Rando – au-delà des Questions et des Idées Reçues

J’avais déjà écrit un article sur les questions qui dérangent comme « Tu fais combien de kilomètres par jour ?« , « Tu marches à quelle vitesse ?« , « Tu marches combien d’heures par jour ?« , etc. Cela est relaté dans l’article « Rando – Tu fais combien de km par jour ?« .

Il y a aussi les questions liées à la peur : « Tu n’as pas peur qu’on t’attaque ?« , « Tu n’as pas peur des bêtes ?« . Ces dernières m’amusent et j’en avais aussi parlé dans « Rando – Le bivouac, peur et appréhension« .

Par contre, il y a une question qui m’agace et qu’on m’a posée dernièrement, et ce n’est pas la première fois…

– Sima, as-tu fait tel GR ?

En fait, tout dépend de qui vient la question. Si elle est posée par un autre randonneur, ça ne me dérange pas, car soit il souhaite faire tel GR et si je l’ai fait, c’est certainement pour avoir mon retour d’expérience. Ou il l’a fait et souhaite me faire part de son retour d’expérience. Bref, entre randonneurs, on parle randonnée, matériel, sentiers et GR…  C’est tout à fait normal !

– Bah alors Sima, c’est quoi qui te dérange ?
– Lorsque celui qui la pose n’a jamais randonné !
– Et pourquoi Sima ?

Avant tout, lorsque je dis que je fais de la randonnée, de l’itinérance et du bivouac, mon interlocuteur, qui je le rappelle n’est pas randonneur, m’auréole d’un certain prodige mystérieux, comme si ce que je fais est exceptionnel. Bien entendu, il a entendu parler de certains numéros et/ou noms de GR par la télévision ou ailleurs et pour nourrir la discussion arrive la question majeure !

– Sima, t’as fait le GR20 ?
– Heeuuu… Non !

On peut remplacer GR20 par Stevenson ou TMB (Tour du Mont-Blanc), mais c’est le GR20 qui revient le plus souvent, je ne sais pas pourquoi. Et là, devant ma réponse négative, je vois sur son visage la déception et mon auréole s’éteindre.

Le constat est là, infaillible ! Plus un parcours est médiatisé, plus il devient prestigieux et ceux qui l’ont fait, glorieux ! Il y a un certain parallèle avec le phénomène de l’influenceur qui se fait photographier perché sur une taupinière et la grande admiration de ceux qui souhaitent faire de même, à la recherche d’une illusoire gloire ou prestige. L’action non pas pour le plaisir mais pour une pseudo-reconnaissance.

Les randonnées que je fais, celles que je ne fais pas et pourquoi.

Ce que je recherche avant tout, ce n’est pas la performance, mais le plaisir que je vais prendre. Soit ! Lors d’une randonnée, il y a toujours des imprévus (chute, blessure, averse, etc.), des impondérables avec lesquels il faut faire tout en prenant du plaisir dans l’ensemble. Il n’y a ni gloire, ni prestige !

Pour le choix de mes randonnées, j’ai aussi trois critères subsidiaires au plaisir, qui lui est essentiel.

  1. Le Budget : Mes finances ne sont pas élastiques, c’est donc un critère important si je veux faire plusieurs randonnées à l’année. Il faut prendre en compte le transport, dois-je acheter et/ou renouveler du matériel, et même si je bivouaque, j’apprécie de temps à autre un camping, un gîte, un resto… Donc le coût d’une randonnée a son importance.
  2. La durée : en fonction de la période, je dois jongler avec d’autres événements que je ne souhaite pas manquer (anniversaire d’un proche ou d’un ami, événement associatif, etc.). Ce critère est évolutif, on peut imaginer que je fasse l’impasse sur ma présence à certains événements pour une randonnée qui me tient à cœur.
  3. La popularité du parcours : si le parcours est très populaire, très couru, de fait, il m’intéresse beaucoup moins, je ne vais pas en randonnée pour y croiser la foule. Moins il y a de monde et plus je suis heureux. D’ailleurs, lorsque vous êtes pratiquement seul et que soudain vous croisez un autre randonneur, hé bien vous êtes super content. Une joie qui se produit moins lorsque vous cheminez parmi une kyrielle de marcheurs.

Pour l’instant, ni le GR20, ni le chemin de Stevenson, ni le TMB ne satisfont pleinement ces trois critères.

