puis devenir une force.
  • Tu apprendras à t’écouter, à observer, à te recentrer.
  • Tu peux aussi garder un carnet de bord ou prendre un livre.
  • Profite de la solitude pour méditer, réfléchir ou, simplement apprécier la nature.

3. Le doute sur ses capacités physiques, la peur de ne pas être à la hauteur
« Vais-je y arriver ? »
Sans l’effet de groupe on redoute de ne pas tenir la distance, de ne pas réussir, de compétences ou de motivation.

  • Commence par des randonnées courtes et faciles pour gagner en confiance.
  • Prévois des pauses régulières et teste ton matériel en amont.
  • Mieux vaut commencer trop court que trop long.

4. Le manque de sécurité en cas de blessure ou d’accident
« Et si je me blesse ? »
En cas de chute ou de blessure l’absence de compagnon peut inquiéter.

  • Préviens un proche de ton itinéraire et de ton heure estimée de retour.
  • Emporte une trousse de premiers secours et commence par des itinéraires bien flèchés.

5. La peur de l’inconnu et la gestion de l’imprévu
« Si un orage éclate ? Si je croise un animal sauvage ? Si je perds quelque chose ? »
Ne pas savoir exactement ce qu’on va vivre, comment on va réagir…c’est un saut dans l’inconnu.

  • Renseigne-toi sur la faune locale et apprends les gestes de base (ex. : ne pas courir).
  • Préparation = confiance. Plus tu anticipes les aspects pratiques (météo, matériel, itinéraire), plus tu diminues cette part d’incertitude.

6. La charge mentale de la logistique
« Ai-je bien pensé à tout, n’ai-je rien oublié ? »
Gérer seul l’itinéraire, le matériel, la nourriture et l’eau peut sembler accablant.

  • Prépare minutieusement ta randonnée à l’avance (itinéraire, points d’eau, refuges, etc.)
  • Fais une liste de ton équipement et teste-le avant de partir.
  • Opte pour des aliments légers et faciles à préparer. Simplifie au maximum !
  • Moins tu auras de décisions à prendre sur le terrain, plus tu seras serein.

7. Le jugement des autres
« On va me trouver bizarre de randonner seul… »
Certains peuvent craindre d’être jugés pour leur choix de partir seul.

  • En réalité la plupart des gens admirent ceux et celles qui osent partir seul(e) !
  • Parle de tes motivations pour rassurer tes proches. Sinon, dis simplement que tu cherches du calme et de l’autonomie.

7 bonnes raisons pour partir seul :
Une liberté absolue
Un retour à l’essentiel (et à soi-même)
Un boost de confiance en soi
Des rencontres plus authentiques
L’aventure sur mesure
Connexion avec la nature
Le sentiment d’accomplissement unique

Et au-delà des doutes, il y a tant à vivre…

Non, partir seul ce n’est pas fuir les autres et encore moins soi-même. Si Annabel Abbs le dit très bien au nom des femmes dans son livre « Méfiez-vous des femmes qui marchent », ça s’applique à chacun, c’est le choix d’une liberté à ton propre rythme. Loin du tumulte des transports, du taf, des obligations sociales notre esprit s’apaise. C’est un moment rare où l’on peut penser autrement, rêver sans filtre et se poser aussi les bonnes questions… une forme de méditation en mouvement !

Étonnement, partir seul favorise aussi des rencontres plus spontanées et authentiques. Bref, c’est une expérience qui change notre rapport au monde, aux autres et à nous-mêmes. Pas besoin d’être aguerri, il suffit de commencer modestement et de se laisser surprendre.

1. Une liberté absolue
« Je décide de chaque détail de mon aventure. »
Pourquoi c’est génial? Tu avances à ton rythme, t’arrêtes quand tu veux, choisis ton itinéraire, tes pauses, ton bivouac.

  • Pas besoin de compromis, chaque décision t’appartient.
  • Tu peux changer tes plans à tout moment selon tes envies.
  • Plus besoin de consensus : ce sommet à gravir ou cette sieste au soleil ? À toi de décider !

2. Un retour à l’essentiel (et à soi-même)
« Je découvre des parts de moi. »
Sans distractions sociales tu redécouvres le silence, tes pensées et une connexion avec la nature.

  • La randonnée en solitaire te permet de te recentrer sur l’essentiel, loin de la vie quotidienne.
  • C’est une occasion de te reconnecter avec toi-même, de réfléchir et comme dit plus haut, de méditer.

3. Un boost de confiance en soi
« Chaque défi relevé seul me rend plus fort. »
Prendre seul la décision de partir, s’orienter, gérer les imprévus, tout cela donne une vraie solidité intérieure.

  • Gérer seul les imprévus (météo, orientation) forge ton assurance.
  • Chaque difficulté surmontée, chaque journée accomplie te rappelle que tu es capable.
  • Affronter et surmonter les défis seul renforce la confiance en soi et l’autonomie.
  • C’est une occasion de mieux se connaître et de découvrir ses propres limites.
  • Tu rentres avec une estime de toi plus solide.

4. Des rencontres plus authentiques
« En solo, tu es plus abordable. »
Partir seul ne veut pas dire rester isolé, au contraire on attire naturellement le contact.

  • Les échanges sont souvent sincères et spontanés.
  • On écoute mieux, on s’ouvre plus, et on vit des moments de partage inattendus.

5. L’aventure sur mesure
« Je crée l’itinéraire qui correspond à mes envies. »
Ta randonnée devient exactement ce que tu veux qu’elle soit (sportive, contemplative, improvisée, etc.), il n’y a pas de compromis à faire, pas de programme à suivre, ou si, celui que tu te donne.

  • C’est une aventure à ton image qui évolue au gré de tes envies et de ton humeur.

6. Connexion profonde avec la nature
« Je contemple la nature et les paysages. »
Sans discussion, sans distraction tes sens s’aiguisent.

  • Tu remarques les paysages, les sons, les odeurs.
  • Tu fais partie du paysage.
  • La nature devient une compagne de route.
  • Ça t’ancre dans le présent.

7. Le sentiment d’accomplissement unique
« La joie d’arriver au bout par mes propres moyens. »
Quand tu poses ton sac à l’arrivée, tu ressens bien plus qu’une simple fatigue physique, c’est une fierté.

  • Tu n’as compté que sur toi-même.
  • Tu as surmonté l’inconnu, parfois la solitude, souvent tes propres limites.
  • Tu t’es prouvé que tu pouvais y arriver sans dépendre de personne.

Partir seul c’est bien plus que marcher, c’est s’accomplir.

– Et toi Sima, tu n’as jamais eu d’échecs ?
– Ça arrive que ça ne se passe pas comme prévu…

Et les échecs dans tout ça ?

Lors de ma reprise, j’ai chuté plusieurs fois, je me suis fait une coupure à la paume, une ampoule vite devenu très douloureuse, j’ai dû écourter ma rando. Une autre fois en Espagne j’ai dû interrompre la randonnée après quatre jours alors qu’elle était prévu beaucoup plus longue pour avoir sous-estimé les dépenses in-situ.. D’autres encore ont été ajustées en chemin.
Face aux imprévus, chacun prend les décisions qui lui semblent les plus sages.

Mais je ne considère pas ces moments comme des échecs mais comme des leçons. Je me satisfait de ce que j’ai parcouru sinon comme pour l’Espagne, ce n’est que partie remise, et je prévois la reprendre là où je l’ai laissée.

Et la préparation physique ? Au risque d’en choquer certains, j’estime qu’il n’y en a pas besoin !
Si tu es déjà sportif, fais des assouplissements, de la course à pied, etc. évidement, c’est un plus.
Tu es sédentaire et tu prends ta voiture pour tout ? Rien n’est perdu ! Trouve-toi une randonnée de 2 ou 3 jours sans trop de dénivelés, avec des hébergements (pas obligé de commencer par du bivouac) et un sac léger. En attendant, commence par marcher pour tes courses quotidiennes et fais quelques balades d’une demi-journée près de chez toi pour faire tes chaussures et réveiller tes muscles.

Partir seul, à ton rythme, à l’écoute de ton corps, au fil des randonnées ton rythme évoluera.

Conclusion : Ce n’est pas une fuite, c’est un choix !

Partir seul, ce n’est pas fuir les autres, c’est choisir un espace à soi. Chaque pas te rapproche de toi-même et renforce ta confiance. Oui, il y aura des imprévus, des moments de doute, mais ce sont eux qui écrivent les plus belles histoires.
Comme je l’ai appris à mes dépens (entre blessures et itinéraires écourtés) chaque expérience, même inachevée est une leçon. L’important n’est pas d’arriver au bout coûte que coûte mais d’oser se lancer.

Alors, si tu ressens cet appel à marcher seul, n’hésite plus. Lance-toi et vis cette expérience, la route est longue mais chaque pas en vaut la peine. Bonne randonnée et que chaque sentier te mène à une nouvelle découverte de toi-même.

Au bout du sentier il y a bien plus qu’un paysage, il y a toi !

Une question, un retour d’expérience, une anecdote ? Je t’invite à le partager en commentaire, c’est toujours un plaisir d’échanger.

Le billet « Randonner Seul pour la Première Fois : Le Guide de Ceux qui Osent » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Note(s)

  1. ^ OsmAnd : Si le site est en anglais, l’application et la documentation est en français.

S25E03 – Le Tour du Larzac en 6 jours

3 635 mots, temps de lecture 19 minutes.

S25E03 – Le Tour du Larzac – Randonnée itinérante entre causses, falaises et ciel.

Mon binôme (Jubéa) m’a proposé cette rando, celui avec qui j’ai fait « le Tour des Puys d’Auvergne » en septembre 2024. Ça tombait super bien, parce qu’à chaque fois que je passais à Millau, je me disais : « Faut vraiment que je me fasse une rando dans le coin ! ».

Le seul problème avec cette randonnée, c’est que le point de départ est vraiment mal desservi par les transports en commun. Il nous aurait fallu plus de 10 heures pour y arriver, alors on a dû prendre la voiture. C’est vraiment dommage car je préfère toujours prendre le train quand c’est possible.

Pour le départ et l’arrivée, nous avons a été hébergés chez une connaissance. Du coup, sur les cartes, j’ai flouté les lieux exprès pour préserver un peu l’anonymat.
Lors de cette randonnée je n’ai pris aucune note, comme à chaque fois que je ne randonne pas seul, la rédaction va s’en ressentir.
La difficulté à été de ne choisir que trois photographies par jour.

Préparation et planification

Carte du tracé GPX d'un itinéraire pédestre en boucle parcourant le pourtour du causse du Larzac autour de Millau et du Camp du Larzac, colorisé selon l'altitude entre 400 et 900 m, avec un profil altimétrique oscillant majoritairement entre 750 et 850 m et une descente marquée vers 450 m vers le kilomètre 55, enregistré entre le 18 et le 23 juin 2025.
Tracé GPX colorisé par altitude – Tour du Larzac en 6 jours (18–23 juin 2025) – Distance totale : environ 115 km – Altitudes entre 400 et 900 m

Itinéraire
C’est Jubéa qui a trouvé l’idée sur un site web, c’est toujours enrichissant de reprendre sur les expériences des autres. Comme on prévoyait de partir depuis La Cavalerie, ne pas descendre à Saint-Geniez-de-Bertrand ni à Millau, sauf en cas d’intempérie… J’ai repris la trace GR sur MonGR et j’ai redécoupé les étapes depuis notre point de départ (qui est après La Cavalerie) une tâche que j’adore faire ! Lors de la préparation on constate immédiatement que le Larzac brille par l’absence de point d’eau, nous comptons beaucoup sur nos gourdes filtrantes et les éventuels abreuvoirs croisés, Tu verras que c’était une erreur…

Motre parcours jour par jour

  1. Point de départ – Point de bivouac → 19,535 km ↑525 m D+ ↓510 m D-
  2. Point de bivouac – Eco-Camping du Larzac → 11,232 km ↑157 m D+ ↓162 m D-
  3. Eco-Camping du Larzac – Nant → 24,429 km ↑363 m D+ ↓665 m D-
  4. Nant – La Couvertoirade → 19,721 km ↑537 m D+ ↓217 m D-
  5. La Couvertoirade – L’Hospitalet-du-Larzac → 24,857 km ↑423 m D+ ↓417 m D-
  6. L’Hospitalet-du-Larzac – Point d’arrivée → 19,337 km ↑406 m D+ ↓314 m D-

Un total arrondi de 119 km et 2 411 m de dénivelé D+ et 2 285 m D-

Précision : la différence entre le D+ et le D- est que le premier jour mon GPS est tombé en panne de piles et que pour le premier jour j’ai donc pris les données enregistrées par mon ordiphone qui est beaucoup moins précis, pas d’étalonnage possible.

Équipement
Tout le détail est le fichier « Ma_Liste_Larzac.pdf » téléchargeable.
Petite modification de poids à la dernière minute : si mon sac faisait bien 10 101 g juste avant de partir j’y ai ajouté ma liseuse qui fait 286 g avec sa house de protection, ce qui fait un sac à dos de 10 387 g, nourriture comprise mais sans eau.

Conseils

Condition physique.
J’ai tendance à penser que dès l’instant où il n’y a pas de difficultés techniques particulières (escalade, neige, etc.) ça reste à la portée de tout le monde, c’est juste une question de rythme (4, 5, 6 ou 7 jours ou plus, ça n’a pas d’importance). Tout de même attention au soleil, de mi-juin à fin août ça cogne fort et il y a peu d’ombre sur les causses.

Logistique
Entre La Cavalerie et l’Éco-Camping du Larzac il n’y a ni eau, ni hébergement à moins de redescendre sur Saint-Geniez-de-Bertrand ou Millau. Ensuite il y a des campings, hébergement et ravitaillement à chaque étape. Attention, à l’Éco-Camping du Larzac il n’y avait pas de bouteille d’eau (si vous avez besoin d’un contenant supplémentaire). Parfois les traces du GR sont peu, voire pas visibles.

Sécurité
Informe toujours quelqu’un de ton entourage de ton itinéraire. Dans ta trousse de secours, n’oublie pas les pansements, les antiseptiques, tes médicaments personnels si tu suis un traitement, ainsi que ton ordonnance. Pense également au sifflet !

Tu as lu jusqu’ici, c’est parti, on démarre la randonnée !

Jour 1 : De notre hébergement au point de bivouac, 19,535 km, D+525 m

Carte du tracé GPX du premier jour du Tour du Larzac, reliant le point de départ aux environs de Creissels au premier bivouac sur environ 19,5 km, colorisé du rouge au bleu-vert selon l'altitude entre 740 et 860 m, avec un profil altimétrique très ondulé oscillant entre 750 et 860 m, enregistré le mercredi 18 juin 2025.
Jour 1 – Hébergement › Point de bivouac – 19,5 km – +525 m de dénivelé positif – 18 juin 2025

Je pars avec 1,5 l dans la poche à eau, 1 l dans ma gourde filtrante et 75 cl dans une petite bouteille, ce qui fait 3,25 l d’eau (3,25 kg) pour les deux jours, nous espérons croiser des abreuvoirs à mouton ou des « lavognes[1] ».

