Méfiez-vous des femmes qui marchent de Annabel Abbs

Méfiez-vous des femmes qui marchent de Annabel Abbs (2023) – Une ode aux marcheuses libératrices !

Traductrice : Béatrice Vierne
EAN : 9782266336727
Édition : Pocket (432 pages)

C’est la couverture et le titre qui ont d’abord attiré mon attention. Encore une fois, je dois remercier mon libraire pour cette belle découverte. Achète tes livres en librairie plutôt que sur le web, ils sont au même prix. Sympathise avec ton libraire[1].

Il existe de nombreux récits sur les hommes qui marchent : Rousseau, Thoreau, Stevenson, Giono, Tesson… mais très peu s’intéressent aux femmes qui randonnent. Il suffit de lire mon billet « Littérature – Voyages, Marches, Évasions » pour remarquer que les femmes sont minoritaires sur la liste que je propose. Annabel redonne voix à ces femmes oubliées pour qui la marche fut un désir d’affirmation de soi et d’affranchissement, une claque au patriarcat !

À travers les histoires de femmes artistes, philosophes et écrivaines (Simone de Beauvoir, Frieda von Richthofen, Gwen John, Nan Shepherd, Clara Coltman Vyvyan, Georgia O’Keeffe), qui ont osé entreprendre de longs voyages à pied, Abbs met en lumière la marche comme moyen de libération et de transformation personnelle. Avec son écriture engagée elle nous offre un regard un regard touchant sur la marche comme acte de rébellion.

Note(s)

  1. ^ Quand tu sympathises avec ton libraire, il peut non seulement mieux guider tes choix selon tes goûts, mais aussi te surprendre en t’ouvrant à d’autres styles, en t’arrachant à tes habitudes littéraires. Les librairies et leurs libraires sont précieux, chéris-les !

Un hommage aux femmes qui marchent pour se libérer

Dans Méfiez-vous des femmes qui marchent, Annabel Abbs nous offre une histoire inspirante et pleine de vie, centrée sur la quête de liberté. À travers les récits de femmes célèbres du XXe siècle, elle explore un sujet simple mais essentiel, marcher ! Mais pas de n’importe quelle manière. Marcher seule, marcher loin, marcher librement. C’est un hommage à la liberté des femmes, à la reconquête de l’espace public.

« Pendant des siècles, la mobilité a été réservée aux hommes. Les femmes étaient confinées, immobiles, casanières. Chez nous – nous disait-on – nous étions en lieu sûr. Et pourtant, pour bien des femmes, le danger était infiniment plus grand chez elle que dans les lieux sauvages. » Chap 4.

Plus qu’un roman, un récit, c’est un journal de bord, un manifeste

Annabel Abbs elle mêle intelligemment récit personnel, recherches historiques et méditations philosophiques. Elle-même marcheuse, elle suit les traces de ces femmes pionnières, marginales ou incomprises, qui ont choisi de fuir les salons, les obligations domestiques et les injonctions sociales en chaussant leurs bottes. Elle interroge le lien entre la marche et la créativité, la nature et l’indépendance.

« Quand je reviens de ma randonnée Gwen John (c’est ainsi que je l’appelle), plusieurs amies veulent savoir quel effet cela m’a fait de me retrouver toute seule pendant dix jours. Je ne me suis pas ennuyée ? Sentie seule ? Ma famille m’a-t-elle manqué ? Est-ce que j’ai dû remettre des mecs à leur place ?
Mes réponses sont d’une grande sobriété. J’ai honte de reconnaître que ma famille ne m’a pas manqué, que je ne me suis jamais ennuyée, que les agresseurs n’existaient que dans mon imagination tendancieuse. Mais j’ai surtout honte d’admettre à quel point j’ai pris plaisir à ma propre compagnie. » Annabel Abbs, parlant d’elle-même, Chap.4

Ce n’est pas un livre sur la performance mais sur le droit de marcher seule sans se soucier du regard des autres. À une époque où la femme seule dehors continue d’être jugée ou mise en danger, Abbs nous rappelle que chacun doit acquérir cette liberté et la conserver.

« En parcourant des lieux généralement réservés aux hommes, elle faisait la preuve de sa présence physique, mais aussi de son autonomie et de son énergie. » en parlant de Simone de Beauvoir. Chap. 6.

