Intéressant, mais je ne comprends rien à tout ça. Est-ce que tu peux nous expliquer à quoi ça sert, ça, et pourquoi tu le fais ? (:-)
Sachant de qui vient ce message, je soupçonne qu’il connaît déjà les réponses. Cela dit, c’est une belle opportunité d’y répondre de manière plus accessible et humaine, en évitant le jargon technique. Quoi que… je serais tout de même obliger d’employer quelques termes techniques. Désolé!
Il est vrai qu’à une époque, je communiquais en chiffré avec certaines personnes, notamment des participants aux Cafés Vie Privée. Aujourd’hui, j’ai perdu contact avec la plupart d’entre eux, et il est désormais assez rare que j’aie des échanges chiffrés. Alors…
À quoi ça sert ?:
Le chiffrement des mails consiste à rendre le contenu d’un message illisible pour toute personne autre que le destinataire légitime. Cela protège la confidentialité des informations échangées. La signature électronique garantit l’authenticité et l’intégrité d’un message. Elle permet au destinataire de vérifier que le mail provient bien de l’expéditeur annoncé.
Pourquoi tu le fais ?:
Garder la possibilité d’envoyer des messages chiffrés et de déchiffrer ceux reçus, garder la possibilité de signer mes messages et de vérifier la signature de ceux reçus.
Que se passe-t-il lorsque vous envoyez un mail
Lorsque vous envoyez un mail, il passe par plusieurs serveurs avant d’atteindre le destinataire. Si aucune mesure de sécurité n’est mise en place, le contenu du message peut être facilement lu par quiconque a accès aux serveurs ou aux réseaux par lesquels il transite.
Le protocole principal pour envoyer des mails, SMTP (Simple Mail Transfer Protocol), a été initialement conçu sans chiffrement. Aujourd’hui la plupart des serveurs de messagerie utilisent TLS (Transport Layer Security) pour sécuriser les connexions SMTP. TLS protège le transport des messages entre les serveurs en chiffrant le canal de communication mais TLS ne garantit pas un chiffrement de bout en bout. Une fois le message reçu par le serveur du destinataire, il peut être stocké en clair.
Alors, faut-il signer, chiffrer ses mails ?
Dans l’absolu, la réponse à la question plus haut est oui ! Mais la réalité est plus complexe.
D’où vient la complexité ?
L’aspect technique et l’aspect humain.
Les méthodes de chiffrement des mails, comme GPG (Gnu Privacy Guard), PGP (Pretty Good Privacy) et S/MIME (Secure/Multipurpose Internet Mail Extensions), nécessitent une certaine compréhension technique et ne sont pas intuitives pour les utilisateurs non avertis.
PGP ou GPG (car ils sont compatibles) et S/MIME sont les deux principaux standards, mais ils ne sont pas interopérables, créant des barrières entre utilisateurs de différents protocoles.
Chaque utilisateur doit générer une paire de clés (une publique et une privée) et échanger des clés publiques avec ses correspondants.
Les outils de chiffrement intégrés aux clients de messagerie (lorsqu’ils existent) restent souvent peu intuitifs même si avec l’évolution cela tend vers la simplification, ça peut sembler complexe.
Certains services ou applications de messagerie, surtout en ligne (Gmail, Outlook, etc.), ne supportent pas nativement le chiffrement PGP ou S/MIME, ou le font de manière limitée.
Certains fournisseurs de messagerie (Gmail, Outlook, etc.) sont souvent réticents à mettre en place un chiffrement de bout en bout par défaut, en raison de la perte de contrôle sur les contenus des mails. Certains fournisseurs de messagerie analysent le contenu des mails pour des raisons de ciblage publicitaire, et le chiffrement de bout en bout serait incompatible avec ce modèle économique.
Si un utilisateur perd sa clé privée (par exemple, après une panne d’ordinateur sans sauvegarde), il ne pourra plus déchiffrer les mails reçus avec cette clé.
Une personne qui souhaite utiliser le chiffrement, doit s’assurer que ses correspondants l’utilisent également.
La liste n’est pas exhaustive mais c’est déjà beaucoup de freins.
Faudrait-il communiquer uniquement de façon chiffrée ?
Pas forcément. Tout comme on peut envoyer des cartes postales sans enveloppe, certains courriels ne nécessitent pas un haut niveau de confidentialité. Par exemple, si j’écris pour annoncer que j’apporterai un cake aux olives pour le 25e anniversaire de Root66, le chiffrement n’est pas forcément indispensable. La question de la confidentialité dépend donc de l’importance du contenu. Par contre, si je communique avec des administrations, des banques, des assurances, des services médicaux, des avocats… Là, la confidentialité devient cruciale. Pourtant, cette option n’est que très rarement proposée, voire pas du tout, même pour ceux qui seraient en mesure de l’utiliser.
Ne leur jetons pas la pierre ! Cela est lié à la complicité actuelle à gérer des trousseaux de clés.
On le voit, ce n’est pas simple de communiquer en courriels chiffrés.
Il existe des messageries instantanées où le chiffrement de bout en bout est très simplifié comme Signal, Matrix via Element, pour ne citer qu’eux. Attention, Telegram ne chiffre pas de bout en bout par défaut, contrairement à ce que laisse entendre les médias.
Dans un monde idéal
Dans un monde idéal il faudrait combiner des améliorations techniques, des évolutions dans les usages et une interface conviviale.
Dans l’idéal et pour faire simple :
Standardisation mondiale des systèmes de messagerie intégrant nativement des protocoles de chiffrement comme OpenPGP/GnuPG ou S/MIME, sans configuration supplémentaire.
Interopérabilité totale quel que soit le client ou le fournisseur, les clés publiques et privées doivent pouvoir être échangées et utilisées facilement, sans problèmes de compatibilité.
Création simplifiée : Les clés de chiffrement seraient générées automatiquement lors de la création d’une adresse e-mail, sans intervention de l’utilisateur.
Distribution transparente des clés publiques avec publication dans un annuaire, ou échangées automatiquement lorsque deux personnes communiquent pour la première fois.
Renouvellement et révocation des clés expirées ou compromises seraient automatiquement renouvelées ou révoquées sans effort de l’utilisateur.
Partage d’accès temporaire : Si un utilisateur perd son accès à ses clés privées, un mécanisme sécurisé de récupération ou d’accès temporaire serait intégré.
Les outils et protocoles utilisés pour le chiffrement doivent être open source, audités régulièrement et vérifiés.
Voilà donc déjà quelques points, tant qu’ils ne sont pas mis en place, rendent encore le chiffrement des courriels complexe pour la plupart des utilisateurs.
Pour conclure
J’ai une paire de clés que je renouvelle de temps en temps, cela me permet en cas de besoin de pouvoir échanger par courriels chiffrés. Le fait de signer mes messages écrits en clair permet aux destinataires équipés des outils nécessaires de vérifier l’authenticité de l’expéditeur – en l’occurrence, moi.
Ne vous est-il jamais arrivé de recevoir un courriel d’une connaissance prétendant s’être fait voler son argent au Burkina Faso (ou ailleurs), vous demandant de l’aider par un envoie d’argent pour rentrer (alors même que cette personne n’a jamais quitté la France) ? Ce type d’arnaque, parmi bien d’autres, est malheureusement courant.
La signature numérique et sa vérification permettent de prévenir ce genre d’escroquerie, sauf si l’escroc a également réussi à voler la clé privée de votre connaissance et à découvrir sa phrase secrète. Un tel scénario, bien qu’éventuellement possible, reste toutefois très improbable.
Il était temps que je renouvelle ma clé de chiffrement, en effet je n’avais pas mis de date d’expiration et par procrastination dont je suis un spécialiste je reculais la date de cette tâche de jour en jour pour ne pas dire d’année en année. Ce week-end je m’y suis collé et c’est l’occasion de créer un billet pour blog.
Trouvant les interfaces graphiques limitées dans les options, j’ai utilisé la ligne commande bien plus riche.
Faut-il communiquer qu’en mode chiffré ou pas… ce sera le sujet d’un autre article !
Avant tout, qu’est-ce que GnuPG ?
GnuPG (GNU Privacy Guard) est un logiciel libre qui permet de chiffrer et de signer des données et des communications, rendant vos échanges privés et authentiques. Il utilise le chiffrement asymétrique : chaque utilisateur possède une clé publique (à partager pour recevoir des messages chiffrés) et une clé privée (à garder secrète pour déchiffrer les messages reçus et signer ses propres messages).
Bref :
Protéger vos emails et fichiers pour qu’ils ne soient lisibles que par le destinataire choisi.
Vérifier l’authenticité des messages ou fichiers reçus, confirmant qu’ils proviennent bien de la personne qui les a signés.
C’est un outil pour la confidentialité et la sécurité des communications numériques.
Avertissement
Il ne s’agit pas de copier/coller bêtement les lignes de commande mais d’essayer de les comprendre et de vous les approprier.