Assez tôt nous passons par un chemin bordé de buis (Buxus), je n’en ai jamais vu avec des pieds aussi gros ils sont certainement plus que centenaires, mais aussi des nuées de Pyrales du buis (Cydalima perspectalis), je n’en ai jamais vu autant !
À environ 3 km de la ferme fortifiée « Les Brouzes » se pause un choix, soit continuer tout droit par un tronçon d’un GRP ou continuer le GR71D sur la gauche et longer l’autoroute sur près d’un kilomètre. Nous optons pour continuer tout droit et quitter le GRP pour nous rendre au point culminant « Malmont 805 m » où se trouve une antenne. De l’autre côté de l’antenne, plein nord sur un sentier à peine visible absent des cartes IGN mais présent sur OsmAnd, nous rejoignons le sentier noir de la carte IGN à l’Est du point 794, puis rejoignons le GR71D au niveau du « Cirque du Boundoulaou ». Nous passons plusieurs magnifiques points de vue (Cap de Coste, Croix du Pas Destrech, La Pente de la Grande…). Nous quittons le GR pour l’Oppidum de la Granède[2] où à l’Ouest on a un magnifique point de vu sur « La Granède ». Nous nous posons dans les environs dans un magnifique coin de bivouac.
Sur les cinq derniers kilomètres je me suis senti mal (cumul de plusieurs nuits d’insomnies, plus chaleur, efforts) m’obligeant à plusieurs petites pauses.

Vue panoramique sur le causse du Larzac, vaste plateau calcaire semi-aride aux teintes ocre et beige parsemé de genévriers et de parcelles agricoles vertes, avec des reliefs bleutés à l'horizon, sous un ciel bleu pâle et légèrement voilé par la chaleur estivale.
L’étendue du causse du Larzac depuis les hauteurs du plateau – Aveyron, Occitanie
Vue en plongée depuis le rebord calcaire du causse du Larzac sur la vallée encaissée menant à la ville de Millau, avec des falaises boisées et des parois rocheuses à droite, un fond de vallée agricole et boisé, et l'agglomération de Millau étalée dans la plaine en arrière-plan, sous un ciel bleu de juin.
Millau et sa vallée vus depuis le rebord du causse du Larzac – Aveyron, Occitanie

Nous dormons à la belle étoile sous un ciel dégagé !

Deux couchages de bivouac installés côte à côte dans une clairière herbeuse en lisière de forêt, composés de matelas de sol argentés, d'un sac de couchage orange et de couvertures de survie, avec sacs à dos et équipement dispersés au premier plan, en pleine lumière de juin.
Installation du bivouac en lisière de forêt lors du premier jour du Tour du Larzac – Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie

Crédit Photo ©Jubéa

Jour 2 : De Point de bivouac à l’Éco-Camping du Larzac, 11,232 km, D+157 m

Carte du tracé GPX du deuxième jour du Tour du Larzac, reliant le point de bivouac à l'Éco-Camping du Larzac sur environ 11,2 km, colorisé du rouge au bleu-cyan selon l'altitude entre 730 et 810 m, avec un profil altimétrique démarrant à 796 m, descendant vers 745 m en milieu d'étape puis remontant progressivement, enregistré le jeudi 19 juin 2025.
Jour 2 – Bivouac › Éco-Camping du Larzac – 11,2 km – +157 m de dénivelé positif – 19 juin 2025

Nous reprenons le GR en balcon, passons la ferme de Potensac, peu après nous empruntons un chemin sous une voûte de buis (la bouissière) et nuée de pyrales, nous continuons jusqu’à Saint-Martin-du-Larzac où se trouve une petite chapelle.
Depuis notre départ la veille nous n’avons croisé aucun point d’eau, juste un abreuvoir ce matin mais séparé de nous par une clôture de barbelé sur monté de câbles électrifiés, donc inaccessible.
À Saint-Martin-du-Larzac nous toquons à une porte et un monsieur nous remplis généreusement nos gourdes. Plus loin nous passons devant la ferme troglodytique des Baumes[3].
Nous arrivons à l’Éco-camping du Larzac à Cun, petite épicerie, accueil sympathique, nous y avons pris une petite structure en bois avec deux lits.
Les rencontres :
Sacha, très belle rencontre, une marcheuse solitaire d’exception, tente/tarp, réchaud à alcool, a de nombreuse randos à son actif. Fait le Tour du Larzac, est partie de La Couvertoirade,demain sera son avant-dernière étape.
Un duo, deux sympathiques hommes qui comme nous font une randonnée par an en duo, l’un des deux est plus expérimenté et a du matériel technique. Le monde est petit, le frère du second connaît et est ami de mon pote libraire. Ils font le tour du Larzac mais en passant part des hébergements « confort ».

Randonneur de dos, coiffé d'un chapeau de randonné et portant un grand sac à dos bleu avec des bâtons de marche, debout sur un affleurement rocheux calcaire en surplomb dominant la vallée du Tarn, avec Millau et ses environs visibles en contrebas et les falaises des causses environnants à l'horizon, sous un ciel bleu parfaitement dégagé.
Moi au bord du causse du Larzac dominant Millau et la vallée du Tarn – Aveyron, Occitanie
Édifice cylindrique en moellons calcaires coiffé d'un toit conique en lauzes grises surmonté d'un lanternon en pierre, apparemment attenant à une ferme caussenarde aux toits de lauzes, entourés de végétation, sous un ciel bleu vif.
Ferme caussenarde avec bergerie cylindrique à toit de lauzes – Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie
Chaos de rochers calcaires aux formes érodées et tourmentées dominant un champ de céréales dorées, avec les ruines de bâtiments en pierre visibles en pied de paroi à gauche, et une végétation de chênes et de pins en arrière-plan, sous un ciel bleu à cumulus blancs.
Chaos rocheux dolomitique et ruines d’une ferme caussenarde abandonnée – Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie

Jour 3 : de l’Éco-Camping du Larzac à Nant, 24,429 km, D+363 m

Carte du tracé GPX du troisième jour du Tour du Larzac, reliant l'Éco-Camping du Larzac à Nant sur environ 24,4 km, longeant le périmètre nord du Camp du Larzac, colorisé du bleu-cyan au rouge selon l'altitude entre 450 et 900 m, avec un profil altimétrique démarrant à 800 m, stable jusqu'au kilomètre 17 puis chutant spectaculairement vers 500 m, enregistré le vendredi 20 juin 2025.
Jour 3 – Éco-Camping du Larzac › Nant – 24,4 km – +363 m de dénivelé positif – 20 juin 2025

Nous partons tôt, quoique moins tôt que nous espérions, Sacha est déjà partie avant même que nous nous levions et le duo d’amis, une trentaine de minutes avant nous.
À partir de là je partirai chaque jour chargé de minimum 4,5 l d’eau.
Le GR est plat sur deux kilomètres pour remonter d’une trentaine de mètres sur un kilomètre pour redescendre d’une centaine de mètres sur deux kilomètre. On passe devant la ferme Le Tournet et au point le plus bas la ferme Le Sot ensuite ça remonte de nouveau de 135 m sur un plus de 4 km. Dans cette montée herbeuse nous laissons sur notre droite « Les Sourzials », nous longeons les chaos ruiniformes des « Anouts », passons entre les « Rocs du Bartas » et le « Roc Rouge » pour arriver au point culminant qui est Montredon. Jusqu’au point/carrefour 821 le GR le sentier traverse bois et pâtures, puis une piste qui rejoint la route venant Montredon. Au niveau de la ferme des Homs (culture et vente de plantes aromatiques médicinales) nous doublons le duo d’amis. Nous passons devant les ruines historiques « Baylet ». 4 km plus loin nous faisons une pause et le duo nous double. Après la Grotte du Bout de Côte le chemin descend de plus en plus sur un sentier de pierre le long du Ravin de Vallongue pour arriver au Camping Les Vernèdes à Nant[4]. Dans la descente nous nous arrêtons quelques instants pour discuter avec Sacha qui fait une pause café. Accueil au camping vraiment sympa, très familiale, nous nous y sentons bien. Tente à l’ombre, celle de Sacha est en face de nous de l’autre côté du sentier près de la rivière. Nous visitons la ville faisons quelques achats. Nous passons une bonne nuit.

Sentier forestier étroit recouvert de feuilles mortes et de cônes de conifères, bordé de rochers et de troncs d'arbres entièrement couverts de mousse vert vif, dans un sous-bois mêlant pins et feuillus, traversé par une lumière matinale rasante et filtrée.
Sentier moussu en sous-bois au petit matin – Rebord du causse du Larzac, Aveyron, Occitanie
Vue panoramique en plongée depuis le rebord du causse du Larzac sur la vallée verdoyante de la Dourbie encaissée entre des versants boisés, avec le bourg de Nant visible au centre dans le fond de vallée agricole, des reliefs tabulaires à l'horizon, sous un ciel bleu de juin.
La vallée de la Dourbie et le bourg de Nant vus depuis le rebord du causse du Larzac – Aveyron, Occitanie
Sculpture grandeur nature d'un chevalier en armure monté sur un cheval, entièrement assemblée à partir de pièces métalliques recyclées et d'objets de récupération oxydés, installée sur la place devant la mairie de Nant, bâtiment en pierre calcaire aux volets gris, sous un soleil estival.
Sculpture en métal de récupération représentant un chevalier à cheval – Place de la Mairie, Nant, Aveyron, Occitanie

Jour 4 : de Nant à La Couvertoirade, 19,721 km, D+537 m

Carte du tracé GPX du quatrième jour du Tour du Larzac, reliant Nant à La Couvertoirade sur environ 19,7 km, colorisé du rouge au bleu selon l'altitude entre 450 et 850 m, avec un profil altimétrique démarrant à 458 m et remontant progressivement jusqu'à 779 m en fin d'étape, enregistré le samedi 21 juin 2025.
Jour 4 – Nant › La Couvertoirade – 19,7 km – +537 m de dénivelé positif – 21 juin 2025

Sacha a tout plié, rangé et partie environ 30 minutes avant nous.
Nous sortons de Nant par la D99 sur presque 1 km puis un chemin vers Le Liquier, ensuite un chemin de terre par endroit empierré qui passe au-dessus du hameau de Frayssinet-Bas sur notre gauche. Nous continuons sur la plaine jusqu’à la plate-forme d’une voie ferrée désaffectée[5]. Nous passons par La Barraque Froide, nous laissons le calvaire sur notre droite et empruntons un chemin plus étroit et le suivre sur 1,8 km pour rejoindre la petite route de Gaillac que nous traversons. Le chemin nous mène jusqu’à La Couvertoirade[6]. Nous passons juste avant d’arriver devant une Lavogne.
Nous nous rendons au gîte d’étape Gîte de la Cité dans lequel nous avons réservé en chemin, tout juste à temps car il ne restait que deux places dans un dortoir, nous y sommes avec des cycliste qui font de l’itinérance avec portage de valise.
Nous visitons la ville, et le soir c’est la fête de la musique, alors c’est soirée banquet avec des musiciens, des chants (locaux mais aussi des années 70 ainsi que d’autres à la thématique des boissons (ha le petit vin blanc, etc.). Repas (entrée, plat, fromage et dessert[7]*) à 12,50 €, Bref nous avons passé une excellente soirée.

Sentier de terre longeant de grandes touffes de genêts en pleine floraison jaune vif, avec en arrière-plan la vallée de la Dourbie boisée et verdoyante, dominée par les falaises calcaires grises du rebord du causse, sous un ciel bleu parfaitement dégagé.
Genêts en fleurs sur le sentier de remontée vers le causse depuis Nant – Vallée de la Dourbie, Aveyron, Occitanie
Sentier de terre herbeux passant sous un pont en arc de pierre calcaire à garde-corps métallique losangé, encadré d'une végétation arbustive dense, sous un ciel bleu vif, sur une ancienne emprise ferroviaire reconvertie en chemin de randonnée.
Pont en arc de pierre sur l’ancienne voie ferrée Millau-Tournemire, reconvertie en sentier de randonnée – Vallée de la Dourbie, Aveyron, Occitanie
Vue en plongée depuis les remparts sur les toits de lauzes et de tuiles romanes du village médiéval de La Couvertoirade, avec ses deux tours carrées crénelées dominant l'ensemble des maisons en pierre calcaire, des arbres et une terrasse de café ombragée, sous un ciel bleu à cumulus.
La Couvertoirade et ses tours templières vues depuis le chemin de ronde – Village médiéval classé, Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie

Jour 5 : La Couvertoirade à L’Hospitalet-de-Larzac,  24,857 km, D+423 m

Carte du tracé GPX du cinquième jour du Tour du Larzac, reliant La Couvertoirade à L'Hospitalet-du-Larzac sur environ 24,9 km, colorisé du bleu-cyan au rouge selon l'altitude entre 660 et 860 m, avec un profil altimétrique démarrant à 727 m, descendant vers 670 m en milieu d'étape puis remontant progressivement vers 733 m, enregistré le dimanche 22 juin 2025.
Jour 5 – La Couvertoirade › L’Hospitalet-du-Larzac – 24,9 km – +423 m de dénivelé positif – 22 juin 2025

Le matin nous prenons un petit déjeuner copieux au gîte, l’ambiance est très sympa, le maître des lieux aussi, c’est convivial et familial.
Nous récupérons le GR une piste qui nous mène jusqu’à la Salvetat, mais avant en chemin nous entendons des coassements sur notre gauche, nous nous y rendons et découvrons une magnifique lavogne très bien entretenue. Dès le début nous doublons un groupe de randonneurs (un homme et quatre femmes), qui nous redoublerons et que l’on redoublera et ainsi de suite jusqu’au début de l’ancienne voie ferrée, ça tisse des liens, des sourires, des blagues…
Après Salvetat nous empruntons une « bouissière » (chemin entre des haies de buis) pour rejoindre un large chemin d’exploitation qui oblique nord-ouest vers la ferme du Cun, puis le chemin vers La Blaquèrerie[8]. Sur un sentier à travers buis et genévriers nous passons devant la ferme abandonnée de Fontvive et remonter vers l’ancienne voie ferrée[9].
À environ 1 km nous décidons de quitter l’ancienne voie ferrée et couper plei nord pour rejoindre un chemin qui nous mène au Site Naturel des Canalettes[10], un lieu magnifique avec un côté féérique où il y règne une fraîcheur inattendue et bienvenue.
Nous reprenons un sentier large qui nous mène à l’ancienne voie ferrée, très rectiligne, un peu ennuyeuse jusqu’au Camping Au Tour de l’Aveyron à L’Hospitalet-du-Larzac[11]*.
Accueil sympathique, nous optons pour une tente déjà montée avec deux matelas pour partir très tôt le matin

Mare circulaire peu profonde aux berges pavées de dalles calcaires, entourée de joncs et de végétation arbustive se reflétant dans une eau calme et limpide, dans une légère dépression du causse du Larzac, sous une lumière matinale rasante.
Lavogne – mare pastorale à berges pavées de calcaire – Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie
Ruelle goudronnée étroite d'un hameau caussenard bordée de maisons en moellons calcaires, avec une tour cylindrique en pierre percée d'une porte en arc et d'une archère, partiellement en ruine, sous un ciel bleu vif de juin.
Tour cylindrique médiévale et ruelle de hameau en pierre calcaire – Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie
Sentier de terre étroit s'enfonçant dans la fissure naturelle du site des Canalettes, entre deux parois verticales de roche dolomitique entièrement couvertes de mousse et de fougères, avec un bloc rocheux coincé en surplomb au-dessus du passage, dans une lumière tamisée et verdoyante.
Les Canalettes – site naturel de gorges karstiques dans la roche dolomitique – Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie

Jour 6 : de L’Hospitalet-du-Larzac à notre hébergement, 19,337 km, D+406 m

Carte du tracé GPX du sixième et dernier jour du Tour du Larzac, reliant L'Hospitalet-du-Larzac au point d'hébergement final sur environ 19,3 km, colorisé du bleu au rouge-orange selon l'altitude entre 680 et 880 m, avec un profil altimétrique démarrant à 693 m, montant jusqu'à 870 m vers le kilomètre 4 puis ondulant régulièrement jusqu'à l'arrivée à 785 m, enregistré le lundi 23 juin 2025.
Jour 6 – L’Hospitalet-du-Larzac › Hébergement final – 19,3 km – +406 m de dénivelé positif – 23 juin 2025

Nous partons tôt, le jour pointe et le soleil n’est pas encore levé. Nous empruntons une piste forestière pour se diriger vers le bois de Carron. La piste s’élève sous les arbres par plusieurs virages, à la sortie une petite chapelle Saint-Amans restaurée. Puis, par « la plaine du Temple » nous arrivons rapidement à La Cavalerie[12] que nous prenons le temps de visiter, nous comptions y prendre le petit déjeuner mais tout est encore fermé. Par contre la sortie de la ville n’est pas très intéressante.
Le sentier de terre nous fait passer à côté d’un dolmen sur notre droite mais inaccessible, deux clôtures nous en séparent. Le chemin devient empierré et nous mène vers la plantation du Bicentenaire de la Révolution[13] que nous longeons. Nous longeons un chemin de crête qui donne une vue sur les ruiniformes du Rajal del Gorp[14]*
Nous arrivons rapidement à notre point d’arrivée.

