Plantes à éviter lors des promenades ou randonnées

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Plantes Dangereuses à Éviter : Guide pour les Randonneurs et Promeneurs

Lorsque l’on est randonneur ou simple promeneur, on aime la nature et ses plantes. Pourtant, certaines plantes peuvent représenter un danger et doivent être évitées, non seulement pour la sécurité des individus mais aussi, lorsqu’elle est invasive, pour la préservation des écosystèmes locaux. Il ne faut pas toucher, consommer, ou manipuler certaines d’entre elles, et certaines espèces invasives doivent même être signalées aux autorités locales pour leur destruction.

Voici une liste de ces plantes dangereuses dont certaines invasives que l’on trouve en France, avec leurs effets potentiels. Vous trouverez également des liens vers Wikipédia pour plus d’informations détaillées.

Liste des plantes dangereuses.

La Belladone (Atropa belladonna)
Effets : Contient de l’atropine, une substance très toxique qui peut provoquer des hallucinations, des convulsions et être mortelle en cas d’ingestion.
Précautions : Ne pas consommer les baies ou les feuilles.
Plante indigène non invasive
https://fr.wikipedia.org/wiki/Belladone

La Grande Cigüe (Conium maculatum)
Effets : Contient des alcaloïdes toxiques qui peuvent provoquer des paralysies et être fatals en cas d’ingestion. Des cas de phytophotodermatoses ont été répertoriés : après un contact cutané avec les feuilles ou le suc de la plante suivi d’une exposition au soleil, des lésions cutanées d’intensité variable apparaissent.
Précautions : Ne pas ingérer. Éviter tout contact avec la peau.
Plante indigène non invasive
https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Cigu%C3%AB

Petite ciguë (Aethusa cynapium)
Effets : Contient des alcaloïdes toxiques dont la conine qui peuvent provoquer des paralysies et être fatals en cas d’ingestion. Des cas de phytophotodermatoses ont été répertoriés : après un contact cutané avec les feuilles ou le suc de la plante suivi d’une exposition au soleil, des lésions cutanées d’intensité variable apparaissent.
Précautions : Ne pas ingérer. Éviter tout contact avec la peau.
Plante indigène non invasive
https://fr.wikipedia.org/wiki/Petite_cigu%C3%AB

La Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)
Effets : Sève phototoxique causant des brûlures cutanées très graves au contact de la peau exposée à la lumière.
Précautions : Éviter tout contact avec la plante. Porter des vêtements couvrants et des gants. En cas de contact, laver immédiatement la peau et éviter l’exposition au soleil.
Plante invasive, signaler sa présence aux autorités locales.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Berce_du_Caucase

Le Datura (Datura stramonium)
Effets : Contient des alcaloïdes toxiques pouvant causer des hallucinations, une confusion mentale et être mortels en cas d’ingestion.
Précautions : Ne pas ingérer. Éviter de toucher les fleurs et les graines. lors de la manipulation.
Plante invasive, signaler sa présence aux autorités locales.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Datura_stramonium

Le Laurier-rose (Nerium oleander)
Effets : Contient des glycosides cardiaques qui peuvent provoquer des troubles cardiaques graves, des nausées, des vomissements et être mortels en cas d’ingestion.
Précautions : Ne pas ingérer. Porter des gants lors de la taille ou de la manipulation.
Pourtour méditerranéen
https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurier-rose

Le Muguet (Convallaria majalis)
Effets : Contient des glycosides cardiaques qui peuvent causer des troubles cardiaques, des vomissements, des diarrhées et être fatals en cas d’ingestion.
Précautions : Ne pas ingérer. Éviter de laisser les enfants jouer avec les fleurs.
Plante indigène non invasive
https://fr.wikipedia.org/wiki/Muguet_de_mai