Pour résumer, il n’y a pas de prodige à randonner, ce n’est pas une prouesse, il n’y a ni palme d’or ni César à recevoir. Le plus important est l’aventure de chacun, le plaisir qu’il éprouve, que ce soit dans les bois ou plaines derrière chez-soi ou à l’autre bout du monde.

Avec un peu de curiosité, vous découvrirez que la beauté est tout autour de nous, il suffit d’y être attentif.

Celui qui m’a inspiré cette réflexion n’est pas un randonneur mais un entomologiste. La plupart de ses publications émanent d’observations du fond de son jardin et des alentours proches… Jean-Henri Fabre, j’en parle un peu dans l’article « Littérature – Jean-Henri Fabre« .

Citation:

« Si le cabotage dans les coins et recoins du jardin ne suffit pas, un voyage au long cours me fournit ample tribut. Je double le cap des haies voisines, et, à quelque cent mètres, j’entre en relations avec le Scarabée sacré, le Capricorne, le Géotrupe, le Copris, le Dectique, le Grillon, la Sauterelle verte, enfin avec une foule de peuplades dont l’histoire développée épuiserait une vie humaine. Certes, j’en ai bien assez, j’en ai trop avec mes proches voisins, sans aller pérégriner en des régions lointaines. »
Souvenirs entomologiques – Livre VI – Jean-Henri Fabre

Et puisque nous terminons par la citation d’un scientifique, concluons par un vers latin : Carpe diem, quam minimum credula postero.

Le billet « Rando – au-delà des Questions et des Idées Reçues » est apparu en premier sur le blog de sima78.

Humeur – Journée sans écran

Ces jours-ci je vois proliférer sur Mastodon le dièse : #JournéeSansEcran

Comment interpréter ce dièse, ou du moins, comment JE l’interprète?

Il s’agit d’une invitation à se déconnecter, faire une pause, face à l’overdose numérique qui rythme nos vies. D’une certaine façon, renouer avec les interactions humaines IRL (In Real Life / Dans la vie réelle) et avec l’instant présent c’est-à-dire avec soi-même. Échapper, le temps d’une journée, aux sollicitations des notifications. Ne plus faire face aux écrans.

Étonnement, je ne me sens pas concerné par ce dièse…

– Hein?! Quoi Sima?! Mais t’es souvent devant tes écrans, toi aussi!…
– Hé oui, je sais et j’en avais déjà parlé sur un billet « Humeur – Exclave des notifications » et dans « Humeur – Je ne suis pas accessible H24« 

Alors, qu’est-ce qui a changé depuis ces articles de 2022 et 2023 ?
Eh bien… pas grand-chose, en fait.

Mon PC

Dans cet article, je n’avais pas beaucoup abordé mon usage du PC. Pourtant, c’est bien là que je passe le plus de temps “numérique”. Sur mon PC, je fais ce que j’ai besoin de faire ainsi que lire mes mails, suivre l’actualité (Mediapart, Reporterre, etc.), et faire quelques recherches. J’aime jouer l’osinteur (OSINT) pour vérifier les sources, là je peux y passer du temps… Il faut relativiser, car je peux très bien passer un weekend sans toucher mon PC, pendant les vacances j’y vais très rarement pour vérifier un courrier que j’attends, ou faire des recherches de lieux de visites…

Après 20h30, c’est très rare que je sois sur mon PC.

Mon smartphone

Comme dit dans les articles cités, la majorité des notifications sont désactivées, pas de boîte courriel configurée. Mon smartphone est généralement en mode vibreur et la nuit en mode silencieux, voire mode « avion ». Parfois, je l’oublie même en mode avion pendant des heures. Et comme pour mon PC, je peux passer plusieurs jours sans y toucher.

Zéro stress, cool la life

Le soir je mets mon phone en mode silencieux ou avion au moment de se regarder un film, si l’on en regarde un, sinon au couché. c’est là où je découvre souvent des notifications qui datent de quelques heures. Je réponds à celles qu’une réponse rapide suffit et qui n’engage pas une conversation. Pour les autres je verrai le lendemain, si j’y pense.

Le matin, petit déjeuner tranquille, je prends mon temps, puis la toilette. Quand je suis prêt je vais boire mon café dans mon troquet de quartier et c’est après avoir salué mes connaissances et que l’on m’a servi mon café et mon verre d’eau que j’enlève le mode silencieux ou avion.