Fin des 6 jours reste mes réflexion et la conclusion.

Petite chapelle votive en moellons calcaires à voûte en plein cintre et toit de tuiles romanes, abritant un autel garni de statuettes religieuses, d'ex-votos et de fleurs artificielles, entourée de hautes herbes et de murets de pierre, dans la lumière laiteuse de l'aube.
Chapelle votive abandonnée abritant un autel aux statuettes religieuses – Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie
Vue depuis l'extérieur à travers une large porte en arc brisé en pierre calcaire donnant sur la rue principale pavée de La Cavalerie, village médiéval fortifié, avec des maisons en pierre, des lanternes et une boulangerie visibles dans la ruelle déserte, sous un ciel bleu matinal.
La porte médiévale de La Cavalerie, ancienne commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean – La Cavalerie, Causse du Larzac, Aveyron, Occitanie
Vue panoramique sur le causse du Larzac sous la chaleur de juin, avec un lapiaz calcaire affleurant au sol, des chaos de rochers dolomitiques érodés aux formes tourmentées, une végétation rase de genévriers et d'arbustes, et un horizon lointain estompé par la brume de chaleur.
Lapiaz et chaos rocheux dolomitiques sur le causse du Larzac sous la chaleur estivale – Aveyron, Occitanie

Réflexions

Randonner à deux : Cela demande des concessions. Jubéa aime arriver tôt pour se doucher et laver son linge, tandis que je préfère parfois faire une sieste en attendant que le soleil décline et éviter le cagnard, quitte à laver plus tard et faire sécher sur mon sac. Il faut donc trouver un équilibre, ce qui, heureusement, s’est fait naturellement, sans même en parler. Une bonne entente fait toute la différence.
À deux je n’écris pas sur mon carnet le soir, je privilégie les discussions.
Les regrets : je savais qu’il y avait beaucoup à découvrir, mais nous sommes parfois passés à côté de certains points d’intérêt. Pour une prochaine fois, j’emporterai un topo-guide ou, mieux encore, je préparerai des « waypoints » sur la trace GPS pour être sûr de ne rien rater.

Conclusion

C’est une chouette randonnée que j’ai beaucoup appréciée entre causses arides, falaises et ciel, que de beaux paysages, sans oublier les sites historiques.
Malgré l’absence de points d’eau et un ensoleillement intense, cette randonnée reste accessible à tous, à condition de bien se préparer, de respecter son rythme et surtout porter son eau. Sur ces 6 jours nous avons croisé très peu de randonneurs, ce qui me va très bien, ce qui n’empêche, comme à chaque randonnée de faire de belles rencontres.
N’hésite pas à chausser tes chaussures, prendre ton sac et vivre ta propre aventure, sans oublier tes gourdes.

Tu as fait cette randonnée, ou tu souhaites la faire, ou encore tu as des questions ou d’autres expériences à partager… Les commentaires sont là pour ça !

Le billet « S25E03 – Le Tour du Larzac en 6 jours » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Note(s)

  1. ^ Une lavogne est une petite retenue d’eau artificielle, typique des causses du Larzac et d’autres régions calcaires du sud de la France. Ces réservoirs peu profonds sont conçus pour recueillir et retenir l’eau de pluie, principalement pour abreuver les troupeaux. Les lavognes sont souvent de forme circulaire et sont construites en creusant légèrement le sol calcaire, puis en le recouvrant d’argile pour rendre l’étendue étanche et permettre la rétention de l’eau. Elles jouent un rôle important dans l’élevage ovin, caractéristique de cette région aride.
  2. ^ L’Oppidum de la Granède, situé sur le plateau du Larzac, est un site archéologique typique des oppida gaulois. Construit entre le IIe et le Ier siècle avant notre ère, il est notable pour son emplacement stratégique offrant une vue panoramique, servant de point de défense et de centre politique, économique et social pour les communautés gauloises.
  3. ^ La ferme troglodytique des Baumes, située dans le Larzac, illustre l’habitat troglodytique où des espaces de vie étaient creusés dans la roche. Ces structures, utilisées pour leur isolation naturelle, servaient d’habitations, d’étables et de lieux de stockage. Datant souvent du Moyen Âge à l’époque moderne, elles reflètent la vie rurale et l’adaptation ingénieuse des populations à leur environnement. Aujourd’hui, ces sites sont préservés pour leur valeur historique et culturelle, offrant un aperçu des modes de vie traditionnels de la région.
  4. ^ Nant : le village de Nant, installé au milieu d’un large bassin au confluent de la Dourbie et du Durzon, grâce à l’œuvre entreprise par les premiers moines (Xe siècle) et les bénédictins (XIIe siècle), se transforma en « Jardin du Rouergue ». Son abbatiale (XIIe siècle) ressemble à une forteresse.L’ancienne église Saint-Jacques (XIVe siècle) de style gothique méridional, les maisons porches et les vieilles portes le long des rues tortueuses méritent un détour ainsi que la halle à cinq arcades du XVIIIe siècle.
  5. ^ la plate-forme d’une voie ferrée désaffectée : Tous les travaux d’infrastructure, ouvrages d’art, ainsi que les gares avaient été réalisés au début du siècle.
  6. ^ La Couvertoirade : village templier dont l’enceinte est quasiment intacte. L’ensemble de l’architecture défensive a été préservée et mise en valeur. Cédé aux Templiers au XIIe siècle, le village releva de la Commanderie de Sainte-Eulalie-de-Cernon, puis des Hospitaliers qui le fortifièrent au milieu du XVe siècle. Il connut une période de prospérité du XVe au XVIIe siècle qui se traduisit par la construction de belles maisons encore visibles de part et d’autre de la rue principale qui unit les portes haute et basse.
  7. ^ La flaune, ou flausona en occitan ou flauna en occitan rouergat, est une pâtisserie de ménage de la cuisine rouergate (aveyronnaise), à mi-chemin entre le cheesecake et le flan pâtissier.
  8. ^ La Blaquèrerie : au centre du village, maison avec des tours crénelées et un four. Église du XVIIIe siècle à chevet pentagonal.
  9. ^ Cette ligne SNCF désaffectée devait relier Albi au Vigan (Gard). Depuis Albi, elle suivait la vallée du Tarn et du Dourdou jusqu’à Saint-Affrique pour ensuite, par la vallée du Cernon, remonter sur le plateau du Larzac et rejoindre Le Vigan par la vallée de la Vis et de l’Arre. La ligne entre Le Vigan et Tournemire s’étend sur 60 km et compte 32 tunnels et 12 viaducs. Elle a été inaugurée en 1896, le transport des voyageurs fut fermé en 1935 et celui des marchandises en 1955. Entre L’Hospitalet-du-Larzac et La Bastide-Pradines, la voie est actuellement exploitée en vélorail et train touristique au départ de la gare de Sainte-Eulalie-de-Cernon.
  10. ^ Le Site Naturel des Canalettes est un magnifique canyon creusé dans les calcaires du Causse du Larzac, en Aveyron. Ce paysage karstique est caractérisé par des gorges étroites, des falaises sculptées par l’érosion et des formations rocheuses spectaculaires.Le site est également connu pour ses phénomènes géologiques, comme les marmites de géant et les cavités naturelles.
  11. ^ L’Hospitalet-du-Larzac : ancienne étape avec un hôpital pour les voyageurs qui se rendaient à Millau et qui redoutaient la traversée du Causse. Les maisons du village se groupent autour d’une grande place et d’une fontaine alimentant un lavoir. Église du XIXe siècle et vierge en bois du XVIe siècle.
  12. ^ La Cavalerie : ce village d’origine templier possède encore côté nord un vestige, bien restauré, de son enceinte fortifiée du XVe siècle (courtine de 90 m de long). À proximité du bourg est installé un camp militaire accueillant depuis 2016 la 13e demi-brigade de la Légion Étrangère, avec un effectif de 1 200 légionnaires.
  13. ^ Cette plantation de conifères a été réalisée le 25 novembre 1989 par 1 789 enfants des écoles de Millau qui ont planté ce jour-là 1 789 arbres de la liberté en formant le nombre 1989 (symbole de la commémoration du bicentenaire de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l’homme).
  14. ^ Les « ruiniformes du Rajal del Gorp » sont des formations rocheuses caractéristiques situées sur le causse du Larzac, dans le département de l’Aveyron en France. Ces formations sont le résultat de millions d’années d’érosion par l’eau et le vent, sculptant des paysages calcaires en formes spectaculaires et parfois étranges, évoquant des ruines d’où leur nom « ruiniformes ».

Méfiez-vous des femmes qui marchent de Annabel Abbs

942 mots, temps de lecture 5 minutes.

Méfiez-vous des femmes qui marchent de Annabel Abbs (2023) – Une ode aux marcheuses libératrices !

Couverture du livre « Méfiez-vous des femmes qui marchent » d'Annabel Abbs, édition Pocket. Une femme en short et chemise, un bâton à la main, pose sur un rocher en montagne. Le sous-titre mentionne Simone de Beauvoir, Georgia O'Keeffe et Daphné du Maurier.
Méfiez-vous des femmes qui marchent, Annabel Abbs – Pocket. Dans les pas de Simone de Beauvoir, Georgia O’Keeffe, Daphné du Maurier…

Traductrice : Béatrice Vierne
EAN : 9782266336727
Édition : Pocket (432 pages)

C’est la couverture et le titre qui ont d’abord attiré mon attention. Encore une fois, je dois remercier mon libraire pour cette belle découverte. Achète tes livres en librairie plutôt que sur le web, ils sont au même prix. Sympathise avec ton libraire[1].

Il existe de nombreux récits sur les hommes qui marchent : Rousseau, Thoreau, Stevenson, Giono, Tesson… mais très peu s’intéressent aux femmes qui randonnent. Il suffit de lire mon billet « Littérature – Voyages, Marches, Évasions » pour remarquer que les femmes sont minoritaires sur la liste que je propose. Annabel redonne voix à ces femmes oubliées pour qui la marche fut un désir d’affirmation de soi et d’affranchissement, une claque au patriarcat !

À travers les histoires de femmes artistes, philosophes et écrivaines (Simone de Beauvoir, Frieda von Richthofen, Gwen John, Nan Shepherd, Clara Coltman Vyvyan, Georgia O’Keeffe), qui ont osé entreprendre de longs voyages à pied, Abbs met en lumière la marche comme moyen de libération et de transformation personnelle. Avec son écriture engagée elle nous offre un regard un regard touchant sur la marche comme acte de rébellion.

Note(s)

  1. ^ Quand tu sympathises avec ton libraire, il peut non seulement mieux guider tes choix selon tes goûts, mais aussi te surprendre en t’ouvrant à d’autres styles, en t’arrachant à tes habitudes littéraires. Les librairies et leurs libraires sont précieux, chéris-les !

Un hommage aux femmes qui marchent pour se libérer

Dans Méfiez-vous des femmes qui marchent, Annabel Abbs nous offre une histoire inspirante et pleine de vie, centrée sur la quête de liberté. À travers les récits de femmes célèbres du XXe siècle, elle explore un sujet simple mais essentiel, marcher ! Mais pas de n’importe quelle manière. Marcher seule, marcher loin, marcher librement. C’est un hommage à la liberté des femmes, à la reconquête de l’espace public.

« Pendant des siècles, la mobilité a été réservée aux hommes. Les femmes étaient confinées, immobiles, casanières. Chez nous – nous disait-on – nous étions en lieu sûr. Et pourtant, pour bien des femmes, le danger était infiniment plus grand chez elle que dans les lieux sauvages. » Chap 4.

Plus qu’un roman, un récit, c’est un journal de bord, un manifeste

Annabel Abbs elle mêle intelligemment récit personnel, recherches historiques et méditations philosophiques. Elle-même marcheuse, elle suit les traces de ces femmes pionnières, marginales ou incomprises, qui ont choisi de fuir les salons, les obligations domestiques et les injonctions sociales en chaussant leurs bottes. Elle interroge le lien entre la marche et la créativité, la nature et l’indépendance.

« Quand je reviens de ma randonnée Gwen John (c’est ainsi que je l’appelle), plusieurs amies veulent savoir quel effet cela m’a fait de me retrouver toute seule pendant dix jours. Je ne me suis pas ennuyée ? Sentie seule ? Ma famille m’a-t-elle manqué ? Est-ce que j’ai dû remettre des mecs à leur place ?
Mes réponses sont d’une grande sobriété. J’ai honte de reconnaître que ma famille ne m’a pas manqué, que je ne me suis jamais ennuyée, que les agresseurs n’existaient que dans mon imagination tendancieuse. Mais j’ai surtout honte d’admettre à quel point j’ai pris plaisir à ma propre compagnie. » Annabel Abbs, parlant d’elle-même, Chap.4

Ce n’est pas un livre sur la performance mais sur le droit de marcher seule sans se soucier du regard des autres. À une époque où la femme seule dehors continue d’être jugée ou mise en danger, Abbs nous rappelle que chacun doit acquérir cette liberté et la conserver.

« En parcourant des lieux généralement réservés aux hommes, elle faisait la preuve de sa présence physique, mais aussi de son autonomie et de son énergie. » en parlant de Simone de Beauvoir. Chap. 6.

Une réflexion féministe originale et accessible

Le titre, provocateur, annonce bien la tonalité de l’ouvrage : Méfiez-vous des femmes qui marchent, car elles pensent, elles changent, elles dérangent. C’est un féminisme qui prend le large, au sens propre comme au figuré. En redonnant vie à ces femmes qui ont marché à contre-courant de leur époque, Abbs nous pousse à repenser notre rapport au monde, au corps, à la solitude et au silence.

« En faisant ses randonnées, chacune de ces femmes a découvert une nouvelle façon d’être, une manière d’exister à travers son corps, son physique, ses sens. » Chap. 8.

Ce livre est aussi un hommage à la lenteur, à la désobéissance douce, à l’intuition. Il fait du bien à l’âme. Il donne envie de se lever, de sortir, de marcher… sans but, sans montre, sans justification.

Conclusion

Méfiez-vous des femmes qui marchent est un livre qui inspire et donne de la force. Annabel Abbs redonne à la marche, ce geste apparemment anodin, toute sa charge politique et poétique. Ce n’est pas un simple récit de voyage, mais une déclaration de liberté. Avec ce livre j’ai sentiment rare d’avoir une compagne de route, invisible mais bien présente.
Un livre que j’ai vraiment adoré.