Comme modifier « mon@mail.fr » par votre mail… Et mettre votre propre ID
Pour comprendre comment est faite une clé GnuPG
pub rsa4096/0x2C07D84901065A3D 2024-11-10 [SC]
Empreinte de la clef = 32B2 C27E 1C7D 3D68 8FA1 D49F 2C07 D849 0106 5A3D
uid sima78 (clés perso 01) <mon@mail.fr>
sub rsa4096/0x373FEA503684F9B2 2024-11-10 [E]
pub : est la clé publique, l’ID est entre le « / » et avant 2024, utilisée pour chiffrer ou vérifier des signatures. Empreinte de la clé : est l’empreinte complète qui permet de faire des vérifications. uid : Identité de l’utilisateur associée à la clé publique (nom, email). sub : Clé secondaire, souvent utilisée pour des rôles spécifiques comme le chiffrement.
Renouvellement de la clé GnuPG
Je commence par lister les clés
gpg –list-key
Là je constate que j’ai une grande quantité de clés publiques expirées.
Faire le ménage et commencer par identifier les clés publiques expirées
Faire le ménage, supprimer les clés expirées est tout à fait optionnel. Vous pouvez le faire après, ou ne pas le faire.
La procédure de renouvellement commence vraiment à « Révoquer l’ancienne clé ».
Permets de lister les clés expirées
Pour les supprimer deux possibilités
Dans mes penses-bêtes j’ai un script et une ligne de commande. Je vous mets les deux mais j’ai utilisé la ligne de commande plus bas, je n’ai pas retesté mon script.
Mon script avec une structure conditionnelle « if, then, fi » et une boucle « for do done »
#!/bin/bash
# Script de suppression des clés publiques GPG expirées
# Vérifier si la commande gpg est disponible
if ! command -v gpg &> /dev/null; then
echo "Erreur : gpg n'est pas installé." >&2
exit 1
fi
# Parcourir en boucle chaque clé GPG expirée et la supprimer
for key in $(gpg --list-keys --with-colons | awk -F: '/^pub:e:/ {print $5}'); do
echo "Suppression d'une clé expirée: $key"
gpg --batch --yes --delete-keys "$key" || {
echo "Échec de la suppression de la clé: $key" >&2
}
done
echo "La suppression des clés expirées est terminée."
exit 0
gpg –list-keys –with-colons : Liste toutes les clés
awk -F: ‘/^pub:e:/ {print $5}’ : Filtre les clés publiques expirées (pub:e) et extrait leur ID.
xargs -I {} gpg –batch –yes –delete-keys {} : Utilise xargs pour passer chaque ID de clé expirée à gpg –delete-keys, supprimant ainsi les clés sans confirmation.
Cette commande supprime toutes les clés publiques expirées de manière automatique.
Mettre à jour les clés de votre trousseau
Pour synchroniser toutes les clés dans votre trousseau avec le serveur de clés et obtenir les dernières informations (comme les révocations), utilisez :
gpg –refresh-keys
Cela vérifie chaque clé de votre trousseau et télécharge les mises à jour disponibles, y compris les certificats de révocation, de tous les serveurs de clés configurés.
Ah, j’ai deux ID dont une est déjà expirée, c’est dont la première que je dois choisir.
sima78@jilipolla:~$ gpg --output revocation_certificat.asc --gen-revoke 0x2A5F500DD27DD6FB
sec rsa4096/0x2A5F500DD27DD6FB 2017-02-22 sima78 <mon@mail.fr>
Faut-il créer un certificat de révocation pour cette clef ? (o/N) o
choisissez la cause de la révocation :
0 = Aucune cause indiquée
1 = La clef a été compromise
2 = La clef a été remplacée
3 = La clef n'est plus utilisée
Q = Annuler
(Vous devriez sûrement sélectionner 1 ici)
Quelle est votre décision ? 0
Entrez une description facultative, en terminant par une ligne vide :
> ancienne
>
Cause de révocation : Aucune cause indiquée
ancienne
Est-ce d'accord ? (o/N) o
sortie forcée avec armure ASCII.
Certificat de révocation créé.
Veuillez le déplacer sur un support que vous pouvez cacher ; toute personne
accédant à ce certificat peut l'utiliser pour rendre votre clef inutilisable.
Imprimer ce certificat et le stocker ailleurs est une bonne idée, au cas où le
support devienne illisible. Attention tout de même : le système d'impression
utilisé pourrait stocker ces données et les rendre accessibles à d'autres.
sima78@jilipolla:~$ gpg --send-keys --keyserver keys.openpgp.org 0x2A5F500DD27DD6FB
gpg: envoi de la clef 0x2A5F500DD27DD6FB à hkp://keys.openpgp.org
Générer la nouvelle clé
sima78@jilipolla:~$ gpg --full-generate-key
gpg (GnuPG) 2.4.4; Copyright (C) 2024 g10 Code GmbH
This is free software: you are free to change and redistribute it.
There is NO WARRANTY, to the extent permitted by law.
Sélectionnez le type de clef désiré :
(1) RSA and RSA
(2) DSA and Elgamal
(3) DSA (sign only)
(4) RSA (sign only)
(9) ECC (sign and encrypt) *default*
(10) ECC (signature seule)
(14) Existing key from card
Quel est votre choix ? 1
les clefs RSA peuvent faire une taille comprise entre 1024 et 4096 bits.
Quelle taille de clef désirez-vous ? (3072) 4096
La taille demandée est 4096 bits
Veuillez indiquer le temps pendant lequel cette clef devrait être valable.
0 = la clef n'expire pas
<n> = la clef expire dans n jours
<n>w = la clef expire dans n semaines
<n>m = la clef expire dans n mois
<n>y = la clef expire dans n ans
Pendant combien de temps la clef est-elle valable ? (0) 0
La clef n'expire pas du tout
Est-ce correct ? (o/N) o
GnuPG doit construire une identité pour identifier la clef.
Nom réel : sima78
Adresse électronique : mon@mail.fr
Commentaire : clés perso 01
Vous utilisez le jeu de caractères « utf-8 ».
Vous avez sélectionné cette identité :
« sima78 (clés perso 01) <smon@mail.fr > »
Changer le (N)om, le (C)ommentaire, l'(A)dresse électronique
ou (O)ui/(Q)uitter ? O
De nombreux octets aléatoires doivent être générés. Vous devriez faire
autre chose (taper au clavier, déplacer la souris, utiliser les disques)
pendant la génération de nombres premiers ; cela donne au générateur de
nombres aléatoires une meilleure chance d'obtenir suffisamment d'entropie.
De nombreux octets aléatoires doivent être générés. Vous devriez faire
autre chose (taper au clavier, déplacer la souris, utiliser les disques)
pendant la génération de nombres premiers ; cela donne au générateur de
nombres aléatoires une meilleure chance d'obtenir suffisamment d'entropie.
gpg: répertoire « /home/sima78/.gnupg/openpgp-revocs.d » créé
gpg: revocation certificate stored as '/home/sima78/.gnupg/openpgp-revocs.d/32B2C27E1C7D3D688FA1D49F2C07D84901065A3D.rev'
les clefs publique et secrète ont été créées et signées.
pub rsa4096/0x2C07D84901065A3D 2024-11-10 [SC]
Empreinte de la clef = 32B2 C27E 1C7D 3D68 8FA1 D49F 2C07 D849 0106 5A3D
uid sima78 (clés perso 01) <mon@mail.fr>
sub rsa4096/0x373FEA503684F9B2 2024-11-10 [E]
On vérifie la liste des clés et note l’ID de la nouvelle clé
Une fois la nouvelle clé créée, listez vos clés pour noter l’ID de votre nouvelle clé :
gpg –list-keys
Exporter votre nouvelle clé publique
Exportez votre nouvelle clé publique pour la partager avec vos contacts :
Publier la nouvelle clé publique sur un serveur de clés
Cela permet à vos contacts de retrouver votre nouvelle clé via un serveur de clés public, comme keys.openpgp.org. Il en existe plusieurs mais ils se synchronisent ente-eux
sima78@jilipolla:~$ gpg --send-keys --keyserver keys.openpgp.org 0x2C07D84901065A3D
gpg: envoi de la clef 0x2C07D84901065A3D à hkp://keys.openpgp.org
Il ne reste plus qu’à configurer les clients mail pour utiliser la nouvelle clé
Chaque client mail a des procédures spécifiques pour sélectionner une nouvelle clé GnuPG. Je ne vais donc pas détailler ici.
Les commandes 2, 3 et 4 sont optionnelles, j’avais juste besoin de faire du ménage.
Précisions, réflexion : Il est fortement conseillé de créer un certificat de révocation de votre nouvelle clé que vous garderez précieusement dans vos sauvegardes. En effet, si pour une raison quelconque vous perdez votre paire de clés ou que votre clé est corrompue vous pourrez l’exporter pour révoquer votre clé et en recréer une nouvelle.
En écrivant cet article j’ai regardé ce que faisaient d’autres blogueurs, beaucoup commencent par générer la nouvelle clé et termine par la révocation de l’ancienne clé, c’est aussi une logique qui se tient.