Le Ricin (Ricinus communis)
Effets : Les graines contiennent de la ricine, une toxine très puissante qui peut causer des nausées, des vomissements, des diarrhées sévères et être mortelle en cas d’ingestion.
Précautions : Ne pas ingérer les graines. Éviter de manipuler la plante sans précaution.
Plante exotique, non considérée comme invasive, se trouve sur pourtour méditerranéen
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ricin_commun

La Digitale pourprée (Digitalis purpurea)
Effets : Contient des glycosides cardiaques qui peuvent provoquer des troubles cardiaques graves, des nausées, des vomissements et être mortels en cas d’ingestion.
Précautions : Ne pas ingérer. Porter des gants lors de la manipulation.
Plante indigène non invasive
https://fr.wikipedia.org/wiki/Digitalis_purpurea

L’Aconit napel (Aconitum napellus)
Effets : Contient de l’aconitine, une neurotoxine puissante qui peut causer des paralysies, des troubles cardiaques et être fatale en cas d’ingestion.
Précautions : Ne pas ingérer. Porter des gants et se laver les mains après manipulation.
Plante indigène non invasive
https://fr.wikipedia.org/wiki/Aconitum_napellus

L’If (Taxus baccata)
Effets : Contient des alcaloïdes toxiques (taxines) qui peuvent provoquer des troubles cardiaques graves et être mortels en cas d’ingestion.
Précautions : Toutes les parties de l’arbre, sauf l’arille rouge entourant la graine sont toxiques. Ne pas ingérer.
Plante indigène non invasive
https://fr.wikipedia.org/wiki/If_commun

L’Ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia)
Effets : Le pollen est très allergisant et peut provoquer des allergies sévères et de l’asthme.
Précautions : Éviter les zones infestées durant la période de pollinisation. Porter un masque si nécessaire.
Plante invasive, signaler sa présence aux autorités locales.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ambrosia_artemisiifolia

L’Herbe de la Pampa (Cortaderia selloana)
Effets : Les feuilles sont coupantes et peuvent causer des coupures profondes.
Précautions : Ne pas toucher les feuilles. Porter des vêtements de protection en cas de nécessité de manipulation.
Plante invasive, signaler sa présence aux autorités locales.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Herbe_de_la_pampa

L’Ailante glanduleux (Ailanthus altissima)
Effets : Peut causer des réactions allergiques et des irritations cutanées.
Précautions : Éviter tout contact en cas l’allergie.
Plante invasive
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ailanthus_altissima

Le Raisin d’Amérique (Phytolacca americana)
Effets : Les baies, feuilles et les racines sont toxiques et peuvent causer des troubles gastro-intestinaux en cas d’ingestion.
Plante invasive, signaler sa présence aux autorités locales.
Précautions : Ne pas ingérer.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Phytolacca_americana

Sumac Grimpant (Toxicodendron radicans)
Bien que rare en France, on peut tout de même croiser le sumac vénéneux. Cette plante est extrêmement dangereuse et doit être évitée à tout prix, tout comme la berce du Caucase.
Le sumac vénéneux, ou Toxicodendron radicans, est une plante qui peut provoquer des réactions allergiques sévères en raison de la présence d’urushiol, une huile toxique.
Effets :

  • Dermatite de contact : Le contact avec l’urushiol peut provoquer une éruption cutanée qui démange, des rougeurs, des cloques, et un gonflement. La réaction peut apparaître entre 12 à 72 heures après le contact.
  • Réactions respiratoires : Inhaler de la fumée de sumac vénéneux brûlé peut causer des irritations sévères des voies respiratoires, entraînant des difficultés respiratoires, une toux, et un gonflement de la gorge.
  • Irritation des yeux : Si l’urushiol entre en contact avec les yeux, cela peut causer des douleurs, des rougeurs et des gonflements.

