Littérature – Sarah Marquis

Littérature – Sarah Marquis

Habituellement je parle dans cette catégorie que de mes coups cœurs littéraires, ce ne sera pas le cas dans ce billet car j’ai lu deux de ses livres qui m’ont laissé deux appréciations distinctes.

Qui est Sarah Marquis ?
Sarah Marquis est une aventurière hors pair, connue pour ses expéditions en solitaire à travers des territoires sauvages et hostiles à travers le monde. Elle a passé une grande partie de sa vie à explorer des régions reculées et inaccessibles, repoussant les limites de l’endurance humaine. Malheureusement beaucoup moins médiatisé que d’autres aventuriers. J’ai une grande admiration et un immense respect pour ce qu’elle fait !

Sarah Marquis écrivaine

Elle a écrit plusieurs livres, je n’en ai lu que deux qui m’ont laissé deux ressentis différents. J’ai tout de suite fait abstraction du style qui pour moi (c’est subjectif) manque de profondeur, de nuance, d’originalité et de créativité. C’est un peu dur ce que je dis là, mais cela n’enlève rien à ses performances d’exploratrice. Je n’en ai donc pas tenu compte et m’en suis tenu aux stricts récits de ses aventures, puisqu’au final c’est cela qui m’intéressait, ce qu’elle fait, plus que la façon dont elle le raconte et étant « dys » il serait mal venu de ma part de ne pas avoir de tolérance.

Deux livres que j’ai lu.

Instincts de Sarah Marquis (2016) éditions Michel Lafon

Nous suivons Sarah dans le Kimberley Australien sur un périple qui a duré quatre mois (environ 800 km) en totale autonomie, c’est-à-dire sans vivres ni ressources, ce qui est une performance.

J’ai adoré ce livre où elle décrit les défis auxquels elle est confrontée, comme la pénurie d’eau, la chaleur écrasante, la solitude extrême, sa perte de poids mais aussi les moments de grâce et de connexion profonde avec la nature.

C’est une véritable exploration sur les capacités et les limites de l’endurance humaine. J’ai vraiment adoré et cela aurait pu être, il n’en était pas loin, un coup de cœur si le style y était.

Forcément j’enchaîne sur un second livre.

Sauvage par nature de Sarah Marquis (2014) éditions Michel Lafon

Un périple de trois ans de 2010 à 2013 sur 20 000 kilomètres, de la Sibérie en Australie. Très rapidement, dès la Mongolie, je m’interroge sur le comportement des hommes mongols :

Autre choc, et non le moindre : à chacune de nos rencontres impromptues et hasardeuses, les nomades se positionnent devant moi en fixant l’horizon pendant que leur main cherche l’organe génital sous leur ventre pour uriner. Il s’ensuit alors une interminable opération qui s’achève par de multiples secousses… C’est alors que leurs yeux quittent l’horizon pour se coller à moi, gluants et noirs. Durant toute cette scène, aucun mot n’est échangé. Je ne peux que rougir en pensant à la quantité de pénis que j’ai pu observer. Après des mois de « je descends de mon cheval pour uriner devant la femme qui marche », je me suis amusée à classer les organes de reproduction masculins par ordre de grandeur. Car ce rituel a fini par ne plus me gêner.

S’il s’agit d’un comportement récurent, il doit bien y avoir des traces sur web, cela sera forcément arrivé à d’autres femmes, je n’ai rien trouvé sur le sujet d’où mes interrogations, cela est vraiment arrivé ! Ou s’agit-il d’ajouter de la mésaventure à l’aventure ? Il n’y aura pas d’explication à ce comportement.

Elle marche seule, sans rechercher le contact avec les populations, leurs cultures… Au contraire elle les fuit au maximum, on se pose donc la question de sa motivation pour un telle périple, est-ce l’exploit pour l’exploit ? La description qu’elle fait des autochtones est pour la plupart très négative et n’inspire donc pas du tout au voyage. Elle balaie assez rapidement certaines parties de son parcours d’Asie ce qui donne certaines incohérences. Alors que son bivouac est inondé volontairement dans une rizière elle ajoute :

Il me faudra plus de dix jours pour faire sécher mon sac et mes affaires, la température ambiante étant de – 10 °C (50 °F) avec des pics jusqu’à – 17 ou – 20 °C (- 62 à 68 °F).