Il existe de plus en plus de fournisseurs de messageries qui proposent la possibilité de chiffrement assymétrique de vos mails et signatures de façon simplifiée.
Bon, ce n’est pas tout à fait, la preuve ici, l’art d’écrire un article pour dire qu’il n’y en a pas.
Ce n’est pas faute d’essayer pourtant, car j’ai des brouillons qui s’accumulent, et les sujets potentiels remplissent les notes… mais rien ne semble aboutir. C’est comme si l’inspiration jouait à cache-cache.
Face à ce vide que j’espère temporaire je ne vais me poser devant mon écran, les mains sur le clavier à attendre un miracle… Je passe donc à autre chose en attendant. Parmi mes brouillons j’en ai bien quelques-uns de bien avancés, mais il faut les compléter, faire de photos, restructurer, bref certains articles prennent beaucoup plus de temps que d’autres. C’est ainsi, et je n’ai pas toujours le temps. Il est parfois instructif de ne pas écrire, de s’arrêter pour écouter ce que ce « blocage » a à nous dire.
Rien n’est perdu, bien sûr. D’autres articles naîtront lorsqu’ils seront mûrs et aboutis. En attendant, je fais cette pause, avec l’assurance que l’envie et les mots reviendront.
Bien préparer une randonnée en itinérance, c’est savoir où s’abriter, repérer les refuges, gîtes et abris avant de partir.
Cet article est finalement une suite logique de « Comment trouver des toilettes ?« . Lorsque l’on prépare une randonnée en itinérance il est important de repérer préalablement les spots de bivouacs possibles, les points d’eau, parfois des douches (souvent en zone portuaire), toilettes en zone urbaine, les gîtes et cabanes.
Sur cet article je vais donc donner quelques pistes pour repérer préalablement les refuges (gîtes et cabane).
Une fois les refuges de votre parcours repérer, les précautions à prendre.
Sur cet article :
IGN
OpenStreetMap
OsmAnd
Topoguides
refuges.info
Conclusion
Précision
Où et comment trouver les refuges, gîtes et abris
IGN
Sur les cartes IGN, il suffit de lire la légende qui est très riche dont je vous mets un extrait sur le sujet qui nous concerne.
Les quatre symboles utilisés sur les cartes IGN Top 25 pour identifier les possibilités de bivouac et d’hébergement en randonnée.
Sur les cartes IGN en ligne il faut parfois zoomer pour mieux voir les détails, vous pouvez y accèder sur Géoportail.
Sur cet extrait IGN du massif du Jura, deux zones cerclées mettent en évidence des hébergements repérables avant de partir en randonnée vers le point culminant du Jura.Vue d’ensemble du même secteur IGN, montrant la distribution de quatre hébergements repérables sur une aire de randonnée d’environ 10 km de large, entre Bellecombe et Lélex.
OSM – OpenStreetMap
Sur OSM (OpenStreetMap) il y a aussi des pictogrammes qui permet d’identifer les différent types de refuges. Les cryptogrammes ainsi qu’une partie des descriptifs sont tout simplement copiés depuis leur site (wiki OSM)
Abri de campagne/montagne
L’abri : un toit sans équipement, signalé sur OpenStreetMapTypique des abris forestiers d’Europe centrale, cette structure en bois offre un toit et des bancs, sans porte ni gardien – cartographiée comme « Shelter » sur OSM.
Le refuge de bivouac ou le refuge non gardé est un bâtiment éloigné de toute agglomération. Cet abri est généralement doté d’une cheminée, destiné à fournir un abri temporaire et un endroit pour dormir (sans service d’entretien, sans personnel).
Le refuge non gardé : structure ouverte, sans accueil permanent.Refuge non gardé en pierre, quelque part en montagne : solide, ouvert, mais livré à lui-même – à localiser sur OSM avant de partir.
Un refuge gardé de montagne est un bâtiment d’altitude isolé qui offre le gîte et le couvert. Il est gardé pendant la période d’ouverture. En règle générale, les refuges de montagne appartiennent et sont gérés par un club alpin ou un organisme similaire. Il existe aussi des refuges privés, communaux…
Le refuge gardé : un accueil humain identifié par la silhouette du randonneur.Un refuge gardé alpin avec terrasse et annexe de stockage : la présence humaine se lit jusque dans les détails – volets fleuris, bois de chauffage, tables dressées.
Chambres d’hôte. Logement sans licence hôtelière qui est souvent géré par le propriétaire. Fournit en général une chambre et le petit déjeuner. Avec un « personnel » pas présent 24/24h ni 7 jours sur 7. S’étend de chambres d’hôtes construites pour proposer, ou pas, le Breakfast familial.
La chambre d’hôte : hébergement chez l’habitant, en milieu rural ou de montagne.
Chalet. Attention il s’agit d’une traduction anglophone. En France, ce qui s’en rapproche le plus comme traduction est un meublé de tourisme mais qui n’est pas dans un immeuble. Il est défini comme un hébergement que l’on peut louer, qui est indépendant de l’habitation du tenancier dans lequel on trouve cuisine, toilettes et salle de bain autonomes et privatives et qui est installé au sein d’un bâtiment exclusivement réservé pour le groupe/famille qui le loue. Dans les précisions, il peut y avoir le label s’il existe (ex. Gîtes de France).
Le chalet : un hébergement de montagne identifiable à son triangle sommital.
Gîtes d’étape où il est possible de louer une chambre ou un lit dans un dortoir pour une seule nuit et où les toilettes, cuisines et salles de bains sont communes (ex. auberges de jeunesse).
Le dortoir : couchage collectif en lits superposés.Dortoir typique d’auberge de jeunesse : lits superposés, sacs posés à même le sol et atmosphère de passage – une formule économique prisée des randonneurs itinérants.
Hotel
L’hôtel : le lit individuel comme symbole de l’hébergement commercial classique.
Camping (ils sont également indiqués sur les cartes IGN sur pictogramme rouge)
Le camping : la tente comme symbole du bivouac aménagé.
Sur application smartphone
Comme je l’ai dit lors de l’article « Comment trouver des toilettes » je vous parle de ce que je connais et utilise, il ne s’agit pas d’un comparatif d’applications.
OsmAnd
On retrouve les mêmes pictogrammes que sur OpenStreetMap mais aussi d’autres qui donnent plus de précision (désolé, par contre leur signification est en anglais… Cela-dit sur l’application smarpgone les détails sont en Français). Lien des pictogrammes et des légendes OsmAnd~
Les quatorze catégories d’hébergement cartographiables sur OpenStreetMap, des établissements commerciaux aux abris d’urgence en pleine nature.
Si l’on met le doigt sur le pictogrammes on accède à plus d’information et de détails
Voire les images ci-dessous.
Sur OsmAnd, les hébergements apparaissent directement sur la carte sous forme de pictogrammes circulaires bleus, ici une chambre d’hôtes à Valensanges.Un tap sur le pictogramme suffit pour accéder aux coordonnées, contacts et capacité de l’hébergement, sans connexion internet si les données ont été téléchargées.Un camping municipal repéré sur OsmAnd en bord de Seine, sur l’île du Parc Saint-Aubin à Samoreau – utile pour les randonneurs itinérants en vallée.La fiche OsmAnd du camping mentionne jusqu’au type de surface – ici gazon – parmi les données contributives de la communauté OSM
L’importance des détails directement sur votre application de randonnée.
Normalement vous avez préparé votre randonnée avec vos hébergements d’étapes… Mais au bout de 2h de marche vous êtes surpris par un orage… En regardant les hébergements les plus proches vous avez dans les précisions les informations de contact… C’est très pratique !
Dans les topoguides
Que ce soit ceux de la FFRandonnée (je vous mets le lien mais je ne gagne rien, je ne suis pas sponsorisé), ou d’autre topoguides d’associations, de certains Offices de Tourisme qui en publient, venant aussi de sites web regroupant des propositions de randonnées… Généralement vous avez toutes les informations pour les hébergements, pas toujours sur tous ceux au long du parcours, mais ceux proposés en fin d’étapes.
Un site qui centralise les refuges
Mais pas que… il y a aussi les points d’eau, sommets etc.
Si certaines données peuvent provenir de openStreetMap, il y a une grosse contribution directe des utilisateurs sur le site-même.
Avantage : descriptions détaillées, des avis, des photos, ou des commentaires sur l’état actuel du refuge…
Inconvénient : Pas de synchronisation avec OSM, il arrive qu’un refuge n’existe plus et qu’il soit malgré tout sur le site[1].
Cela-dit, je pense qu’il s’agit d’un incontournable pour préparer vos randonnées !
Conclusion
Quelle que soit votre façon de repérer les refuges, gîtes, abris et autres hébergement lors de la préparation de vos randonnées, le plus important est de toujours vérifier par vous-même à la source, en téléphonant, ou envoyant un mail. Il n’est jamais impossible qu’un refuge n’existe plus, ou soit fermé pour cause de travaux ou autres… Faites toujours vos propres vérifications.
