Adhérer à un GUL ou créez-en un

Adhérer à un GUL ou créez-en un.

Vous aimez le logiciel libre, vous l’utilisez, ou vous souhaitez maîtriser vos données au mieux, ou vous avez envie de plus de liberté… Ne restez pas seul dans votre coin et rejoignez un lieu de partage et d’échange, rejoignez un GUL !

Un GUL, le mal nommé, est un Groupe d’Utilisateur Linux, LUG en anglais (Linux User Group). Je dis donc le mal nommé car je trouve que Groupe d’Utilisateur de Libres serait plus approprié, en effet vous pouvez adhérer à un GUL sans être sous Linux mais sous un autre système (BSD), ou simplement en utilisant du logiciel libre tout en étant sous Windows (j’y reviens plus bas).

Un GUL n’est pas un repaire de flibustiers barbus Linuxiens.

On y rencontre toute sorte de personnes.

Adhérer à un GUL

La diversité dans un GUL.

Sima! Sima! Sima! Montre-nous ton GUL!
Ok! Ce n’est pas le mien, il appartient aux adhérents.

(oui, une association appartient à ses adhérents, ce n’est pas mon GUL mais celui des adhérents).

Prenons l’exemple de Root66.Net que je connais bien (cette année plus de 50 adhérents).

Il y a des informaticiens qui travaillent dans différents secteurs (admin sys., calculateurs, sécurité, etc.) peu ou pas de développeurs. Mais les informaticiens sont une minorité, et oui…
Les autres personnes viennent de secteurs très variés, de ceux qui découvrent le logiciel libre, du débutant, à ceux qui sont des utilisateurs avertis. S’il y a quelques jeunes, la majorité a plus de 30 ans et aussi des retraités. La représentativité sexuée : si pendant de nombreuses années il y eut que deux femmes ces derniers temps leur nombre augmente mais reste minoritaire.

Donc un GUL n’est pas un repaire de barbus Linuxiens mais bien un regroupement de personnes se souciant de la protection de leurs données personnelles, une certaine défiance vis-à-vis du logiciel propriétaire…

Les systèmes d’exploitation.

Il y a ceux sous Linux (pas de BSD, mais il y en a eut), ceux en double « boot », ceux sous Windows.

Hein Sima, sous Windows dans un LUG ou GUL ?
Oui, et c’est normal, je vais l’expliquer.

Quelqu’un qui est sous un OS depuis longtemps y a ses habitudes et passer du jour au lendemain de Windows à Linux peut être déroutant, justement à cause des habitudes prises, c’est donc assez rare qu’une personne passe de l’un à l’autre d’un coup ! L’être humain est un animal d’habitude.
Donc ces derniers s’intéressent à Linux sans oser franchir le pas tout de suite et commence souvent par se sensibiliser aux logiciels libres, jusqu’au jour ils se sentent prêts à passer en double « boot », puis peut-être le tout Linux.

Il n’y a pas de règle dans le processus, par exemple la doyenne de Root66, sans compétence particulière est passée du jour au lendemain sous Linux et y est restée. Chaque personne est différente et souhaite avancer chacun a son rythme, en fonction aussi de ses besoins, ses choix et tout cela se respecte.

Revenons à la diversité des OS à Root66, il y a du Debian, Ubuntu, Gentoo, Fedora, ArchLinux, Mint, j’en oublie peut-être et donc comme dit plus haut, du Windows. Pas de BSD, c’est dommage, mais bon, chacun met ce qu’il souhaite.

Correctif suite au commentaire de Benzo: il y a aussi du BSD à Root66 😉 Je vais peut-être apprendre qu’il y a aussi des développeurs 🙂

Le but du GUL

Chaque GUL peut avoir ses propres choix, ses propres orientations, ce peut être axé sur des projets bien concrets et spécifiques ou être plus généraliste comme Root66.net :

L’association Root66.net a pour objectif principal de promouvoir les logiciels libres, en particulier les systèmes d’exploitation libres comme Linux, ainsi que l’usage des standards ouverts.

Pour Root66, si au début cela ne concernait que les PC aujourd’hui c’est plus vaste, il y a les smartphones, la domotique, etc.

Concrètement, comment cela se passe-t-il ?

Par exemple nous essayons de faire une présentation mensuelle, essayant d’alterner entre « plutôt technique » et « plutôt grand public », elles sont ouvertes à tous. Nous organisons des cinés-débats, Les journées du N.A.T. (le Numérique Accessible à Tous) en collaboration avec des médiathèques des villes environnantes, participation au forum des associations, Café vie privée, des Installes-Parties, etc. Nous tenons également des permanences où l’on peut venir nous rencontrer, où les adhérents viennent lorsqu’ils ont un problème spécifique et nous essayons de résoudre ensemble…

Qui fait les présentations.

