Adhérer à un GUL ou créez-en un

Adhérer à un GUL ou créez-en un.

Vous aimez le logiciel libre, vous l’utilisez, ou vous souhaitez maîtriser vos données au mieux, ou vous avez envie de plus de liberté… Ne restez pas seul dans votre coin et rejoignez un lieu de partage et d’échange, rejoignez un GUL !

Un GUL, le mal nommé, est un Groupe d’Utilisateur Linux, LUG en anglais (Linux User Group). Je dis donc le mal nommé car je trouve que Groupe d’Utilisateur de Libres serait plus approprié, en effet vous pouvez adhérer à un GUL sans être sous Linux mais sous un autre système (BSD), ou simplement en utilisant du logiciel libre tout en étant sous Windows (j’y reviens plus bas).

Un GUL n’est pas un repaire de flibustiers barbus Linuxiens.

On y rencontre toute sorte de personnes.

Adhérer à un GUL

La diversité dans un GUL.

Sima! Sima! Sima! Montre-nous ton GUL!
Ok! Ce n’est pas le mien, il appartient aux adhérents.

(oui, une association appartient à ses adhérents, ce n’est pas mon GUL mais celui des adhérents).

Prenons l’exemple de Root66.Net que je connais bien (cette année plus de 50 adhérents).

Il y a des informaticiens qui travaillent dans différents secteurs (admin sys., calculateurs, sécurité, etc.) peu ou pas de développeurs. Mais les informaticiens sont une minorité, et oui…
Les autres personnes viennent de secteurs très variés, de ceux qui découvrent le logiciel libre, du débutant, à ceux qui sont des utilisateurs avertis. S’il y a quelques jeunes, la majorité a plus de 30 ans et aussi des retraités. La représentativité sexuée : si pendant de nombreuses années il y eut que deux femmes ces derniers temps leur nombre augmente mais reste minoritaire.

Donc un GUL n’est pas un repaire de barbus Linuxiens mais bien un regroupement de personnes se souciant de la protection de leurs données personnelles, une certaine défiance vis-à-vis du logiciel propriétaire…

Les systèmes d’exploitation.

Il y a ceux sous Linux (pas de BSD, mais il y en a eut), ceux en double « boot », ceux sous Windows.

Hein Sima, sous Windows dans un LUG ou GUL ?
Oui, et c’est normal, je vais l’expliquer.

Quelqu’un qui est sous un OS depuis longtemps y a ses habitudes et passer du jour au lendemain de Windows à Linux peut être déroutant, justement à cause des habitudes prises, c’est donc assez rare qu’une personne passe de l’un à l’autre d’un coup ! L’être humain est un animal d’habitude.
Donc ces derniers s’intéressent à Linux sans oser franchir le pas tout de suite et commence souvent par se sensibiliser aux logiciels libres, jusqu’au jour ils se sentent prêts à passer en double « boot », puis peut-être le tout Linux.

Il n’y a pas de règle dans le processus, par exemple la doyenne de Root66, sans compétence particulière est passée du jour au lendemain sous Linux et y est restée. Chaque personne est différente et souhaite avancer chacun a son rythme, en fonction aussi de ses besoins, ses choix et tout cela se respecte.

Revenons à la diversité des OS à Root66, il y a du Debian, Ubuntu, Gentoo, Fedora, ArchLinux, Mint, j’en oublie peut-être et donc comme dit plus haut, du Windows. Pas de BSD, c’est dommage, mais bon, chacun met ce qu’il souhaite.

Correctif suite au commentaire de Benzo: il y a aussi du BSD à Root66 😉 Je vais peut-être apprendre qu’il y a aussi des développeurs 🙂

Le but du GUL

Chaque GUL peut avoir ses propres choix, ses propres orientations, ce peut être axé sur des projets bien concrets et spécifiques ou être plus généraliste comme Root66.net :

L’association Root66.net a pour objectif principal de promouvoir les logiciels libres, en particulier les systèmes d’exploitation libres comme Linux, ainsi que l’usage des standards ouverts.

Pour Root66, si au début cela ne concernait que les PC aujourd’hui c’est plus vaste, il y a les smartphones, la domotique, etc.