« Virginia Woolf pensait que les femmes avaient besoin d’une chambre à elles. May Sarton croyait qu’elles avaient besoin de temps à elles. Et moi ? Moi, je crois que les femmes ont besoin d’un trajet à elles. En plein air. Loin de l’enfermement bétonné de la grande ville. Entre terre et ciel. Au bord de l’eau. » Annabel Abbs. Chap. 3.

Et toi, as-tu déjà marché seule, longtemps ?

Les commentaires sont là pour partager tes impressions et/ou tes chemins de traverse.

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S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 5 et FIN

868 mots, temps de lecture 5 minutes.

Si tu me lis aujourd’hui, c’est que tu as suivi chaque pas de cette aventure à travers le Cotentin, et je t’en remercie ! Après sept jours de paysages changeants, de rencontres et de douleurs surmontées, nous y voilà : le grand final.
Tu es arrivé sur cette page par hasard je te conseille, pour te mettre dans le bain et de lire avant :
Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4

Où en suis-je maintenant ?

Aujourd’hui, c’est l’étape finale, de Surtainville à Barneville-Carteret. Une dernière journée de marche où chaque pas me rapproche de la fin de cette itinérance, mais aussi le moment des conclusions.

Prêt à terminer cette aventure avec moi ? C’est parti pour cette dernière étape !

Jour 8 : Dernière journée… Jusqu’à Barneville-Carteret – 18,304 km et +175 m

Carte du tracé GPX du huitième et dernier jour de randonnée, reliant Surtainville à Barneville-Carteret en longeant la côte ouest du Cotentin sur environ 18,3 km, colorisé du rouge au bleu-vert selon l'altitude entre 0 et 100 m, avec un profil altimétrique présentant une bosse centrale marquée autour des kilomètres 10 à 14, enregistré le mardi 20 mai 2025.
Jour 8 – Surtainville › Barneville-Carteret – 18,3 km – +175 m de dénivelé positif – 20 mai 2025

Je quitte le camping un peu avant 8 h et me rends à Surtainville où je prends un petit déjeuner dans une boulangerie, j’y achète aussi un casse-croûte pour midi et reprends ma route.

Arrivé sur la plage je décide de la marée basse pour faire comme la veille, un tronçon de 2,5 km sur le sable humide. Un vrai plaisir de marcher sur cette immense plage vierge de tout pas humain, le sentiment d’être seul au monde, un vrai plaisir !

Ensuite le sentier rentre les terres direction Hattainville, je trouve cette partie du chemin ennuyeux, beaucoup de bitume, Hattainville n’est pas non plus d’un grand intérêt. À la sortie de la ville il y a un petit bassin d’eau peut-être un ancien lavoir, non signalé sur la carte, j’y fais une pause et mange ma barre de céréale.

Le sentier est plus agréable, chemin de sables ou de terres, de beaux paysages.

Trois kilomètres et j’atteins le chemin des douaniers, un sentier étroit dans la falaise, Je passe devant La Vieille Église au Cap Carteret (et sa légende). J’en profite un maximum car je sais Barneville-Carteret qu’à deux kilomètres.

J’ai ralenti le pas, profiter de ces derniers instants de beautés.

À Carteret je m’arrête à une terrasse proche du port de Carteret et me prends un soda bien frais, bien mérité, pour marque la fin de cette randonnée. Ensuite je vais sur la Promenade du petit port et sur un banc je mange tranquillement mon casse-croûte puis dirige vers l’auberge de jeunesse Centre Eugène Godey. Très bon accueil, le personnel est très sympa. Je prends possession de ma chambre, y pause mon sac et retourne en ville me promener, repérer l’arrêt de bus pour le lendemain, choisir un restaurant où je mangerai le soir. Bref, je me balade.
Barneville-Carteret est la ville que j’aime le moins de mon itinéraire, une ville et un port snob, lieu de villégiature pour bobos, bref tu l’auras compris, je n’aime pas !

Infos :
Étape facile avec une partie bitumé que je n’ai pas aimé mais très belle étape et le meilleur pour la fin sur le sentier des douaniers.
Centre Eugène Godey
Auberge de Jeunesse
18 rue des Douits 50270 Barneville-Carteret
Téléphone : 02.33.04.63.30
Portable : 06.77.85.89.92
centre.eugene-godey@barneville-carteret.fr

Vieille barrière en bois grisé à cinq barreaux, ligaturée à ses poteaux, s'ouvrant sur une vaste prairie dunaire couverte de fleurs blanches et de graminées, avec un massif dunaire couvert d'oyats à l'horizon, sous un ciel bleu strié de traînées de condensation.
Prairie arrière-dunaire fleurie et massif de dunes fixées – Côte ouest du Cotentin entre Surtainville et les Moitiers-d’Allonne, Manche, Normandie
Vaste plage de sable fin totalement déserte à marée basse, s'étendant à perte de vue vers l'horizon, avec un cordon de dunes à gauche et la ligne de mer à peine visible au loin, sous un ciel bleu pâle strié de traînées de condensation.
Plage déserte à marée basse entre Surtainville et les Moitiers-d’Allonne – Côte ouest du Cotentin, Manche, Normandie
Sentier sableux serpentant à travers un massif dunaire fixé couvert d'oyats, de touffes d'arbustes et de végétation rase, avec la mer visible à l'horizon à droite et une masse boisée à gauche, sous un ciel bleu légèrement voilé.
Sentier sableux à travers le massif dunaire des Moitiers-d’Allonne – Côte ouest du Cotentin, Manche, Normandie
Ruines d'une petite chapelle romane en moellons de granite et de schiste, dont il ne reste que les murs gouttereaux et le pignon percé d'une baie en plein cintre, posées sur une lande herbeuse dominant la mer turquoise et les dunes de Carteret, sous un ciel bleu strié.
Ruines de la chapelle Saint-Germain sur le cap de Carteret – Barneville-Carteret, Manche, Normandie
Vue à travers l'oculus circulaire en moellons de schiste et de granite couvert de lichen de la chapelle Saint-Germain, encadrant la Manche d'un bleu pâle avec un voilier blanc solitaire au centre, sous un ciel légèrement voilé.
La Manche et son voilier encadrés par l’oculus de la chapelle Saint-Germain – Cap de Carteret, Barneville-Carteret, Manche, Normandie

Quelques points négatifs, il y en a peu.
Le GR a été modifié par endroit et ne correspond parfois pas à la trace téléchargée, et dans ce cas il arrive qu’il manque des traces à certains carrefours, ça reste rare, pas de quoi se perdre non-plus il suffit d’être vigilent et je pense que cela sera rapidement corrigé.
J’ai sous estimé le froid nocturne normand, j’aurai dû choisir un autre sac de couchage.
J’ai raté des points d’intérêts tels que dolmens, site archéologique, je m’en suis toujours rendu compte trop tard. Ajouter des waypoint sur son GPS est un plus.

Conclusion :

Huit jours de marche entre Saint-Vaast-la-Hougue et Barneville-Carteret, près de 170 km de souvenirs. Ce voyage, né d’une opportunité, s’est transformé en une expérience riche. J’ai marché seul, accompagné par la mer et les paysages changeants.

Chaque étape avait son caractère, ses défis et ses récompenses. Des plages de sable fin aux falaises escarpées, en passant par les chemins de terre et les routes bitumées, j’ai dormi sous la tente, dans des campings, un gîte d’accueil et dans une auberge de jeunesse. J’ai rencontré des randonneurs, croisé des habitants.

Les paysages étonnant de beauté, et quelques montées difficiles faisaient partie de l’aventure. Cette randonnée m’a appris beaucoup sur moi-même, comme chaque rando. Elle m’a rappelé l’importance de prendre le temps et de profiter des petites choses.

Si tu envisages une aventure similaire, je t’encourage à partir. Que tu sois débutant ou confirmé, l’important est de mettre un pied devant l’autre. Merci de m’avoir suivi. J’espère t’avoir inspiré à chausser tes chaussures de randonnée. Bon chemin à toi !

L’itinérance ne se termine jamais vraiment… elle ne fait que suspendre le temps d’une pause. À bientôt sur les sentiers !

Si tu as aimé ce récit, n’hésite pas à laisser un commentaire ou partager tes propres anecdotes de rando, ça fait toujours plaisir et ça motive à continuer !

Le billet « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 5 et FIN » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 4

1 569 mots, temps de lecture 8 minutes.

Si tu arrives ici par hasard, sache que tu lis la suite d’un récit de randonnée itinérante dans le Cotentin. Un périple de huit jours le long des sentiers, entre mer, lande, cailloux et parfois l’improvisation.

Dans les parties précédentes, je t’ai raconté comment j’ai préparé ce voyage, les premières étapes de Saint-Vaast-la-Hougue à Cherbourg, et les paysages magnifiques qui ont jalonné mon chemin jusqu’à Vauville.

Si tu ne l’as pas encore fait, je te conseille de jeter un œil aux premiers billets de cette série pour ne rien manquer du début de cette aventure.

Partie1
Partie 2
Partie 3

Où en étais-je ?

Après avoir parcouru des kilomètres de sentiers côtiers et découvert des paysages magnifiques, me voilà reparti pour de nouvelles découvertes. Les paysages continuent de se transformer, et chaque pas m’apporte son lot de surprises et d’émotions. Je t’emmène maintenant sur les étapes 6 et 7, de Vauville à Surtainville, en passant par le charmant village de Biville.

Jour 6 : Une toute petite étape jusqu’à Biville, 5,857 km +177 m

Carte du tracé GPX du sixième jour de randonnée, reliant Vauville à Biville en longeant la côte ouest du Cotentin sur environ 5,9 km, colorisé du rouge au bleu-vert selon l'altitude entre 0 et 140 m, avec un profil altimétrique en montée progressive et soutenue jusqu'à 130 m en fin d'étape, enregistré le dimanche 18 mai 2025.
Jour 6 – Vauville › Biville – 5,9 km – +177 m de dénivelé positif – 18 mai 2025

Comme d’habitude, le froid a perturbé mon sommeil cette nuit, mais peu importe. Aujourd’hui, l’étape est courte. Je me dis qu’en une heure, voire une heure et demie maxi, je serai à Biville. Passer une journée à ne rien faire, c’est aussi très bien, et surtout, je dormirai dans un lit ce soir.

La randonnée, c’est prendre du temps pour soi, comme on l’entend ou comme il se présente.

Tout est plié, le sac sur mon dos, et c’est parti !

Dès la sortie du camping, je traverse la sublime Réserve naturelle nationale de la mare de Vauville. Un vrai paradis pour les oiseaux, avec des panneaux explicatifs sur la faune et la flore.
À 1,6 km, une première montée t’emmène de 7 mètres à 57 mètres sur 600 mètres de longueur pour rejoindre le Grand Thot. Cette première montée donne le ton pour la suivante, car elle est en sable très fin. Ensuite, ça redescend, mais à 3,100 km, on repart de 30 mètres à 119 mètres sur encore 600 mètres. Ça peut sembler peu lorsque l’on voit les dénivelés passés la veille, sur le papier elle ne paie pas de mine mais cette montée de sable fin, mais elle pique ! À chaque pas, ton pied redescend des trois quarts à cause du sable fin. Avec le sac à dos et la chaleur, cette montée est assez éprouvante.
Ensuite, le chemin continue de monter en pente douce, et ça paraît tout plat pour arriver à Biville. Finalement, j’ai mis 2 heures et 6 minutes pour parcourir cette courte distance.

J’arrive assez tôt au Gîte d’étape Thomas Hélye de Biville. En prenant possession des lieux, j’apprends qu’il s’agit d’un Centre d’accueil diocésain qui dépend du diocèse de Coutances et Avranches. Je m’installe dans ma chambre à deux lits et règle les 20 €. Je suis seul dans tout l’établissement.
Il y a eu une réception plus tôt dans la journée, et il reste des plats. On m’offre une énorme assiette de salade de pâtes avec du pain, ce qui fera mon repas de la journée. Je retire les pansements de mon pied droit, prends une douche, fais ma lessive, et pars visiter la ville.
Biville est petit, et j’en fais vite le tour. Je m’attarde un peu à l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, en grande partie rénovée. Les vitraux sont magnifiques.
De retour au gîte, je me renseigne sur l’étape de demain. J’aimerais dormir dans un lit, dans un petit bungalow du genre cabane, pas cher. Le camping « Le Grand Large » n’en a pas. Par contre, un peu plus loin, le camping municipal « Les Mielles » à Surtainville en propose. Je n’arrive pas à les joindre, mais je me dis que j’irai et je verrai bien sur place.
Je prends le temps d’écrire le récit de ma journée et lis tranquillement en attendant la nuit.

Infos :
Étape courte avec une montée technique dans le sable, mais pas de difficulté particulière, de jolis panoramas en haut de la deuxième montée.
Gîte d’étape du Centre d’Accueil Thomas Hélye
1 rue Thomas Helye
Tél. 02.33.04.52.19
centrethomashelye@wanadoo.fr
Réservez → 20 € à payer sur place
Pas de ravitaillement

Vue panoramique en hauteur depuis une pelouse avec un banc en bois au premier plan, sur la réserve naturelle de la mare de Vauville : un plan d'eau entouré de roselières et de dunes herbeuses, séparé de la mer par un cordon dunaire, avec des falaises s'étirant à l'horizon, sous un ciel bleu sans nuages.
Vue plongeante sur la réserve naturelle de la mare de Vauville et le cordon dunaire – Vauville, Manche, Normandie
Vue panoramique en hauteur sur un vaste massif dunaire couvert d'oyats et de végétation rase, parcouru par un sentier sableux sinueux balisé de poteaux, avec la mer bleue visible à l'horizon, sous un ciel bleu sans nuages.
Le massif dunaire de Biville, l’un des plus importants du Cotentin – Réserve naturelle nationale des Dunes de Biville, Manche, Normandie
Façade latérale de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Biville, édifice en granite appareillé aux encadrements gothiques peints en blanc, avec pinacles, rosaces et fenêtres à remplage, entourée d'un cimetière clos d'une grille bordeaux, sous un ciel bleu vif.
L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Biville et son remarquable décor gothique peint en blanc – Biville, Manche, Normandie
Vue intérieure de la nef latérale de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Biville, avec des colonnes en granite blanc soutenant des voûtes en ogive, une série de vitraux figuratifs multicolores à dominantes bleues et rouges, des médaillons de chemin de croix entre les fenêtres, et des bancs en bois clair au premier plan.
Nef latérale et vitraux figuratifs de l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul – Biville, Manche, Normandie

Jour 7 : Une grande journée jusqu’à Surtainville – 30,5 km et +476 m

Carte du tracé GPX du septième jour de randonnée, reliant Biville à Surtainville en longeant la côte ouest du Cotentin sur environ 30,5 km, colorisé du rouge au bleu-vert selon l'altitude entre 0 et 140 m, avec un profil altimétrique démarrant haut puis ondulant régulièrement entre 40 et 100 m sur toute l'étape, enregistré le lundi 19 mai 2025.
Jour 7 – Biville › Surtainville – 30,5 km – +476 m de dénivelé positif – 19 mai 2025

Après une bonne nuit de sommeil, je fais rapidement le point sur mon état. Mon pied droit me rappelle à l’ordre, à l’avant-pied surtout. Je pose un pansement, en ajoute deux autres en préventif sur mes orteils, et pour le reste, c’est du classique. Tout roule. Mon linge a bien séché dans la nuit, et il me reste de quoi faire un petit dîner. Deux barres de céréales dans le sac : une pour aujourd’hui, l’autre pour demain. Je boucle mon sac et je pars… le ventre vide. L’objectif : trouver une boulangerie sur le chemin.