Le choix des présentations.
Le choix est en premier lieu à la demande des adhérents, s’ils souhaitent une présentation sur un sujet spécifique, nous essayons de voir qui peut la faire. Il se peut aussi que lors de discussion quelqu’un propose un thème comme la rencontre avec Rayna Stamboliyska autour de son livre « La face cachée d’Internet » en collaboration avec une librairie… Bref toutes les idées sont bonnes à prendre.

Qui fait les présentations publiques.
C’est simple, celui qui veut, il n’y a pas hiérarchie et pas nécessaire d’être informaticien, si quelqu’un souhaite faire découvrir une application, il peut le faire, s’il ne se sent pas de le faire seul, cela peut se faire à plusieurs. Nous essayons aussi d’inviter des personnes externes à Root66 sur des sujets dont ils sont spécialistes et reconnus (Aeris (La sécurité pour les Administrateurs Systèmes en herbe), Stéphane Bortzmeyer (DNS vie privée), A. Kozlika et Franck P. (Dotclear – Créer un site ou blog clair en toute simplicité) et d’autres je ne peux lister tout le monde. Les adhérents informaticiens ou pas font aussi des présentations.

Sima, faire une présentation lorsque l’on est pas informaticien ne pose pas un problème?

Non, et je vais prendre mon exemple, je ne suis pas informaticien et lorsque je fais une présentation sur un thème que je pense globalement bien maîtriser, il arrive que l’on me pose une question dont je n’ai pas la réponse. Pas de souci, je dis ne pas connaître la réponse et la repose à l’oratoire et bien souvent la réponse vient de la salle. Et cela arrive même aux meilleurs informaticiens, et il arrive même que personne n’a la réponse dans la salle… Noter la question, et continuer la présentation… Il y a de grande chance que dans la salle certains vont chercher la réponse depuis leur smartphone ou ordinateur portable et donneront la réponse. En fait, pour une bonne présentation il suffit d’être soi-même, tel que l’on est au quotidien.

GUL la richesse des adhérents.

La diversité des personnes, de leurs centres d’intérêt, de leurs questionnements crée des échanges où chacun se nourrit, s’enrichit. Il n’y a pas une forme linéaire (d’un soi-disant haut vers un supposé bas) la diffusion des connaissances est vraiment transversale et chacun apporte quelque chose, parfois même sans s’en rendre compte.

Nous avons une liste de diffusion où chacun peut s’exprimer, les permanences comme je l’ai dit, un rendez-vous hebdomadaire en visio qui s’appelle l’Apéroot où l’on peut discuter sur le logiciel libre mais aussi de tout et de rien, c’est notre bar virtuel. Il arrive aussi lorsque quelqu’un a un souci, qu’un autre adhérent ayant la réponse, le contact en message privé, se donnent rendez-vous et solutionne le problème et bien souvent la résolution s’annonce sur la liste.

Chacun participe en fonction de son temps, ses moyens, ses compétences. Et quand je dis chacun peut proposer je donne un exemple qui me vient, une adhérente qui est sous Linux (Fédora) depuis deux ans à créer un tutoriel très détaillé, (étape par étape) sur : Comment utiliser le gestionnaire graphique de paquets Dnfdragora… Un exemple parmi tant d’autres.

Je veux créer mon GUL

Oui mais moi sima, je suis sous Linux, je ne suis pas informaticien.
Et alors ?

Déjà, on ne vous demandera jamais d’être ce que vous n’êtes pas, on ne vous demandera pas de devenir informaticien. Et si vous souhaitez le devenir, un GUL peut vous apporter une culture générale sur le logiciel libre, vous y apprendrez beaucoup choses, mais vous devrez suivre des cours ailleurs (lycée, université, ecole spécialisée, correspondance, ou autres), un GUL n’a pas vocation à former des informaticiens, en tout cas pas Root66.

Si vous êtes trois vous pouvez créer une association, imaginer ce que vous pouvez faire pour promouvoir le logiciel libre et je suis persuadé que vous serez rejoins par d’autres dont certains travaillent certainement sous linux. Pour qu’un GUL fonctionne AMHA[1], il faut de tout, de l’informaticien qui connaît bien Linux au débutant. S’il n’y a que des informaticiens entre-eux (ça fait  repaire de gourous), s’il n’y a que des débutants, c’est compliqué. C’est comme la mayonnaise, si l’on y met que les jaunes d’œuf ça ne prend pas, il faut les autres ingrédients (huile, moutarde, sel et poivre).

