Voilà le livre que j’emporte à chaque sortie en forêt en Ile-de-France, oui, c’est là que j’habite.
Je l’accompagne d’une loupe X10, un couteau de poche et un carnet pour prendre des notes.
Facile ? En fait pas tant que cela. Il faut avoir un minimum de notions en botaniques, pour bien l’utiliser.
Il s’agit de clés d’identifications, il faut savoir utiliser une clé d’identification. Mais tout s’apprend !
Cela-dit, je ne le conseille pas à quelqu’un qui souhaite s’initier à la botanique.
Nouvelle flore 01
Les noms des fleurs
Littérature – Les noms de fleurs de Gaston Bonnier.
A mon avis mieux adapté au novice. Il y a des planches couleurs par lesquels vous identifierez très rapidement certaines plantes. La clé identification est très bien faite, bien documentée, permet une évolution en douceur. Lorsque vous arrivez au nom de votre plante vous avez plus de renseignements comme le nom vernaculaire, si elle est médicinale, etc.
Je le trouve mieux adapté aux novices.
Littérature – Chaudun, la montagne blessée de Luc Bronner (2021)
EAN : 9782757890714
192 pages
Éditions Points
Un récit touchant, émouvant ! Comment en est-on arrivé là ? Un village des Hautes-Alpes, difficilement accessible, abandonné, déserté par ses habitants. Comment peut-on en arriver à cette extrême décision de tous les habitants qui est de vendre le village, tout ce qu’ils ont, le peu qu’ils ont et qu’il leur reste… Vendre tout à l’État Français. Ce n’est pas de la fiction, cela c’est vraiment passé !
« Toutes les propriétés communales et privées, comprenant une superficie de 2 026 hectares, ont été vendues à l’État pour le prix de 186 000 francs environ. La commune de Chaudun comprenait 98 habitants vivant du produit de leurs pâturages ; mais depuis quelques années les montagnes déboisées avaient perdu une partie de leurs prairies où l’on faisait paître un trop grand nombre de moutons.«
Chaudun
Ce village perché à 1400 mètre d’altitude et à 19 km de Gap, difficilement accessible que par des chemins de muletier… Comment des hommes ont-ils eu un jour l’idée de s’établir en un tel lieux ? Luc Bronner, partant d’une pierre tombale restée debout dans ce village en ruine, celle de « Félicie Marin, morte le 30 avril 1877, à l’âge de 17 ans« , il va nous faire revivre les hommes de Chaudun, la dureté de leurs vies quotidiennes dans une pauvreté permanente et leurs luttes constantes pour la survie.
Après un travail d’archives, de lecture de registres, d’enquête, il reconstitue des familles entières et nous livre tout !
vie et mort
Le taux de mortalité où les enfants forment la grande majorité « Le pire ennemi parmi tous, c’est la dysenterie, la vie et la mort qui s’écoulent ensemble dans l’absolue fatalité.«
Une liste de 40 noms d’enfants décédés entre février 1878 et février 1894 c’est énorme sur un peu plus d’une centaine d’habitants au début. Si l’on ressent la pénibilité des rares propriétaires, la situation est pire pour les journaliers payés souvent moins de 4 francs par jour.
« Les Chaix dominent le village depuis cinquante ans. Leurs biens représentent près de 10 % du patrimoine total de Chaudun au moment de la vente. Plus riches que d’autres, ils peuvent acheter les prés, les labours, les bois. Attendre patiemment qu’un chef de famille décède pour proposer un rachat aux descendants quand ceux-ci sont étranglés par le manque d’argent. Employer un journalier lorsqu’il n’y a pas suffisamment de bras dans la famille pour travailler les terrains au printemps. Convaincre les veuves qu’elles font une bonne affaire en cédant un bout de terre dont elles ne peuvent plus s’occuper. C’est ainsi, et dans la lutte des places, certains ont joué fin sur des décennies.«
La condition féminine
La condition féminine aussi, « Pour gagner quelques francs supplémentaires, grâce à son lait, la jeune Pauchon devient nourrice du petit Raymond Regamey, envoyé par une femme de Marseille.«
Et la hiérarchie sociale, sexuelle et familiale de l’époque : ARTICLE DEUX
Les journées sont évaluées comme suit
1 : journée d’homme trois francs
2 : journée de femme un franc cinquante centimes
3 : journée d’enfant un franc cinquante centimes.