Concrètement, comment cela se passe-t-il ?

Par exemple nous essayons de faire une présentation mensuelle, essayant d’alterner entre « plutôt technique » et « plutôt grand public », elles sont ouvertes à tous. Nous organisons des cinés-débats, Les journées du N.A.T. (le Numérique Accessible à Tous) en collaboration avec des médiathèques des villes environnantes, participation au forum des associations, Café vie privée, des Installes-Parties, etc. Nous tenons également des permanences où l’on peut venir nous rencontrer, où les adhérents viennent lorsqu’ils ont un problème spécifique et nous essayons de résoudre ensemble…

Qui fait les présentations.

Le choix des présentations.
Le choix est en premier lieu à la demande des adhérents, s’ils souhaitent une présentation sur un sujet spécifique, nous essayons de voir qui peut la faire. Il se peut aussi que lors de discussion quelqu’un propose un thème comme la rencontre avec Rayna Stamboliyska autour de son livre « La face cachée d’Internet » en collaboration avec une librairie… Bref toutes les idées sont bonnes à prendre.

Qui fait les présentations publiques.
C’est simple, celui qui veut, il n’y a pas hiérarchie et pas nécessaire d’être informaticien, si quelqu’un souhaite faire découvrir une application, il peut le faire, s’il ne se sent pas de le faire seul, cela peut se faire à plusieurs. Nous essayons aussi d’inviter des personnes externes à Root66 sur des sujets dont ils sont spécialistes et reconnus (Aeris (La sécurité pour les Administrateurs Systèmes en herbe), Stéphane Bortzmeyer (DNS vie privée), A. Kozlika et Franck P. (Dotclear – Créer un site ou blog clair en toute simplicité) et d’autres je ne peux lister tout le monde. Les adhérents informaticiens ou pas font aussi des présentations.

Sima, faire une présentation lorsque l’on est pas informaticien ne pose pas un problème?

Non, et je vais prendre mon exemple, je ne suis pas informaticien et lorsque je fais une présentation sur un thème que je pense globalement bien maîtriser, il arrive que l’on me pose une question dont je n’ai pas la réponse. Pas de souci, je dis ne pas connaître la réponse et la repose à l’oratoire et bien souvent la réponse vient de la salle. Et cela arrive même aux meilleurs informaticiens, et il arrive même que personne n’a la réponse dans la salle… Noter la question, et continuer la présentation… Il y a de grande chance que dans la salle certains vont chercher la réponse depuis leur smartphone ou ordinateur portable et donneront la réponse. En fait, pour une bonne présentation il suffit d’être soi-même, tel que l’on est au quotidien.

GUL la richesse des adhérents.

La diversité des personnes, de leurs centres d’intérêt, de leurs questionnements crée des échanges où chacun se nourrit, s’enrichit. Il n’y a pas une forme linéaire (d’un soi-disant haut vers un supposé bas) la diffusion des connaissances est vraiment transversale et chacun apporte quelque chose, parfois même sans s’en rendre compte.

Nous avons une liste de diffusion où chacun peut s’exprimer, les permanences comme je l’ai dit, un rendez-vous hebdomadaire en visio qui s’appelle l’Apéroot où l’on peut discuter sur le logiciel libre mais aussi de tout et de rien, c’est notre bar virtuel. Il arrive aussi lorsque quelqu’un a un souci, qu’un autre adhérent ayant la réponse, le contact en message privé, se donnent rendez-vous et solutionne le problème et bien souvent la résolution s’annonce sur la liste.

Chacun participe en fonction de son temps, ses moyens, ses compétences. Et quand je dis chacun peut proposer je donne un exemple qui me vient, une adhérente qui est sous Linux (Fédora) depuis deux ans à créer un tutoriel très détaillé, (étape par étape) sur : Comment utiliser le gestionnaire graphique de paquets Dnfdragora… Un exemple parmi tant d’autres.

Je veux créer mon GUL

Oui mais moi sima, je suis sous Linux, je ne suis pas informaticien.
Et alors ?