C’était la recette mayonnaise offerte par Sima78. C’est cadeau !

Où trouver un GUL ou LUG

Il y a l’AFUL, mais pour cela il faut faire vivre le site, signaler les GUL qui n’existent plus et ceux qui se créent.

Note(s)

  1. ^ AMHA (ou AMA – amha – ama) [Abr]À Mon Humble Avis (A Mon Avis)Les versions accentuées de ces abréviations sont rarement utilisées.[Ang] IMHO (ou IMO) In My Humble Opinion, In My Opinion

Evolution et la richesse du logiciel libre

Evolution et la richesse du logiciel libre.

Je suis sous Gnu/Linux depuis longtemps j’avais écrit un billet sur mes débuts pour finir au tout Linux et logiciel libre (Linux ! Et moi, et moi, et moi) que ce soit à titre personnel ou au boulot (bon là, c’est pas tout à fait vrai, depuis le confinement on m’a créé un compte Teams et l’on m’a imposé des visioconférences via Zoom et Teams et depuis juin Citrix pour certains accès). Dans le monde du travail, nous travaillons avec ce que l’on nous impose… Mais en réalité, même au niveau professionnel, avec une volonté politique hiérarchique, je pourrais travailler 100 % sur du libre.

S’il s’agit d’une vision objective me concernant, elle ne l’est pas pour d’autres professions qui nécessitent peut-être certains logiciels propriétaires dont il n’y a pas d’équivalent dans le libre.

Bref, revenons-en à l’évolution et la richesse du logiciel libre.

Les distributions
Si l’on regarde sur la « Time Line » plus bas on constate l’incroyable évolution de Gnu/Linux.  La grande majorité émane de six distributions, la base principale : [1992-1995] Slackware, Debian, Red Hat, Jurix, [fin 1999-2002] Enoch, Arch Linux.
Puis il y a également d’autres bases qui ont fait aussi quelques petits.
Si certaines bases « secondaires » et/ou distributions dérivées de toutes ses bases n’ont pas perdurées,  au final, l’on voit aujourd’hui la diversité des distributions. Il y en a pour tous les goûts, pour des machines à faible ressource ou pas, des spécialisées, des généralistes… Chacun peut trouver le Linux qui lui convient, sans compter sur la diversité des environnements de bureau existants et personnalisables.
Je pense que la « Time Line » n’est pas exhaustive car je n’y ai pas trouvé Drinou que j’ai testé dans les années 90 et qui n’existe plus.

Cliquez sur l’image pour mieux voir.

Diagramme vertical représentant la chronologie et les filiations entre les distributions Linux de 1991 à décembre 2020, sous forme d'arbre de ramifications multicolores.
Linux Distribution Timeline (décembre 2020) – Visualisation de l’ensemble des distributions GNU/Linux, de leurs origines communes jusqu’à leurs nombreuses ramifications et forks au fil des décennies.

Les applications
Il en va de même, une multitude d’applications dans des domaines très diversifiés. Il se peut qu’une application spécifique à un métier, une fonction, n’existe pas ou qu’il n’y ait pas l’équivalent en logiciel libre. Mais attention aux interventions des soi-disant pro ! Il m’arrive trop souvent dans le cadre professionnel de recevoir des formulaires (.doc) de personnes qui ne souhaitent pas utiliser LibreOffice, car ce sont des pros et il leur faut donc utiliser du logiciel PRO ! Parlons-en des formulaires… Dès que je commence à le remplir tout se barre en couille, des sauts de lignes, de sauts de pages, des cadres qui disparaissent, etc. Il n’en va pas même de document de plusieurs pages ou le sommaire est fait à la bricolo, à la main, et pour peu que le document fût corrigé, complété, les numéros de pages ne correspondent pas… Ce n’est pas d’un logiciel libre ou pro dont ils ont besoin, mais de formation. J’ai aussi entendu : Sima, j’utilise Photoshop pro parce qu’il fait des trucs que Gimp ne fait pas. Moi : ha, et que fais-tu avec Photoshop que Gimp ne fait pas ? Et là il y a généralement un grand silence.

Bref normalement vous trouverez tout ce dont vous avez besoin pour bosser et pour le quotidien, et bien plus. Il m’arrive même d’être confronté à une telle multitude de choix que j’ai du mal à choisir. Par exemple un « player » pour écouter/gérer la musique… depuis un terminal j’ai opté pour Moc mais en mode graphique je n’arrive pas à me décider tant il y en a que j’apprécie.