Alors là il manque des pages ou des explications, comment d’une rizière forcément à des températures positives se retrouve-t-on à de telles températures négatives ?

Bref, je me suis forcé à lire jusqu’au moment où elle prend le bateau pour l’Australie et c’est là que je lui ai lâché la main. Je ne suis pas allé jusqu’aux dernières pages.

Ce n’est pas parce que ma critique est sévère envers ce livre que je ne suis pas moins admiratif de ses performances. Vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé ce livre.

Le billet Littérature – Sarah Marquis est apparu en premier sur le blog de Sima78.

 

Littérature – Les oubliés du dimanche de Valérie Perrin

Littérature – Les oubliés du dimanche de Valérie Perrin (2017)

EAN : 9782253071167
416 pages
Éditions : Le Livre de Poche

Dans cette catégorie « Littérature », je ne parle que de mes coups cœur et depuis le dernier billet où je parlais du roman de Karsten Dusse fin janvier, j’ai lu treize livres et un seul coup de cœur, mais pas des moindres, « Les oubliés du dimanche » de Valérie Perrin.

L’histoire se déroule dans une maison de retraite où de nombreux résidents attendent leur dernier souffle, souvent négligés par leurs proches et la société. C’est là que nous rencontrons Justine, vingt et un ans, aide-soignante dévouée, qui décide d’écrire l’histoire de ces âmes oubliées du dimanche. Au fil des pages les vies des personnages se dévoilent, révélant des histoires de perte, de regret et de solitude, mais aussi de résilience, de bonheur et de rédemption.

Valérie Perrin nous présente des personnages authentiques et complexes. Chaque résident de la maison de retraite est décrit avec une telle précision et une telle humanité qu’ils deviennent immédiatement familiers, comme s’ils étaient des membres de notre propre famille. Leurs histoires sont profondément touchantes et captivantes, et on ne peut s’empêcher de s’attacher à eux. Elle explore également des thèmes universels tels que l’amour, la mort, la solitude et l’espoir.

« Les Oubliés du dimanche » de Valérie Perrin est un roman qui m’a touché au plus profond de moi-même. J’ai ri, il m’ a tiré des larmes et fait réfléchir. C’est une histoire bouleversante. Je recommande vivement ce livre.

Le billet Littérature – Les oubliés du dimanche de Valérie Perrin (2017) est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Littérature – Des meurtres qui font du bien de Karsten Dusse

Littérature – Des meurtres qui font du bien de Karsten Dusse (2022)

EAN : 9782749172491
400 pages
Éditions : Le Cherche midi

Il s’agit là d’un premier roman de Karsten Dusse, le premier aussi d’une série (en quatre tomes me semble-t-il) déjà parus en Allemagne. Le tome deux devrait sortir en traduction française en mars 2023. Je l’attends avec impatience.

Polar/Thriller, méditation, humour…

L’histoire de Björn Diemel, un avocat au pénal, professionnel, méticuleux ne lâchant jamais rien dans son travail que sa femme, Katharina déteste. Il faut dire que son mandataire, son principal pour ne pas dire son unique client n’est autre que Dragan Sergowicz et comme le dit Blörn :

« Je dis simplement qu’il était « louche ». Sachant que le terme « louche », attribué aux affaires de Dragan, était un gros euphémisme.
(…)
Dragan n’était pas seulement un proxénète brutal, mais aussi un baron de la drogue doublé d’un trafiquant d’armes. Lorsque je fis sa connaissance, il camouflait ses affaires tant bien que mal derrière une série d’entreprises d’import-export semi-légales. Pour faire court : Dragan était, même au regard de la conception très large que mon employeur avait de la respectabilité, un mandat « pourri » : un de ceux qui faisaient couler l’argent à flots dans le cabinet, mais dont on préférait ne pas se vanter. »

À cause de ce mandataire qui le surcharge de travail de façon impérative, Björn est bord du burn-out. Il risque de perdre ce à quoi il tient le plus : Katharina menace de le quitter, ne plus voir sa fille Emily qu’il ne voit d’ailleurs que lorsqu’elle dort en raison des horaires imposés par son métier…

Comment lier son travail qui lui apporte des revenus confortables et une vie familiale normale ? Recouvrer l’amour de son épouse, pouvoir profiter de sa fille ?