Précisions
Si j’utilise OsmAnd et OpenStreetMap, j’aime aussi les cartes papier 25 000e de l’IGN et l’orientation, il ne s’agit surtout pas d’un comparatif, les cartes IGN sont des références et permettent de faire de l’azimut puisqu’il y a les déclinaisons entre-autres. J’ai écris des articles sur le sujet :
^Expérience l’année dernière où dans le Jura, lors d’une préparation, un gîte sur la carte IGN et sur refuges.info, pas sur OSM… après renseignements j’ai su qu’il n’existait plus qu’il était en ruine.
Il ne s’agit pas d’un comparatif d’applications, il y en a tant, et chacune avec ses avantages et inconvénients. Je vais donc vous parler de celle que j’utilise tout en partageant quelques astuces pour bien préparer une randonnée. Cela inclut comment repérer les toilettes publiques en ligne, notamment pour les applications qui ne les signalent pas.
En voilà une drôle de question Sima ? En randonnée la nature t’est offerte à tes besoins !
Soit ! J’avais d’ailleurs écrit lors d’un billet « Comportement respectueux de la nature en 8 points« , sur le point 5 comment faire ses besoins dans la nature sans laisser de trace. Mais !… Il peut arriver que l’on passe par des zones urbaines, voire faire une randonnée urbaine, il y en a de magnifiques et que vous ayez une urgence. Pour un pipi, il y a une inégalité homme / femme… L’homme pourra se contenter d’un arbuste ou derrière un arbre.
Cela-dit, si vous faites vos besoins sur un espace public, vous pouvez être verbalisé, et oui, même pour un pipi. Et il n’y a pas toujours un bar ouvert où prendre un café pour utiliser les toilettes et dans ce genre de situation homme / femme, se retrouvent égaux face à cette nécessité vitale.
Cette idée d’article fait suite à une conversation avec une randonneuse qui me disait que sur l’application qu’elle utilisait les toilettes publiques n’étaient pas indiquées… Moi-même, je ne m’étais pas penché sur celle que j’utilisais pour savoir si elle les répertoriait. Entre-temps, c’est chose faite !
Le célèbre Manneken Pis de Bruxelles – icône universelle d’un besoin qui ne peut pas attendre.
L’application que j’utilise
OsmAnd Vous pouvez l’obtenir sur le GooglePlayStore ou AppStore, cela-dit la version gratuite est limité à un certains de cartes embarquée, la payante est illimitée. Si vous êtes sous Android en installant F-Droid[1] vous pouvez avoir la version illimitée gratuitement et en toute légalité, donc avec les mises-à-jour. OsmAnd est basé sur OpenStreetMap, c’est-à-dire une carte collaborative (fonctionnement équivalent à Wikipédia) ce qui signifie qu’elle est sans cesse enrichie.
Sur OsmAnd, où sont les toilettes ?
Je commence par faire une recherche sur ma propre ville, et là, surprise, il y a deux lieux où se trouvent des toilettes (j’y reviendrai plus bas). Alors je regarde sur une ville plus petite que j’ai traversé lors du Tour de la Chaîne des Puys d’Auvergne… Olby, je sais qu’il y a des toilettes pour les avoir utilisés.
Et là sur la première photo ils sont signalés.
OsmAnd affiche clairement l’icône toilettes Place de la Fontaine, à Olby à quelques mètres de la route départementale D554.
En zoomant un peu plus on les voit mieux
Zoom sur la Place de la Fontaine : l’icône toilettes apparaît clairement, entre le parking et le monument aux morts, à deux pas du Vival et de la Mairie.
En appuyant dessus on a les informations et on peut même avoir plus de détails (accès libre, gratuit, payant, etc.)
Un clic sur l’icône suffit : OsmAnd affiche instantanément les infos essentielles – accès libre, entrée gratuite, et navigation possible en un tap.
Les détails
C’est à ce niveau que ça peut coincer un peut… Revenons à ma ville (j’en parlais plus haut, si vous avez suivi), l’un des lieux se situe dans la plaine de jeux, ils sont signalés en accès libre. Soit, mais la plaine de jeux n’est pas ouverte tous les jours, et lorsqu’elle est ouverte, il y a des horaires. Le deuxième lieu est la gare. Personnellement je n’avais pas remarqué qu’il y a des toilettes dans notre gare et la gare est fermé la nuit… Alors que les toilettes d’Olby sont ouverts 24h/24h. Si vous souhaitez contribuer à OpenStreetMap vous pourrez certainement améliorer les précisions.
Je n’ai pas OsmAnd, comment je fais ?
Alors oui, c’est bien dommage 😉 Mais pas impossible, pour préparer votre randonnée et repérer préalablement les toilettes il y a des possibilités.
Aller directement sur OpenStreetMap, puisque c’est la base, exemple sur la prise d’écran ci-dessous.
Pas besoin d’application : OpenStreetMap sur navigateur web localise lui aussi les toilettes publiques – ici Place de la Fontaine à Olby, identifiables grâce à leur icône dédiée.
J’espère que ce billet vous aura aidé à satisfaire vos besoins. Ho Sima78, jeu de mots facile…
Loin de moi l’idée, juste aider à satisfaire les préparations des parcours en prenant tout en compte, dont les toilettes. Peut-être que d’autres applications les répertorient aussi, comme je l’ai dit en introduction, il ne s’agit pas d’un comparatif entre les applications mais mon humble expérience avec ce que j’utilise. J’en profite pour remercier la randonneuse dont la discussion m’a inspiré ce billet.
Vos avis comptent ! Critiques bonnes ou mauvaise aussi ! D’autres suggestions ?… N’hésitez pas à vous exprimer, les commentaires sont là pour ça !
^Si vous installez F-Droid votre smartphone risque de vous crier dessus « attention, risque de virus, et patati et patata »… Google a horreur que l’on passe outre son monopole, mais sous F-Droid les applications sont libres, open-source et respectueuses de vos données… Je n’utilise aucune application de GooglePlayStore.
Eldorado : l’exil, la quête de survie, et le désir d’une vie meilleure.
ISBN : 978-2-7427-6261-3
224 pages Édition : Actes Sud
Eldorado, Laurent Gaudé – Actes Sud. Un titre solaire pour un roman qui interroge les mirages de la migration et la quête d’un ailleurs impossible.
Le livre est sorti en 2006 aux éditions Actes Sud. C’est la réédition que mon libraire m’a fait découvrir. Achetez vos livres en librairie plutôt que sur le web, ils sont au même prix et vous bénéficiez de bons conseils.
Laurent Gaudé, avec Eldorado, parvient à tisser un récit d’une humanité profonde et émouvante, touchant à des questions aussi universelles qu’actuelles : l’exil, la quête de survie, et le désir d’une vie meilleure. À travers les histoires croisées de migrants en quête d’une vie meilleure et d’un capitaine de la marine italienne en pleine crise existentielle, Laurent Gaudé explore des problématiques actuelles tout en mettant en lumière la complexité des émotions liées à l’exil.
Ce roman est à la fois une réflexion sociale et un voyage intime, marqué par une écriture à la fois sobre et poétique.
Un regard touchant sur la migration.
Gaudé nous plonge dans l’expérience des migrants, ces femmes et ces hommes prêts à tout pour fuir la misère, la guerre ou la répression. Il met en scène deux histoires parallèles : celle de Soleiman, un jeune homme qui quitte son village pour traverser le désert et la mer Méditerranée, et celle du capitaine Salvatore Piracci, chargé d’intercepter les embarcations clandestines qui tentent de rejoindre les côtes Italiennes et donc l’europe.
Soleiman incarne cette quête d’un Eldorado lointain, symbolisant le rêve d’une vie meilleure. À travers ses yeux, on découvre les épreuves terrifiantes auxquelles sont confrontés les migrants : la chaleur écrasante du désert, l’angoisse de la mer, et la cruauté des passeurs. L’histoire de Soleiman est une succession de désillusions et de sacrifices, mais aussi de moments de solidarité et d’espoir. Gaudé nous montre la résilience des migrants sans jamais tomber dans le pathos, ce qui rend leur combat encore plus poignant.
D’un autre côté, le capitaine Piracci est un homme hanté par ses missions de patrouille en Méditerranée, où il doit empêcher les migrants d’accéder à l’Europe. Sa rencontre avec une réfugiée qui refuse de se soumettre à sa condition bouleverse son quotidien et déclenche en lui une profonde remise en question. Ce personnage, initialement figure d’autorité, devient le miroir d’un dilemme moral : comment concilier la loi avec l’humanité ?
Les thèmes de l’exil et la migration
Contrairement à d’autres récits qui traitent de l’immigration de manière plus journalistique ou manipulatrice, Gaudé adopte une approche subtile et nuancée. Eldorado n’est ni un pamphlet ni un manifeste. C’est un roman qui touche à l’intime tout en éclairant les réalités globales des migrations. Laurent G. évite de sombrer dans le pathos facile, préférant explorer la diversité des motivations, des souffrances, mais aussi des forces des migrants. Il montre la complexité des choix auxquels ils sont confrontés sans pour autant juger ou prendre parti.