L’environnement
La rudesse du climat et la courte durée d’ensoleillement ne facilite pas l’agriculture. La nécessité d’élever des animaux trop nombreux pour les surfaces d’herbage a eu raison des pâturages en les épuisant. Il va de même avec les forêts environnantes (nécessité de bois de construction de chauffage).
« Trop d’hommes et de femmes, trop de bêtes à nourrir. En trois décennies, la plupart des forêts ont disparu, ravagées par les coupes sauvages pour chauffer les foyers l’hiver et utiliser les plus beaux arbres pour entretenir les maisons. Un cercle vicieux terrible, cercle déprimant du court terme et de l’exploitation.
Pour survivre, les bergers ont accepté de prendre plus de moutons pendant l’été. (…).«
Conclusion
Un livre à lire absolument, un livre qui nous raconte une histoire d’antan et nous interroge sur notre présent, notre devenir.
Des photos qui ne sont pas issues du livre, juste pour vous donner une idée de l’histoire des lieux et personnes que vous découvrirez.
1880 Chaudun a1880 famille à Chaudun1880 Enfant de Chaudun24-08-1895 Chaudun a24-08-1895 vente de Chaudun – journalChaudun ruines suite au départ des habitants-bChaudun ruines suite au départ des habitants1897 Chaudun vu du col de Chabanottes
Littérature – Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson (2016)
EAN : 9782072559440
133 pages
Édition Gallimard
Sylvain Tesson est un véritable vagabond globe-trotter, dès qu’il termine ses études il commence à parcourir le monde, à vélo, en side-car, à pied, beaucoup à pied, Il est partout, sur les plateaux du Tibet à la poursuite de la panthère des neiges et quand il se pose c’est de février à juillet 2010 dans une cabane sur la côte du lac Baïka…
Rien ne peut donc arrêter Sylvain Tesson ? Si, malheureusement, et ce sera une chute d’un toit ! (…) et moi, pris de boisson, je m’étais cassé la gueule d’un toit où je faisais le pitre.(…).
Entre la vie et la mort, et de nombreuses fractures il s’en remettra, mais pas sans séquelles (…) j’avais pris cinquante ans en huit mètres. (…). Et la rééducation post-traumatique ? (…) Un médecin m’avait dit : « L’été prochain, vous pourrez séjourner dans un centre de rééducation. » Je préférais demander aux chemins ce que les tapis roulants étaient censés me rendre : des forces. (…).
Ce sera les chemins noirs.
Les chemins noirs !
La convalescence se fera en marchant, hors des GR, des sentiers connus et en France. Une marche par les sentiers tracés en noir sur les cartes, tant que possible en dehors des agglomérations, depuis le Mercantour jusqu’aux côtes du Cotentin un peu plus de 1 400 km à pied, un périple de deux mois et demi en essayant d’échapper aux zones urbaines : (…) ne pas s’infliger les traversées périurbaines, éviter la brûlure du goudron. (…). On le suit au rythme de sa marche convalescente : bivouaque à la belle étoile, admirant les étoiles, adossé à un rocher pour lire, devant un feu de bois, sous les intempéries aussi, tout l’inspire : (…) La marche était une pêche à la ligne : les heures passaient et soudain une touche se faisait sentir, peut-être une prise ? Une pensée avait mordu ! Le soir, je m’endormais et les images de la lanterne magique défilaient derrière mes paupières. (…).
Bien entendu, comme à son habitude nous avons droit à quelques références ou allusions à des auteurs, Fabre, Giono, Pagnol, Péguy, et tant d’autres, celle à Fabre m’a fait particulièrement plaisir puisque j’envisageais écrire un billet sur ce personnage (j’ai lu « Sur les chemins noirs » en septembre 2021 alors que j’ai écrit le billet sur Jean-Henri Fabre en mars 2022). Non seulement j’aime les aventure de Sylvain Tesson, j’aime aussi sa culture.