Il se décide de consulter Joschka BREITNER, coach de méditation pleine conscience pour cadres dirigeants. Il suivra avec lui plusieurs séances, ce dernier lui fournira à l’issue un petit manuel sur lequel il pourra se référer en fonction des ressentis ou des situations.

La méditation de pleine conscience semble la solution idéale pour une vie harmonieuse et équilibrée… Mais c’est sans compter sur les impératifs de son mandataire peu scrupuleux et qui risque de mettre mal les nouveaux objectifs de Björn (profiter de sa fille, reconquérir son épouse).

Björn ne laissera pas perturber ce nouvel équilibre qu’il tente de mettre en place, pour son bien être, celui de Katharina et d’Emily.

Chaque chapitre commence par une citation tirée du manuel de pleine conscience pour cadres dirigeants  » Ralentir sur la voie de dépassement » de Joschka BREITNER
Exemple :

Chapitre 2
La liberté
« Un homme qui fait toujours ce qu’il veut n’est pas libre. L’idée seule de toujours devoir faire quelque chose emprisonne.
N’est réellement libre que celui qui, pour une fois, ne fait pas ce qu’il ne veut pas. »

Vous connaissez la méditation de pleine conscience? Je la pratique mais pas le meurtre, du moins pas encore. Un roman où la « méditation de pleine conscience » devient un justificatif aux meurtres « qui font du bien ».

Tout se tient dans un récit cohérent. Ho que j’aime le côté détourné de ce polar hors norme où l’humour côtoie l’horreur.

Un véritable page-turner!

Le billet Littérature – Des meurtres qui font du bien de Karsten Dusse (2022) est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Littérature – Le démon de la colline aux loups de Dimitri Rouchon-Borie

Littérature – Le démon de la colline aux loups de Dimitri Rouchon-Borie (2022).

EAN : 9782370553287
237 pages
Èditions Le Tripode

Et ça commence comme ça :

« Mon père disait ça se passe toujours comme ça à la Colline aux Loups et ça s’était passé comme ça pour lui et pour nous aussi. Maintenant je sais que ça s’est arrêté pour de bon. La Colline aux Loups c’est là que j’ai grandi et c’est ça que je vais vous raconter. Même si c’est pas une belle histoire c’est la mienne c’est comme ça.
(…) »

Et accrochez-vous, ça va être effroyable !

L’histoire d’un garçon qui ne connaît rien de la vie hors de la Colline aux loups, pas même son prénom. Il l’apprendra lorsqu’il sera scolarisé sous la pression des services sociaux, Duck. Il sera placé avec toute la fratrie en famille d’accueil pour les protéger des parents maltraitants et toxiques à l’extrême, séparé de ses frères et sœurs, ils sont arrachés de ce qu’il appelle « le nid ». Le nid n’est autre que l’obscurité de cave qui pue l’excrément c’est là où il a vécu avec ses frères et sœurs pourtant refuge d’une relative douceur…

Comment se construire lorsque l’on a déjà été détruit dès son plus jeune âge ? Il ne connaît que la violence en réponse à l’adversité et n’est pas pour autant démunie de sensibilité, sa sœur qu’il aime tant, le petit dernier, qu’il appelle « la boule » et qu’il aimait blottir contre son ventre pour se tenir chaud mutuellement lorsqu’ils étaient dans « le nid ». Il tombera aussi amoureux…

Mais sa vie est très loin d’être un long fleuve tranquille.