Une réflexion féministe originale et accessible

Le titre, provocateur, annonce bien la tonalité de l’ouvrage : Méfiez-vous des femmes qui marchent, car elles pensent, elles changent, elles dérangent. C’est un féminisme qui prend le large, au sens propre comme au figuré. En redonnant vie à ces femmes qui ont marché à contre-courant de leur époque, Abbs nous pousse à repenser notre rapport au monde, au corps, à la solitude et au silence.

« En faisant ses randonnées, chacune de ces femmes a découvert une nouvelle façon d’être, une manière d’exister à travers son corps, son physique, ses sens. » Chap. 8.

Ce livre est aussi un hommage à la lenteur, à la désobéissance douce, à l’intuition. Il fait du bien à l’âme. Il donne envie de se lever, de sortir, de marcher… sans but, sans montre, sans justification.

Conclusion

Méfiez-vous des femmes qui marchent est un livre qui inspire et donne de la force. Annabel Abbs redonne à la marche, ce geste apparemment anodin, toute sa charge politique et poétique. Ce n’est pas un simple récit de voyage, mais une déclaration de liberté. Avec ce livre j’ai sentiment rare d’avoir une compagne de route, invisible mais bien présente.
Un livre que j’ai vraiment adoré.

« Virginia Woolf pensait que les femmes avaient besoin d’une chambre à elles. May Sarton croyait qu’elles avaient besoin de temps à elles. Et moi ? Moi, je crois que les femmes ont besoin d’un trajet à elles. En plein air. Loin de l’enfermement bétonné de la grande ville. Entre terre et ciel. Au bord de l’eau. » Annabel Abbs. Chap. 3.

Et toi, as-tu déjà marché seule, longtemps ?

Les commentaires sont là pour partager tes impressions et/ou tes chemins de traverse.

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Voyage a pied dans la Haute-Drome de Jean Giono

couverture, avr. 2025
Couverture du livre

Voyage à pied dans la Haute-Drôme – Notes pour Les Grands Chemins de Jean Giono.

Par : Antoine Crovella
EAN : 9782073079138
160 pages
Édition : Busclats 2024.

J’aurais pu mettre cet article dans la catégorie « Rando – Divers« , mais la catégorie « Littérature » lui convient mieux.

De quoi s’agit-il ?

Un cahier de type scolaire (avec table de multiplication au dos) retrouvé dans les archives, les annotations ou plutôt le journal de bord d’un voyage à pied fait entre du 20 au 27 juillet 1939 par Jean Giono. Une retranscription respectant la forme et le style particulier de cette écriture spontanée.

Si vous avez déjà lu « Les Grands Chemins », vous le relirez différemment après avoir lu ses notes.

Cahier, avr. 2025
Cahier 100 pages avec étiquette blanche.

Un texte inédit de Jean Giono, oublié pendant plus de quatre-vingts ans dans les Archives nationales, a été retrouvé par hasard. Ce manuscrit, perdu parmi des dossiers judiciaires, faisait partie des archives de la section spéciale de la cour d’appel de Paris, une juridiction créée par le régime de Vichy durant la Seconde Guerre mondiale. Ces dossiers, inaccessibles jusqu’en 2015, ont récemment été explorés, révélant ce texte inattendu.

Ce cahier est un ajout au Journal de Jean Giono, disponible dans la « Bibliothèque de la Pléiade ». Marqué comme manquant, il couvre une période de juillet 1939 où Giono a marché 170 km dans la haute Drôme. Ce Journal, tenu de 1935 à 1939, s’arrête à cette date, avant de reprendre en 1942.

Le carnet de voyage décrit une randonnée de Giono du 20 au 27 juillet 1939 dans les Baronnies provençales, entre Gap et Vaison-la-Romaine. Il parcourt ce territoire montagneux seul, couvrant 170 km, émerveillé par la liberté de son voyage solitaire. Giono décrit un paysage de montagnes noires, cataractes et gorges étroites, différent de ses terres familières plus au sud.