Pour voir cette richesse, utilisez « Synaptic » pour la gestion des paquets, soit, il n’y a pas que les applications mais aussi librairies etc. Mais justement si par exemple vous utilisez une application de jeux d’échecs, vous y découvrirez des « moteurs » de jeux que vous pourrez ajouter et qui n’ont pas été mis par défaut…
Il y a une véritable richesse au niveau des applications libres.

La véritable richesse des systèmes et logiciels libre serait donc leur multiplicité ?

Non !

La véritable richesse elle est humaine !

Ce sont des individus ! Peut-être, vous, à l’insu de votre plein gré (citation que j’adore :-).

La richesse, ce sont des humains, Il n’y a rien de IA ni de Digital dans le C… Heu là, je dois me reprendre.

Derrière cette multiplicité de distributions, de logiciels, leurs évolutions, il y a des êtres humains.
Des développeurs qui lancent l’essentiel, ceux qui y ajoutent des compléments, ceux qui corrigent les bugs (parfois ce sont les mêmes), les graphistes, les traducteurs, ceux qui remontent les bugs, ceux qui y apportent des suggestions, etc. La majeure partie, pour ne pas dire la quasi-totalité, ce fait bénévolement. Et il y a plein d’autres contributions dont on n’a pas forcément conscience, ceux qui contribuent à la plénitude d’une application.

Je vous donne un exemple, parmi tant d’autres : OpenStreetMap. Lors d’un salon sur le logiciel libre et l’OpenSource je tombe sur leur stand (je ne me souviens pas quand, mais au début des années 2000). Je m’arrête et discute avec eux, ils me font part du projet… Cartographier le monde, l’équivalent de GoogleMap en libre en comptant sur l’intervention d’individus comme sur Wikipédia. Je trouve le projet très ambitieux mais reste perplexe. De retour chez-moi, je tape le lien qu’ils m’ont donné, le nom de ma ville et là je vois un rond point avec quatre axes qui ne vont nulle part, un quartier relié à rien… Je vais sur la préfecture la plus proche, et en dehors des grands axes et quelques rares quartiers inachevés et relié à rien… je me dis : Houuf, il y a du taf et je ne crois pas en ce projet… Et pourtant ! Regardez OpenStreetMap aujourd’hui ! C’est impressionnant ! Dans certaines villes on y trouve des précisions qui ne sont pas dans GoogleMap. Soit, toute la planète n’est pas cartographiée, mais rien qu’en France, c’est impressionnant. Et cela grâce à des humains qui contribuent.

Au-delà des développeurs, traducteurs, etc, il y a aussi la solidarité (dont ces derniers en font partie), la notion d’aider par la diffusion des connaissances ou en pratique par visio, échange de mail, forum ou même in-situ (install party et autres). On le voit par les multitudes de tutoriels (en texte ou en vidéo), dans les LUG (GUL en Français, Groupe d’Utilisateurs Linux), la richesse est aussi dans la solidarité, on le retrouve aussi dans des initiative individuelle, le dernier exemple que j’ai, mais en cherchant vous en trouverez d’autre, est le billet « Je t’aide »de serveur 410.

S’agit-il d’une communauté du logiciel libre ? Cela existe t-il?

Non, je ne le pense pas ! Il s’agit à mon sens, d’une multiplicité de personnes d’origine, de culture, de religion, de politique, différentes qui se retrouvent en fonction de leurs compétences et leurs intérêts sans se soucier de ces différences où le libre est le point de convergence. En tout cas je ne me revendique d’aucune communauté.

L’argent le nerf de la guerre!

Si l’on a vu que tout cela fonctionne et évolu grâce en grande partie au bénévolat, faire un don est source de motivation.

Faire un don aux logiciels que vous utilisez le plus est toujours bienvenue. Il y a aussi des blogueurs qui publient énormément de tutoriels ou proposent des aides, un don est encourageant.

Je ne demande rien sur mon blog, c’est simplement que je ne pense pas que mon blog apporte grand-chose à l’évolution du logiciel libre, mes tutoriels me servent souvent de pense-bête.

Faire un don, ok me direz-vous, mais on ne peut pas satisfaire tout le monde.

Chacun selon ses moyens.
Par exemple je donne chaque année à certains de mon choix, puis concernant d’autres applications que j’utilise également et ne pouvant satisfaire tout le monde, je fais tourner en donnant à certains cette année, puis à d’autre l’année suivante, j’essaie de satisfaire sur deux ou trois ans… Puis par le biais de ma cotisation à Root66 je contribue aux dons décidés en assemblée générale.

Faire un petit don est une source de motivation, dans certains cas ça peut même maintenir des emplois.