« La Colline aux Loups c’était déjà une prison bien pire que tout imaginez-vous sous l’eau depuis le jour de votre naissance à retenir votre respiration en attendant une bouffée d’air qui ne vient pas ma vie c’est ça. »

Duck écrit sa vie depuis la prison, tout, absolument tout, depuis son enfance. Il écrit avec les mots qu’il connaît, son vocabulaire, une ponctuation hasardeuse, son « parlement » comme il dit et qui donne une force et une vraisemblance au récit.

Un roman écrit au vitriol, âmes sensible vous abstenir ! Non, lisez-le quand même, vous aurez de l’empathie et comprendrez le Démon qui le hante.

Un véritable coup de cœur !

Le billet Littérature – Le démon de la colline aux loups de Dimitri Rouchon-Borie est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Littérature – L’homme peuplé de Franck Bouysse

L'homme peuplé, oct. 2022
L’homme peuplé

Littérature – L’homme peuplé de Franck Bouysse (2022).

EAN : 9782226465733
320 pages
Éditions Albin Michel

Quand on aime les histoires aux atmosphères où le froid, l’ambiance rude de la ruralité presque hostile, des personnages forts et entiers se conjuguent, on aime Franck Bouysse.

Il n’a pas son pareil pour décrire cet environnement parfois anxiogène.

Et quand on aime Franck Bouysse, on en attend forcément beaucoup.

Histoire
Un écrivain en manque d’inspiration s’installe dans une maison isolée dans la campagne près d’une ferme. Il se sent épié depuis cette ferme, parfois jusqu’à chez-lui. Qui vit dans cette ferme? Quelle histoire a-t-elle ? Lorsqu’il descend au village se ravitailler et profiter lors de rencontres pour en savoir plus il est confronté à des taiseux ou des réponses évasives voire mystérieuses.
Il va soulever de vieilles histoires nauséabondes.

Mon avis
J’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire, je ne saurais pas expliquer pourquoi, peut-être que je n’étais pas au plus haut de ma forme au début du livre, j’avais des maux de dos lorsque je l’ai ouvert. Toujours est-il qu’au bout de quelques pages il a su me happer et me garder jusqu’au bout mais cette histoire où le passé et le présent se confondent m’a perdu un peu sur la fin. Un changement de prénom m’a particulièrement perturbé, y a-t-il une subtilité qui m’aurait échappée, que je n’aurais pas compris ? Je suis resté sur un sentiment partagé, j’ai aimé le fond de l’histoire, le style Bouysse, mais aussi un sentiment d’inachevé, au-delà du dénouement des intrigues, j’aurai aimé en savoir plus sur cet écrivain qui pour le coup apparaît un peu comme prétexte d’entrée en matière.

Je l’ai noté 3 étoiles sur cinq sur ma liseuse.

Je vous invite à le lire tout de même, car la critique étant de fait subjective, ce pourrait être votre coup cœur, il bénéficie d’une critique assez élogieuse par ailleurs.

J’ai préféré « Glaise », tiens, je n’ai rien écrit sur ce livre… J’aurai dû.

Le billet Littérature – L’homme peuplé de Franck Bouysse (2022) est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Littérature – Un tesson d’eternite de Valerie Tong-Cuong

Un tesson d'éternité, août 2022
Un tesson d’éternité

Littérature – Un tesson d’éternité de Valérie Tong-Cuong (2021)

ISBN : 978-2-7096-6893-4
186 pages
Éditions JCLattès

Je découvre une écrivaine française Valérie Tong-Cuong, un livre que j’avais depuis quelques mois et dont je retardais la lecture, la quatrième de couverture ne m’avait pas particulièrement emballé. C’est donc sans grande conviction que j’entame ce livre et quelle belle surprise ! Je fus captivé dès le début, un véritable « page-turner » ! Un livre bouleversant dont on en sort pas indemne.

J’ai adoré ce roman, il m’a donné envie de découvrir plus amplement cette écrivaine et ses autres livres.