Conclusion
Eldorado nous éclaire sur la complexité du phénomène migratoire tout en plaçant l’humain au cœur de son récit. Gaudé choisit de raconter l’histoire (loin des discours politiques ou polémiques) d’individus, qu’ils soient migrants ou gardiens des frontières, sont tous pris dans une quête existentielle. Il nous invite à voir au-delà des chiffres et des statistiques pour comprendre la réalité intime de ces parcours de vie.
Eldorado raconte le drame de l’exil, mais aussi la beauté des rêves et de l’espoir. C’est un livre sur la problématique contemporaine qui touche à l’universel, un livre que j’ai adoré.
Ne publiez pas vos spots de bivouacs sur les réseaux sociaux.
Je le sais que trop bien, publier nos spots de bivouac sur les réseaux sociaux permet de partager des lieux incroyables avec la communauté, d’inspirer d’autres personnes et de favoriser l’échange de bons plans. Cela aide aussi à documenter nos voyages, à garder des souvenirs et à susciter l’engagement en partageant des expériences uniques.
Et pourtant, ce n’est pas une bonne idée !
Je vous avais évoqué l’écriture de ce billet dans l’article intitulé Le tour des Puys d’Auvergne. L’idée m’est venue lors d’une conversation avec le jeune berger rencontré au cours de la troisième journée. Je vous partage ici, de mémoire et de manière approximative, les grandes lignes de ces propos.
Dans un espace où il fait une pause avec ses moutons :
Vous voyez ici, si un camping-car vient passer la nuit, bon l’accès n’est pas facile, mais imaginons, la petite famille va passer une bonne soirée, une bonne nuit et un réveil dans un coin magnifique et ça ne gêne pas vraiment. Mais il suffit qu’ils publient sur Strava, Instagram, Facebook et ici on se retrouve avec plein de camping-cars et ce n’est plus gérable. Pareil pour vous, si vous mettez sur les réseaux sociaux vos spots de bivouac, les gens qui vous suivent vont bivouaquer aux mêmes endroits alors que si vous ne dites rien les gens qui vont faire ce GR vont bivouaquer un peu plus en amont ou en aval et ça devient moins gênant…
Partager les spots de bivouac n’est pas une bonne idée
Même si cela peut sembler anodin, publier nos spots de bivouac sur les réseaux sociaux peut entraîner plusieurs problèmes. Cela peut provoquer un afflux de visiteurs, dégradant des lieux souvent fragiles et non adaptés à un tourisme de masse. L’impact environnemental augmente, avec des risques de pollution, de déchets et de détérioration de la nature. De plus, cela peut perturber la faune et la flore locales. Enfin, certains sites peuvent être privés ou protégés, et la surfréquentation peut mener à des restrictions ou à l’interdiction de bivouac.
Les conséquences de tels partages
Partager sur les réseaux sociaux cause des conséquences néfaste pour l’environnement et les communautés locales. En cherchant sur le web vous trouverez de nombreux exemples :
Certains GR où vous devez garder les embouts caoutchoucs sur les bâtons pour ne pas détériorer les chemins (des tronçons du GR34, GR340 et certainement d’autres)
Les montagnes du Lac des Vaches en France ont vu leur popularité exploser après avoir été partagés sur Instagram. Le résultat a été une dégradation des sentiers, une accumulation de déchets et une érosion du sol.
Des sites comme les Calanques et l’île de Porquerolles en France ont dû limiter leur accès après avoir été submergés par trop de visiteurs, entraînant une érosion des sols et la dégradation de la faune et de la flore locales.
Les autorités locales comme à l’Étretat, ont même mis en place des stratégies de « démarketing » pour freiner cette surfréquentation, en limitant la promotion touristique des lieux.
Est-ce les sites où ceux qui y publient ? Si vous le faites, il est important de le faire de manière responsable pour préserver les lieux et éviter le sur-tourisme ou la dégradation de l’environnement.
Une liste non exhaustive :
Strava
Instagram : Bien que principalement axé sur les photos les hashtags comme #bivouac ou #wildcamping sont populaires.
Facebook : De nombreux groupes spécialisés dans le bivouac, la randonnée ou l’aventure existent sur Facebook, où les membres échangent des expériences, des photos, des recommandations et des traces GPS.
Visorando
VisuGPX
Komoot
OpenRunner
AllTrails
Wikiloc
Outdooractive
ViewRanger (désormais intégré à Outdooractive)
Gaia GPS
CampToCamp
TrekAddict
Changeons nos comportements
Je ne prétends pas changer le monde, et je suis loin d’être parfait ou un influenceur. Cependant, chaque réflexion avant de publier peut apporter sa petite contribution. De la même manière que les randonneurs, souvent sensibles au respect de la nature et de l’environnement, connaissent généralement les bons comportements à adopter, ils oublient parfois que partager des spots de bivouac peut avoir un impact négatif sur l’environnement.
Conclusion
Partager ses spots de bivouac sur les réseaux sociaux, bien que tentant pour inspirer et échanger avec la communauté, peut avoir des conséquences néfastes sur l’environnement. La surfréquentation, la dégradation des sites naturels, et l’impact sur la faune et la flore locales sont des risques majeurs. Il est donc essentiel de repenser nos comportements en ligne et de privilégier la protection de ces espaces précieux pour préserver leur beauté et leur tranquillité.
N’hésitez pas à partager vos réflexions et vos expériences en commentaire, car ensemble, nous pouvons trouver des solutions pour préserver nos lieux de bivouac tout en profitant pleinement de la nature !
Une magnifique boucle sur le tour des volcans d’Auvergne.
GR® 441, boucle de Volvic – Tour de la Chaîne des Puys
113 km de difficulté → difficile.
Ce circuit est prévu sur 5 jours, une durée raisonnable si vous choisissez de dormir en gîte. Avec le petit-déjeuner et le dîner disponibles sur place, vous pourrez voyager léger, sans avoir à transporter tente, matelas, etc., emportant uniquement un pique-nique et de l’eau.
Si vous optez pour le bivouac et l’autonomie alimentaire, vous devrez non seulement porter une charge plus lourde, mais aussi partir plus tard le matin en raison du démontage du camp (sécher la tente, plier, ranger…). Dans ce cas, prévoir 6 ou 7 jours est plus adapté, à moins d’être un performeur.
La Chaîne des Puys déroule ses cônes volcaniques à perte de vue, un terrain de jeu exceptionnel pour les randonneurs du GR441.
Rando en binôme
Nous sommes partis à deux. Nous avions déjà randonné dans les Pyrénées quand nous étions jeunes, beaux et c… à la fois. C’était donc le ’come-back’ ! Je n’avais pas d’appréhension particulière, étant assez confiant dans mon binôme, comme lors de ma randonnée dans le Pays de Cauxavec Tom23. En réalité, la seule source d’inquiétude, c’était moi-même : Dans les deux cas, je venais de me remettre d’une lombalgie. Mon pied droit tiendra-t-il jusqu’au bout ? Et là, une fatigue chronique inexplicable me pèse depuis plus d’un mois…
Avertissement
Je ne mets pas les traces GPS (téléchargeables) pour ne pas dévoiler nos spots de bivouacs. C’est volontaire et j’ai toute une argumentation sur le sujet qui sera traité lors d’un billet à venir.
Les images de traces sur l’article ont été créées après notre retour car je n’ai pas enregistré mes traces, j’ai souvent marché smartphone éteint pour économiser de la batterie. Mon binôme, pour ne pas le nommer il faut que je lui trouve un pseudo… Jubéa, c’est pas mal ça ! Je pense qu’il comprendra et j’espère que ce pseudo lui plaira ! Il lui reste les commentaires pour s’exprimer.
Jour 1
Le ton est donné dès le premier jour : une montée quasi continue de 502 m à 1 136 m d’altitude, pour rejoindre le cœur de la Chaîne des Puys.
Volvic – Lieu de bivouac
10,686 km Nous arrivons à Volvic un peu avant 14h, nous comptions passer une nuit au camping pour commencer le lendemain. L’accueil du camping est fermé et ouvre à 15h30, nous attendons un peu… Puis nous décidons de garer la voiture en centre-ville et démarrer la randonnée il est un peu plus tard que 14h30. Les 2 ou 3 premiers kilomètres nous croisons des points d’eau, j’en ai 1,5L et Jubéa à peu près autant. Les dénivelés montants, descendants sévères s’enchaînent, il fait aux alentours des 30°C, nous devons trouver un coin de bivouac et nous n’avons plus beaucoup d’eau.
Sur l’un des sommets au magnifique panorama il y a juste derrière une toute petite clairière où nos deux tentes y tiendraient à l’étroit, l’herbe y est écrasée signe que quelqu’un y a bivouaqué avant nous malgré l’interdiction mais nous devons nous poser, nous reposer. Je décide de ne pas manger ce soir là, juste une barre de céréale, je veux garder un peu d’eau pour le lendemain. On a passé une belle journée, dure en dénivelés mais avec de magnifiques paysages.