Précautions :

  • Identification : Apprenez à identifier le sumac vénéneux pour éviter tout contact accidentel. Il a généralement des feuilles en groupes de trois, avec des bords lisses ou légèrement dentelés.
  • Éviter le contact : Portez des vêtements longs, des gants, et des chaussures fermées lorsque vous êtes dans des zones où le sumac vénéneux peut pousser.
  • Nettoyage immédiat : Si vous entrez en contact avec la plante, lavez immédiatement la zone affectée avec de l’eau savonneuse pour éliminer l’urushiol. Le lavage doit être fait dans les 10 à 15 minutes pour être efficace.
  • Nettoyage des objets : Les outils, vêtements, et autres objets qui ont touché la plante doivent être nettoyés soigneusement pour éviter une contamination secondaire.
  • Ne pas brûler : Ne brûlez jamais le sumac vénéneux. Les fumées dégagées peuvent contenir de l’urushiol volatilisé, qui est dangereux à inhaler.
  • Traitement des éruptions : Si vous développez une éruption cutanée, utilisez des crèmes apaisantes, des antihistaminiques, et des bains à l’avoine pour réduire les démangeaisons. Consultez un médecin si les symptômes sont sévères ou persistent.

Plante éxotique, signaler sa présence aux autorités locales et à l’INPN.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sumac_grimpant
Répartition : https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/126914/tab/carte

Sureau noir (Sambucus nigra)
On utilise les fruits et fleurs du sureau noir pour confectionner des confiture, vins, vinaigre limonades et autres, je vais donc apporter un attention particulière à cette plante.
Les fruits et les fleurs du sureau noir sont comestibles après cuisson. Le reste de la plante est toxique.
Il existe plusieurs espèces, sous-espèces et variétés de sureaux dont certaines très toxiques.
Effets :
Baies Non Cuites : Les baies de sureau noir (Sambucus nigra) contiennent de petites quantités de cyanure, qui peuvent être toxiques si elles sont consommées crues en grande quantité.
Les symptômes d’intoxication peuvent inclure des nausées, des vomissements, des diarrhées et des douleurs abdominales.
Feuilles, Écorce, et Racines : Ces parties de la plante contiennent des glycosides cyanogènes, qui libèrent du cyanure lorsqu’elles sont ingérées.
La consommation de ces parties peut entraîner des symptômes graves comme des vertiges, des maux de tête, des palpitations cardiaques, des difficultés respiratoires, et dans des cas extrêmes, la mort.
Précautions : Sachez identifier le sureau noir parmi les autres. Ne pas consommer les fleurs et fruits Non Cuites. Ne pas consommer les feuilles, l’écorce et les racines.

Fleurs et Baies Cuites du sureau noir : Les fleurs et les baies cuites sont généralement sans danger et sont couramment utilisées dans des recettes telles que les confitures, les sirops et les infusions.
La cuisson détruit les glycosides cyanogènes, rendant ces parties de la plante sûres à consommer.
Plante indigène.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sambucus_nigra
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sureau

Voici la fin de cette liste qui n’est pas exhaustive.

  • Intéressez-vous aux plantes que vous croisez.
  • On ne touche pas, on ne mange pas tant que l’on a pas la certitude que c’est sans danger.
  • Dans le doute, on s’abstient.

Si vous vous intéressez à la flore l’article « Littérature – Identifier la flore«  peut également vous intéresser.

Conclusion

En tant que randonneur ou promeneur, il est important de rester vigilant face aux plantes que vous rencontrez dans la nature. Certaines peuvent être dangereuses et doivent être évitées pour votre sécurité et pour protéger les écosystèmes locaux. Ne touchez, ne consommez, et ne manipulez aucune plante à moins d’être certain qu’elle est sans danger. En cas de doute, il vaut mieux s’abstenir. Rappelez-vous que certaines de ces plantes, bien qu’utilisées en pharmacopée, ou l’on été, ou en cours d’étude pour leur potentiel phytopharmacologique, sont avérées toxiques. Ne vous improvisez pas pharmacien.
De nombreuses plantes sont également protégées ; profitez de la beauté de la nature sans perturber les écosystèmes que vous traversez.