Bref, ce livre fût un véritable coup de cœur, une envie de me remettre à la randonnée.
Ci-dessous image de la trace des chemins noirs d’après IGNrando, le lien « Sur les Chemins noirs » sur IGNrando (au moment où j’écrivais le billet ce dernier lien fonctionnait, au moment où je le publie une erreur 404, je le laisse en espérant que ce soit temporaire).
Littérature – Rêver debout de Lydie Salvayre (2O21)
EAN : 9782021477139
208 pages
Éditions seuil
Faisant fi des siècles qui ont passé Lydie Salvayre interpelle Miguel Cervantès sous forme de lettres et demande des comptes au sujet de son hidalgo, Don Quichotte, qu’il a fortement malmené et par la même occasion elle rend hommage à Don Quichote de la Mancha et Sancho Pensa. Avec sa perspicacité Lydie nous renvoie à nos propres interrogations. À travers ce couple improbable, l’hidalgo, ce personnage idéaliste, fantasque qui décide de mettre ses lectures de chevalerie en pratique pour défendre les opprimés et Sancho, plus terre à terre, matérialiste… N’y-a-t-il pas l’écho de nos propres contradictions, une sorte de bipolarité bien ancrée au plus profond de chacun d’entre nous ?
Quatre siècles nous sépare, cela a-t-il tant changé ?
Ce Roman agréable à lire est pourtant profond, déraisonnable et désinvolte, bref, puissant et beau ! Lydie met en miroir cette Espagne inquisitrice, archaïque des rois Philippe et notre société actuelle plus moderne, plus soi-disant démocratique et pourtant pas moins injuste, pas moins médiocre, pas moins violente, pas plus libre ! C’est avec beaucoup d’intelligence que la narratrice fait ce parallèle.
La censure ou l’auto-censure a-t-elle changé ? N’y a-t-il pas comme une continuité à travers les siècles passés ?
« Consolez-vous, Monsieur, la même intolérance sévit à notre époque : il est mal vu de plaisanter sur un certain nombre de sujets ; et l’on risque de ruiner sa carrière et parfois même sa vie si l’on pousse un peu loin l’esprit de raillerie. »
Une fois la colère et les réprimandes de Lydie Salvayre passées sur Cervantès elle lui livre son admiration et un véritable hommage pour la grâce et la force de son œuvre.
Un livre drôle, l’on rit beaucoup et sérieux à la fois, un livre qui donne à réfléchir sur notre présent. Un livre qui vous donne envie de lire ou relire « Don Quichotte de Manche » écrit par Miguel Cervantès. Livres que j’ai adorés !
Je vous mets plus bas deux extraits… Mais lesquels devais-je choisir ? L’on met généralement des extraits comme « apéritif » or ce roman se lit goulûment comme une gourmandise, c’est un tout et les extraits vous laisseront sur votre faim.
« Il apparaît clairement, à la lecture de cet épisode, que non seulement le Quichotte ne se réclame jamais des autorités en place pour légitimer ses actions, mais qu’il peut les pourfendre sans le moindre état d’âme s’il les estime injustes, malvenues ou horriblement barbares. C’est ce que j’exprime, peut-être de façon réductrice, en le déclarant anarchiste.
N’ayant, en tout cas, rien à perdre, aucune position à préserver coûte que coûte, aucun abri réconfortant pour y croupir en paix.
Vivant de peu.
Soucieux des autres.
Engageant une lutte sans merci contre les salauds de tout poil. »
« Cette plume incisive, cette veine mordante qui s’exprime chez vous par éclairs, m’enchante au plus haut point, cher Monsieur, tout autant que m’enchante votre très stupéfiant féminisme.
Vous avez en effet créé dans votre roman « Don Quichotte de la Manche » la figure la plus féministe qui se puisse concevoir, sous les traits de Marcelle, une jeune femme très fière, très belle, très déterminée et qui a décidé de rester, dans l’Espagne ultramisogyne des rois Philippe, maîtresse de son destin.
Une exception.