Un kilomètre après le départ, un peu trop dans mes pensées, je rate un embranchement à droite. Je poursuis encore un bon kilomètre avant de m’en rendre compte. Demi-tour obligatoire. L’échauffement du jour commence par 2 km bonus.

Le sentier plonge ensuite dans un sous-bois pendant un moment, puis la vue se dégage peu à peu, avec de belles ouvertures sur les dunes à droite. Quelques descentes mènent jusqu’à Siouville-Hague, où je découvre que la première boulangerie est fermée pour congés… heureusement, dans la partie basse du village, une autre est ouverte. Je quitte le GR pour m’y rendre. Je prends un gros petit-déjeuner avec café au lait, croissant, et une crêpe au sucre. J’en profite pour acheter un casse-croûte pour midi et une spécialité locale : la Sioullaise. C’est un peu comme le Becquet, sauf que la pomme est remplacée par de la poire et du caramel…

On me dit que je peux récupérer le GR par la plage. Bonne idée en théorie, sauf qu’en pratique je me retrouve face à une falaise infranchissable. Je suis bon pour un nouveau demi-tour et je rejoins le sentier là où je l’avais quitté.

Je passe le Port Diélette, puis le chemin s’enfonce un peu dans les terres pour contourner le centrale nucléaire de Flamanville. Une fois passé le sud de la centrale, je retrouve un superbe sentier de falaises, avec encore une fois des paysages de carte postale.

Un peu avant Havre Jouan, je tombe sur un endroit inattendu : la Carrière des Filles, et juste à côté, une petite bâtisse qui m’intrigue. Une pancarte : Atelier-Galerie du Havre Juan. Curieux, je pose mon sac à l’entrée et j’entre. Et là, je suis scotché. Peintures, photos, sculptures, des bronzes et de la terre cuite, dans un espace minuscule (à peine 4 m sur 4). C’est superbe. Si j’avais été en voiture, je serais reparti avec une sculpture achetée sous le bras. Mais là, mon sac est déjà bien assez plein.

Un peu plus loin, vers Le Fortin, le GR longe la mer sur la dune. La marée est basse au moment où j’y passe. Je ne résiste pas, je quitte le sentier pour marcher directement sur la plage, pieds dans le sable humide, pendant presque 2 kilomètres. Le bonheur.
Je retrouve le GR un peu plus loin, juste à côté du camping Le Grand Large, puis je traverse Le Rozel avant d’arriver enfin au camping municipal Les Mielles, à Surtainville. Encore 2,5 km de plus, mais je suis content d’y poser enfin mon sac.

Une belle, très longue journée…

Je suis parti tôt ce matin et j’arrive vers 15 h au camping, il n’y a personne à l’accueil avant 16 h. Je m’installer à une table de pique-nique pour manger mon casse-croûte et ma délicieuse Sioullaise.
L’accueil ouvre, et le personnel est vraiment sympa. On me dit que les deux « Cabadiennes » sont libres. Ce sont de petites structures en bois avec deux lits… Parfait ! Je m’y installe rapidement.
Je fais un tour sur la plage pour profiter un peu de l’air marin, puis je prends soin de moi. Le soir, je mange ce qu’il me reste. Ensuite, c’est le rituel habituel : un brin de toilette, un peu d’écriture, de la lecture, et dodo.

Demain sera ma dernière étape, et il ne me reste plus rien à manger à part une barre de céréales.

Infos :
Étape facile bien que longue, toujours de beaux paysages. Aucune difficulté particulière.
Camping Municipal Les Mielles
80, Route des Laguettes
50270 Surtainville
02.33.04.31.04
contact@campinglesmielles-surtainville.fr

Vue panoramique depuis un champ herbeux en hauteur sur le vaste massif dunaire de Biville s'étirant vers le sud le long du littoral, avec une longue plage de sable, la mer bleue et des falaises lointaines visibles à l'horizon, sous un ciel bleu à cumulus blancs.
Vue plongeante sur le massif dunaire de Biville et la côte ouest du Cotentin depuis les hauteurs de Biville – Manche, Normandie
Ombre portée allongée d'un randonneur coiffé d'un chapeau et portant un sac à dos avec des bâtons de marche, projetée sur le sable humide et marqué de traces de pas de la plage de Siouville-Hague, en plein soleil.
Autoportrait en ombre portée sur le sable de la plage de Siouville-Hague – Manche, Normandie
Flanc d'une dune côtière couvert d'oyats couchés par le vent, avec quelques touffes d'arméries roses, bordant une plage de sable clair à droite, avec en arrière-plan des terrasses de végétation verte et une falaise, sous un ciel bleu clair.
Dune vive couverte d’oyats et d’arméries maritimes sur la côte ouest du Cotentin – Manche, Normandie
Vue en plongée depuis une falaise couverte de lande et de fleurs blanches sur un chaos de rochers sombres aux strates verticales plongeant dans une mer bleu-vert, avec un sentier visible sur la crête et l'océan Atlantique s'étendant à l'horizon, sous un ciel bleu légèrement voilé.
Falaise de schiste et chaos rocheux sur la côte ouest du Cotentin – Entre Siouville-Hague et Surtainville, Manche, Normandie
Intérieur d'une galerie d'art aux murs en lambris blanc, présentant plusieurs œuvres abstraites encadrées à dominante bleu-noir, des sculptures en céramique sombre sur une étagère et des figurines en bois, dans un espace intimiste et lumineux.
Atelier-Galerie Le Havre-Jouan – Peintures abstraites et sculptures, côte ouest du Cotentin, Manche, Normandie

La suite et fin de cette aventure arrive dans le prochain article, demain. Je parlerai de la huitième et dernière journée de marche… et du bilan de cette randonnée. À demain et en attendant n’hésite pas à laisser un commentaire pour partager tes impressions ou poser des questions, ça fait toujours plaisir et ça motive pour la suite !

Le billet « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 4 » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 3

1 916 mots, temps de lecture 10 minutes.

Étapes 4 et 5 – De Cherbourg à Vauville en passant par Omonville-la-Rogue

Si tu es tombé sur cette page un peu par hasard, bienvenue ! Sache que tu es en train de suivre le récit d’une aventure de randonnée au long cours à travers le Cotentin. Dans les parties précédentes, je t’ai raconté comment j’ai préparé ce voyage, les premières étapes depuis St-Vaast-la-Hougue à Cherbourg, et les paysages magnifiques qui ont jalonné mon chemin.

Si tu ne l’as pas encore fait, je te conseille de jeter un œil aux premiers billets de cette série, « 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 1 et partie 2« , pour ne rien manquer du début de cette aventure.

Revenons à nos sentiers.

Après avoir parcouru des kilomètres de sentiers côtiers, avec la mer comme fidèle compagne, me voilà reparti pour de nouvelles découvertes. Les paysages continuent de se transformer, et chaque pas m’apporte son lot de surprises et d’émotions. Je t’emmène maintenant sur les étapes 4 et 5, de Cherbourg à Vauville, en passant par Omonville-la-Rogue.

Prêt pour la suite ? Chaussures bien lacées ? Alors on y va !

Jour 4 : Direction Omonville-la-Rogue, 21,521 km +252 m

Carte du tracé GPX du quatrième jour de randonnée, reliant Cherbourg-en-Cotentin à Omonville-la-Rogue en longeant la côte nord-ouest du Cotentin sur environ 21,5 km, colorisé du bleu au rouge selon l'altitude entre 0 et 70 m, avec un profil altimétrique présentant une bosse centrale marquée autour du kilomètre 14, enregistré le vendredi 16 mai 2025.
Jour 4 – Cherbourg-en-Cotentin › Omonville-la-Rogue – 21,5 km – +252 m de dénivelé positif – 16 mai 2025

Après une bonne nuit dans un lit, j’ai pris soin de mes pieds, j’ai pris un big petit déjeuner dans l’auberge de jeunesse, mon sac prêt et mon linge a séché pendant la nuit, inutile de l’attacher à mon sac. Ce matin je pars de bonne heure.

Le début de l’étape n’a rien d’exceptionnel. Il faut d’abord s’extirper de la zone urbaine, un peu longuette. Mais en arrivant sur la plage de Saline, je tombe sur une œuvre d’art qui m’arrête net : La Traversée[1] (la lettre d’Equeurdreville-hainneville), de Jean-Bernard Métais. C’est une grande structure métallique en forme de lettre, posée là, face à la mer. Étonnant. Poétique. Je prends le temps de la contempler.

Et ça y est, après la Pointe de Querqueville, je retrouve enfin ce que j’étais venu chercher, la nature.

Un premier dénivelé m’attendait juste après Urville-Nacqueville, et d’autres sont arrivés à Landemer. Mais soyons honnêtes, rien de bien méchant. Depuis le premier jour, le parcours est plutôt facile, ce qui me laisse tout le loisir d’admirer les paysages.

Après Landemer, une montée m’a conduit à « La Batterie », un spot avec des toilettes publiques, un espace pique-nique avec deux tables et une vue magnifique ! J’en ai profité pour faire une pause et manger le Becquet que je n’avais pas mangé la veille. J’y ai discuté avec un couple de randonneurs. Leurs sacs sont énormes, au moins 80 litres bien remplis. Ils sont Luxembourgeois, viennent de Honfleur et se dirigent vers le Mont-Saint-Michel. Ils ont l’habitude des grands treks, comme le Sentier des Appalaches, qui fait plus de 3 500 km, et d’autres grands treks à travers le monde, impresionnant. Je les ai regardés partir, chargés comme des sherpas.
Pendant ce temps, un groupe de randonneurs à la journée s’installe à l’autre table. Ils sortent des verres en « vrai » verre, des olives, de la charcuterie, des bouteilles de rouge et de blanc, et m’ont invité à trinquer pour l’apéro. J’ai décliné en les remerciant et j’ai repris mon chemin.

Le sentier change. Fini les longues plages, place aux petites falaises, aux criques secrètes qu’on ne peut atteindre qu’avec les yeux. Ça monte, ça descend, sans jamais devenir difficile. C’est beau. Sauvage. Je me sens bien.

Au niveau de la Roche Buchy, juste avant le Doué du Moulin, je découvre « Le Mur Blanc« , Construit en 1887, le mur blanc ou mur de Holterman sert d’amer, c’est-à-dire un repère pour les marins.

Un peu plus loin, la Baie de Quervière m’offre un panorama de carte postale.

Le sentier redescend au niveau du Fort d’Omonville Bas, et j’arrive rapidement à Omonville. Je passe devant un resto et je demande s’il sera ouvert ce soir. Ensuite, je me rends au camping municipal du Hâble.

Bon, la personne de l’accueil n’arrive que dans une heure. Je m’installe dans un coin sympa où le soleil viendra taper dès le matin pour sécher la rosée et à côté d’une table de pique-nique, au cas où. Quand la responsable arrive, je règle mes 9 € (de mémoire), et elle m’explique le fonctionnement emplacements, et surtout… une épicerie juste à côté ! Super accueil, vraiment.
Je file donc à l’épicerie, je commande un pain nordique et un casse-croûte pour le lendemain.

À 19 h, direction le resto. Et là, surprise ! Je tombe sur le couple que j’avais rencontré au camping de la Nef, à Barfleur. Je les croyais loin devant, vu qu’ils disaient marcher 30 km par jour… On échange quelques mots, ça fait toujours plaisir de recroiser des visages connus.

À la table derrière moi, un jeune randonneur s’installe. Je commande mon repas : 6 huîtres en entrée, puis des moules à la Normande. Et là, je ne m’attendais pas à ça… Un plat gargantuesque, genre la portion que je fais pour quatre personnes à la maison. Mais j’ai tout mangé.

Je sympathise avec le jeune randonneur, Marc. Il fait le parcours dans l’autre sens et vient de Vauville. Apparemment, c’était une grosse journée pour lui. Longue, difficile. Moi, j’envisage de faire les trois quarts de cette étape demain, et de bivouaquer quelque part en chemin. On papote. Entre randonneurs, ça parle forcément matos, applis, itinéraires, galères, coups de cœur…
De retour au camping, je lui montre où j’ai planté ma tente, il me montre la sienne, et chacun chez-soi.

Un brin de toilette, un peu d’écriture, de lecture… et extinction des feux.

Infos :
Étape tranquille, le premier dénivelé arrive au onzième kilomètre (montée descente sur 1,5 km), au treisième ça donne le ton avec une belle montée sur bitume et redescend sur 2 km, ensuite ça oscille jusqu’à un peu avant le camping.
Camping Municiapal de la NEF
4 rue de la Jonquière
Omenville La Rogue
+34233528615
Pas besoin de réservation
Épicerie/boulangerie juste derrière.

Grande sculpture monumentale en acier inoxydable perforé de texte en français, à la forme trapézoïdale légèrement incurvée, installée sur un espace de sable face à la mer, sous un ciel partiellement nuageux, sur la côte de Cherbourg-en-Cotentin.
« La Traversée » – Œuvre de Jean-Bernard Métais, acier perforé de texte – Littoral de Cherbourg-en-Cotentin, Manche, Normandie
Vue panoramique en hauteur depuis le site de La Batterie sur une côte de falaises verdoyantes plongeant directement dans la mer, avec des rochers battus par de légères vagues blanches en contrebas, la ligne côtière se prolongeant vers l'ouest, sous un ciel bleu à gros cumulus.
La côte déchiquetée de la Hague vue depuis La Batterie – Entre Querqueville et Omonville-la-Rogue, Manche, Normandie
Vue en plongée depuis un sentier de corniche sur une côte rocheuse couverte de lande, avec des falaises schisteuses plongeant dans une mer d'un bleu profond, et une baie sablonneuse visible à l'horizon, sous un ciel bleu à cumulus épars.
Le sentier côtier en corniche entre Querqueville et Omonville-la-Rogue, avec la baie de Sciotot à l’horizon – Presqu’île de la Hague, Manche, Normandie
Mur épais en maçonnerie de moellons de granite, de forme rectangulaire à contreforts latéraux, dressé isolément sur un promontoire herbeux dominant directement la mer et des rochers, sous un ciel bleu à nuages blancs.
Le Mur d’Éculleville, ancienne marque de navigation en pierre – Côte de la Hague, Manche, Normandie
Bol en terre cuite rempli de moules marinières persillées, accompagné d'un plat de frites maison et d'une corbeille de pain, servis en terrasse face à la mer au crépuscule, le port d'Omonville-la-Rogue visible en arrière-plan.
Moules marinières et frites maison en terrasse face au port d’Omonville-la-Rogue – Presqu’île de la Hague, Manche, Normandie

Jour 5 : Hein ? Quoi ? Jusquà Vauville, 30,735 km +695 m

Carte du tracé GPX du cinquième jour de randonnée, contournant l'intégralité de la pointe du cap de la Hague depuis Omonville-la-Rogue jusqu'à Vauville sur environ 31 km, colorisé en rouge et orange dominant avec des portions bleu-vert indiquant des altitudes variables entre 0 et 140 m, avec un profil altimétrique très accidenté dépassant régulièrement les 100 m, enregistré le samedi 17 mai 2025.
Jour 5 – Omonville-la-Rogue › Vauville via le cap de la Hague – 30,7 km – +695 m de dénivelé positif – 17 mai 2025

J’entame la seconde moitié du parcours, si je dois faire un bilan « bobos », toujours mes douleurs de dos par intermittence et qui datent d’avant la randonnée, toujours ma douleur sous mon pied droit mais très supportable, mes deux orteils n’ont pas d’ampoule et je ne ressens aucune gêne, les pansements en préventif aux premières alertes font leurs effets.
Le froid m’a encore écourté le sommeil. Je suis passé à l’épicerie récupérer mon pain nordique, un casse-croûte et j’ai aussi du fromage et du saucisson.