Anna Gauthier a réussi à se faire une place dans la classe moyenne (bourgeoise) de la côte du sud-est. Elle mène une vie professionnelle et familiale paisible entre sa pharmacie, sa villa surplombant la mer, elle est l’épouse de Hugues. S’il est un riche héritier de la région, sa situation professionnelle est plus modeste, il perdra son emploi de journaliste/pigiste sans carte de presse pour une revue locale et trouvera grâce à Anna un emploi de chargé des affaires culturelles de la ville. Ils mènent une vie bourgeoise et tranquille avec leur fils Léo, ils côtoient le cercle très fermé des grands fortunés de la région dont ils se sont fait quelques amis… Jusqu’où ira cette amitié où côtoyer ne signifie pas faire partie de ce cercle ?

Puis un événement arrive, Léo est mis en garde à vue puis en détention préventive après avoir frappé un policier… et tout bascule, tout le quotidien d’Anna est bouleversé, remis en question !

La voilà, l’épouvante : on a conduit son fils chez les loups, son fils à la peau tendre, son fils sans défense, bientôt griffé, mordu, déchiqueté.

Et c’est bien dans l’adversité que l’on perçoit la solidité du couple, où s’avère la fiabilité des amitiés.

Anna va se lancer bec et ongles pour sortir Léo de ce mauvais pas. La situation va la replonger dans ses terribles souvenirs d’enfance, d’une brutalité qui l’a marqué à jamais comme au fer rouge et dont les plaies suintent, toujours prêtes à s’ouvrir… Une enfance qui vous marque à vie !

Un roman écrit avec une grande pudeur et pourtant d’une violence inouïe où certains mots ne sont pas prononcés comme s’ils étaient indicibles, ne pas en ajouter à la brutalité.

Un livre à découvrir ! J’ai adoré !

Le billet Littérature – Un tesson d’éternité de Valérie Tong-Cuong est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Littérature – Les possibles de Virginie Grimaldi

Les possibles - Virginie Grimaldi, août 2022
Les possibles – Virginie Grimaldi

Littérature – Les possibles de Virginie Grimaldi (2021).

ISBN : 978-2-21371-866-8
283 pages
Éditions Fayard

J’ai découvert cette écrivaine sur le tard avec « Il est grand temps de rallumer les étoiles« , un livre que l’on m’a offert et qui fût l’un mes coups cœur et dont je vous conseille aussi la lecture. Je n’avais pas écrit de billet sur ce livre… Manque de temps ? Paresse ? Comme ça vous le savez, je n’écris pas systématiquement sur chacun de mes coups de cœur.

« Les possibles » est un livre qui fût très bien médiatisé, je suis assez méfiant lorsque des écrivains sont sur-médiatisés, car du coup, on en attend beaucoup, voire trop peut-être, et j’ai souvent été déçu.
Mais ce n’est pas le cas ici, deuxième livre de Virginie Grimaldi que je lis, deuxième coup cœur !

J’ai A-DO-RÉ !

 

Juliane qui s’est un peu éloignée d’un père (Jean) marginal, haut en couleur et un peu (beaucoup) perché. Le rapprochement va se faire suite à un incendie partiel du pavillon de Jean, il va venir habiter quelque temps chez sa fille (au quotidien bien huilé), où tout est bien ordonné, organisé.

Papa déraille !

Virginie aborde un sujet difficile celui où l’on est confronté à la maladie d’un proche, d’un être aimé. Papa déraille ! Il cherche constamment sa carte vitale, oubli son code pin, etc. Entre déni et prise de conscience, Juliane que Jean à toujours surnommée Microbe est démunie, elle se débat à la recherche de solutions de réponse, elle recherchera la complicité de sa sœur qui vit à Chicago. Il y a aussi le déni face à la dysphasie de Charlie (son fils). La maladie affecte toute la famille et pas toujours simple d’y faire front.