J’ai presque envie de dire : un miracle. »
Jean-Henri Fabre est non seulement un grand entomologiste, herboriste, botaniste, mais aussi un magnifique «vulgarisateur», au meilleur sens du terme. Avec lui, l’homme ne s’efface pas devant le scientifique, il est toujours présent. Il nous entraîne, tout au long des 10 volumes de ses souvenirs entomologiques, dans la passionnante découverte du monde inconnu des insectes.
Vous pouvez trouver les Ebooks facilement sur internet, ils sont tombés dans le domaine public.
N’allez pas croire que je vais vous faire ici le résumé de ses 10 volumes.
Sima, tu les as tous lu ?
Non j’en ai lu que deux et c’est volumineux, mais à la portée de tous et j’ai adoré.
Le but ici est plutôt de vous parler de la particularité et l’intérêt qu’ont ses écrits, bref mon ressenti.
Qui est Jean-Henri Fabre ?
« Un grand savant qui pense en philosophe, voit en artiste, sent et s’exprime en poète »
C’était avant tout un Naturaliste (il ne souhaitait pas qu’on l’affublât du nom d’entomologiste). Pour mieux le découvrir, je vous invite lors de vos voyages de passer par Sérignan-du-Comtat et visiter le Harmas de Jean-Henri Fabre qui dépend depuis 1922 du MNHN (Muséum National d’Histoire Naturelle). On y trouve une flore diversifiée de type plutôt méditerranéenne, des arbres également méditerranéens mais d’autres exotiques (exotique ici est l’antonyme d’indigène) et c’est dans ce jardin en friche, « Harmas » en provençal, qu’il y observait la faune et la flore, leurs développements, leurs inter-actions. Il herborisa aussi beaucoup sur les flancs du mont Ventoux, étudiait l’évolution des espèces et collectionnait tout ce qui avait un rapport à la nature et son évolution, par exemple des fossiles aussi…
Dans ma deuxième phase professionnelle j’ai dû lire des revues scientifiques et techniques, plutôt sur la botanique, parfois d’entomologie et ce ne sont pas le genre de lecture que l’on met sur notre table de chevet. Le texte va à l’essentiel sans forme de style, sans parler des livres plutôt techniques où le texte est réduit au minimum (clés d’identifications).
Exemple : j’aime lors de mes balades apporter « Nouvelle Flore : pour la détermination facile des plantes de la région parisienne » de Gaston Bonnier et Georges De Layens. Je vous dis tout de suite que si vous n’avez pas la connaissance d’un certain vocabulaire ça ne vous sera pas facile (contrairement à ce qui est dit) d’identifier des plantes et ça m’étonnerait qu’il se trouve sur votre table de chevet.
Par contre vous pouvez avoir sur votre chevet quelques volumes de « Souvenirs entomologiques« . Écrit comme une œuvre littéraire il met sa méthode scientifique à la portée de tous, ses réflexions philosophiques, des souvenirs d’enfance… Vous ne verrez plus le monde des insectes comme avant, lors de vos promenades dans la nature vous observerez les brins d’herbes, les fleurs, et des biotopes sous vos pas ou dans vos jardinières sans vous en rendre compte.
Bref, Jean-Henri Fabre nous apprend que l’on peut s’ouvrir au monde et fonder un système de pensée en regardant la nature qui nous entoure.
Extrait :
Chapitre 6
LE SPHEX À AILES JAUNES
Sous leur robuste armure, impénétrable au dard, les insectes coléoptères n’offrent au ravisseur porte-aiguillon qu’un seul point vulnérable. Ce défaut de la cuirasse est connu du meurtrier, qui plonge là son stylet empoisonné et atteint du même coup les trois centres moteurs, en choisissant les groupes Charançons et Buprestes, dont l’appareil nerveux possède un degré suffisant de centralisation. Mais que doit-il arriver lorsque la proie est un insecte non cuirassé, à peau molle, que l’hyménoptère peut poignarder ici ou là indifféremment, au hasard de la lutte, en un point quelconque du corps ? Y a-t-il encore un choix dans les coups portés ? Pareil à l’assassin qui frappe au cœur pour abréger les résistances compromettantes de sa victime, le ravisseur suit-il la tactique des Cerceris et blesse-t-il de préférence les ganglions moteurs ? Si cela est, que doit-il arriver lorsque ces ganglions sont distants entre eux, et agissent avec assez d’indépendance pour que la paralysie de l’un n’entraîne pas la paralysie des autres ? À ces questions va répondre l’histoire d’un chasseur de Grillons, le Sphex à ailes jaunes (Sphex flavipennis).