Au moment de partir, j’ai déjà en tête mon objectif du jour : un bivouac quelque part vers le Nez de Voidries. L’endroit me semble parfait sur le papier.

Je démarre sous un ciel couvert, mais pas vraiment menaçant. La pluie n’est pas annoncée, bien au contraire, le ciel devrait s’éclaircir. Le paysage a encore changé, oscillant entre roches et plage. Dès la Pointe de Jardeheu, je découvre de magnifiques roches roses.

La mer est calme, la température agréable, et même si le vent souffle un peu, il reste supportable. Le chemin est plutôt plat sur environ treize kilomètres. Je passe la Pointe du Nez, puis le Port Racine, que je regrette de ne pas avoir photographié. Certains disent que c’est le plus petit port de France, d’autres, l’un des plus petits. Je continue mon chemin en passant la Pointe du Nez Cabot, la Pointe de la Loge, la Pointe des Grouins, le Nez Bayard, et le Sémaphore de la Hague pour arriver à la Croix du Vendémiaire à Goury.
Là, je fais une pause casse-croûte à côté de deux jeunes randonneurs la vingtaine à peine passée. Ils font une rando à la journée. Jusqu’à présent, la seule difficulté a été de marcher sur des galets fins, où le pied s’enfonce un peu, ou sur des galets plus gros qui font travailler les chevilles. Une partie assez agréable avec aussi des beaux paysages du côté terre. Le sentier est régulièrement jonché de Crambe maritima, le chou marin, en fleurs, c’est très joli. Parfois, il y en a tant qu’il faut faire attention de ne pas les piétiner, car c’est une plante protégée.

À partir de là, les premiers dénivelés de la journée commencent et s’affirment franchement à partir de La Côte Soufflée. J’arrive au sommet du Nez de Voidries après 5h30 de marche, pauses comprises, et j’ai parcouru 19 km.

Nous sommes samedi, le ciel s’est dégagé, et il y a beaucoup de monde. Les gens sont venus en voiture et font des balades dans le coin. Je n’ai pas envie de m’arrêter tout de suite et d’attendre que tout le monde parte pour chercher un spot de bivouac. Je décide de continuer et je verrai bien en cheminant si je trouve un coin plus tranquille.
Mais je me retrouve sur un sentier étroit, entre falaise et roche, ou bordé d’arbustes épineux. Pas un endroit plat, que des montées et des descentes assez abruptes… C’est clair, je ne trouverai pas de coin de bivouac tant que je ne serai pas sorti des falaises. Il n’y a plus de vent, il fait chaud. Heureusement, souvent dans les points bas, je traverse de petits rus où je remplis ma gourde filtrante. Les paysages, eux, sont à couper le souffle : une mer bleue et calme où l’on voit les fonds et qui donne envie d’y plonger. Des paysages qui s’offrent seulement à ceux qui font l’effort de venir marcher.

Lorsque le sentier devient enfin plat, je suis à environ un ou deux kilomètres du camping de Vauville, alors je m’y rends. J’arrive au camping municipal de Vauville, 9h45 après mon heure de départ d’Omonville-la-Rogue.

Au camping très bon accueil, je me trouve un emplacement et vais dîner avec mon pain nordique, du fromage et du saucisson sur la plage, face à la mer. Je me couche de bonne heure car je suis fatigué par cette journée et il y a de grande chance que le froid me réveille vers deux heures du matin.

Info :
les dix derniers kilomètres sont particulièrement physiques sans spot de bivouac possible. Toujours de magnifiques paysages.
Le camping habituellement ouvert du 1er juin au 30 septembre a ouvert cette année le 1er mai… étant donné qu’ils ont eu du monde il y a de grande chance que les nouvelles dates d’ouvertures soit du 1er mai au 30 septembre. Téléphonez tout de même pour vérifier.
Camping Municipal La Devise à Vauville
Situé le long du GR223
49.63312 -1.84938
Tél. : 02 33 52 64 69
https://www.encotentin.fr/campings/camping-municipal-la-devise/

Chaos de rochers de granite rose-orangé couverts de lichen jaune au bord de la mer, avec une pente herbeuse parsemée d'arméries maritimes en fleurs roses, sous un ciel couvert et gris, au cap de la Hague.
Granite rose et arméries maritimes – Armeria maritima – sur le littoral du cap de la Hague, Manche, Normandie
Chemin de galets longeant une plage en baie, bordé de touffes volumineuses de chou marin (Crambe maritima) en pleine floraison blanche, avec des roselières à gauche, une baie calme et des collines bocagères en arrière-plan, sous un ciel gris et couvert.
Chou marin en fleurs – Crambe maritima – sur le cordon de galets de la baie d’Écalgrain – Cap de la Hague, Manche, Normandie
Paysage rural ouvert composé de prés verdoyants délimités par une succession de murs de pierres sèches en granite, avec des poteaux de clôture en bois, un village et des falaises visibles à l'horizon, sous un ciel gris et nuageux, dans l'intérieur de la presqu'île de la Hague.
Parcellaire agricole délimité par des murs de pierres sèches – Intérieur de la presqu’île de la Hague, Manche, Normandie
Vue en plongée depuis le sommet d'une falaise couverte de lande sur une mer d'un bleu profond aux reflets argentés, avec une paroi rocheuse sombre à droite sur laquelle se devine un sentier, des rochers affleurants en contrebas, sous un ciel bleu parfaitement dégagé.
Le sentier de corniche de la côte ouest du cap de la Hague dominant l’Atlantique – Presqu’île de la Hague, Manche, Normandie
Vue en hauteur depuis une pelouse sur une vaste baie sablonneuse déserte en courbe ample, avec un estran découvert à marée basse présentant des flaques et des algues au premier plan, une mer turquoise et bleue, et des dunes bordant le rivage à l'horizon, sous un ciel bleu parfaitement dégagé.
La baie de Vauville à marée basse, l’une des plus longues plages sauvages du Cotentin – Vauville, Manche, Normandie

La suite de l’aventure – les journées 6 et 7 – arrive dès demain dans le prochain article. N’oublie pas de revenir et n’hésite pas à commenter pour partager tes propres expériences ou poser des questions !

Le billet « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotententin – partie 3 » est apparu en premier dur le blog de Sima78.

Note(s)

  1. ^ La traversée : Oeuvre de Jean-Bernard Métais, septembre 2010. « Cette lettre réalisée à partir des mots-voyages des habitants de la ville. Des écrivains : Michel Besnier, Elisabeth Coquart, Didier Decoin, Philippe Huet, Victor Hugo, Georges Pérec, Gilles Perrault, Jacques Prévert, Alexis Salatko, Boris Vian. Des  journalistes : Marcel Clairet, hubert Lemonnier, François Simon et Pascal Vannier.

S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 2

1 746 mots, temps de lecture 9 minutes.

Étapes 2 et 3 – De Barfleur à Cherbourg-en-Cotentin en passant par la Pointe du Brick.

Si tu tombes sur cette page par hasard, sache qu’il s’agit de la suite d’un récit de randonnée au long cours dans le Cotentin. Dans la première partie, je te racontais comment j’ai préparé ce périple, le jour J-1, et ma première journée de marche jusqu’à Barfleur.

Si ce n’est pas déjà fait, je te conseille d’aller lire ce premier billet avant de continuer « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotententin – partie 1« , histoire de ne pas rater le début de l’aventure.

Où en étais-je ?

Après une première journée entre terre, sable et douleur naissante sous le pied, je reprends le sentier et débute la côte nord du Cotentin. Le paysage change, les sensations aussi. Je t’emmène maintenant sur les étapes 2 et 3, entre Barfleur et Cherbourg, avec la mer pour compagne fidèle, et quelques belles surprises sur le chemin…

Prêt ? C’est parti !

Jour 2 : Direction LAnse du Brick, 27,564 km +255 m

Carte du tracé GPX du deuxième jour de randonnée, reliant Barfleur à Cherbourg-en-Cotentin en longeant le littoral nord de la presqu'île du Cotentin sur environ 27 km, colorisé en rouge et orange indiquant des altitudes comprises entre 40 et 85 m, avec profil altimétrique enregistré le mercredi 14 mai 2025.
Jour 2 – Barfleur › Cherbourg-en-Cotentin via la pointe du Brick – ≈ 27 km – Altitudes entre 40 et 85 m – 14 mai 2025

J’ai encore mal dormi cette nuit… Le froid s’est encore invité et impossible de trouver une vraie position confortable. Bref, réveil un peu raide. Ha j’ai aussi de sacrés coups de soleil de la veille.
Je me prépare tranquillement. Un brin de toilette vite fait, puis je sors les pansements : deux orteils en mode alerte et cette fichue douleur sous le pied droit – je protège tout ça comme je peux.
Côté vestimentaire, je mets les bas de mon pantalon convertible en short, ma veste de pluie pour les manches longues (elle est super efficace contre le vent sans être trop chaude) et je n’oublie pas mon chapeau à longs bords. Je me badigeonne le visage et les mains de crème protectrice…  Me voilà protégé du soleil.

Avant de partir, je prends mon petit déjeuner au camping de la Blanche Nef. Et me voilà parti !

Très tôt, sur la pointe de « La Masse », on voit déjà au loin le phare de Gatteville. Je passe le Havre de Crabec et du Havre de Flicmare jusqu’au Havre de Houlvi, où se trouve l’aquaculture consacrée à l’écloserie des huîtres et palourdes. Je passe rapidement devant le phare de Gatteville, qui est d’un « Gigantisme Cathédralesque[1]« . Je regrette de ne pas l’avoir visité, car en plus d’être le deuxième plus grand phare de France et d’Europe, il a un lien avec notre calendrier : 365 marches, 12 étages et 52 fenêtres.

Jusqu’à la Pointe de la Loge, j’ai la mer et les plages de sable fin à ma droite. À ma gauche, je passe devant des lacs, des mares et des marécages qui font le bonheur des oiseaux. On passe aussi devant une multitude de blocos à la pointe de Néville, et j’ai fait une pause pour tremper mes pieds dans l’eau glaciale de la mer au niveau de la Pointe des Mares.
Au niveau de l’Anse de la Visière et de la Pointe de Fréval, j’ai fait une autre petite pause devant la Croix du Prométhée, un calvaire érigé à la mémoire des disparus du sous-marin Prométhée, qui a entraîné la mort de 62 des 69 hommes d’équipage suite à un problème technique.

Après le Port Pignot, qui est l’un des plus petits ports de France, les dénivelés commencent à s’affirmer au niveau du Cap Lévi, et le paysage change.

Entre le Cap Lévi et la Pointe du Vieux Fort, je manque de tomber et, en me rattrapant, je casse l’un de mes bâtons de marche.

Au kilomètre 24,5, une trace m’envoie à gauche. Je monte un bon dénivelé sur 400 mètres pour me rendre compte que ma trace ne passe pas par là, mais longe bien la côte. Je redescends et continue de longer la côte, sauf que je ne vois plus le moindre signe GR. Je vérifie : le GR passe pourtant bien là où je suis. Le chemin se rétrécit, je suis griffé par les broussailles qui n’ont pas été taillées, et au bout 1,5 kilomètre, le chemin est coupé, impossible de passer… Je rebrousse chemin sur une cinquantaine de mètres et coupe plein ouest pour rejoindre la D116, une montée ultra-raide que je n’aurais pu gravir par temps humide. Finalement, après ce petit détour sportif, je retrouve le GR et file vers le camping de l’Anse du Brick. Ouf, quelle journée !

Ha le camping de l’Anse du Brick ! Il fait partie de la chaîne Sandaya.
Toi le randonneur, que tu sois à pied ou à vélo, passe ton chemin, trouve un autre camping ou un spot de bivouac !
Je t’explique mon expérience… J’avais pourtant réservé à l’avance un emplacement « tente de bivouac », en précisant bien que j’arrivais à pied. À l’accueil ? Un minimum d’infos, juste un numéro de place et « débrouille-toi » pour les sanitaires. Par contre, le bar-restaurant, ça, on me l’a bien indiqué !
J’arrive à l’emplacement donné, il est en pente. Je retourne à l’accueil et précise que, contrairement aux camping-cars, je n’ai pas de cale pour mettre ma tente de niveau. On me donne deux autres emplacements au choix. Je prends le plus plat et retourne à l’accueil pour annoncer mon choix.
Et là, on me sort fièrement :
« Vous avez l’électricité sur chaque emplacement ! »
Ma réponse : « Super… mais sans adaptateur pour camping-car, mon téléphone reste à plat. »
« Ah bon ? Essayez au bar alors… »
Bilan : 24,21 € pour un emplacement médiocre, un service zéro et mon téléphone rechargé grâce à MA batterie de secours. Sans conteste le pire camping de mon périple, et le plus cher !

Infos :
L’étape en elle-même m’a semblé plutôt facile, malgré quelques bons petits dénivelés. Par contre, attention : le tracé du GR semble avoir été modifié sur le terrain, mais pas encore sur les cartes type MonGR ou IGN – à surveiller.
Et non, je ne te donne pas plus d’infos sur ce camping. Il n’en vaut pas la peine.

Vue depuis le rivage sur le phare de Gatteville et son phare secondaire, deux tours cylindriques en granite posées sur un ensemble de bâtiments bas au bord de la mer, sous un ciel bleu parfaitement dégagé, avec des rochers affleurants au premier plan.
Le phare de Gatteville et sa tourelle secondaire – Pointe de Barfleur, Manche, Normandie – Deuxième phare de France par sa hauteur (75 m)
Anse sablonneuse bordée d'une lande herbeuse rase, avec plusieurs blocs de béton armé effondrés et inclinés — vestiges de blockhaus de la Seconde Guerre mondiale - éparpillés sur la plage et en bordure de dune, sous un ciel bleu sans nuages.
Blockhaus effondrés de l’anse de Gattemare, progressivement engloutis par l’érosion côtière – Manche, Normandie
Zone humide côtière avec un plan d'eau peu profond séparé de la plage de sable par une bande de végétation, sur lequel repose une colonie de plusieurs dizaines de cygnes blancs, avec des roselières, des prés et des habitations en arrière-plan, sous un ciel bleu.
Colonie de cygnes tuberculés sur les mares côtières de la pointe des Mares – Littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie
Sentier sableux étroit serpentant entre des touffes d'oyats et des valérianes rouges en pleine floraison, avec des maisons et des arbres visibles à l'arrière-plan, sous un ciel bleu légèrement voilé.
Sentier dunaire fleuri de valérianes rouges – Secteur de Fréval, littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie
Longue plage de sable blanc déserte en courbe douce, bordée d'une dune herbeuse à droite et d'une mer aux teintes turquoise et bleu profond à gauche, avec une laisse de mer sombre et des rochers affleurant à l'horizon, sous un ciel bleu sans nuages.
L’anse de la Mandrée, plage sauvage et déserte du cap Lévi – Littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie

Jour 3 : On part pour la grande ville, Cherbourg-en-Cotentin, 19,147 km +285 m

Carte du tracé GPX du troisième jour de randonnée, reliant la zone de Maupertus-sur-Mer à Cherbourg-en-Cotentin en longeant la côte nord-ouest sur environ 19 km, colorisé du bleu au rouge selon l'altitude, avec un profil altimétrique accusant deux bosses marquées dépassant les 100 m, enregistré le jeudi 15 mai 2025.
Jour 3 – Pointe du Brick › Cherbourg-en-Cotentin – 19,1 km – +285 m de dénivelé positif – 15 mai 2025

La veille j’ai mangé un repas de ma préparation, me suis douché, j’ai écrit et lu avant dormir, encore une nuit courte à cause du froid. Le matin petit déjeuner de ma préparation et en route.
Dès le départ je prends du dénivelé positif. Mais au bout d’environ un kilomètre, une récompense : un point de vue incroyable. Ensuite, le sentier quitte un peu la côte pour s’enfoncer dans les terres.