Déjà, on ne vous demandera jamais d’être ce que vous n’êtes pas, on ne vous demandera pas de devenir informaticien. Et si vous souhaitez le devenir, un GUL peut vous apporter une culture générale sur le logiciel libre, vous y apprendrez beaucoup choses, mais vous devrez suivre des cours ailleurs (lycée, université, ecole spécialisée, correspondance, ou autres), un GUL n’a pas vocation à former des informaticiens, en tout cas pas Root66.

Si vous êtes trois vous pouvez créer une association, imaginer ce que vous pouvez faire pour promouvoir le logiciel libre et je suis persuadé que vous serez rejoins par d’autres dont certains travaillent certainement sous linux. Pour qu’un GUL fonctionne AMHA[1], il faut de tout, de l’informaticien qui connaît bien Linux au débutant. S’il n’y a que des informaticiens entre-eux (ça fait  repaire de gourous), s’il n’y a que des débutants, c’est compliqué. C’est comme la mayonnaise, si l’on y met que les jaunes d’œuf ça ne prend pas, il faut les autres ingrédients (huile, moutarde, sel et poivre).

C’était la recette mayonnaise offerte par Sima78. C’est cadeau !

Où trouver un GUL ou LUG

Il y a l’AFUL, mais pour cela il faut faire vivre le site, signaler les GUL qui n’existent plus et ceux qui se créent.

Note(s)

  1. ^ AMHA (ou AMA – amha – ama) [Abr]À Mon Humble Avis (A Mon Avis)Les versions accentuées de ces abréviations sont rarement utilisées.[Ang] IMHO (ou IMO) In My Humble Opinion, In My Opinion

Evolution et la richesse du logiciel libre

Evolution et la richesse du logiciel libre.

Je suis sous Gnu/Linux depuis longtemps j’avais écrit un billet sur mes débuts pour finir au tout Linux et logiciel libre (Linux ! Et moi, et moi, et moi) que ce soit à titre personnel ou au boulot (bon là, c’est pas tout à fait vrai, depuis le confinement on m’a créé un compte Teams et l’on m’a imposé des visioconférences via Zoom et Teams et depuis juin Citrix pour certains accès). Dans le monde du travail, nous travaillons avec ce que l’on nous impose… Mais en réalité, même au niveau professionnel, avec une volonté politique hiérarchique, je pourrais travailler 100 % sur du libre.

S’il s’agit d’une vision objective me concernant, elle ne l’est pas pour d’autres professions qui nécessitent peut-être certains logiciels propriétaires dont il n’y a pas d’équivalent dans le libre.

Bref, revenons-en à l’évolution et la richesse du logiciel libre.

Les distributions
Si l’on regarde sur la « Time Line » plus bas on constate l’incroyable évolution de Gnu/Linux.  La grande majorité émane de six distributions, la base principale : [1992-1995] Slackware, Debian, Red Hat, Jurix, [fin 1999-2002] Enoch, Arch Linux.
Puis il y a également d’autres bases qui ont fait aussi quelques petits.
Si certaines bases « secondaires » et/ou distributions dérivées de toutes ses bases n’ont pas perdurées,  au final, l’on voit aujourd’hui la diversité des distributions. Il y en a pour tous les goûts, pour des machines à faible ressource ou pas, des spécialisées, des généralistes… Chacun peut trouver le Linux qui lui convient, sans compter sur la diversité des environnements de bureau existants et personnalisables.
Je pense que la « Time Line » n’est pas exhaustive car je n’y ai pas trouvé Drinou que j’ai testé dans les années 90 et qui n’existe plus.

Cliquez sur l’image pour mieux voir.

Diagramme vertical représentant la chronologie et les filiations entre les distributions Linux de 1991 à décembre 2020, sous forme d'arbre de ramifications multicolores.
Linux Distribution Timeline (décembre 2020) – Visualisation de l’ensemble des distributions GNU/Linux, de leurs origines communes jusqu’à leurs nombreuses ramifications et forks au fil des décennies.