Entre ombre et lumière, le sentier s’engage timidement dans les premiers reliefs, la montagne se dévoile par tranches, à travers les arbres.Il domine, il impose, il fascine. Le Puy de Dôme se dévoile dès le premier jour — et une montgolfière vient rappeler que ce volcan-là se contemple aussi depuis les airs.Camouflés plutôt que campés – le bivouac du soir se glisse discrètement entre les noisetiers, comme si la forêt avait elle-même ouvert un refuge.
Jour 2
Plus de 19 km le long de la Chaîne des Puys, avec un beau sommet à franchir en milieu de parcours avant une descente vers la vallée.
Lieu de bivouac – Lieu de bivouac après Laschamps
19,385 km Après avoir profité du panorama matinal, nous reprenons notre chemin. Les dénivelés continuent de se succéder, offrant toujours des paysages grandioses. Toutefois, notre principale préoccupation demeure l’eau : nous n’en avons pas assez. Nous croisons plusieurs petites retenues d’eau (flaques et petites mares) que les sangliers ont utilisés pour créer leurs bauges. L’idée de remplir nos gourdes, même filtrantes, à ces endroits est peu engageant. Pour la pause déjeuner, nous découvrons une magnifique clairière. À sa sortie, deux abreuvoirs à bétail partiellement remplis par les pluies nous offrent une solution. Nous choisissons celui dont l’eau semble la moins croupie pour remplir nos gourdes, nous désaltérer et emporter une réserve suffisante pour la suite du parcours.
L’ascension du Puy de Dôme est sans doute la partie la plus éprouvante, mais elle nous récompense par des vues à couper le souffle. La seule ombre au tableau se trouve au sommet, lorsque nous décidons de nous rafraîchir au bar. À notre surprise, les commandes se font via des bornes électroniques, comme dans un fast-food. Pendant notre pause, nous observons plusieurs familles et groupes, visiblement agacés par ce système, qui quittent les lieux sans rien consommer. Dans un tel cadre, on s’attend à une ambiance plus accueillante et chaleureuse, que les technologies modernes n’offrent pas. Un service traditionnel, avec des serveurs prenant les commandes à table, aurait été bien plus approprié et apprécié.
À Laschamps nous faisons une halte au cimetière, pour faire nos toilettes, une peu de lessive et remplir nos gourdes avant d’aller à la recherche d’un spot de bivouac que nous trouverons sous des épicéas, un bon spot au sol bien moelleux. Les sardines s’enfoncent au pouce, sans effort mais ressortiront le lendemain collant de résine, on ne peut pas tout avoir.
La fraîcheur du matin, le vert éclatant de l’herbe, le frémissement des bouleau – le Jour 2 s’ouvre sur une clairière lumineuse et apaisante.Les puys se succèdent comme des vagues figées — landes rases, flancs rougeâtres et horizons infinis. On marche ici sur le toit de l’Auvergne.Eux descendent en volant, nous descendons en marchant sur les flancs du Puy de Dôme, chacun choisit sa façon de toucher les nuages.Tentes plantées, réchauds allumés – le rituel du bivouac s’installe…
Jour 3
22 km et un profil en montagnes russes – le Jour 3 multiplie les montées et descentes entre 950 m et 1 176 m, dans le secteur vallonné d’Orcival et de la vallée de la Sioule.
Lieu de bivouac après Lachamps – Pessade
22,505 km Les dénivelés sont moins difficiles mais toujours existant, comme aurait dit un berger rencontré dans notre jeunesse dans les Pyrénées : Ho, c’est tout plat par là ! Jubéa se rappellera certainement de cette anecdote. Nous traversons de beaux paysages, moins boisés, ce qui nous pèse c’est de marcher souvent en plein cagnard. Depuis le début nous marchons sous une chaleur caniculaire par contre le ravitaillement en eau est moins problématique.
En quête d’un peu plus de confort pour la nuit à venir, nous réservons au gîte « Le Bercail Montagne » à Pessade. Malheureusement, le gîte est complet, mais le propriétaire, dans un geste très sympathique, nous propose de nous loger dans une annexe qu’il possède. Nous apprenons par la suite que cette annexe est habituellement fermée, car elle est en vente. Ce geste attentionné nous a véritablement dépannés.
Une fois installés dans ce gîte spacieux de six couchages, tout propre et confortable, c’est un véritable luxe après nos nuits en bivouac. Nous découvrons avec surprise qu’il y a même un petit bar dans ce village d’environ soixante habitants. Nous nous y rendons pour boire un rafraîchissement, et sommes immédiatement charmés par l’ambiance chaleureuse et la convivialité de ce lieu, véritablement unique.
La lumière rasante du matin dore les herbes, le sentier s’incurve doucement vers les épicéas, et le panneau jaune du GR441 confirme qu’on est bien sur la bonne voie.Le chemin parcouru se lit dans le paysage – le Puy de Dôme, déjà loin derrière, veille encore sur la plaine et sur les randonneurs qui s’en éloignent.Deux nuits sous tente, et soudain : une terrasse, des chaises, un bar. Le gîte du Jour 3 a des allures de paradis pour randonneurs éreintés.
Jour 4
Le Jour 4 est celui de la descente : depuis les plateaux à 1 177 m, le tracé plonge résolument vers les vallées basses.
Pessade – Olby
22,787 km Si le parcours commence très vite par une partie boisée nous faisant passer par le Lac de Servière, l’on se retrouve très vite de nouveau sous la chaleur caniculaire inattendue en cette période. À Orcival l’on décide de faire un tout petit détour par le centre village pour m’acheter un casse-croûte pour le midi car je n’ai plus de repas pour les midis. Magnifique village et sa Basilique Notre-Dame d’Orcival, un joyau d’art roman auvergnat construit par les moines de la Chaise-Dieu au XIIᵉ siècle. Nous remontons jusqu’à la Chapelle Notre-Dame pour pique-niquer.
Peu de temps après nous ratons une marque cachée par une remorque et faisons quelques kilomètres pour rien. Des dénivelés plus faciles mais toujours cette chaleur caniculaire. De magnifiques panoramas sur notre droite nous voyons au loin les puys que nous avons passé les premiers jours.
À Olby nous nous renseignons s’il y a de bons coins de bivouacs proches et nous obtenons une autorisation pour bivouaquer sur le jardin du presbytère.
Ne vous avisez pas à y bivouaquer sans autorisation, et même avec autorisation je vous déconseille ce spot.
Avantage : vous êtes prêt d’une épicerie, boulangerie, point d’eau. Inconvénients : Vous êtes au centre du village, pas d’intimité possible, les cloches sonnent toutes les heures (même la nuit), puis une minute après au cas ou vous n’auriez pas entendu, plus le gong de la demi-heure et vous êtes juste en dessous des cloches… Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Les clochent n’ont apparemment pas perturbées le sommeil de Jubéa qui à plus été déranger par les quelques voitures et motos de la D2089 qui passe à plus d’un kilomètre au sud.
Mon conseil : ravitaillez-vous à Olby et sortez de la ville pour vous trouver un spot de bivouac plus isolé et plus tranquille.
Je ne regrette pas non-plus car une randonnée est une petite aventure et les bivouacs, bons et moins bons, en font partie.
La Chaîne des Puys se dessine en ombres bleues à l’horizon, le chemin parcouru contemple ceux qui marchent encore.La lumière du matin embrase les herbes folles et réveille les estives – un buron veille, seul, au pied du puy.Né du feu, empli d’eau, ce lac de maar est l’une des plus belles signatures géologiques du Jour 4, surprise bleue surgissant au détour du sentier.Entre deux branches, la basilique d’Orcival apparaît comme une vision médiévale – pierre et forêt, silence et siècles.Mille ans de pierre volcanique pour voisin de tente, le bivouac d’Olby, autorisé par la commune, restera l’un des plus mémorables du périple.
Jour 5
Le Jour 5 joue la carte de la modestie en altitude – entre 650 m et 780 m — mais multiplie les petits reliefs dans les vallées encaissées de la Sioule et de ses affluents.
Olby – Camping Bel-air (à côté de St-Ours)
18,533 km Des dénivelés plus marqués que les jours 3 et 4, toujours la canicule, je suis plus en forme que les jours précédents. Lors de ce parcours l’on passe de la chaleur aux alentours de 30°C à la fraîcheur du Cheire de Côme… Un lieu magique où il y fait très bon marcher où certains passages ou les courants d’air y sont très frais comme le passage devant un congélateur où la porte serait restée ouverte. Une très belle expérience dans un environnement à la beauté féerique.
Résumer de ce phénomène :
La coulée de lave du Cheire de Côme, issue d’une éruption il y a 30 000 ans, a formé un paysage de blocs volcaniques poreux propices au phénomène de froid. L’air froid s’infiltre dans les cavités des blocs de lave poreux et y reste piégé en raison de sa densité. Même lorsque l’air se réchauffe en surface, l’air froid reste emprisonné au sol, créant une sensation de froid persistant.