Si je ne vais pas boire mon café, mon phone peut rester pendant de longues heures en mode silencieux ou avion, jusqu’au moement où je m’en rends compte

Lors de mes randonnées, j’ai bien mon smartphone mais il est en mode « avion » il n’y a que le GPS d’activé et OSM qui tourne, il me sert à enregistrer mes traces GPX et m’orienter si je n’ai pas de carte IGN (papier). Une fois au bivouac, je quitte le mode avion juste pour envoyer un court SMS à Mme : “Tout va bien, je me pose là (coordonnées GPS).” Ensuite, retour en mode avion. Et si je n’ai pas de réseau, j’envoie le SMS plus tard, quand je capte. Mme sait qu’elle n’a pas à s’inquiéter si je ne donne pas de nouvelles quotidiennement.

Pas concerné par le #JournéeSansEcran

On le voit, dans le mois, je peux facilement passer plusieurs journées sans écran, sans avoir à me le rappeler via un dièse. C’est tout simplement une partie normale de mon mode de vie. Ça fait maintenant quelques années que j’ai décidé de ne pas être esclave des notifications et passer du temps devant les écrans que ce qui me paraît nécessaire et surtout j’en attends rien. Mais pour ceux qui sont accros le #JournéeSansEcran peut être un bon début.

Et vous, que pensez-vous de cette initiative #JournéeSansEcran ? Partagez votre ressenti et vos propres expériences dans les commentaires !

Le billet « Humeur – Journée sans écran » est apparu en premier le blog de Sima78.

Rando – Tu fais combien de km par jour ?

« L’homme jeune marche plus vite que l’ancien. Mais l’ancien connait la route. » Proverbe Africain.

Questions souvent posées aux randonneurs

Lorsque l’on me voit avec mon sac-à-dos ou que je dis que je fais de la randonnée, les questions qui reviennent souvent sont :

  • Tu fais combien de kilomètres par jour ?
  • Tu marches à quelle vitesse ?
  • Tu marches combien d’heures par jour ?

Et je suis bien embarrassé pour y répondre.

Une autre question qui m’a été posée est : quelle différence entre une balade ou promenade et une randonnée à la demi-journée ?

Je vais tenter d’y répondre.

Pourquoi m’est-il difficile, impossible de répondre à ce genre de questions ?

Lorsque j’étais jeune je courais tous les soirs avant mes entraînements et j’aurai pu vous dire ma moyenne sur 20 km et mon record… Mais en randonnée je ne cherche pas la performance ni de record, ce n’est pas, mais vraiment pas dans mon objectif.

Sima, lorsque tu prépares des parcours tu établis bien des étapes d’une certaine distance !
C’est vrai, mais…

Préparation de mes étapes et la réalité.

Plusieurs possibilités s’offrent à moi :

  • je prends un parcours connu avec des étapes prédéfinies,
  • je m’inspire un tracé qu’une personne a publié sur le web,
  • je trace moi-même mon parcours en imaginant mes spots de bivouac et/ou camping.

La réalité sur la distance :

  • en fonction de ma forme ou ma fatigue je peux décider d’allonger une étape ou de la raccourcir,
  • mon temps de marche et la distance ne sont pas inscrits dans le marbre, je m’arrête pour prendre des photos, pour admirer certains paysages, pour boire, grignoter, discuter lors d’une rencontre,
  • Je m’imagine des spots de bivouacs ou d’hébergement mais parfois in-situ ça ne colle pas et il faut s’adapter.

Quelques exemples de la différence entre la théorie et la réalité du terrain.

  • En Auvergne j’imaginais un spot de bivouac au bord d’un ru (sur le papier, les cartes IGN vous donnent les dénivelés par tranche de 10 m), in-situ le ru suivait bien le sentier mais dans un contre-bas à pic de 4 m, totalement inaccessible et en plus il était à sec, pas une goutte d’eau, la végétation environnante empêchait tout bivouac possible et n’avais pas suffisament d’eau. J’ai donc imaginé un spot à environ 8 km de là pasant par un point d’eau et j’en ai trouvé un super à mi-distance.
  • Lors de mon troisième jour sur le sentier Compostelle, à Viver, j’espérais dormir dans un local municipal, j’ai dû allonger ma distance de 10 km, bien chargé en eau, pour trouver un spot de bivouac génial !