Les applications
Il en va de même, une multitude d’applications dans des domaines très diversifiés. Il se peut qu’une application spécifique à un métier, une fonction, n’existe pas ou qu’il n’y ait pas l’équivalent en logiciel libre. Mais attention aux interventions des soi-disant pro ! Il m’arrive trop souvent dans le cadre professionnel de recevoir des formulaires (.doc) de personnes qui ne souhaitent pas utiliser LibreOffice, car ce sont des pros et il leur faut donc utiliser du logiciel PRO ! Parlons-en des formulaires… Dès que je commence à le remplir tout se barre en couille, des sauts de lignes, de sauts de pages, des cadres qui disparaissent, etc. Il n’en va pas même de document de plusieurs pages ou le sommaire est fait à la bricolo, à la main, et pour peu que le document fût corrigé, complété, les numéros de pages ne correspondent pas… Ce n’est pas d’un logiciel libre ou pro dont ils ont besoin, mais de formation. J’ai aussi entendu : Sima, j’utilise Photoshop pro parce qu’il fait des trucs que Gimp ne fait pas. Moi : ha, et que fais-tu avec Photoshop que Gimp ne fait pas ? Et là il y a généralement un grand silence.

Bref normalement vous trouverez tout ce dont vous avez besoin pour bosser et pour le quotidien, et bien plus. Il m’arrive même d’être confronté à une telle multitude de choix que j’ai du mal à choisir. Par exemple un « player » pour écouter/gérer la musique… depuis un terminal j’ai opté pour Moc mais en mode graphique je n’arrive pas à me décider tant il y en a que j’apprécie.

Pour voir cette richesse, utilisez « Synaptic » pour la gestion des paquets, soit, il n’y a pas que les applications mais aussi librairies etc. Mais justement si par exemple vous utilisez une application de jeux d’échecs, vous y découvrirez des « moteurs » de jeux que vous pourrez ajouter et qui n’ont pas été mis par défaut…
Il y a une véritable richesse au niveau des applications libres.

La véritable richesse des systèmes et logiciels libre serait donc leur multiplicité ?

Non !

La véritable richesse elle est humaine !

Ce sont des individus ! Peut-être, vous, à l’insu de votre plein gré (citation que j’adore :-).

La richesse, ce sont des humains, Il n’y a rien de IA ni de Digital dans le C… Heu là, je dois me reprendre.

Derrière cette multiplicité de distributions, de logiciels, leurs évolutions, il y a des êtres humains.
Des développeurs qui lancent l’essentiel, ceux qui y ajoutent des compléments, ceux qui corrigent les bugs (parfois ce sont les mêmes), les graphistes, les traducteurs, ceux qui remontent les bugs, ceux qui y apportent des suggestions, etc. La majeure partie, pour ne pas dire la quasi-totalité, ce fait bénévolement. Et il y a plein d’autres contributions dont on n’a pas forcément conscience, ceux qui contribuent à la plénitude d’une application.

Je vous donne un exemple, parmi tant d’autres : OpenStreetMap. Lors d’un salon sur le logiciel libre et l’OpenSource je tombe sur leur stand (je ne me souviens pas quand, mais au début des années 2000). Je m’arrête et discute avec eux, ils me font part du projet… Cartographier le monde, l’équivalent de GoogleMap en libre en comptant sur l’intervention d’individus comme sur Wikipédia. Je trouve le projet très ambitieux mais reste perplexe. De retour chez-moi, je tape le lien qu’ils m’ont donné, le nom de ma ville et là je vois un rond point avec quatre axes qui ne vont nulle part, un quartier relié à rien… Je vais sur la préfecture la plus proche, et en dehors des grands axes et quelques rares quartiers inachevés et relié à rien… je me dis : Houuf, il y a du taf et je ne crois pas en ce projet… Et pourtant ! Regardez OpenStreetMap aujourd’hui ! C’est impressionnant ! Dans certaines villes on y trouve des précisions qui ne sont pas dans GoogleMap. Soit, toute la planète n’est pas cartographiée, mais rien qu’en France, c’est impressionnant. Et cela grâce à des humains qui contribuent.

Au-delà des développeurs, traducteurs, etc, il y a aussi la solidarité (dont ces derniers en font partie), la notion d’aider par la diffusion des connaissances ou en pratique par visio, échange de mail, forum ou même in-situ (install party et autres). On le voit par les multitudes de tutoriels (en texte ou en vidéo), dans les LUG (GUL en Français, Groupe d’Utilisateurs Linux), la richesse est aussi dans la solidarité, on le retrouve aussi dans des initiative individuelle, le dernier exemple que j’ai, mais en cherchant vous en trouverez d’autre, est le billet « Je t’aide »de serveur 410.