Changement d’ambiance, de la verdure, du dénivelé toujours, des chemins parfois étroits, mais franchement agréables. Et tout au long du parcours, des vues superbes qui surgissent au détour du chemin avant la descente vers St-Germain.

À hauteur du Becquet de Digosville. je fais un petit crochet par une boulangerie. Je m’installe tranquillement pour manger un casse-croûte[2] avec un café, et je me laisse tenter par une spécialité locale : un Becquet. C’est comme un chausson aux pommes, mais fait dans une pâte à pain, avec une croûte de sucre caramélisé. Une tuerie. Je le garde pour plus tard, en mode grignotage.

Je reprends la route, passe devant le fort de l’Île Pelée — un ancien fort de 1784 devenu prison à la Révolution, puis base allemande avec batteries de DCA pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un kilomètre plus loin, j’entre dans Cherbourg, par le boulevard des Flamands. Là, j’accélère le pas, cette portion urbaine jusqu’au centre-ville est franchement sans intérêt. Je longe le port, fais une pause devant la Basilique Sainte-Trinité, puis direction l’auberge de jeunesse, où j’ai réservé pour la nuit.

C’est ma toute première fois en auberge de jeunesse et très bonne surprise ! Accueil sympa, lieu propre, ambiance calme. J’ai une petite chambre avec deux lits superposés rien que pour moi.
Je dépose mon sac, repars découvrir un peu Cherbourg. Et je dois dire que j’aime bien cette ville. Je fais un ravitaillement dans une petite épicerie pour les jours suivants, je prends de quoi dîner et je trouve aussi une pharmacie (je suis à court de pansements “seconde peau”, je prends aussi un tube de NOK, c’est bête j’en ai à la maison). De retour à l’auberge : lessive, douche, un peu d’écriture, un peu de lecture… et cette fois, je sens que la nuit va être bonne.

Mon sac est prêt pour le lendemain, il ne me restera plus qu’à accrocher mon linge humide dessus pour qu’il sèche en route.

Infos :
Étape facile dans l’ensemble, même s’il y a du dénivelé sur les 10 premiers kilomètres.
L’arrivée sur Cherbourg, une fois en ville, est assez monotone, mais le centre rattrape largement.

HI Cherbourg
Fédération Unie des Auberges de Jeunesse

55, rue de l’Abbaye
50100 CHERBOURG (FRANCE)
Tél. : +33 (0) 2.33.78.15.15

Sentier rocheux longeant une crête de falaise couverte de lande, menant vers des vestiges de maçonnerie en pierre dominant directement la Manche, avec des rochers de granite, de la végétation rase et un ciel bleu partiellement nuageux.
Sentier de crête et ruines côtières surplombant l’anse du Brick – Maupertus-sur-Mer, Manche, Normandie
Sentier étroit et pierreux en légère montée, encadré d'un muret de granite couvert de mousse à droite et d'une végétation dense de fougères et d'arbustes, filtrant la lumière en taches de soleil sur le sol, au sud de Becquet dans le Cotentin.
Chemin creux ombragé entre fougères et muret de granite – Sud de Becquet, littoral nord du Cotentin, Manche, Normandie
Vue panoramique en hauteur depuis la batterie de Bretteville-le-Haut sur l'agglomération de Tourlaville et la grande rade de Cherbourg, avec la digue du large, le fort de l'Île Pelée et les installations portuaires visibles à l'horizon, sous un ciel couvert et gris.
Panorama sur la rade de Cherbourg depuis la batterie de Bretteville-le-Haut – Tourlaville, Manche, Normandie
Vue depuis le rivage sur le fort de l'Île Pelée, vaste ensemble fortifié en pierre posé à fleur d'eau au milieu de la rade de Cherbourg, sous un ciel gris uniforme, avec une mer légèrement agitée au premier plan.
Le fort de l’Île Pelée, gardien de la rade de Cherbourg – Manche, Normandie
Vue rapprochée du flanc extérieur de la basilique Sainte-Trinité de Cherbourg-en-Cotentin, montrant des fenêtres à remplage gothique flamboyant, des pinacles, des gargouilles et une frise ajourée en pierre calcaire, avec une pelouse fleurie de marguerites au premier plan, sous un ciel bleu.
Détail architectural du flanc sud de la basilique Sainte-Trinité – Cherbourg-en-Cotentin, Manche, Normandie

J’arrête mon récit pour aujourd’hui, revenez rapidement pour la suite ! Exprimes-toi dans les commentaires.

Le billet « S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotententin – partie 2 » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Note(s)

  1. ^ Gigantisme Cathédralesque : ça ne s’invente pas, expression en clin d’œil à mon ami d’enfance, mon frère de sang.
  2. ^ Casse-croûte : oui, je ne dis pas sandwich qui pour moi est avec du pain mou, mais casse-croûte, dans de la bonne baguette croustillante.

S25E02 – 8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin – partie 1

1 819 mots, temps de lecture 10 minutes.

8 jours de randonnée itinérante dans le Cotentin entre terre, mer ; dépaysement assuré.

Pour faciliter la lecture, le récit de cette randonnée itinérante est découpé en plusieurs billets, chacun correspondant à une ou deux journées de marche.

De Saint-Vaast-la-Hougue à Barneville-Carteret, presque 170 km en 8 jours, GR©223-GRE9

Carte du tracé GPX d'un itinéraire pédestre longeant le pourtour ouest et nord de la presqu'île du Cotentin, avec profil altimétrique sur huit jours entre le 13 et le 20 mai 2025, colorisé selon l'altitude de −60 m à +160 m.
Tracé GPX colorisé par altitude – Randonnée côtière du Cotentin (13–20 mai 2025) – Distance totale : environ 170 km – Dénivelé : de −42 m à +200 m

Ce voyage s’imposait à moi… Je venais d’annuler une randonnée jugée trop coûteuse alors où aller ? Deux randonneuses m’ont parlé de leur projet dans le Cotentin, m’ont envoyé leur parcours, et si nous marchions ensemble trois ou quatre jours ? L’idée nous a plu ! Je marcherai un peu plus longtemps et le point de départ serait une étape en amont et deux ou trois étapes après. Malheureusement elles ont dû annuler leur parcours au dernier moment, ce sera pour une autre fois, je marcherai seul ce qui n’est pas un souci en soi.

Partir de Saint-Vaast-la-Hougue. Ce choix a une signification particulière pour moi, un clin d’œil à un ami d’enfance qui m’a fait découvrir cette ville et cette région lorsque j’avais vingt-deux ans, un hommage à ses parents.

Que tu sois, oui je te tutoie, randonneur débutant, confirmé ou simple curieux en quête d’évasion, j’espère que ce récit t’embarque sur les chemins de l’itinérance comme ces chemins m’ont emporté et peut-être qu’il te donne l’envie de chausser tes chaussures pour partir, toi aussi.

Préparation et planification

Itinéraire
L’aventure débute comme je l’ai dit plus haut de  Saint-Vaast-la-Hougue jusqu’à Barneville-Carteret ce qui permet de découvrir une partie de la côte Est du Cotentin, la côte Nord et un tronçon de la côte Ouest. De nombreux campings, hébergements, points de ravitaillement (boulangeries, épiceries) jalonnent le parcours.

Mon plan initial prévoyait des étapes régulières avec un seul bivouac, je l’ai modifié en cours de chemin optant pour deux étapes plus longues que prévu et une plus courte, j’expliquerai mes choix qui sont très subjectifs.

Mon parcours jour par jour

  • 1 – Saint-Vaast-la-Hougue – Barfleur → 16,394 km +74 m
  • 2 – Barfleur – L’Anse du Brick → 27,567 km +255 m
  • 3 – L’Anse du Brick – Cherbourg-en-Cotentin → 19,147 km +285 m
  • 4 – Cherbourg-en-Cotentin – Omonville-la-Rogue → 21,521 km +252 m
  • 5 – Omonville-la-Rogue – Vauville → 30,735 km +695 m
  • 6 – Vauville – Biville → 5,857 km +177 m
  • 7 – Biville – Surtainville → 30,458 km +476 m
  • 8 – Surtainville – Barneville-Carteret → 18,304 km +175 m

Un total de 169,983 km et 2389 m de dénivelé D+

Équipement
Tu auras ma liste complète en téléchargeant « Ma-Liste » (tu as besoin de plus de renseignements, n’hésite pas à demander).

Mon sac-à-dos est 55L+10, un sac de 40 à 45L m’aurait suffi, mais je n’ai que celui-ci les autres sont vraiment trop petits (30L et un 35L).
Mon sac-à-dos faisait 8 312 gr… avec du grignotage et un peu de nourriture (quelques petits déjeuner, repas de préparation maison et des barres de céréales) je suis parti avec un sac de 8 976 gr, à cela il faut ajouter l’eau aux alentours de 75 cl car j’ai une gourde filtrante et trouver de l’eau n’est pas un problème sur ce parcours.
En change j’avais 2 paires de chaussettes, 2 boxers, 1 tee-shirt manches courtes et 1 manches longues les deux en mérinos. 1 seul paire de chaussettes et un boxer de rechange aurait suffi car j’ai pu faire des lessives régulièrement.
En plus de mon ordiphone j’avais pour la première fois un vrai GPS (Garmin 30x).

Conseils
Condition physique.
Je pense que même si tu es débutant et que tu marches peu au quotidien, c’est tout à fait possible. Il faut bien commencer un jour. Dans ce cas, écoute ton corps et n’hésite pas à ajuster tes étapes en cours de route, voire à prendre un jour ou deux de repos quitte à raccourcir la randonnée et consulter ton médecin pour avoir son avis. Il ne faut pas marcher dans la souffrance, cela doit rester un plaisir.
Le mieux est de marcher au quotidien et de faire à pied tous les déplacements possibles. Préfère les escaliers à l’ascenseur et fais de longues balades de deux à trois heures pour te préparer.

Logistique
Renseigne-toi et réserve tes hébergements à l’avance, surtout en haute saison. Certains campings accueillent les randonneurs sans réservation, mais pas tous, et certains même n’accueillent pas les tentes, même de bivouac qui prennent peu de place. Je donne les renseignements sur mes hébergements, il y en a plein d’autres.

Sécurité
Informe toujours quelqu’un de ton entourage de ton itinéraire. Dans ta trousse de secours, n’oublie pas les pansements, les antiseptiques, tes médicaments personnels si tu suis un traitement, ainsi que ton ordonnance.

Tu as lu jusqu’ici, je t’invite à me suivre jour après jour

Jour moins 1 : l’arrivée à Saint-Vaast-la-Hougue.

Parti de Paris, gare Saint-Lazare, j’arrive par le train à Valognes à 13h51. Le bus de la ligne C, qui dessert Saint-Vaast-la-Hougue, n’arrive qu’à 16h02, ce qui me laisse le temps d’aller au centre-ville, place du Château, pour prendre un café. De retour à l’arrêt de bus à la gare, je demande un renseignement à une personne et c’est ainsi que je fais la connaissance de Daniel, un libristre. Il est rare que deux libristes se rencontrent dans la nature, et nous restons en contact sur le réseau social Mastodon. Il se rend au même camping que moi, où il restera quelques jours pour visiter les alentours. Une fois installés, nous visitons ensemble la ville : la Chapelle des marins, le port, etc. Mon seul regret est de ne pas avoir le temps de visiter l’île Tatihou.
Ce qui m’a le plus marqué en arrivant à Saint-Vaast-la-Hougue, ce sont les effluves fortement iodés. Cela faisait longtemps que je n’avais pas senti cette odeur, et même en Bretagne, elle n’était pas si présente qu’ici. Cela m’a rappelé de bons souvenirs.

Je fais un brin de toilette, écris le déroulé de la journée, fais un peu de méditation et des étirements, puis je me couche, lis un peu et m’endors. Ce sera mon rituel de chaque soir quand ce sera possible.

Info :
Camping La Gallouette
02 33 54 20 57
Mieux vaut réserver.

Les +
Possibilité de charger téléphones et batterie gratuitement dans un petit coffre à l’accueil, donc attention aux horaires d’ouverture et fermeture de l’accueil.

Les –
Pas d’espace spécial bivouac donc emplacement que j’ai trouvé cher pour une tente bivouac 19,22 €

Jour 1 : Direction Barfleur, 16,394 km +74 m

Carte du tracé GPX du premier jour de randonnée, reliant Saint-Vaast-la-Hougue à Barfleur en longeant le littoral est de la presqu'île du Cotentin sur environ 16 km, avec profil altimétrique quasi plat enregistré le mardi 13 mai 2025.
Jour 1 – Saint-Vaast-la-Hougue › Barfleur – 16,4 km – +74 m de dénivelé positif – 13 mai 2025

J’ai très mal dormi car j’ai eu froid à partir de deux heures du matin, malgré l’utilisation du drap de couchage dans mon sac de couchage. Cela m’amène à questionner la description des températures du sac, qui est donné pour une température de confort de 8 °C et une température extrême de -10 °C, alors qu’il a fait entre 6 et 7 °C avec beaucoup d’humidité. Je dirais donc que le niveau de confort est plutôt de 10 °C.

Dès le départ, depuis le camping, le GR m’offre une vue magnifique, derrière moi le Fort de la Hougue et devant sur la droite le phare de Saint-Vaast et l’Île Tatihou avec sa Tour Vauban. Je longe le port, déjà vu la veille, puis le sentier m’emmène en bord de mer, face au « phare de la Pointe de Saire », inauguré en 1836.
Après avoir franchi la Saire, je quitte la côte pour traverser le « hameau de Fouly » et quelques chemins campagnards avant de retrouver la mer au nord de « la Pointe de la Loge » à « l’Anse-de-Bret-en-Bas » m’offre un sentier doux, entre terre battue et sable épais, moins fluide pour marcher, mais reposant pour les pieds.

Puis, après les Pointes de Sly et de Landemer, une douleur sous le pied droit que je connais que trop bien commence. Je passe devant « Le Moulard », croisant quelques vestiges de la guerre, ces sinistres blocos.

Arrivé à la plage des Angues, je fais une pause grignotage et… chaussures enlevées, pieds dans l’eau glacée… Un vrai bonheur !

La suite alterne entre terre, sable épais et galets jusqu’à Barfleur. Je m’attarde sur la Grande Jetée de Barfleur pour admirer l’église Saint-Nicolas de l’autre côté. Je longe le port, passe par le chemin « La Cache des Amoureux » juste derrière l’église, puis emprunte la rue du Fort, un étroit passage entre maisons et mer, un kilomètre plus loin j’arrive au camping municipal de La Blanche Nef.

Le soleil ne m’a pas quitté de la journée. Tente installée, je file en ville m’acheter de quoi manger. Le ventre vide depuis le matin, mis à part un grignotage, j’engloutis mon casse-croûte au camping. Je discute avec un couple logé en cabane. Ils me disent marcher 30 km par jour, ils sont partis de plus loin que moi et vont jusqu’au Mont-Saint-Michel. Impressionné, je leur dis que ce n’est pas pour moi, je n’envisage pas faire des étapes de 30 km… l’avenir me prouvera le contraire.