– Papa déraille.
– Papa a toujours déraillé.
(…)
– Je pense qu’il est malade.
– C’est maintenant que tu t’en rends compte ?
Elle ricane. (…)
– Il ne sait plus lire l’heure.
– Il devait être mal réveillé, réplique ma sœur.
– Il dilapide sa retraite au téléachat.
– Il s’ennuie.
– Il brûle les courriers à son nom.
– Il a toujours été un peu parano.
– Il oublie les clés sur la porte.
– Il est tête en l’air, rien de nouveau.
(…)
– Il m’a appelée plusieurs fois Juliane.
Il y a un long silence, de ceux qui précèdent les moments que l’on n’oublie pas. Puis la voix de ma sœur, délestée de sa légèreté :
– Emmène-le chez le docteur.

Peut-on rire de tout ?

Seulement quand on sait le faire ! Virginie Grimaldi jongle merveilleusement sur toute la gamme de l’humour, celle de l’autodérision, de la franche rigolade. Le rire n’est jamais gratuit avec Virginie, d’une plume précise son ironie touche aussi notre sensibilité et nous fait passé du sourire aux larmes d’émotion. Au-delà de l’histoire de Juliane et son père, c’est l’histoire de toute une famille, le fils, le mari de Juliane, sa mère, sa soeur, lorsque la maladie embarque toute une famille.

Nous connaissons tous dans notre entourage des personnes qui déraillent ou qui ont déraillé… Un roman très touchant, émouvant, qui fait du bien et reste positif. J’ai A-DO-RÉ !

Il nous reste de beaux moments. Il est encore là.
Puisque mon père n’habite plus tout à fait dans ce monde, je vais passer une tête dans le sien.

Profite de lui, la partie n’est pas finie. Il est encore l’heure de tous les possibles.

PS : J’ai été aussi très sensible par le rapport de la mère confrontée à la dysphasie de son fils.

Le billet Littérature – Les possibles de Virginie Grimaldi est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Littérature – identifier la flore

Nouvelle flore, juin 2022
Nouvelle flore

Présentation rapide de deux livres pour identifier la flore.
Est-ce de la littérature ? Non pas vraiment, il s’agite de livres techniques.

Littérature – Nouvelle flore de Gaston Bonnier et Georges De Layens.

Pour la détermination facile des plantes de la région parisienne.

ISBN: 2-7011-1001-7
285 pages
Éditions Belin
18X11,5X1,5

Voilà le livre que j’emporte à chaque sortie en forêt en Ile-de-France, oui, c’est là que j’habite.
Je l’accompagne d’une loupe X10, un couteau de poche et un carnet pour prendre des notes.
Facile ? En fait pas tant que cela. Il faut avoir un minimum de notions en botaniques, pour bien l’utiliser.
Il s’agit de clés d’identifications, il faut savoir utiliser une clé d’identification. Mais tout s’apprend !
Cela-dit, je ne le conseille pas à quelqu’un qui souhaite s’initier à la botanique.

Nouvelle flore 01, juin 2022
Nouvelle flore 01

 

Les noms des fleurs, juin 2022
Les noms des fleurs

Littérature – Les noms de fleurs de Gaston Bonnier.

Trouvés par la méthode simple.

ISBN: 978-2-7011-1003-5
336 pages
Éditions Belin
18X11,5X2,3

A mon avis mieux adapté au novice. Il y a des planches couleurs par lesquels vous identifierez très rapidement certaines plantes. La clé identification est très bien faite, bien documentée, permet une évolution en douceur. Lorsque vous arrivez au nom de votre plante vous avez plus de renseignements comme le nom vernaculaire, si elle est médicinale, etc.
Je le trouve mieux adapté aux novices.
 

Les noms des fleurs 01, juin 2022
Les noms des fleurs 01

Le billet Littérature – identifier la flore est apparue en premier chez Sima78

Littérature – Chaudun la montagne blessée de Luc Bronner

Chaudun la montagne blessée, juin 2022
Chaudun la montagne blessée

Littérature – Chaudun, la montagne blessée de Luc Bronner (2021)

EAN : 9782757890714
192 pages
Éditions Points

Un récit touchant, émouvant ! Comment en est-on arrivé là ? Un village des Hautes-Alpes, difficilement accessible, abandonné, déserté par ses habitants. Comment peut-on en arriver à cette extrême décision de tous les habitants qui est de vendre le village, tout ce qu’ils ont, le peu qu’ils ont et qu’il leur reste… Vendre tout à l’État Français. Ce n’est pas de la fiction, cela c’est vraiment passé !