C’est vers la fin du mois de juillet que le Sphex à ailes jaunes déchire le cocon qui l’a protégé jusqu’ici et s’envole de son berceau souterrain. Pendant tout le mois d’août, on le voit communément voltiger, à la recherche de quelque gouttelette mielleuse, autour des têtes épineuses du chardon-roland, la plus commune des plantes robustes qui bravent impunément les feux caniculaires de ce mois.
Après la lecture de ce livre vous ne verrez plus les petits villages de montagne comme avant. Un livre qui inspire à l’observation, à l’exploration.
Connaissez-vous Aulus (Aulus-les-bains) ? Ce lieu qui eût sa période de gloire, Zoé Cosson, dans ce premier roman nous fait découvrir tel qu’il est actuellement. Dès les premières lignes, le ton est donné dans la préface :
(…) On ne passe pas à Aulus, on s’y rend.
Mon père a acheté là-bas un ancien hôtel aux chambres vides, en train de dépérir au milieu des montagnes. (…)
On ne peut pas saisir Aulus d’un seul regard, on le découvre dans l’effort de la marche, à l’échelle du corps, par bribes, et il faut ensuite recoller mentalement ces morceaux pour s’en fabriquer une image.Ce livre est le portrait rapiécé de ce lieu sans contour, un espace fait de calques, une sorte de cartographie qui n’élucide rien. (…)
Zoé ne nous délivre pas un récit, un conte… Non, elle nous balade ! Nous promène à la découverte des maisons, des commerces, du village (son histoire aussi), nous y croisons des habitants, y découvrons des paysages, son ambiance, son climat, le milieu de la montagne Pyrénéenne (J’apprends le jour qui ne décline pas mais tombe d’un coup comme un rideau de théâtre.. ).
Dans ce roman y transparaît l’apaisement et la sérénité. Que du bonheur !
Extrait du quatrième de couverture : (…) Depuis son enfance, la narratrice y vient chaque année. Elle réside dans l’hôtel désaffecté que son père a acheté un jour aux enchères, point de départ de ses randonnées. (…).
En fin de lecture, l’on a qu’une envie, partir en randonnée découvrir ce petit coin d’Ariège.
On peut le dire, j’ai commencé l’année 2022 par un gros coup coeur littéraire !
Il s’agit là de la première édition française (2004), il a été réédité en 2016 avec moins de pages, je pense donc avec une écriture plus fine, je n’imagine pas que l’on puisse enlever une phrase, un mot de cette oeuvre. Il a été également réédité en version poche.
On me l’a offert début décembre et quel magnifique cadeau ! J’avais des lectures à terminer mais dès que je l’ai ouvert début janvier et commencer à lire, je ne pouvais plus le lâcher.
Dès les premières pages on est embarqué. Pourtant le sujet n’est pas léger, loin s’en faut.
L’histoire s’inscrit dans la fin de la 2ᵉ guerre mondiale entre Paris et principalement Barcelone.
Daniel Sempere à peine âgé de 10 ans vient de perdre sa mère. Son père, libraire, l’emmène au « Cimetière des livres oubliés » un lieu secret pour y choisir un livre qu’il devra conserver toute sa vie. Daniel en ressort avec un livre choisi au hasard, « L’ombre du vent » écrit par un certain auteur méconnu Julián Carax. Passionné par ce livre qu’il lit en une nuit le marquera à vie. Il décide donc d’en apprendre plus sur cet écrivain inconnu, il apprendra qu’il est originaire de Barcelone, qu’il est allé à Paris où il a écrit ses romans, l’Ombre de vent étant le dernier, qu’il est mort lors d’un duel, mais peut-être pas, serait revenu à Barcelone où il fût reconnu mort. Est-il mort (Paris, Barcelone?), disparu… Ce livre d’un auteur méconnu semble intéresser beaucoup de personnes, il y a même un être mystérieux qui s’acharne à acheter ou voler toutes les œuvres de Julián Carax pour les brûler, s’agit-il d’autodafés ? Daniel que l’on suit de ses 10 ans jusqu’à l’âge adulte se lance dans une quête aussi passionnante que dangereuse… Et cette quête devient la nôtre !