S’agit-il d’une communauté du logiciel libre ? Cela existe t-il?

Non, je ne le pense pas ! Il s’agit à mon sens, d’une multiplicité de personnes d’origine, de culture, de religion, de politique, différentes qui se retrouvent en fonction de leurs compétences et leurs intérêts sans se soucier de ces différences où le libre est le point de convergence. En tout cas je ne me revendique d’aucune communauté.

L’argent le nerf de la guerre!

Si l’on a vu que tout cela fonctionne et évolu grâce en grande partie au bénévolat, faire un don est source de motivation.

Faire un don aux logiciels que vous utilisez le plus est toujours bienvenue. Il y a aussi des blogueurs qui publient énormément de tutoriels ou proposent des aides, un don est encourageant.

Je ne demande rien sur mon blog, c’est simplement que je ne pense pas que mon blog apporte grand-chose à l’évolution du logiciel libre, mes tutoriels me servent souvent de pense-bête.

Faire un don, ok me direz-vous, mais on ne peut pas satisfaire tout le monde.

Chacun selon ses moyens.
Par exemple je donne chaque année à certains de mon choix, puis concernant d’autres applications que j’utilise également et ne pouvant satisfaire tout le monde, je fais tourner en donnant à certains cette année, puis à d’autre l’année suivante, j’essaie de satisfaire sur deux ou trois ans… Puis par le biais de ma cotisation à Root66 je contribue aux dons décidés en assemblée générale.

Faire un petit don est une source de motivation, dans certains cas ça peut même maintenir des emplois.

Linux ! Et moi, et moi, et moi

Linux ! Et moi, et moi, et moi… On dirait le titre d’une chanson.

En janvier 2021 j’ai prodigué des cours d’initiation au bash via visioconférence pour les adhérents de Root66. Ce fût une excellente expérience. Pourtant je ne suis pas informaticien, d’autres adhérents de l’association root66 ont bien plus de connaissances et compétences que moi dans ce domaine, eux, ce sont des « pros », et j’ai pris cela comme un signe de confiance de leurs part. Ils m’ont même félicité ! J’ai été également très agréablement surpris du retour de ceux qui ont suivi cette formation, bon, ils sont adhérents, me connaissent, ils sont tous très sympathiques, donc peut-être pas tout à fait objectifs. Ce qui m’a fait plaisir est de savoir qu’ils se sont lancés sur leurs terminaux pour s’approprier la ligne de commande. Il y en a même un qui s’est installé un serveur sur virtualbox pour apprendre à gérer un serveur en ligne de commande dans le but de s’auto-héberger très prochainement.
Ce qui a mon avis était rassurant pour ceux qui suivaient la formation c’est justement le fait que je ne sois pas informaticien, cela démontrait que l’on peut faire beaucoup de choses pour soi-même sans être du métier.

Ce n’est pas parce que l’on a suivi des cours de secourisme que cela fait de nous un médecin.

Il en va de même en informatique, soit, je bricole un peu sous Linux mais contrairement à ce que pensent certains, le fait d’être sous Linux depuis une vingtaine d’années ne fait pas de moi un informaticien. Ça ne me fait pas non plus celui qui s’y connaît sous Windows, pire je suis devenu une vrai bille sous Windows, lorsque je dois connecter un poste sur le réseau je passe un temps fou avant de trouver la fenêtre où je vais pouvoir mettre l’IP, la passerelle, les DNS etc. D’ailleurs j’ai écrit un billet sur le sujet « Je ne suis pas le gentil gars qui s’y connaît en informatique. »
Par contre, oui, avant de passer sous Linux, j’en ai fait des choses sous Windows, mais c’était l’époque où il fallait modifier à la main le fichiers autoexec.bat, modifier la mémoire virtuelle, etc., en fonction du jeux que l’on souhaitait faire tourner… Ha, là, je crois que j’ai perdu tous les jeunots qui n’ont pas connu cette période sous Windows. Pour résumer, je me débrouille tant bien que mal pour gérer mes pc, mon serveur, mais ça ne fait pas de moi un informaticien. Ça ne fait de moi pour autant un professionnel. On pourrait prendre d’autres exemples : j’ai mis de la faïence sans être carreleur, changer des robinets sans être plombier, etc. Mais aucune entreprise de carrelage ou de plomberie ne voudrait de moi car dans le ratio « résultat/délais » (beaux résultats mais très longs travaux) je suis complètement « out ». Et encore la faïence, c’est du linéaire, mais si Mme Sima m’avait demandé une fresque ?… Je pense que je lui aurais fait de l’art contemporain dont elle n’aurait pas saisi la subtilité artistique. Bref, nous restons amateurs.