La distance que je parcours par jour :

  • Je peux très bien faire une longue distance (plus de 30 km) comme je peux en faire une très courte (5 km). Ça dépend de ma forme, mon envie, du terrain, de la météo…. Et je peux même décider de me poser une journée à un endroit.
  • La distance parcourue par jour n’a aucune importance car en randonnée nous ne faisons pas une course et chaque randonneur le fait à sa façon.

La vitesse moyenne de marche :
Je connais ma moyenne de marche sans interruption vu ce que j’ai dis plus haut ça ne signifie pas grand-chose. On peut marcher plus lentement, ou décider de « faire du km » (c’est-à-dire accélérer le pas) quand un tronçon nous plaît moins. La vitesse moyenne de marche n’a pas plus d’importance que le nombre de kilomètre par jour.

Pour la différence entre balade et randonnée je donne quelques pistes théoriques.

Généralement on situe :

  • La balade santé de 2 à 5 km pour une durée pouvant aller à 3 h
  • Promenade de 3 à 10 km pour une durée pouvant aller à 4 h
  • La randonnée de 12 à 32 km pour une durée pouvant aller à 8 h (mais on peut faire moins…)

Marches plutôt sportive :

  • La marche d’endurance de 20 à 100 et plus pour une durée pouvant aller de 5 h à pas de limite, la vitesse est plus ou moins à 5 km/h
  • Marche AUDAX® démarre à 25, 50, 100, 150, 200, etc avec une allure de 6 km/h minimum. La marche AUDAX® peut-être aménagée de pauses ravitaillement, par exemple pour une marche AUDAX® de 25 km = 5 h soit 4h10 de marche et 50 minutes de pause, pour une marche AUDAX® de 100km en 20h (16h40 de marche et 3h20 d’arrêts)…
  • Marche rapide[1],
  • Marche nordique (après un stage auprès de la FFRandonnée, j’ai décidé d’en faire une par semaine)
  • Marche afghane (perso, je m’y suis essayé, je n’ai pas trouvé mon bon rythme, je n’ai pas insisté non-plus)

Conclusion
Évitez ce type de questionnement, d’ailleurs ceux qui répondent par la performance m’intéresse peut. En prenant des photos, je m’arrête souvent, mais imaginez ceux qui transportent un équipement plus lourd, ou ceux qui prennent le temps de se mettre en scène (en se photographiant ou se filmant sous différents angles, en descendant ou en montant) ; cela demande l’usage d’un trépied, des allées et retours incessants… Vous comprenez sûrement que la quantité de kilomètres parcourus ou la vitesse moyenne ne sont pas des critères importants. En randonnée, ce qui compte vraiment, ce sont les souvenirs que vous emportez avec vous, que vous gardiez pour vous-même ou que vous partagiez plus tard (avec vos proches, sur un site web, les réseaux sociaux, etc.), qu’ils soient capturés en images, en vidéo, ou simplement dans votre esprit. L’essentiel réside dans l’expérience de votre randonnée, bien au-delà des chiffres de distance et de vitesse.

Ce qui importe le plus, ce sont vos propres sensations, positives ou négatives. La randonnée offre également l’opportunité de se reconnecter avec soi-même.

Citation :

Lenteur
[…] Le marcheur est le seul maître de son temps, il décide de son rythme de progression, s’arrête à sa guise pour observer un détail du paysage ou une source, plonger dans l’eau fraîche d’un lac ou d’une rivière, ou pour musarder dans l’herbe, observer un cortège de fourmis ou suivre le cheminement tortueux d’une couleuvre ou d’un orvet. […]
La marche déjoue les impératifs de vitesse, de rendement, d’efficacité, elle n’en a même rien à faire. Elle ne consiste pas à gagner du temps mais à le perdre avec élégance. Il ne s’agit plus d’être pris par le temps mais de prendre son temps. […] David Le Breton « Marcher. Éloge des chemins et de la lenteur »

L’article vous à plus ou vous avez des remarques, les commentaires sont là pour ça.

Le billet « Rando – Tu fais combien de km par jour » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

Note(s)

  1. ^ […] De nos jours, celle-ci se pratique sous le nom de marche rapide, ou marche rapide sportive. Elle se pratique généralement à une vitesse allant de 5 km/h à 7,5 km/h […]Source wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marche_%C3%A0_pied#La_marche_rapide_sportive