Des personnages attachants : Daniel le narrateur ; Beatriz, son amour, jeune femme à la fois fragile et décidée ; le père de Daniel effacé et mélancolique qui adore son fils ; Fermín, ancien SDF désormais employé de la librairie et personnage haut en couleurs ; la mystérieuse Nuria Montfort dont son récit sur plusieurs pages m’a particulièrement touché ; celui qui ne connaît que la haine, le cruel Fumero ; Julián Carax, l’ombre de ce roman, si charismatique que l’on a envie de lire ses autres livres fictifs… et d’autres personnages tous plus ou moins cabossés par la vie.
Ce roman est merveilleusement bien écrit ! Dirigé par mains de maître d’un dosage bien proportionné de ce que doit fournir un roman et on se laisse porter par la mélodie des mots, cela jusqu’à la fin où tout se clôt (ce qui est rare, bien savoir terminer un excellent roman).
Une écriture qui à beaucoup de souffle !
En plus d’être prenant et émouvant, il est aussi parfois très drôle, avec des répliques hilarantes.
Bref ! Un livre fabuleux dont l’intrigue est captivante de bout en bout.
Suite à ce livre, deux autres ont suivi « Le jeu de l’ange » et « Le prisonnier du ciel » ce qui en fait une trilogie. Ayant trouvé ce premier livre captivant de la première à la dernière phrase j’ai du mal à imaginer ce que l’on peut y apporter de plus. Ces deux autres livres sont-ils d’une commande de l’éditeur liée au succès du premier livre ? Toujours est-il que je n’ai pas, pour l’instant, la curiosité de lire les autres, je souhaite vraiment rester sur cette excellente impression.
EAN : 9782226465382
180 pages
Éditeur : Albin Michel
Dans ce roman, Amélie Nothomb nous fait la biographie de son père, du moins d’une partie de la vie de son père récemment décédé.
Cela commence par le traditionnel « flash back » où nous le découvrons à l’âge de 6 ans, orphelin de père sans pour autant susciter l’intérêt de sa mère, choyé par ses grands-parents maternels, son grand-père décide pour l’endurcir de l’envoyer durant les congés d’été dans la tribu des Nothomb.
Et c’est bien d’une étrange tribu dont il s’agit son grand-père paternel, imbu de sa personne et persuadé d’être un grand poète laisse les enfants abandonnés à leurs sorts ; mal nourris, les laissant quasiment mourir de faim, mal vêtu, mal chauffé. Ses cousins et cousines se comportent comme de vrais sauvages et pillent ses bagages dès son arrivée. Patrick, malgré ces conditions infernales et mal adapté à ce mode vie va pourtant finir par l’aimer et demander à y retourner aux prochaines vacances de Noël où il aura pour cadeau les œuvres de Rimbaud malgré son jeune âge.
Quelques étapes sont vite balayées, celle où il est jeune adulte et présente son épouse aux Nothomb, puis jeune papa et enfin quand il est envoyé Congo comme tout jeune diplomate. Amélie nous emmène dans la partie tragique du récit.
À peine arrivé et nommé consul à Stanleyville (actuel Kisangani), en pleine période de rébellion il est pris en otage. La ville est transformée en camp de rebelles dirigés par l’auto-proclamé Président Gbenye, ville où toute la population est prise en otage.
Patrick, par ses compétences d’ouverture à la discussion, par des jeux de palabres parvient à sauver sa vie et quelques exécutions. Lui que son handicap interdit toute vue du sang qui le fait s’évanouir, il sera parfois le témoin impuissant d’exécutions. Il sera lui-même finalement conduit pour son exécution, il sera épargné in extremis par Gbenve juste avant l’intervention des parachutistes belges le 24 novembre 1964.