Cela-dit, il y a différents niveaux d’amateurs. Je l’ai constaté de nombreuses fois dans mon cadre professionnel (lié à la botanique). Il y a celui qui se crée une culture générale en fonction des plantes qui l’intéresse, il sait les reconnaître, les cultiver, les entretenir… Et il y a le passionné et/ou collectionneur… Celui-là connaît généralement parfaitement une espèce, c’est-à-dire l’espèce de sa passion et toutes les variétés, botaniques et horticoles, les hybridations possibles, leur origines, leurs histoires, il sait les identifier avec précision, etc. Cet amateur avisé colle 98 % des botanistes PRO sur le sujet (sauf ceux ayant choisi la même spécialité). Mais, si vous demandez à cet amateur de s’intéresser à une autre espèce, il va devoir revoir une grande partie de ses acquis pour changer de centre d’intérêt, car il n’a souvent pas les bases fondamentales contrairement à un botaniste, qui lui a la méthodologie pour s’adapter rapidement d’une spécialité à une autre. Alors bien sûr, il y a toujours l’exception qui confirme la règle, le dilettante devenu chercheur… Mais bon, généralement le professionnel a des bases, une méthodologie que l’amateur n’a pas.

Linux : au commencement il y avait les cons !

Ha ce n’est rien de le dire et ça soulage… C’était l’époque de l’avant internet, l’époque des BBS (Bulletin Board System), du moins l’avant l’internet en France (il y avait le minitel), et moi je naviguais, heu, me connectais (car on ne naviguait pas) sur les BBS on s’y connectait… Pour limiter les frais téléphoniques de l’époque : tarifs local, départemental, régional, national, international, je pourrais vous raconté comme il était enfantin de pirater les bals téléphoniques [gros répondeurs des grosses entreprises, grands hôtels, etc.] pour communiquer à moindre prix, et ce depuis un combiné téléphonique, une cabine téléphonique, pas d’ordinateur, pas de console, juste un téléphone pour appeler à l’international pour un tarif local. Bon, je m’égare, donc à l’époque des BBS, j’avais un correspondant Étasunien à Chicago, qui me parlait internet et m’a persuadé de prendre un abonnement chez Compuserve (ça m’a coûté un bras à l’époque) mais j’ai découvert l’internet… Et le tout début de Linux. Immédiatement cela m’a intéressé. En fouillant j’ai trouvé des groupes de discussions en français concernant Linux. J’y ai posé des questions, signifié mon intérêt… Et quelle fût ma surprise des réponses. N’ayant pas le « sic » de ce qui me fût répondu je peux le résumer ainsi : t’es trop con reste sur Windows ! Linux, ce n’est pas pour toi ! Cherches pas à comprendre, reste sur Windows…

La liste des réponses n’est pas exhaustive et ce fût mon premier contact avec Linux. Soit, ils devaient être une poignée à être sous Linux et cela semblait les auréoler d’un prestige supérieur aux autres. C’est une réalité, au tout début, du moins dans les réseaux Francophones, il y avait une poignée de barbus sous Linux qui n’avaient rien compris à ce qu’était l’OS libre, la diffusion des connaissances, le partage. Bref, une poignée de cons ! Et je suis resté sous Windows mais dans un coin de mon cerveau il y avait Linux.