Le phénomène est très bien expliqué dansce lien pdf. Une très belle étape !
Pierre volcanique sombre et crépi blan, l’architecture des villages auvergnats a son identité propre, humble et solide, ancrée dans la matière du pays.Depuis le fond de la vallée, la Chaîne des Puys se déploie dans toute sa largeur, et le Puy de Dôme, fidèle vigie, referme le tableau à droite.Sur la Cheire de Côme, la lave d’autrefois s’est faite velours, des millénaires de mousse ont transformé ce chaos volcanique en cathédrale de verdure et fraîcheur.
Jour 6
16 km et une longue descente libératrice – le Jour 6 referme la boucle avec une étape en arc de cercle qui ramène doucement vers le point de départ.
Camping Bel-air – Volvic
16,265 km Nous replions nos tentes alors que quelques gouttes commencent à tomber. Nous couvrons nos sacs avec leurs housses de protection, mais la pluie est si fine qu’il n’est pas nécessaire de nous couvrir davantage, et nous restons en manches courtes. Cela change agréablement de la chaleur écrasante des jours précédents, et rend la marche plus plaisante. Toutefois, le ciel s’assombrit et devient menaçant. Après avoir dépassé le Puy de l’Espinasse, nous décidons de bifurquer légèrement vers le nord-est, écourtant notre parcours d’environ 5 km. Finalement, quitter les sentiers balisés pour emprunter, comme le dirait Sylvain Tesson, « les chemins noirs » a son charme.
Cette dernière étape, rafraîchissante et agréable, marque une belle conclusion à notre aventure.
Arrivés au camping de Volvic, nous avons opté pour une nuit en cabane, prêts à reprendre la route le lendemain.
Le ciel s’est couvert, le blé a été fauch – le dernier jour a ses couleurs à lui, ocre et gris, mélancoliques et belles.Le dernier jour réserve ses surprises : le ciel s’est refermé sur les puys, et la lumière ne passe plus qu’en filet, juste au ras des arbres.Depuis le camping d’arrivée, un château en ruine veille sous le ciel d’orage – comme un point final romanesque au bout de six jours de marche.
Budget
Je passerai sur les détails, mais les tarifs des gîtes et campings sont très raisonnables. Je vais me pencher plus attentivement sur les prix des transports en commun, qui auraient probablement été moins coûteux que le trajet en voiture. Cela dit, le covoiturage devient vraiment avantageux à partir de trois personnes pour ce type de trajet.
Les belles rencontres
Le jeune berger, très sympathique, que nous avons rencontré le troisième jour, nous avons marché ensemble tout en conduisant son troupeau vers une prairie. Nous avons échangé des discussions passionnantes.
Le propriétaire du gîte très sympathique aussi et très accueillant, nous avons parlé de son travail d’agriculteur, de son fils qui fait de l’élevage de la race Aubrac et fait de la vente en directe de viande bio maturé. Parler d’autres choses, d’anecdotes, de la région…
Le cycliste randonneur rencontré à Volvic à la fin de notre parcours. Entre randonneurs, nous parlons forcément matériel, trucs et astuces[1], l’une des siennes s’est d’ailleurs révélée meilleure que la mienne, et je compte bien l’adopter lors de ma prochaine sortie en itinérance. Il a une tente assez similaire à la mienne, la même que celle du cycliste croisé lors de mon tour des 7 cascades et des 7 lacs dans le Jura.
Les difficultés
J’ai trouvé la portion Volvic – Laschamps particulièrement éprouvante, d’autant plus que je n’étais pas en grande forme physique.
Pour celles et ceux qui préfèrent éviter le bivouac, il faut noter qu’il n’y a pas d’hébergement entre Volvic et Laschamps, ce qui ne nous a pas posé de problème.
Le manque d’eau potable sur cette section est un vrai défi : mis à part des points d’eau juste après le départ de Volvic, quand nos réserves sont encore pleines, il n’y a rien jusqu’au sommet du Puy de Dôme, où des toilettes publiques sont disponibles (mais que nous n’avons pas utilisées), puis plus rien jusqu’à Laschamps. Même avec des gourdes filtrantes, en période de canicule, cette étape reste compliquée.
Les principales difficultés de cette randonnée se concentrent donc sur ce tronçon mais rien de dramatique.
Petite Vidéo
Conclusion
J’ai de nouveau adoré randonner en duo.
Ce Tour de la Chaîne des Puys d’Auvergne, avec ses paysages majestueux et ses défis physiques, fut une belle aventure. Chaque étape, qu’elle soit marquée par la chaleur écrasante ou la fraîcheur du Cheire de Côme, nous a offert son lot de découvertes et de rencontres enrichissantes. La diversité des terrains, les rencontres humaines authentiques et la beauté des lieux ont fait de cette randonnée un voyage à la fois physique » et gratifiant. Une expérience où nature, partage et dépassement de soi se mêlent pour créer des souvenirs impérissables.
Commentez :
N’hésitez pas à partager vos impressions ou à poser vos questions sur ce récit ! Votre expérience personnelle, vos astuces ou même vos doutes concernant ce magnifique Tour de la Chaîne des Puys d’Auvergne sont les bienvenus. Que vous soyez un passionné de randonnée ou en quête d’inspiration pour votre prochaine aventure, vos commentaires enrichiront la discussion !
PS : La photo du logo, en haut à gauche, je l’ai prise depuis une affiche, il s’agit certainnement d’une vue prise depuis une montgolfière ou un drome.
Note(s)
^Je compte faire un article sur tous mes trucs et astuces, dans un ou deux mois.
Lors de bivouacs a-t-on le droit en France de faire du feu ?
La réglementation concernant les feux de camp lors de bivouacs en France varie en fonction des régions et des périodes de l’année.
Avant d’aborder les aspects législatifs, je vais d’abord partager mon avis sur le sujet, expliquer ce qu’est un feu, les risques qu’il présente, et fournir quelques exemples.
Dans le billet précédent « Peut-on faire feu de tout bois ?« , j’ai abordé les risques d’intoxication et les risques d’incendie dus à la production variable d’escarbilles et de flammèches par différents végétaux. Les risques ne se limitent pas à ces facteurs !
Mon avis sur le sujet
Depuis que j’ai repris la randonnée, je n’ai jamais fait de feu. Quand j’étais plus jeune et que je randonnais fréquemment, il était très rare que je fasse un feu. La dernière fois, c’était un mois d’avril très humide dans les Pyrénées, uniquement pour sécher mon linge.
Je déconseille de faire du feu. Utilisez plutôt un réchaud à gaz ou à alcool, qui est généralement suffisant pour cuisiner. Dans les zones à haut risque d’incendie, il vaut mieux manger des repas froids et s’abstenir de fumer sa clope.
Pour bien connaître les risque il faut savoir ce qu’est un feu !
Le triangle et le tétraèdre du feu
Pour bien comprendre les risques, il est utile de revoir le classicque triangle du feu, qui nécessite trois éléments pour qu’un feu se déclare : le combustible, le comburant et la chaleur. Le tétraèdre du feu ajoute un quatrième élément : la réaction chimique en chaîne. Lorsque vous faites un feu, vous initiez une réaction en chaîne en allumant de l’amadou, puis en ajoutant des brindilles, des petites branches et enfin des bûches.
Le triangle du feu nous aprend que tout combustible s’auto-enflamme à une certaine température (chaleur), à condition qu’il y ait un comburant (comme l’oxygène). Par exemple, une rondelle de chêne de 10 cm de diamètre et 2 cm d’épaisseur ne s’allumera pas avec un simple briquet, mais placée dans un micro-ondes à pleine puissance, elle s’auto-enflammera et détruire votre micro-onde par la même occasion.
Cela explique combien il est importantde comprendre les conditions dans lesquelles un feu peut se déclencher.
En passant par une pinède ou une garrigue en pleine chaleur, vous êtes entouré de parfums provenant des essences évaporées des végétaux. La vaporisation maximale de ces essences se produit entre 30 °C et 40 °C, et elles peuvent s’auto-enflammer à des températures comprises entre 200 °C et 350 °C. Pour référence, la flamme d’un briquet atteint environ 2 000 °C et le bout incandescent d’une cigarette environ 800 °C.
On comprend mieux pourquoi les feux sont interdits ainsi que fumer une cigarette sont des risques dans certaines zones à haut risque d’incendie.
Le triangle du feu : Comburant, Chaleur, Combustible – trois éléments indispensables et simultanés pour qu’un incendie se déclenche et se maintienne.
– Sima, moi, j’ai été scout, j’ai fait l’armée et je sais faire un feu…
– Je n’en doute pas, mais laisse-moi te raconter une anecdote.