Le soir, je mange une de mes préparations maison. Pas assez d’intimité pour les étirements ou la méditation. Dans la tente, je fais le point sur mes bobos : une probable sciatique, une gêne sous l’omoplate (les deux date déjà de quelques jours), deux orteils prêts à cloquer, des coups de soleil et toujours cette douleur sous le pied droit – j’en parle d’ailleurs dans un article de cette douleur à mon pied. Je me masse comme je peux le dos, les genoux aussi, puis je lis un peu avant de sombrer dans le sommeil.

Infos :
Étape facile.
Camping municipal de La Blanche Nef
12 Chemin de la Masse
50760 Gatteville-le-Phare
42 33 23 15 40
Mieux vaut réserver

Les +
Possibilité de charger téléphones et batterie gratuitement dans un petit coffre situé dans les sanitaires donc toujours accessibles.

Les –
Pas d’emplacement assez intime à mon goût, mettre l’ouverture de la tente côté haie.

À suivre :

Ce premier billet couvre la veille du départ et la première journée de marche. La suite de l’aventure arrive très bientôt ! Reviens régulièrement sur le blog pour découvrir les prochaines étapes de cette belle randonnée au fil des jours. Tu peux t’exprimer en commentaire !

Quelques photos :

Vue depuis le rivage de Saint-Vaast-la-Hougue sur la Manche calme, avec l'île de Tatihou visible à l'horizon, sous un ciel bleu partiellement nuageux.
L’île de Tatihou et sa tour Vauban, vue depuis le bord de mer de Saint-Vaast-la-Hougue – Manche, Normandie
Sentier de terre étroit encadré de végétation dense, avec des aubépines en fleurs blanches à gauche et une haie verte à droite, sous un ciel bleu vif, près du hameau du Fouly dans le Cotentin.
Chemin creux bordé d’aubépines en fleurs – Hameau du Fouly, côte est du Cotentin, Manche
Ruelle pavée d'un petit hameau normand, bordée de maisons et murets en pierre de granite appareillée, avec des fleurs en pot et des volets blancs, sous un ciel bleu sans nuages.
Ruelle du hameau du Fouly – Architecture en granite typique du Cotentin, Manche, Normandie
Vue panoramique depuis la pointe Maigret sur une anse sablonneuse bordée de rochers de granite, avec des eaux peu profondes aux reflets turquoise, des dunes herbeuses et quelques maisons à l'arrière-plan, sous un ciel bleu strié de nuages légers.
L’anse de la pointe Maigret vers le nord – Entre dunes, rochers et mer calme – Côte est du Cotentin, Manche
Vue en perspective le long d'une jetée en pierre bétonnée s'avançant dans la mer, avec un petit feu de signalisation rouge et blanc à son extrémité, des rochers affleurant à droite et la Manche ouverte à l'horizon, sous un ciel bleu.
La grande jetée de Barfleur et son feu d’entrée de port – Barfleur, Manche, Normandie
Vue depuis le port sur le bourg de Barfleur, dominé par l'église Saint-Nicolas en granite, entourée de maisons traditionnelles normandes, avec le quai et les rochers au premier plan et un ciel bleu dégagé.
L’église Saint-Nicolas de Barfleur vue depuis le port – Barfleur, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, Manche, Normandie
Passage piéton étroit en pavés longeant des maisons en granite à gauche et un muret surplombant une plage de sable et de rochers à droite, avec la baie de Barfleur et des habitations visibles à l'horizon, sous un ciel partiellement nuageux.
La rue du Fort et son chemin de ronde côtier – Barfleur, Manche, Normandie

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Voyage a pied dans la Haute-Drome de Jean Giono

522 mots, temps de lecture 3 minutes.

Voyage à pied dans la Haute-Drôme – Notes pour Les Grands Chemins de Jean Giono.

Couverture du livre de Jean Giono intitulé « Voyage à pied dans la Haute-Drôme, Notes pour Les Grands Chemins », publié aux Éditions des Busclats. Fond rose fuchsia, typographie blanche, illustration abstraite en bas représentant des formes géométriques colorées (bleu, blanc, rouge brique, beige).
Voyage à pied dans la Haute-Drôme. Notes pour Les Grands Chemins, Jean Giono – Éditions des Busclats.

Par : Antoine Crovella
EAN : 9782073079138
160 pages
Édition : Busclats 2024.

De quoi s’agit-il ?

Un cahier de type scolaire (avec table de multiplication au dos) retrouvé dans les archives, les annotations ou plutôt le journal de bord d’un voyage à pied fait entre du 20 au 27 juillet 1939 par Jean Giono. Une retranscription respectant la forme et le style particulier de cette écriture spontanée.

Si vous avez déjà lu « Les Grands Chemins », vous le relirez différemment après avoir lu ses notes

Couverture d'un cahier scolaire de 100 pages, usagé, de couleur grise. Une étiquette bleue octogonale collée au centre porte une inscription manuscrite à l'encre noire. Une signature à la plume est visible sur la couverture. Le cahier repose sur des coupures de journaux anciens. En bas figure la mention imprimée « Appartenant à ».
Cahier manuscrit de Jean Giono, Annexe 1 au Journal – Voyage à pied dans la Haute-Drôme – notes tomber (grands chemins). Document d’archive, date non précisée.

Un texte inédit de Jean Giono, oublié pendant plus de quatre-vingts ans dans les Archives nationales, a été retrouvé par hasard. Ce manuscrit, perdu parmi des dossiers judiciaires, faisait partie des archives de la section spéciale de la cour d’appel de Paris, une juridiction créée par le régime de Vichy durant la Seconde Guerre mondiale. Ces dossiers, inaccessibles jusqu’en 2015, ont récemment été explorés, révélant ce texte inattendu.

Ce cahier est un ajout au Journal de Jean Giono, disponible dans la « Bibliothèque de la Pléiade ». Marqué comme manquant, il couvre une période de juillet 1939 où Giono a marché 170 km dans la haute Drôme. Ce Journal, tenu de 1935 à 1939, s’arrête à cette date, avant de reprendre en 1942.

Le carnet de voyage décrit une randonnée de Giono du 20 au 27 juillet 1939 dans les Baronnies provençales, entre Gap et Vaison-la-Romaine. Il parcourt ce territoire montagneux seul, couvrant 170 km, émerveillé par la liberté de son voyage solitaire. Giono décrit un paysage de montagnes noires, cataractes et gorges étroites, différent de ses terres familières plus au sud

Page manuscrite à l'encre noire sur papier ligné, numérotée 64 en haut à gauche. Le texte, rédigé en écriture cursive serrée, se déploie en deux colonnes irrégulières avec des ajouts et ratures marginaux. Quelques mots sont soulignés ou biffés.
Jean Giono, Voyage à pied dans la Haute-Drôme – Notes pour Les Grands Chemins, page manuscrite, folio 64. Fonds d’archives, date non précisée.

Écriture manuscrite sur deux colonnes

Il présente ici un nouveau style d’écriture, d’annotation, divisant ses pages en deux colonnes. À gauche, des descriptions brèves et urgentes capturant l’instant présent, souvent des sensations (olfactives, auditives, etc.). À droite, une écriture plus narrative et introspective, où le « je » apparaît, transformant les expériences vécues en récit. Cette structure permet à Giono d’observer et de s’immerger dans l’environnement décrit, combinant impressions immédiates et réflexion personnelle. Il explique cette approche : « partager la page en deux, d’un côté une suite de descriptions, très large, pas composée et surtout pas grammaticale », et de l’autre, « les notations de son, de couleur et d’odeur », créant ainsi un espace d’introspection au-delà de simples impressions.

Carte illustrée en noir et blanc représentant l'itinéraire pédestre de Jean Giono en Haute-Drôme du 21 au 27 juillet 1939. Un tracé en pointillés relie les étapes successives du voyage, jalonnées de vignettes aquarellées figurant paysages, villages et personnages. Une échelle d'un kilomètre est indiquée en bas à droite.
Parcours de Jean Giono en Haute-Drôme, du 21 au 27 juillet 1939. Carte illustrée publiée dans Voyage à pied dans la Haute-Drôme, Éditions des Busclats.

Bref, ce texte redécouvert offre un aperçu unique de la méthode d’écriture de Giono, mêlant observations immédiates et réflexions personnelles.
Son livre « Les Grands Chemins » aux éditions Gallimard est sorti en 1951 a donc été écrit de mémoire puisque son journal de voyage fût retrouvé qu’après 2015.

Liste des œuvres de Jean Giono

Plongez-vous dans ce voyage et découvrez les paysages qui l’ont inspiré !

Je n’ai pas beaucoup d’information sur Antoine Crovella, sinon qu’il a un compte Intagram, pas moi.

Le billet « Voyage à pied dans la Haute-Drôme – Notes pour Les Grands Chemins de Jean Giono » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Randonnée Itinérante : Les conseils pour un Bivouac Réussi

1 040 mots, temps de lecture 6 minutes.

L’Art du Bivouac : Guide pour bivouaquer en toute tranquillité !

Les beaux jours arrivent et pour votre prochaine randonnée, c’est décidé, vous allez bivouaquer !

Que vous soyez seul ou a plusieurs vous faites le choix d’une aventure immersive, une reconnexion avec la nature.

Pour vous défaire de certaines appréhensions lisez, ou relisez les articles « Débuter en randonnée » et « Le bivouac : peurs et appréhensions« .
Tout comme vous préparez avec soin votre itinéraire, dans les préparatifs vous devrez y intégrer le bivouac.

Ci-dessous quelques conseils pour un bivouac réussi !

Les préparatifs

Le matériel

Avoir un équipement à la fois minimaliste et fonctionnel. L’objectif est de réduire le poids du sac tout en gardant l’essentiel pour dormir, manger et se protéger des éléments.

– Se protéger du sol : Une couverture de survie réutilisable, ou film plastique (vous isoler du sol tout en protégeant la base de votre tente et/ou votre matelas).

– Matelas : Tapis de sol (mousse pliant ou qui s’enroule) ou matelas gonflable. Pour bien choisir son matelas prendre en compte le facteur R-Value (ou R/Valu) les températures sont à titre indicatif, il s’agit d’une norme pour les fabricants de matelas [Norme R-Value ASTM F3340-18] et les températures données ne sont pas absolues, juste un ordre d’idées :

  • <2 → Èté → >10°C → Nuits douces, randonnée estivale
  • Entre 2 et 3 → Printemps/automne → 5°C à 10°C → Saisons intermédiaires, nuits fraîches.
  • Entre 3 et 4 → Hiver doux → 5°C à 0°C- → Bivouac hivernal modérée hors montagne.
  • Entre 4 et 5 → Hiver modéré → 0°C à -5°C →  Bivouac hivernal en montagne modérée.
  • > 5  → Hiver rigoureux → -5°C à -10°C → Bivouac en altitude avec neige.

Expliacations ici.

Bon ça ne s’arrête pas à 5, certains matelas haut de gamme pour des conditions extrêmes (expéditions polaires, alpinisme hivernal) peuvent atteindre R = 6, 7, voire plus.
– Vous pouvez superposer les couches, exemple : un tapis mousse (R/Valu 1,5) plus un matelas (R/valu 2,5) pour obtenir un R/Valu combiné ~4.

– Sac de couchage adapté : Choisir un sac en duvet ou synthétique selon la saison, avec un bon rapport poids/chaleur il existe également des quilts pour avoir plus aisance dans les mouvements. Vous pouvez également opter pour un sac de soie en plus qui permet de protéger votre sac de couchage tout en augmentant de quelques degrés la température de confort. Profitez pour lire l’article « Sac de couchage – duvet ou synthétique »

– Tente ultra-légère ou hamac ou tarp : En fonction de la façon dont vous souhaitez bivouaquer choisissez une tente légère (moins de 2 kg, la mienne fait moins de 1 kg) ou un hamac avec moustiquaire et toile de protection sont idéaux pour éviter de surcharger son sac. Vous avez une quatrième option, dormir à la belle étoile lorsqu’il fait bon.

– La popote : Optez pour un réchaud, gamelle, couverts léger.

Gestion de la Nourriture et de l’Eau

L’alimentation en bivouac doit être énergétique, légère et facile à préparer. Repérez si sur votre parcours se trouve des points de ravitaillement (épiceries, boulangeries, fontaines d’eau, etc.)

– Aliments lyophilisés ou préparés par vos soins : Gain de place et poids minimal.
– Collations énergétiques : Fruits secs, barres protéinées…
– Gourde filtrante et/ou pastilles purifiantes : Pour boire sans risque aux points d’eau naturels.

Choix d’un lieu de bivouac

Avant tout respectez la Réglementation et l’Environnement. Le bivouac n’est pas autorisé partout. Il faut se renseigner sur les règles locales (parcs nationaux, réserves naturelles, etc.).

– Terrain Plat : rien de plus pénible que de glisser dans son sac de couchage tout au long de la nuit et un lieu le plus sec possible.

– Abri Naturel : parfois l’on peut profiter d’une cavité, ou derrière une roche qui permet d’être à l’abri du vent, voire de la pluie. Ne pas hésiter à faire un tour des lieux car il arrive qu’à une centaine de mètres la géographie des lieux vous protège du vent.

– À l’écart des passages d’animaux : Pour ne pas être dérangé et ne pas déranger la faune. Repérez les passages et traces (terre retournée par les sangliers, trace de passages vers les points d’eau, etc.). Vous en écarter à quelques dizaines de mètres suffit à la tranquillité tous.

– Éloignement des Sentiers : Pour préserver votre tranquillité et respecter les autres randonneurs, éloignez-vous des chemins fréquentés, quelques dizaines de mètres souvent suffisent.

– À découvert ou en sous-bois ? : en fonction de votre parcours vous n’aurez pas toujours le choix, mais lorsque cela est possible, c’est un choix très personnel, je préfère le sous-bois car j’y suis mieux protégé de la rosée ce qui fait gagner du temps pour tout ranger le matin.

– Proximité d’une source d’eau : Mais à distance raisonnable pour éviter l’humidité, les crues. Ne vous lavez pas, ne faites pas vos besoins trop proches des point d’eau pour éviter toute pollution à ce sujet vous pouvez lire &nbsp; »Comportements respectueux de la nature en 8 points« .

Ce qu’il faut éviter !

Concernant le passage des animaux j’en ai parlé plus haut.

– Les gros arbres : si vous êtes en sous bois, évitez de bivouaquer sous les gros arbres (risque de chutes de bois morts) mais même en pleine santé en période de grosses chaleurs de grosse branche peuvent casser dû au stress hydrique (phénomène qui arrive lorsque les arbres perdent plus d’eau par évapotranspiration qu’ils ne peuvent en absorber par les racines).
– Au pied d’une falaise : Veillez à la géographie des lieux pour prévenir toute chute de pierres ou rochers.
– Attentions aux rivières : Certaines subissent des crues rapides en cas d’orage en amont. Ne vous mettez pas non-plus en aval d’un barrage hydraulique.
– Laisser traîner votre nourriture et vos ordures : un renard de passage n’hésitera pas y fouiller pendant votre sommeil, accrochez le tout en hauteur lorsque c’est possible.

Bref !

Le bivouac offre une grande liberté, mais demande une bonne organisation. En choisissant un bon emplacement, un équipement adapté, en respectant l’environnement et en anticipant les contraintes, cette expérience deviendra un souvenir mémorable. Certains bivouacs seront mieux que d’autres, il vous arrivera de vous arrêter dans un lieu qui ne soit pas à votre goût, et le lendemain matin vous découvrirez qu’a peu de distance il y avait l’endroit idyllique (ça m’est arrivé et ça m’arrivera encore).

J’ai certainement oublié d’autres conseils et n’hésitez pas à compléter dans les commentaires.

Alors, prêt à tenter l’aventure ?

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