Littérature – Un tesson d’éternité de Valérie Tong-Cuong (2021)
ISBN : 978-2-7096-6893-4
186 pages
Éditions JCLattès
Je découvre une écrivaine française Valérie Tong-Cuong, un livre que j’avais depuis quelques mois et dont je retardais la lecture, la quatrième de couverture ne m’avait pas particulièrement emballé. C’est donc sans grande conviction que j’entame ce livre et quelle belle surprise ! Je fus captivé dès le début, un véritable « page-turner » ! Un livre bouleversant dont on en sort pas indemne.
J’ai adoré ce roman, il m’a donné envie de découvrir plus amplement cette écrivaine et ses autres livres.
Anna Gauthier a réussi à se faire une place dans la classe moyenne (bourgeoise) de la côte du sud-est. Elle mène une vie professionnelle et familiale paisible entre sa pharmacie, sa villa surplombant la mer, elle est l’épouse de Hugues. S’il est un riche héritier de la région, sa situation professionnelle est plus modeste, il perdra son emploi de journaliste/pigiste sans carte de presse pour une revue locale et trouvera grâce à Anna un emploi de chargé des affaires culturelles de la ville. Ils mènent une vie bourgeoise et tranquille avec leur fils Léo, ils côtoient le cercle très fermé des grands fortunés de la région dont ils se sont fait quelques amis… Jusqu’où ira cette amitié où côtoyer ne signifie pas faire partie de ce cercle ?
Puis un événement arrive, Léo est mis en garde à vue puis en détention préventive après avoir frappé un policier… et tout bascule, tout le quotidien d’Anna est bouleversé, remis en question !
La voilà, l’épouvante : on a conduit son fils chez les loups, son fils à la peau tendre, son fils sans défense, bientôt griffé, mordu, déchiqueté.
Et c’est bien dans l’adversité que l’on perçoit la solidité du couple, où s’avère la fiabilité des amitiés.
Anna va se lancer bec et ongles pour sortir Léo de ce mauvais pas. La situation va la replonger dans ses terribles souvenirs d’enfance, d’une brutalité qui l’a marqué à jamais comme au fer rouge et dont les plaies suintent, toujours prêtes à s’ouvrir… Une enfance qui vous marque à vie !
Un roman écrit avec une grande pudeur et pourtant d’une violence inouïe où certains mots ne sont pas prononcés comme s’ils étaient indicibles, ne pas en ajouter à la brutalité.
N’avez-vous pas remarqué dans votre entourage d’amis, professionnel, familiale, et peut-être vous-même quelqu’un qui au milieu d’une conversation, d’une tâche, d’une activité, interrompe tout d’un seul coup pour répondre (ou regarder ou écouter) à une notification de mail, réseaux sociaux, flux rss, podcast, etc. ?
Le pire, c’est qu’ils ne s’en rendent pas compte, c’est devenu un reflex et tant pis pour la politesse, le savoir vivre ensemble.
Ils ont le sentiment d’être « In« , branchés, informés de tout, en temps réel et sont souvent fier d’être hyperconnectés.
J’ai envie de dire : Les pauvres…
Est-ce productif ?
Bien souvent ceux qui au job souhaitent démontrer leur réactivité en répondant à tous les mails au fur et mesure qu’ils arrivent vont leurrer par une pseudo-efficacité. Le chef va se dire : il est très réactif, c’est super…
Mais bon ! Je pense que c’est contre-productif. En effet, alors que vous êtes plongé dans un travail, qui demande réflexion, concentration, vous interrompez tout pour répondre à un mail ou un chat. Il vous faudra un certain temps pour vous remettre en situation et au final vous mettrez plus temps à finaliser une tâche.
Perso, j’ouvre ma messagerie 3 fois par jour, parfois 4, le matin en arrivant, de retour de déjeuner et une demi-heure avant de partir. Les messages qui me demandent moins de 3 minutes pour y répondre je le fais immédiatement, les autres je les classe dans ma liste de tâches en fonction des thématiques (méthode GTD), puis je ferme la messagerie.