Rencontre inattendue… et premier Dual-Boot Linux/windows

Tout va très vite, peu de mois après mon abonnement Compuserve, des propositions de connexion grand public sont proposées en France, je change d’abonnement, des sites parlant de Linux se développent avec un ton différent, plus sympa, avec un esprit libre, je regarde tout cela de loin sans oser y intervenir, les premiers contacts m’ont vraiment refroidi même si je constate que le ton a changé. Il s’agit surtout de LUGs (GUL in french), et quelques distributions, il n’y a pas la richesse actuelle…
Je rencontre une connaissances, nos liens sont liés au politico-revendicatif, nous avons quelques divergences mais de nombreuses convergences, et en parlant de tout et de rien notre discussion en vient au pc, à l’internet…
Il me dit (j’écourte la discussion dont je ne me souviens pas des détails, mais dans les grandes lignes :

Je suis sous linux, tu connais ?
Moi : oui, je connais de nom et suis de loin en loin, mais sans plus.
Lui : Je suis membre de root66, une association…
Moi : je connais leur site, j’y vais de temps en temps.
Lui : si tu veux je te prête une disquette live pour tester.

Quelques jours plus tard il m’apporte une disquette live de Mandrake 7
Je teste quelques semaines et je suis séduit, je le lui dis et il me propose de m’installer Mandrake en double-boot. Rendez-vous donné pour le samedi suivant.
Rien ne se passe comme prévu, il passe l’après-midi puis le début de soirée, le temps passe il doit partir, moi aussi n’ai plus trop le temps… Il part ! Et si j’avais un PC en fonction je me retrouve avec un pc planté, plus rien ne fonctionne.
Je ne lui en veux pas, je sais qu’il a fait le maximum avec beaucoup de bonne volonté… Et je me souvient aussi lorsque je devais modifier mon fichier autoexec.bat, la mémoire virtuel pour faire tourner des jeux qu’il m’arrivait de me retrouver dans cette situation. Donc rien de dramatique de mon point vu le plus contrarié de nous était très certainement lui.
Je réinstalle mon windows98, me renseigne sur Mandrake et découvre que Mandrake7.8 se vent dans certains commerces, sans doute que cela ce trouvait en téléchargement libre, mais j’avais les réflexes windosiens. Bref, j’achète (12, 14 ou 16 disquettes, je me souviens plus), j’installe et là… Bingo, j’ai un Dual-Boot et tout fonctionne, windows et linux.

Merci JLD, sans lui je n’aurais pas franchi le pas.

L’évènement qui me fait passer au tout Gnu/Linux.

Je suis sur pc en double boot, je trouve cela un peu chiant embêtant, je me force a passer le plus de temps possible sous Linux sans pour autant trop modifier mes habitudes windosiennes… Puis !… Un jour notre lecteur familiale de cd dvd lâche. Je dis à Mme Sima, on va acheter un PC haut de gamme, avec carte tv et le tutti quanti pour être au top du top, ça remplacera le lecteur CD/DVD. Ça nous coûte les yeux de la tête.
Sauf qu’il est impossible de voir nos dvd sur la tv malgré la carte dédiée, les licences et tous les câbles… Je téléphone au service après vente qui me renvoie vers windows qui me renvoie vers le fabriquant de la carte tv, qui me renvoie vers windows. Une boucle sans fin et ça ne fonctionne pas.
Dans le même temps la diversité linux avance vite et bien, presque plus de disquettes mais des CD, de plus en plus de cd live et je découvre un cd live (je ne me souviens plus du nom) pour visualiser depuis notre pc, nos cd et dvd sur notre tv. Je n’y crois plus vraiment, puisque j’ai les cartes et licences propriétaires et que ça ne fonctionne pas et pourtant oui ! Je vois mon pc sur ma tv, soit, je dois modifier quelques paramètres pour l’adapter au format de ma tv, mais ça fonctionne. Coup de bol?! À une période où les linuxiens avaient des soucis avec les cartes proprio (c’est encore parfois le cas), moi le logiciel proprio ne fonctionne pas mais sous linux, oui… et sans rien faire de particulier.
La semaine suivant je passais au tout Gnu/Linux !
Bon, d’accord, une petite exception lorsque l’on m’a offert un Tomtom, j’ai dû remettre un Double Boot pour pouvoir synchroniser mon Tomtom, puis retour au « tout Linux » avec un windows en VM (VirtualBox) toujours pour la synchronisation du Tomtom. Depuis on m’a offert une version ressente qui synchronise via wifi, donc plus de windows.