Un jour, au travail, un jardinier très professionnel et extrêmement précautionneux brûlait des branchages. Aujourd’hui, c’est interdit ; on les passe au broyeur puis au compost. La seule chose à proximité était une haie de bambous à environ 5 mètres de distance. Malgré toutes ses précautions, peut-être à cause d’une flammèche, la haie a pris feu. Incapable de l’éteindre seul, il a couru prévenir les agents de sécurité situés à environ 200 mètres. Pendant qu’un agent alertait les pompiers, les autres ont utilisé des tuyaux d’arrosage pour essayer de contenir l’incendie. Mais ce n’était pas suffisant, et seuls les pompiers, arrivés rapidement, ont pu maîtriser le feu. Environ 10 mètres de haie ont brûlé malgré une intervention rapide.
Cela illustre bien qu’en pleine nature, loin des secours, même avec toutes les précautions, si un début d’incendie se déclare, ce n’est pas avec ta gourde que tu pourras l’éteindre. La situation peut vite devenir catastrophique.
Législation sur les Feux en Plein Air en France
Je tiens à préciser que les informations ci-dessous sont vérifiées à la date de rédaction, soit quelques semaines avant la publication. Les lois, décrets et autres réglementations peuvent évoluer rapidement, et ce qui suit pourrait devenir obsolète. Il s’agit d’un instantané visant à vous aider dans vos recherches et vérifications.
Réglementation Générale
Nouveau Code forestier 01/07/2024 mis en vigueur le 28/07/2024.
TITRE III : DÉFENSE ET LUTTE CONTRE LES INCENDIES DE FORÊT (Articles L131-1 à L136-1) https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000025244092/LEGISCTA000025245861/#LEGISCTA000025248666 Article L131-1
Il est défendu à toute personne autre que le propriétaire de terrains, boisés ou non, ou autre que les occupants de ces terrains du chef de leur propriétaire, de porter ou d’allumer du feu sur ces terrains et jusqu’à une distance de 200 mètres des bois et forêts ainsi que des terrains assimilés soumis aux dispositions de l’article L. 131-4. Article L131-1-1
Il est interdit de fumer dans les bois et forêts et jusqu’à une distance de 200 mètres de ceux-ci pendant la
période à risque d’incendie définie par arrêté du représentant de l’État dans le département.
[…]
Arrêtés préfectoraux : Les préfets peuvent prendre des arrêtés spécifiques pour interdire les feux en plein air en fonction des conditions locales. Ces arrêtés sont souvent publiés sur les sites web des préfectures ou des mairies.
Renseignez-vous également auprès des municipalités.
En respectant ces règles, vous contribuez à la protection de l’environnement et à la prévention des incendies en France.
Conclusion
Faire un feu lors de randonnées ou bivouacs en France est strictement encadré par la législation pour prévenir les risques d’incendie. Il est crucial de comprendre et de respecter les règles en vigueur, de bien connaître les risques liés au feu, et de privilégier des alternatives sûres comme les réchauds à gaz ou à alcool voire manger froid dans les lieux à grand risque d’incendie. La vigilance est essentielle pour la protection de l’environnement et de la sécurité de tous.
Votre avis et vos expériences sur ce sujet ? Quelles précautions prenez-vous pour minimiser les risques d’incendie ? Partagez vos commentaires et vos idées ci-dessous !
L’expression signifie :Employer tous les moyens pour parvenir à quelque chose.
Ici, nous allons la prendre au pied de la lettre, c’est-à-dire : peut-on fabriquer un feu avec n’importe quelle plante ?
Avant tout sachez qu’en France, la législation concernant le droit de faire un feu dans la nature est assez stricte en raison des risques d’incendie et de protection de l’environnement. Ce sera le sujet d’un autre billet.
Bien entendu, pour vos barbecues, poêlés et autres feux évitez de le faire du bois de palette ou de cagettes qui contiennent insecticides, fongicides et tout un tas de produits chimiques.
Pour faire écho à l’article précédent « Plantes Dangereuses à Éviter : Guide pour les Randonneurs et Promeneurs« , il est important de noter qu’il existe plusieurs plantes dangereuses qu’il ne faut pas brûler en raison des substances toxiques qu’elles contiennent. Ces substances peuvent se volatiliser dans l’air lors de la combustion, représentant un risque pour la santé.
Voici quelques exemples de plantes à ne pas brûler :
L’If (Taxus baccata) Raison : La combustion de l’if libère des toxines (taxines) potentiellement mortelles. Inhaler la fumée ou entrer en contact avec les cendres peut causer des troubles respiratoires et cardiaques.
L’Oleander (Nerium oleander) ou Laurier-rose Raison : La combustion du laurier-rose libère des toxines puissantes (oléandrine et nérine). La fumée inhalée peut provoquer des symptômes graves tels que des troubles cardiaques, des nausées et des vomissements.
Le Rhododendron (Rhododendron et spp.) Raison : Contient des grayanotoxines. Brûler le rhododendron libère des toxines dans l’air, provoquant des troubles respiratoires et des irritations.
Le Poison Oak (Toxicodendron diversilobum) et le Poison Sumac (Toxicodendron vernix) Raison : Ces plantes contiennent de l’urushiol, une résine toxique. La combustion libère l’urushiol dans l’air, provoquant des réactions allergiques sévères, des irritations des voies respiratoires et des troubles respiratoires.
Le Ricin (Ricinus communis) Raison : Contient de la ricine, une toxine très puissante. La combustion peut libérer cette toxine dans l’air, provoquant des symptômes graves voire mortels en cas d’inhalation.
Il est essentiel de manipuler ces plantes avec précaution et de les éliminer selon des méthodes appropriées, souvent par des services spécialisés, pour éviter tout risque pour la santé. Brûler des plantes toxiques peut transformer des composés dangereux en gaz volatils qui, lorsqu’ils sont inhalés, peuvent causer des blessures graves ou des maladies.
Le Sumac vénéneux ou Poison Ivy (Toxicodendron radicans), le Poison Oak (Toxicodendron diversilobum) et le Poison Sumac (Toxicodendron vernix) Raison : Ces plantes contiennent de l’urushiol, une résine toxique. La combustion libère l’urushiol dans l’air, provoquant des réactions allergiques sévères, des irritations des voies respiratoires et des troubles respiratoires. Effets :
Dermatite de contact : Le contact avec l’urushiol peut provoquer une éruption cutanée qui démange, des rougeurs, des cloques, et un gonflement. La réaction peut apparaître entre 12 à 72 heures après le contact.
Réactions respiratoires : Inhaler de la fumée de sumac vénéneux brûlé peut causer des irritations sévères des voies respiratoires, entraînant des difficultés respiratoires, une toux, et un gonflement de la gorge.
Irritation des yeux : Si l’urushiol entre en contact avec les yeux, cela peut causer des douleurs, des rougeurs et des gonflements.
Précautions :
Identification : Apprenez à identifier le sumac vénéneux pour éviter tout contact accidentel. Il a généralement des feuilles en groupes de trois, avec des bords lisses ou légèrement dentelés.
Éviter le contact : Portez des vêtements longs, des gants, et des chaussures fermées lorsque vous êtes dans des zones où le sumac vénéneux peut pousser.
Nettoyage immédiat : Si vous entrez en contact avec la plante, lavez immédiatement la zone affectée avec de l’eau savonneuse pour éliminer l’urushiol. Le lavage doit être fait dans les 10 à 15 minutes pour être efficace.
Nettoyage des objets : Les outils, vêtements, et autres objets qui ont touché la plante doivent être nettoyés soigneusement pour éviter une contamination secondaire.
Ne pas brûler : Ne brûlez jamais le sumac vénéneux. Les fumées dégagées peuvent contenir de l’urushiol volatilisé, qui est dangereux à inhaler.
Traitement des éruptions : Si vous développez une éruption cutanée, utilisez des crèmes apaisantes, des antihistaminiques, et des bains à l’avoine pour réduire les démangeaisons. Consultez un médecin si les symptômes sont sévères ou persistent.
Le danger ne vient pas que du côté toxique des feux
Au-delà du risque toxique, il existe d’autres dangers. Certains bois produisent plus d’escarbilles ou de flammèches (généralement les conifères) que d’autres, ce qui peut provoquer des débuts d’incendie ou, à tout le moins, endommager vos vêtements ou votre tente. Les tentes et les vêtements de randonnée sont souvent fabriqués dans des textiles très sensibles au feu.
En conclusion sur les feux.
Il est donc crucial de connaître la législation des lieu et les caractéristiques des plantes que l’on utilise pour faire un feu.
En règle générale, il est conseillé d’éviter de brûler des plantes toxiques, des résineux qui produisent beaucoup de fumée et de créosote, et des bois traités chimiquement. Privilégiez plutôt les bois durs comme le chêne, le hêtre, et le frêne, qui brûlent lentement et produisent une chaleur constante sans émettre de substances nocives.
Ainsi, bien que l’expression « faire feu de tout bois » évoque l’idée d’utiliser tous les moyens à sa disposition, en pratique, il est important de faire preuve de discernement et de prudence dans le choix des matériaux que l’on brûle pour préserver sa santé et celle de son entourage.
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