Manuscrit sur deux colonnes, avr. 2025
Écriture manuscrite sur deux colonnes

Il présente ici un nouveau style d’écriture, d’annotation, divisant ses pages en deux colonnes. À gauche, des descriptions brèves et urgentes capturant l’instant présent, souvent des sensations (olfactives, auditives, etc.). À droite, une écriture plus narrative et introspective, où le « je » apparaît, transformant les expériences vécues en récit. Cette structure permet à Giono d’observer et de s’immerger dans l’environnement décrit, combinant impressions immédiates et réflexion personnelle. Il explique cette approche : « partager la page en deux, d’un côté une suite de descriptions, très large, pas composée et surtout pas grammaticale », et de l’autre, « les notations de son, de couleur et d’odeur », créant ainsi un espace d’introspection au-delà de simples impressions.

Parcours, avr. 2025
Parcours dessiné sur 2 pages

Bref, ce texte redécouvert offre un aperçu unique de la méthode d’écriture de Giono, mêlant observations immédiates et réflexions personnelles.
Son livre « Les Grands Chemins » aux éditions Gallimard est sorti en 1951 a donc été écrit de mémoire puisque son journal de voyage fût retrouvé qu’après 2015.

Liste des œuvres de Jean Giono

Plongez-vous dans ce voyage et découvrez les paysages qui l’ont inspiré !

Je n’ai pas beaucoup d’information sur Antoine Crovella, sinon qu’il a un compte Intagram, pas moi.

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Littérature – Eldorado de Laurent Gaudé

eldorado.jpg, sept. 2024

Eldorado : l’exil, la quête de survie, et le désir d’une vie meilleure.

ISBN : 978-2-7427-6261-3
224 pages
Édition : Actes Sud

Le livre est sorti en 2006 aux éditions Actes Sud. C’est la réédition que mon libraire m’a fait découvrir. Achetez vos livres en librairie plutôt que sur le web, ils sont au même prix et vous bénéficiez de bons conseils.

Laurent Gaudé, avec Eldorado, parvient à tisser un récit d’une humanité profonde et émouvante, touchant à des questions aussi universelles qu’actuelles : l’exil, la quête de survie, et le désir d’une vie meilleure. À travers les histoires croisées de migrants en quête d’une vie meilleure et d’un capitaine de la marine italienne en pleine crise existentielle, Laurent Gaudé explore des problématiques actuelles tout en mettant en lumière la complexité des émotions liées à l’exil.

Ce roman est à la fois une réflexion sociale et un voyage intime, marqué par une écriture à la fois sobre et poétique.

Un regard touchant sur la migration.

Gaudé nous plonge dans l’expérience des migrants, ces femmes et ces hommes prêts à tout pour fuir la misère, la guerre ou la répression. Il met en scène deux histoires parallèles : celle de Soleiman, un jeune homme qui quitte son village pour traverser le désert et la mer Méditerranée, et celle du capitaine Salvatore Piracci, chargé d’intercepter les embarcations clandestines qui tentent de rejoindre les côtes Italiennes et donc l’europe.

Soleiman incarne cette quête d’un Eldorado lointain, symbolisant le rêve d’une vie meilleure. À travers ses yeux, on découvre les épreuves terrifiantes auxquelles sont confrontés les migrants : la chaleur écrasante du désert, l’angoisse de la mer, et la cruauté des passeurs. L’histoire de Soleiman est une succession de désillusions et de sacrifices, mais aussi de moments de solidarité et d’espoir. Gaudé nous montre la résilience des migrants sans jamais tomber dans le pathos, ce qui rend leur combat encore plus poignant.
D’un autre côté, le capitaine Piracci est un homme hanté par ses missions de patrouille en Méditerranée, où il doit empêcher les migrants d’accéder à l’Europe. Sa rencontre avec une réfugiée qui refuse de se soumettre à sa condition bouleverse son quotidien et déclenche en lui une profonde remise en question. Ce personnage, initialement figure d’autorité, devient le miroir d’un dilemme moral : comment concilier la loi avec l’humanité ?

Les thèmes de l’exil et la migration

Contrairement à d’autres récits qui traitent de l’immigration de manière plus journalistique ou manipulatrice, Gaudé adopte une approche subtile et nuancée. Eldorado n’est ni un pamphlet ni un manifeste. C’est un roman qui touche à l’intime tout en éclairant les réalités globales des migrations. Laurent G. évite de sombrer dans le pathos facile, préférant explorer la diversité des motivations, des souffrances, mais aussi des forces des migrants. Il montre la complexité des choix auxquels ils sont confrontés sans pour autant juger ou prendre parti.