Comment j’ai appris énormément grâce à Gnu/Linux.

C’était l’époque où l’on trouvait plein de pc aux encombrants, l’époque où l’on récupérait mémoire, disques durs, et diverses cartes…
C’est l’époque où trois de mes farfadets, bien que très jeunes, sont en âge de jouer sur ordinateur.
Je récupère 3 pc aux encombrants on se retrouve donc avec 4 pc et le début des mes expérimentations.
Je crée mon premier réseau  pour qu’ils aient accès à internet, mon premier proxy DansGuardian histoire de fliquer mes farfadets avec contrôles d’horaires de connexion. Oui, j’assume mon côté dictateur parental…
Sur ces trois pc, j’en ai testé des distributions ! Je me souvient de la première Debian (ce n’était pas en mode graphique) qui au milieu de l’installation me demande la marque et modèle de ma carte réseau m’obligeant à arrêter l’installation comme une brute, démonter le pc pour noter les marques et modèle de toutes les cartes… et certaines distributions qui nécessitaient des compilations interminables… J’ai aussi découvert des distributions que je trouvais innovantes mais n’ont pas été soutenues, je me souviens de Drinou-Linux, développée par un Français, si je ne me trompe pas, un certain certain Jean-Philippe Piers. J’aime testé du BSD  J’ai beaucoup utilisé RedHat aussi. Au travail j’ai découvert Scientific Linux que je ne connaissais pas et utilisée par des collègues.
C’est entre 2000 et 2010 que j’ai appris le plus et essayer de dompter le terminal.

C’était mieux avant ?

Non ! Ce n’était pas pire non-plus, c’était différent. Linux a énormément évolué et très rapidement. Certaines distributions ont disparu, d’autres ont émergé, elles s’installent généralement aux cliques, il y en a des « généralistes », des spécialisées, il y en a pour tous les goûts, la majorité des besoins. J’aurai tendance à dire que c’est plus simple que Windows, après une installation de quelques minutes (tout dépend du pc et de notre connexion) on se retrouve avec un système opérationnel avec des logiciels qui permettent immédiatement de travailler. J’utilise généralement l’interface graphique, je n’utilise le terminal que pour des résultats ou recherches spécifiques, ou lorsque je considère que la ligne de commande sera plus rapide qu’une application graphique : Par exemple renommer par lot toute une série de photos à partir des fichiers exif. Il existe certainement une application graphique qui le fait, mais le faire avec exiv2 me convient très bien.
Ce que j’aime surtout sous linux, c’est comme je l’ai dit, on peut trouver la distribution qui nous convient mais il y a aussi une multitude d’environnements (Gnome, KDE, XFCE, etc.) et tous configurables, de quoi trouver l’environnement qui nous plaît, avoir un linux qui nous ressemble.

Et maintenant, que vais-je faire ?

Actuellement et ce depuis déjà quelques années, je teste rarement de nouvelles distributions, sauf si lors d’une install-party il est demandé quelque chose de particulier et que c’est sima78 qui si colle, mais c’est rare, j’essaie de refiler le bébé. Je ne teste pas ou très rarement d’applications dont je n’ai pas besoin mais cela peut arriver par curiosité… Bref, je ne me casse plus la tête.
Je vais poursuivre dans cette lignée, la simplification. Par exemple je ne désespère pas convaincre Mme Sima pour l’achat d’une nouvelle machine pour remplacer le serveur actuel (nous n’avons pas la même notion des priorités) et je le passerai sous Debian (il y est déjà) mais ce sera avec la petite couche YunoHost en plus. Si l’on peut être sous Gnu/Linux sans prise de tête, et cela depuis déjà un nombre d’années, ça devient aussi le cas pour l’auto-hébergement dont je suis persuadé que ce sera de plus en plus simple.

Maintenant vous savez presque tout sur ma relation avec Gnu/Linux.