J’espère que ce guide vous a été utile. Avez-vous déjà rencontré des plantes dangereuses lors de vos promenades ou randonnées ? Partagez vos expériences et vos conseils dans les commentaires ci-dessous !

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Littérature – identifier la flore

Présentation rapide de deux livres pour identifier la flore.
Est-ce de la littérature ? Non pas vraiment, il s’agite de livres techniques.

Littérature – Nouvelle flore de Gaston Bonnier et Georges De Layens.

Pour la détermination facile des plantes de la région parisienne.

ISBN: 2-7011-1001-7
285 pages
Éditions Belin

Couverture du livre Nouvelle Flore pour la détermination facile des plantes de la région parisienne, de Gaston Bonnier et Georges de Layens, éditions Belin, illustrée d'une planche botanique représentant un chèvrefeuille en fleurs.
Gaston Bonnier & Georges de Layens, « Nouvelle Flore pour la détermination facile des plantes de la région parisienne », 2173 figures, éditions Belin. L’illustration de couverture représente un chèvrefeuille (Lonicera sp.).

Voilà le livre que j’emporte à chaque sortie en forêt en Ile-de-France, oui, c’est là que j’habite.
Je l’accompagne d’une loupe X10, un couteau de poche et un carnet pour prendre des notes.
Facile ? En fait pas tant que cela. Il faut avoir un minimum de notions en botaniques, pour bien l’utiliser.
Il s’agit de clés d’identifications, il faut savoir utiliser une clé d’identification. Mais tout s’apprend !
Cela-dit, je ne le conseille pas à quelqu’un qui souhaite s’initier à la botanique.

Double page intérieure de la Nouvelle Flore de Bonnier et de Layens, présentant les clés de détermination dichotomiques illustrées des familles de plantes aquatiques : Hydrocharidées, Joncaginées et Potamées, avec figures botaniques au trait.
Pages 154-155 de la Nouvelle Flore de Bonnier et de Layens. Clés dichotomiques et descriptions des plantes aquatiques : Hydrocharis, Élodée, Vallisnérie, Stratiotes (Hydrocharidées), Troscart (Joncaginées) et Potamot, Zannichellie (Potamées), accompagnées de figures au trait.

Littérature – Les noms de fleurs de Gaston Bonnier.

Trouvés par la méthode simple.

ISBN: 978-2-7011-1003-5
336 pages
Éditions Belin

Couverture du livre Les Noms des Fleurs trouvés par la méthode simple, de Gaston Bonnier, éditions Belin, illustrée d'une planche botanique représentant un pissenlit en fleurs et en fruits.
Gaston Bonnier, « Les Noms des Fleurs trouvés par la méthode simple », 64 planches en couleurs et 2715 figures en noir, éditions Belin. L’illustration de couverture représente un pissenlit (Taraxacum officinale).

A mon avis mieux adapté au novice. Il y a des planches couleurs par lesquels vous identifierez très rapidement certaines plantes. La clé identification est très bien faite, bien documentée, permet une évolution en douceur. Lorsque vous arrivez au nom de votre plante vous avez plus de renseignements comme le nom vernaculaire, si elle est médicinale, etc.
Je le trouve mieux adapté aux novices.

Double page intérieure des Noms des Fleurs de Gaston Bonnier, présentant les clés de détermination dichotomiques illustrées des numéros 401 à 408, couvrant notamment la Tormentille, les Gaillets, la Lysimaque et plusieurs espèces de Millepertuis, avec figures botaniques au trait.
Pages 106-107 des Noms des Fleurs de Gaston Bonnier. Clés dichotomiques illustrées pour la détermination de plantes à fleurs jaunes : Renonculacées (Ficaire), Potentille Tormentille, Gaillets, Lysimaque, Hélianthème et Millepertuis (Hypericum perforatum, H. humifusum, H. quadrangulum, H. tetrapterum).