Je n’ouvre jamais le chat, donc impossible de m’y contacter puisque je n’y apparais pas. Idem pour le téléphone, je laisse les gens laisser un message sur la messagerie que je consulte 3 fois par jour.
Il peut y avoir des exceptions lorsque j’attends quelque chose d’urgent. Sachez qu’à plus de 90 %, le mail ou le coup de fil l’urgence est pour celui qui vous l’envoie ou vous appel.
Parfois il faut savoir imposer ses règles en les expliquant clairement, si vous êtes entouré de personnes efficaces ils comprendront, s’ils ne comprennent pas, tant pis pour eux. Cette façon de faire que j’ai toujours imposée m’a évité beaucoup de stress, il y a tant d’autres choses pour nous stresser au boulot.
Bon ça, me concernant c’était avant comme je le dis dans le billet « Quand je manageais« , aujourd’hui j’ai la totale liberté de la gestion de mon temps.
Les notifications au quotidien
Je n’en ai pas tant que ça mais rentrons dans le détail.
Les réseaux sociaux
Facebook : j’ai été un temps sur facebook, sous un autre pseudo, alors que je faisais de la salsa et surtout j’animais de temps en temps des soirées cubaines. J’échangeais donc avec d’autres DJ, j’annonçais les soirées, j’en avais des retours. J’étais suivi par plusieurs centaines de personnes. Lorsque j’ai décidé d’arrêter d’animer des soirées, je l’ai annoncé et j’ai fermé mon compte facebook. Qu’en reste t-il ? Des centaines de personnes je n’ai gardé que trois contacts ! J’avoue que cela m’a manqué les premières semaines, cette sensation d’être connu et reconnu, mais c’est que du vent. Quand on arrête, on ne manque à personne et d’autres reprennent le relais. Puis soudain ça ne nous manque plus du tout au contraire, je suis content d’avoir quitté ce réseau qui n’allait pas dans le sens de mes convictions.
Mastodon : il y a aussi une forme d’addiction, je n’y suis pas toute la journée, il peut s’écouler plusieurs jours sans y aller, je n’ai pas de notifications sonores, j’y vais donc quand j’en ai envi.
Grâce à Mastodon j’ai découvert des gens s’intéressant à des sujets très variés et de nouveaux blogs qui ont rejoint mes flux rss. Je regrette que certains passent peut-être plus de temps sur le réseau que sur leur blog qui tombe à l’abandon. Mais bon, c’est leur choix.
Personnellement je suis plus attiré par les blogs que le réseau social. Je n’y ai rencontré que deux cons, qui ne m’ont d’ailleurs pas perturbés pour autant. On est tous le con de quelqu’un.
Messageries instantanées
Silence : j’y ai des amis et des proches, on communique que lorsque l’on a quelque chose à dire ou répondre, rien d’inutile et à l’essentiel… Pas de kikouLol. La notification est active.
Signal : tout comme pour Silence concernant les proches et amis, sauf qu’il y a aussi des groupes, ceux qui ne sont pas bavards la notification est activée pour les autres elle est désactivée, je regarde quand j’en ai envi et je n’y suis pas très actif.
Telegram : essentiellement de la famille peu bavarde et donc notifications activées, tous les groupes sont en silencieux, j’y vais rarement mais je les garde car j’aime les thématiques, j’y vais donc que par intérêt quand le besoin s’en ressent.
Element : notification activé, j’y ai si peu de relation qu’elle ne sonne presque jamais.
Mails
Sur mon smartphone je n’ai pas de messagerie de configurée donc c’est uniquement sur mon PC.
J’y vais une à deux fois par jour, il peut aussi se passer plusieurs jours sans que je regarde, mais il peut aussi y avoir l’exception (j’attends une réponse suite à une réclamation, un mail urgent, etc.) et donc y regarder plusieurs fois par jour. J’ai la chance de ne pas subir trop de spam.
Je suis inscrit à quelques listes, certaines sont plus bavardes que d’autres, je lis en diagonale et approfondi que lorsque le mail m’intéresse particulièrement et peut-être y répondre, je suis inscrit à peu de forums.
La messagerie me prend peu de temps.