Dans cette courte biographie on y retrouve tout le style d’Amélie Nothomb, le parfait équilibre entre le tragique les pointes d’humour et la touche de légèreté.
Les aventures de Sima – la joie de donner goût à la lecture
Houlà, mais mon prochain billet ne devait sortir que mercredi prochain, tant-pis, c’est Noël et je suis content!
Le lendemain de Noël je reçois un coup de fil et…
– Non mais là, Sima, reprend tout depuis le début, sinon personne ne va rien comprendre !
– Ok, je fais donc un « flash-back »
Retour en arrière…
Pour les vacances de cet été nous n’avions pas fait de réservation, l’incertitude à la situation sanitaire, frontières fermées ou pas, bref nous n’avions rien prévu.
finalement les frontières sont ouvertes, juste besoin du pass sanitaire, mais pas de location, pas d’anticipation, rien de prévu.
C’est alors qu’une amie bolivienne m’appelle et me dit :
Sima, je pars pendant cinq semaines en Bolivie avec mes filles, mon appartement est grand et vide, si tu veux tu peux y venir, il y aura juste ma sœur deux jours par semaine qui occupera ma chambre, mais il reste suffisamment de place pour vous, il reste trois chambres de libres.
D’accord, mais est-ce vraiment possible ? Car si nous venons il y aura Ricky avec nous ?
Ouvrons une parenthèse ici : Ricky est notre chat et notre amie a une véritable phobie des chats, s’il y a un chat sur le trottoir elle en change pour ne pas le croiser.
Alors je reprécise :
Es-tu vraiment certaine ? Même avec Ricky?
Oui, l’an passé lorsque nous avions déjeuner ensemble à ta location, c’était la première fois que j’approchais de si près un chat et je l’ai même caressé un peu. Ricky fait partie de vous et il est aussi le bienvenu.
Bref, nous avons passé d’excellentes vacances, et avant de partir je suis passé dans une librairie pour lui acheter un livre que j’ai emballé dans du papier cadeaux et posé en bonne position bien visible sur l’un des meubles du salon.
Il s’agissait de « Neko Café » de Anna Sólyom la traduction française est « Derrière la porte du café des chats ». Je ne vous fais pas le résumé du livre, ce n’est pas le sujet et Iceman l’a très bien fait dans « Littérature – Derrière la porte du café des chats d’Anna Sólyom (2020)«
Donc quelques mois ont passé et nous en étions donc là quand le lendemain de Noël je reçois un coup de fil :
Salut Sima, meilleurs vœux et patati et patata… (Je ne vais tout de même pas vous retransmettre toute notre discussion mais juste ce qui est lié au titre du billet). Tu sais Sima, je ne lis jamais, pourtant mes sœurs et mon père lisent beaucoup, mais moi jamais et lorsque j’ai découvert ton livre, dans un premier temps je me suis dis que je ne le lirais pas… Puis j’ai lu et relu la carte que tu m’avais glissé dans le livre et qui disait « Tu as caressé Ricky il s’est laissé faire, un contact s’est lié, ce livre peut-être te réconciliera-t-il avec les autres chats et qui sait ? Peut-être en adopteras-tu un ? Bonne lecture ! ». J’ai donc commencé la lecture sans pouvoir m’arrêter jusqu’à la fin, moi qui ne lis jamais et j’ai adoré l’histoire. Cela m’a donné envie de lire d’autres livres et me suis inscrite à la bibliothèque où j’ai emprunté des livres. Si tu as des suggestions, je suis preneuse !
Je lui ai suggéré « Ha llegado el momento de volver a encender las estrellas » qui est la traduction en espagnole de « Il est grand temps de rallumer les étoiles » de Virginie Grimaldi.
Oui aussi un livre léger, facile à lire, plaisant, une histoire à trois voix, celle de la mère et de ses deux filles…
Méfiez-vous des livres que l’on dit léger, il faut savoir y découvrir la profondeur.
Soit, sa phobie des chats n’est pas totalement résorbée (sauf avec Ricky, bon je me la pète, il est adorable comme son maître, bon il a détruit toute la déco du sapin de Noël qu’il a aussi fait tomber, mais son maître à fait des conneries un peu plus grave dans sa jeunesse, il faut que jeunesse se fasse) alors ce qu’elle m’a dit par téléphone et lui avoir donné goût à la lecture est l’un de mes beaux cadeaux de ce Noël.