« Toutes les propriétés communales et privées, comprenant une superficie de 2 026 hectares, ont été vendues à l’État pour le prix de 186 000 francs environ. La commune de Chaudun comprenait 98 habitants vivant du produit de leurs pâturages ; mais depuis quelques années les montagnes déboisées avaient perdu une partie de leurs prairies où l’on faisait paître un trop grand nombre de moutons.« 

Chaudun

Ce village perché à 1400 mètre d’altitude et à 19 km de Gap, difficilement accessible que par des chemins de muletier… Comment des hommes ont-ils eu un jour l’idée de s’établir en un tel lieux ? Luc Bronner, partant d’une pierre tombale restée debout dans ce village en ruine, celle de « Félicie Marin, morte le 30 avril 1877, à l’âge de 17 ans« , il va nous faire revivre les hommes de Chaudun, la dureté de leurs vies quotidiennes dans une pauvreté permanente et leurs luttes constantes pour la survie.

Après un travail d’archives, de lecture de registres, d’enquête, il reconstitue des familles entières et nous livre tout !

vie et mort

Le taux de mortalité où les enfants forment la grande majorité « Le pire ennemi parmi tous, c’est la dysenterie, la vie et la mort qui s’écoulent ensemble dans l’absolue fatalité.« 
Une liste de 40 noms d’enfants décédés entre février 1878 et février 1894 c’est énorme sur un peu plus d’une centaine d’habitants au début. Si l’on ressent la pénibilité des rares propriétaires, la situation est pire pour les journaliers payés souvent moins de 4 francs par jour.
« Les Chaix dominent le village depuis cinquante ans. Leurs biens représentent près de 10 % du patrimoine total de Chaudun au moment de la vente. Plus riches que d’autres, ils peuvent acheter les prés, les labours, les bois. Attendre patiemment qu’un chef de famille décède pour proposer un rachat aux descendants quand ceux-ci sont étranglés par le manque d’argent. Employer un journalier lorsqu’il n’y a pas suffisamment de bras dans la famille pour travailler les terrains au printemps. Convaincre les veuves qu’elles font une bonne affaire en cédant un bout de terre dont elles ne peuvent plus s’occuper. C’est ainsi, et dans la lutte des places, certains ont joué fin sur des décennies.« 

La condition féminine

La condition féminine aussi, « Pour gagner quelques francs supplémentaires, grâce à son lait, la jeune Pauchon devient nourrice du petit Raymond Regamey, envoyé par une femme de Marseille.« 
Et la hiérarchie sociale, sexuelle et familiale de l’époque :
ARTICLE DEUX
Les journées sont évaluées comme suit
1 : journée d’homme trois francs
2 : journée de femme un franc cinquante centimes
3 : journée d’enfant un franc cinquante centimes.

L’environnement

La rudesse du climat et la courte durée d’ensoleillement ne facilite pas l’agriculture. La nécessité d’élever des animaux trop nombreux pour les surfaces d’herbage a eu raison des pâturages en les épuisant. Il va de même avec les forêts environnantes (nécessité de bois de construction de chauffage).
« Trop d’hommes et de femmes, trop de bêtes à nourrir. En trois décennies, la plupart des forêts ont disparu, ravagées par les coupes sauvages pour chauffer les foyers l’hiver et utiliser les plus beaux arbres pour entretenir les maisons. Un cercle vicieux terrible, cercle déprimant du court terme et de l’exploitation.
Pour survivre, les bergers ont accepté de prendre plus de moutons pendant l’été. (…).
« 

Conclusion

Un livre à lire absolument, un livre qui nous raconte une histoire d’antan et nous interroge sur notre présent, notre devenir.

Des photos qui ne sont pas issues du livre, juste pour vous donner une idée de l’histoire des lieux et personnes que vous découvrirez.