Flux RSS
Uniquement depuis mon PC, je l’ouvre donc uniquement quand je souhaite regarder, maximum une fois par jour. C’est classé par thématique. J’en ajoute tout au long de l’année et donc une fois l’an je fais un tri, supprimant ceux que finalement je ne suis jamais allé voir. Je fais une lecture des titres, quand cela semble m’intéresser je lis en diagonale l’article et m’y attarde quand le sujet m’intéresse vraiment. Il y a aussi les articles que je mets en favori pour les lire plus tard, quand j’en aurai le temps.
Conclusion
À me lire on pourrait penser que j’y passe beaucoup de temps, mais non, tout va très vite et quand j’en ai envie. Par exemple écrire ce billet me prend énormément plus de temps que toutes les actions énumérées ci-dessus.
Si vous ne savez pas comment atténuer l’impact des notifications sur votre vie, il y a aussi une solution bien plus radicale, se déconnecter totalement pour repartir de zéro pour ne garder que ce qui vous semble vraiment essentiel. Sur le sujet je vous conseille la lecture du blog de Ploum qui écrit sur son blog un livre sur sa déconnexion… De quoi nous interroger !
Suite à lecture de son blog j’ai regardé par curiosité mon Keepass (gestionnaire de mots de passe) de plus près et il y a du monde… de quoi passer du temps à certaines désinscriptions.
Comme beaucoup de personnes qui lisent j’ai une bibliothèque pour y ranger mes livres jusqu’à un certain volume.
Jusqu’en 2016, j’avais un vrai problème avec les livres ! Si je rentrais dans une librairie, ou passais par le rayon « livres » en faisant mes courses, juste par curiosité, je repartais avec plusieurs livres.
Une sorte d’addiction ! Et cela à coût !
Je me suis inscrit à la bibliothèque municipale pour limiter les dégâts. Mais lorsqu’un livre me plaisait, je l’achetais pour le posséder… Ça se soigne docteur ?
Mais ça c’était avant !
Ha ! Tu t’es fait soigné Sima ?!
Non, juste changé mes habitudes !
Avant.
Donc avant juillet 2016 je cumulais les livres qui venaient remplir ma bibliothèque qui était surchargée donc aussi des cartons de livres qui remplissaient ma cave.
Lorsque je partais en vacances j’emmenais quantité de livres de peur d’en manquer et aussi de peur de ne savoir sur lequel enchaîner.
Bref une bibliothèque remplie et des cartons de livres encombrant notre cave. Lorsque j’ai besoin d’un outil pour bricoler, je dois sortir les cartons, les vélos et tout remettre en place, idem pour ranger l’outil. Vraiment pénible !
Juillet 2016.
L’un de mes fils me donne sa liseuse. Moi qui suis attaché au papier, au livre que l’on peut toucher, chérir, je découvre qu’en août j’ai un sac de moins dans le coffre de la voiture où je dois exprimer mes talents de joueur de Tetris pour que tout rentre. J’ai dans ma liseuse plus de livres que je ne peux lire. Depuis, je ne pourrais plus m’en passer, elle me suit partout, ce qui n’était pas le cas de livres surtout quand ils étaient volumineux.
Confinement de la Covid et déclic (avril 2021).
J’en ai marre de devoir tout déménager dans la cave chaque fois que je dois m’y rendre ! Moi et Mme Sima nous posons la question de l’utilité de ces livres qui sommeillent dans des cartons, leur utilité… C’est totalement stupide, il ne profite à personne même pas à nous !
Nous décidons d’un grand tri, ceux qui nous plaisent vraiment nous les remontons dans la bibliothèque, nous faisons le même tri dans la bibliothèque et mettons tous les livres que nous ne souhaitons pas garder dans des cartons ouverts dans la partie commune de notre immeuble avec un papier « Servez-vous ! ».
Le but : ne plus avoir de cartons de livres et que la bibliothèque ne déborde plus !
Nous avons quelques boites à livres dans notre ville, mais toutes sont pleines. Agréable surprise, nous avons vu les cartons se vider de jour en jour, au bout d’une semaine tous les cartons étaient vides.
Et maintenant ?