Oui des livres, ceux lus depuis septembre 2021, car mon dernier billet parlait de « La grande aventure du sexe » que j’ai lu il a déjà un certain temps, lors de sa publication.
Mon avant-dernier billet dédié littérature parlait de « Antoine des Gommiers » lu fin août…
Pourtant depuis, j’ai lu.
La lecture est ma principale passion, je pourrais me passer de ce blog, d’ordinateur, de smartphone, mais pas de livre.
J’adore les livres, pourquoi j’en parle si peu ?
Principales raisons :
Lorsque je termine un livre, j’ai hâte de passer à un autre puis le temps passe et c’est à chaud que je devrais en parler.
Je vais donc essayer de faire un condensé de ce que j’ai lu, du moins de ceux qui m’ont marqué en septembre et octobre, ceux dont j’ai eu un coup de cœur.
Rire enchaînés de Thierry Beauchamp
couverture livre rire enchaîné
Une anthologie de l’humour des esclaves noirs américains… Car lorsque tout semble perdu, que l’on est expatrié, exploité, déshumanisé… il ne reste que l’humour pour survivre. Se moquer des blancs exploitants, de soi… Oui, même l’autodérision fonctionne. Des blagues, des contes, galéjades contés de bouches à oreilles, sources du répertoire du blues et transcrites dans ce petit livre.
Le blasphémateur et autres d’Isaac Bashevis Singer
Couverture livre Blasphémateur
Oui, c’est une lecture affriolante, digne des nouvelles d’Issac Bashevis Singer. Ne sommes-nous pas tous des blasphémateurs ? Le blasphème n’est-il pas libérateur ? De quoi se sentir libre après cette petite série de nouvelles. « Il savait que c’était un blasphème, qu’il souillait des instruments consacrés, qu’il était fou, mais il ne désirait plus être raisonnable.«
Combats et métamorphoses d’une femme d’Édouard Louis
Couverture Combats et métamorphoses d’une femme
Dans un roman biographique Édouard nous raconte l’histoire de sa mère. Sa mère ? Non pas seulement, avec son style d’écriture directe, sans fioriture à travers son histoire, celle de sa mère, c’est celle de la condition féminine actuelle qu’il met en exergue à l’heure où nous parlons d’égalité des sexes. L’émancipation de cette femme, cette mère, n’aurait-elle pas aussi été influencée par la réussite de son fils, homosexuel ? Rien ne le dit, mais on ne peut s’empêcher de le penser.
En finir avec Eddy Bellegueule d’Édouard Louis
Couverture En finir avec Eddy Bellegueule
Oui je l’ai dit son style est implacable et spasmodique. Un roman dur, violent… «Faut les pendre ces sales pédés, ou leur enfoncer une barre de fer dans le cul.». Son enfance dans un cadre très démuni… Mère soumise, père (beau père) alcoolique qui bas sa femme, la fratrie pas bien parti et un enfant, lui, pas né comme il faudrait « un mec, un vrai mec !« . Si l’on ressent peu à peu une acceptation très timide de ses parents il y a toute la violence homophobie de ceux qui sont de son âge, ceux qui devraient être ses amis.
Édouard Louis, un auteur que j’ai découvert par ces deux livres et que je vais continuer de découvrir.
Imagine le reste de Hervé Commère
couverture – Imagine le reste
Ça commence par l’histoire de deux jeunes, deux amis, qui tentent de s’en sortir par de petits coups, petits trafics, vol à la tire, transport de substances illicites… Jusqu’au jour où ils décident de voler le Caïd ! À partir de là Hervé Commère nous embarque à travers les chapitres dans une succession de situations à suspense inattendue… Que dire de plus d’un Polar ? Ça se dénoue qu’à la lecture.
Voilà les livres que j’ai lus et vraiment aimé ces deux derniers mois, désolé de vous les résumer très sommairement, ils méritent bien plus, j’en suis conscient. Je ne dis rien de ceux que je n’ai pas aimé.