1880 Chaudun a, juin 2022
1880 Chaudun a
1880 famille à Chaudun, juin 2022
1880 famille à Chaudun
1880 Enfant de Chaudun, juin 2022
1880 Enfant de Chaudun
24-08-1895 Chaudun a, juin 2022
24-08-1895 Chaudun a
24-08-1895 vente de Chaudun - journal, juin 2022
24-08-1895 vente de Chaudun – journal
Chaudun ruines suite au départ des habitants-b, juin 2022
Chaudun ruines suite au départ des habitants-b
Chaudun ruines suite au départ des habitants, juin 2022
Chaudun ruines suite au départ des habitants
1897 Chaudun vu du col de Chabanottes, juin 2022
1897 Chaudun vu du col de Chabanottes

Le billet Littérature – Chaudun, la montagne blessée de Luc Bronner est apparu en premier chez Sima78

Littérature – Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

Sur les chemins noirs, mai 2022
Sur les chemins noirs

Littérature – Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson (2016)

EAN : 9782072559440
133 pages
Édition Gallimard

Sylvain Tesson est un véritable vagabond globe-trotter, dès qu’il termine ses études il commence à parcourir le monde, à vélo, en side-car, à pied, beaucoup à pied, Il est partout, sur les plateaux du Tibet à la poursuite de la panthère des neiges et quand il se pose c’est de février à juillet 2010 dans une cabane sur la côte du lac Baïka…

Rien ne peut donc arrêter Sylvain Tesson ? Si, malheureusement, et ce sera une chute d’un toit ! (…) et moi, pris de boisson, je m’étais cassé la gueule d’un toit où je faisais le pitre.(…).

Entre la vie et la mort, et de nombreuses fractures il s’en remettra, mais pas sans séquelles (…) j’avais pris cinquante ans en huit mètres. (…).  Et la rééducation post-traumatique ? (…) Un médecin m’avait dit : « L’été prochain, vous pourrez séjourner dans un centre de rééducation. » Je préférais demander aux chemins ce que les tapis roulants étaient censés me rendre : des forces. (…).

Ce sera les chemins noirs.

Les chemins noirs !

La convalescence se fera en marchant, hors des GR, des sentiers connus et en France. Une marche par les sentiers tracés en noir sur les cartes, tant que possible en dehors des agglomérations, depuis le Mercantour jusqu’aux côtes du Cotentin un peu plus de 1 400 km à pied, un périple de deux mois et demi en essayant d’échapper aux zones urbaines : (…) ne pas s’infliger les traversées périurbaines, éviter la brûlure du goudron. (…). On le suit au rythme de sa marche convalescente : bivouaque à la belle étoile, admirant les étoiles, adossé à un rocher pour lire, devant un feu de bois, sous les intempéries aussi, tout l’inspire : (…) La marche était une pêche à la ligne : les heures passaient et soudain une touche se faisait sentir, peut-être une prise ? Une pensée avait mordu ! Le soir, je m’endormais et les images de la lanterne magique défilaient derrière mes paupières. (…).

Bien entendu, comme à son habitude nous avons droit à quelques références ou allusions à des auteurs, Fabre, Giono, Pagnol, Péguy, et tant d’autres, celle à Fabre m’a fait particulièrement plaisir puisque j’envisageais écrire un billet sur ce personnage (j’ai lu « Sur les chemins noirs » en septembre 2021 alors que j’ai écrit le billet sur Jean-Henri Fabre en mars 2022). Non seulement j’aime les aventure de Sylvain Tesson, j’aime aussi sa culture.

Bref, ce livre fût un véritable coup de cœur, une envie de me remettre à la randonnée.

Ci-dessous image de la trace des chemins noirs d’après IGNrando, le lien « Sur les Chemins noirs » sur IGNrando (au moment où j’écrivais le billet ce dernier lien fonctionnait, au moment où je le publie une erreur 404, je le laisse en espérant que ce soit temporaire).

Traces de "Sur les chemins noirs", mai 2022
Traces de "Sur les chemins noirs"

Le billet Littérature – Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson est apparu en premier chez Sima78.