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Végétaux et leurs petits noms

Mangez 5 fruits et légumes par jour.

Un slogan bien connu.

Si le substantif « fruit » est explicite : Organe végétal, issu du développement de l’ovaire fécondé et protégeant la graine issue de l’ovule. Bon on ne va pas rentrer les détails botaniques. Bref, pour faire simple le fruit est le résultat d’une fécondation (le fruit, ce n’est pas la graine).

Mais « légume » c’est vague, il s’agit de parties comestibles d’une plante potagère, mais pas que, ce peut être issu de plantes sauvages et pour être plus vague ont y dénombre des fruits.

Finalement ce que l’on appelle communément « Légumes » sont les végétaux que l’on mange en entrée ou plat de résistance.

Que trouve-t-on parmi les légumes, quelles parties des végétaux mangeons-nous ?

  • Fruits : tomates, courgettes, concombres…
  • Fleurs : chou-fleur, artichauts, brocolis…
  • Tubercules : pommes de terre, patates douces, topinambours…
  • Racines : betteraves, navets, carottes…
  • Bulbes : oignons,
  • Rhizomes : gingembres, maniocs..
  • Feuilles : salades, chicorées…
  • Pétioles : blettes, céleris-côte (quoi que moi je mange du pétiole au limbe).
  • Jeunes pouces : soja, asperges…
  • Germes : noisettes, amandes…
  • Graines : lentilles, haricots secs, petits pois écossés, fèves…

Pour les haricots verts, c’est le fruit et ses graines que vous mangez, pois avec sa gousse c’est idem.

Alors pourquoi le slogan « mangez 5 fruits et légumes » ?

Je trouve plus adéquat « Mangez 5 végétaux« , mais c’est moins fun, moins vendeur.

La mercatique est également au service de vos végétaux.

Ne lisons pas régulièrement : découvrez les légumes anciens, les légumes oubliés.
Pourtant celui qui a un potager connaît toutes ses plantes potagères. Parfois il y a même des plantes que l’on oublie volontairement : au tout début que j’avais un potager j’avais mis un pâtisson, nous avons décrété, moi et Mme Sima, que soit, c’est beau, mais chiant à éplucher et n’apporte pas grand-chose gustativement contrairement à beaucoup d’autres cucurbitacées, nous avons décidé de l’oublier et ne plus en mettre.

L’importance du nom des plantes

Si généralement, le nom français nous définie relativement bien ce que l’on nous vend (nous savons ce qu’est une laitue, un concombre, un poireau, etc.) parfois la variété francisée est accolée pour des questions de goût, de cuisson, de fermeté de chairs, (variés de pomme, de tomates, de patates, d’orange, etc.), les noms normalisés ou vernaculaires peuvent être pratiques mais aussi prêter à confusion.

Endive est le nom vernaculaire connu dans presque toute la France alors que dans le nord son nom vernaculaire est chicon, ce qui a une logique puisqu’il s’agit d’une chicorée (Cichorium).

Les noms vernaculaires (on quitte l’alimentaire pour l’exemple), le sapin de Normandie, des Vosges, de croix, et autres, désignent un seul et même arbre, l’Abies alba les seuls noms communs acceptables à mon sens, et ont l’appelle aussi ainsi, sont le sapin blanc (traduction d’Abies alba) ou sapin pectiné (traduction d’Abies pectinata).

Je ferai peut-être un jour un billet sur la synonymie des noms scientifiques…

Bref, on le voit seul le nom scientifique a un véritable sens, je dis bien scientifique et non latin car tous les noms ne viennent pas du latin, exemple l’arbre (la plaqueminier) d’où vient le fruit, le kaki, se dit Diospyros qui vient du grec et signifie « blé de dieu » ou plus précisément « blé de Zeus »

La confusion des noms commerciaux.