Conclusion

Eldorado nous éclaire sur la complexité du phénomène migratoire tout en plaçant l’humain au cœur de son récit. Gaudé choisit de raconter l’histoire (loin des discours politiques ou polémiques) d’individus, qu’ils soient migrants ou gardiens des frontières, sont tous pris dans une quête existentielle. Il nous invite à voir au-delà des chiffres et des statistiques pour comprendre la réalité intime de ces parcours de vie.

Eldorado raconte le drame de l’exil, mais aussi la beauté des rêves et de l’espoir. C’est un livre sur la problématique contemporaine qui touche à l’universel, un livre que j’ai adoré.

Pour mieux comprendre les tragédies qui se déroulent en mer Méditerranée, vous pouvez consulter cet article Wikipédia sur le naufrage survenu le 3 octobre 2013 au large de Lampedusa.

Les commentaires sont là pour vous exprimer !

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Littérature – Prenez-moi pour une conne de Guillaume Clicquot

Prenez-moi pour une conne de Guillaume Clicquot (2024)

Dans la tête d’une femme trahie

EAN : 9782266340809
324 pages
Édition : Fayard

N’étant pas fan des titres racoleurs ou provocateurs, je n’aurais pas choisi ce livre de moi-même. C’était sans compter sur les conseils toujours judicieux de Mathilde ou Jean-Yves de la librairie coopérative où j’aime prendre un thé et discuter de livres. Jean-Yves, que je connais depuis longtemps, bien avant l’ouverture de cette librairie, connaît mes goûts littéraires et orientations politiques et me fait découvrir des ouvrages en ce sens. Mathilde, Nous nous connaissons depuis moins longtemps, me pousse vers des lectures inattendues, sans jamais me décevoir.

Prenez-moi pour une conne !

Orane, 58 ans, après des études brillantes, a consacré sa vie à son foyer et à ses enfants, Thomas, Christophe et Pauline, ainsi qu’à son magnifique époux Xavier, avec qui elle partage plus de trente ans de mariage.

Moi, la très classique Orane de Lavallière, je leur offrais mon sourire placide, mon style BCBG sage et dénué de sensualité, la douceur réconfortante de la mère de famille rangée, une icône asexuée et rassurante.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille…

Le lendemain du mariage de leur fille cadette, Pauline, Orane organise un brunch. Xavier s’absente pour acheter du pain. Deux heures plus tard, c’est par un mail qu’elle apprend que son Xavier ne rentrera pas :

Orane, avec le merveilleux mariage de Pauline, c’est un chapitre de nos aventures qui se termine, l’histoire d’un couple qui a réussi à élever et à lancer dans la vie trois beaux enfants.
Aujourd’hui, hélas, le livre se referme, […]
J’ai attendu que Pauline se marie pour ne pas gâcher le plus beau jour de sa vie et remplir jusqu’au bout mon contrat de père. […] Même si à présent mon cœur bat pour une autre, je tiens à te confirmer toute l’affection que j’ai pour toi et j’espère que, pour les enfants, nous demeurerons amis.
[…]
– Je sais que je ne te mérite pas. Je te rends ta liberté. Affectueusement. Xavier.

Il l’a traité comme il traite ses employés, peut-être même pire ; un licenciement sec sans préavis pour refaire sa vie avec une jeunette de la trentaine.

– Je croyais qu’il m’admirait… Il m’a plaquée le jour où il a estimé que je ne lui servirais plus.
[…]notre mariage n’était qu’un CDD […]

Malgré le choc, Orane continue sa journée avec sa douceur habituelle et son sourire réconfortant de façade, dissimulant habilement son désarroi. Elle invente même un prétexte pour expliquer l’absence soudaine de Xavier.

Une fois les festivités terminées, Orane retirée dans sa maison secondaire s’engage dans une multitude d’activités bénévoles à Saint-Aubin-sur-Mer, jusqu’à être submergée et fait une déprime qu’elle refuse d’admettre… Orane est toujours dans le déni !

Derrière sa façade de mère au foyer, bourgeoise Versaillaise, catho, sainte nitouche elle décide de se venger.