Maintenant je ne lis que des livres numériques, sauf pour les BD, mais je ne suis pas un grand lecteur de BD ou les livres de poésies. Ma bibliothèque ne gonfle plus ou beaucoup plus lentement, je fais moins d’achats inutiles. Par contre lorsque j’ai un coup de cœur, je peux acheter le livre papier en plusieurs exemplaires pour les offrir, j’ai dans mon entourage des personnes attachées aux livres papier et ayant des goûts similaires aux miens. Je remplis leurs bibliothèques !
Littérature – Les possibles de Virginie Grimaldi (2021).
ISBN : 978-2-21371-866-8
283 pages
Éditions Fayard
J’ai découvert cette écrivaine sur le tard avec « Il est grand temps de rallumer les étoiles« , un livre que l’on m’a offert et qui fût l’un mes coups cœur et dont je vous conseille aussi la lecture. Je n’avais pas écrit de billet sur ce livre… Manque de temps ? Paresse ? Comme ça vous le savez, je n’écris pas systématiquement sur chacun de mes coups de cœur.
« Les possibles » est un livre qui fût très bien médiatisé, je suis assez méfiant lorsque des écrivains sont sur-médiatisés, car du coup, on en attend beaucoup, voire trop peut-être, et j’ai souvent été déçu.
Mais ce n’est pas le cas ici, deuxième livre de Virginie Grimaldi que je lis, deuxième coup cœur !
J’ai A-DO-RÉ !
Juliane qui s’est un peu éloignée d’un père (Jean) marginal, haut en couleur et un peu (beaucoup) perché. Le rapprochement va se faire suite à un incendie partiel du pavillon de Jean, il va venir habiter quelque temps chez sa fille (au quotidien bien huilé), où tout est bien ordonné, organisé.
Papa déraille !
Virginie aborde un sujet difficile celui où l’on est confronté à la maladie d’un proche, d’un être aimé. Papa déraille ! Il cherche constamment sa carte vitale, oubli son code pin, etc. Entre déni et prise de conscience, Juliane que Jean à toujours surnommée Microbe est démunie, elle se débat à la recherche de solutions de réponse, elle recherchera la complicité de sa sœur qui vit à Chicago. Il y a aussi le déni face à la dysphasie de Charlie (son fils). La maladie affecte toute la famille et pas toujours simple d’y faire front.
– Papa déraille.
– Papa a toujours déraillé.
(…)
– Je pense qu’il est malade.
– C’est maintenant que tu t’en rends compte ?
Elle ricane. (…)
– Il ne sait plus lire l’heure.
– Il devait être mal réveillé, réplique ma sœur.
– Il dilapide sa retraite au téléachat.
– Il s’ennuie.
– Il brûle les courriers à son nom.
– Il a toujours été un peu parano.
– Il oublie les clés sur la porte.
– Il est tête en l’air, rien de nouveau.
(…)
– Il m’a appelée plusieurs fois Juliane.
Il y a un long silence, de ceux qui précèdent les moments que l’on n’oublie pas. Puis la voix de ma sœur, délestée de sa légèreté :
– Emmène-le chez le docteur.
Peut-on rire de tout ?
Seulement quand on sait le faire ! Virginie Grimaldi jongle merveilleusement sur toute la gamme de l’humour, celle de l’autodérision, de la franche rigolade. Le rire n’est jamais gratuit avec Virginie, d’une plume précise son ironie touche aussi notre sensibilité et nous fait passé du sourire aux larmes d’émotion. Au-delà de l’histoire de Juliane et son père, c’est l’histoire de toute une famille, le fils, le mari de Juliane, sa mère, sa soeur, lorsque la maladie embarque toute une famille.
Nous connaissons tous dans notre entourage des personnes qui déraillent ou qui ont déraillé… Un roman très touchant, émouvant, qui fait du bien et reste positif. J’ai A-DO-RÉ !
Il nous reste de beaux moments. Il est encore là.
Puisque mon père n’habite plus tout à fait dans ce monde, je vais passer une tête dans le sien.
Profite de lui, la partie n’est pas finie. Il est encore l’heure de tous les possibles.
PS : J’ai été aussi très sensible par le rapport de la mère confrontée à la dysphasie de son fils.