Lorsqu’arrive d’un pays lointain un nouveau produit, il faut lui trouver un nom francisé.
À l’arrivée du fruit de l’attier (Annona squamosa) on lui donna le nom de « pomme cannelle », personnellement je n’ai jamais trouvé le rapport que se soit au goût, à la texture ou autre avec une pomme à la cannelle, maintenant on le trouve assez souvent sous le nom d’annone.

Alors si le nom commun peut porter à confusion parfois il est très utile, si je vous dis : venez manger demain soir, il y aura des boules de phallus impudiques (phallus pour, ne pas dire bites) au menu.

Cela ne vous mettra peut-être pas en bouche, ou vous viendrez plein d’enthousiasme dans l’espoir d’une soirée d’un genre particulier et vous seriez déçus de constater qu’il ne s’agit que de manger des vesses du champignon « Phallus impudicus« .

Là, par exemple, il faut vraiment lui trouver un nom autre que la traduction du latin. 🙂

Mais parfois les noms communs sont trompeurs.

Marrons glacés, il s’agit pourtant de châtaignes… Le marron est la graine du marronnier non comestible alors que la châtaigne est le fruit du châtaignier (oui, la châtaigne est un fruit alors que le marron une graine, des subtilités importantes). Alors pourquoi parler de marron glacés, de marrons chauds ?… Alors qu’il s’agit de châtaignes ?

Si l’on est dans l’imprécision, la confusion des noms communs, évitons l’absurdité !

La palme de l’absurdité des appellations m’a été révélé en lisant le billet « Réflexion – Le végétarisme à toutes les sauces… marketing » de Chez Iceman où il dénonce (entre autres sujets) le « piment végétarien« .

Sous cette appellation, cela sous entend que seul ce piment est végétarien et que les autres ne le seraient pas alors que nous savons tous que tout aliment végétal, est de fait, végétarien!

On voit bien là l’absurdité parfois des noms vernaculaires.

Ce nom vernaculaire « piment végétarien » existe depuis longtemps, donc pas un phénomène de mode, ni marketing (du moins pas à l’époque où le nom est sorti, maintenant, sa tombe bien). Il est issu du piment Antillais Capsicum chinense qui serait originaire du Mexique. Pourquoi je mets le conditionnel ? Je ne suis pas un spécialiste du piment (je connais un peu mieux les ligneux des régions tempérées) et si je sais que la grande majorité des piments vient d’Amérique centrale et du sud, il me semble qu’il en existe des variétés endémiques d’Asie et si wikipédia nous dit qu’il vient du Mexique, le nom latin m’interpelle car lorsque je lis chinense, ou chinensis, ou encore sinensis cela signifie généralement que cela vient de Chine ou d’Asie. Ce n’est pas non plus une vérité absolue, on peut également imaginer que le botaniste qui l’identifie pour la première fois lui donne ce nom parce que cela lui évoque un souvenir de Chine ou d’Asie ?

Pour résumer : le piment végétarien serait donc le nom vernaculaire d’un type variétal ou d’un cultivar du Capsicum chinense mais je n’ai pas trouvé le nom exact de ce piment. S’il s’agit d’un cultivar cela s’écrirait ainsi: Capsicum chinense ‘Piment Végétarien’

La liste des exemples n’est pas exhaustive, mais vous l’aurez compris, il n’est pas facile de nommer un chat, un chat !

Et pour votre santé, mangez cinq végétaux !

Peinture à l'huile d'Arcimboldo représentant un visage humain entièrement composé de fruits, légumes, fleurs et épis de céréales, portrait allégorique de l'empereur Rodolphe II en dieu Vertumne.
Giuseppe Arcimboldo, « Vertumnus », vers 1590-1591, huile sur bois, Skokloster Slott (Suède) – L’empereur Rodolphe II du Saint-Empire représenté sous les traits de Vertumne, dieu romain des saisons et des jardins, entièrement composé des fruits de la nature.