Mais quel sera son stratagème ? Comment va-t-elle l’élaborer ? Comment réagira-t-elle face à la police, la juge d’instruction, lors des interrogatoires poussés, des perquisitions, etc. ?
Celle que tout le monde prend pour une conne commettra-t-elle le crime parfait ? Où est-elle vraiment trop conne ?

Il n’y a qu’en lisant le livre que vous le saurez.
Un polar hors du commun, un véritable page-turner que je vous recommande. Partagez vos impressions sur les commentaires.

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Littérature – Les regles du Mikado de Erri De Luca

Les règles du Mikado de Erri De Luca (2024)

Traduction : Danièle Valin
EAN : 9782073060587
160 pages
Éditions : Gallimard

Je me rends compte que c’est la première fois que j’écris sur un livre d’Erri De Luca, bien que j’aie eu plusieurs coups de cœur parmi ses œuvres. Ce que j’aime particulièrement chez Erri De Luca, c’est sa plume poétique et philosophique avec laquelle il nous raconte des histoires.

Préface de présentation

Cela commence par une préface présentant les personnages, nous plongeant immédiatement dans l’ambiance :
[…] Je présente donc les deux personnes qui engagent un dialogue au début de cette histoire.
Lui, c’est un vieux campeur solitaire. Il passe de longues périodes en montagne, même en hiver. Elle, c’est une jeune gitane qui a fui sa famille et son campement. […]

Résumer de l’histoire

Vous vous doutez bien que le résumer ne dévoilera rien de l’histoire que vous devrez découvrir par vous-même.

En Italie, sur les montagnes enneigées à la limite de la Slovénie. Une jeune femme tzigane (pour ne pas dire adolescente)[1] fuyant un mariage forcé se réfugie dans la tente du vieil homme en quête d’un abri et vient ainsi perturber la solitude du vieil horloger.
Alors que tout semble les opposer, elle, incarne la liberté et les traditions nomades de son peuple, lui, vieil homme solitaire et routinier, trouve son refuge dans la précision des horloges qu’il répare et dans la maîtrise du mikado, symbole de patience et d’équilibre.
Un lien va se créer au fil des conversations et confidences. L’horloger, captivé par l’énergie et la résilience de la jeune femme, l’initie aux subtilités du mikado fondée sur la tempérance, la concentration et l’acceptation de l’imprévisible. En retour, la jeune femme insuffle au vieil homme une nouvelle vitalité, le sortant de sa routine et s’ouvrir à de nouvelles perspectives.

Comment cette rencontre changera la vie ou le destin chacun ? Vous le saurez en lisant cette histoire captivante et émouvante, le parcours de deux personnages attachants si différents et pourtant aux destins entremêlés.

Citation :

[…]
Je pars pour une plus longue période. Non pas pour me soigner, je n’en ai pas besoin. Je projette de faire un voyage depuis longtemps.
J’ai tout réglé à la fondation pour qu’elle se passe de moi. Ce que j’entreprends doit être fait à pied. Ce sera forcément lent.
La marche me permet d’entrer dans les paysages et d’en faire partie.
[…]
Je vis dans un endroit en plein air où tout est vrai. Les surfaces qui m’entourent ne peuvent pas mentir. La terre sur laquelle j’installe ma tente, les piquets enfoncés sont le fondement qui me porte.
J’ai plus d’années que de kilos. Les vieux doivent être légers.
L’humanité a été jeune, ce n’est que récemment qu’elle s’est mise à vieillir en masse. C’est un temps inconnu, plus que la jeunesse.
Aucune expérience de vieillesse précédente ne peut servir d’exemple.
Le matin, je fais l’appel, j’invite chaque partie de mon corps à dire présent. Je commence par les pieds pour finir par la nuque.
Je dresse le plan de la journée, les activités indispensables et les superflues. Le feu, l’eau, la soupe, l’hygiène, sont des nécessités, puis je dois ajouter la lecture et le jeu pour l’entraînement des pensées.
La durée du jour est un tour du monde.
Le soir, je me retrouve aux antipodes, la nuit me ramène au point de départ.
Je vis sans montre. Si je me réveille dans le noir à cause d’un bruit, d’un rêve, je n’ai pas besoin de savoir l’heure. Je me concentre sur les battements de mon cœur. […]

Qu’avez-vous pensé de cette rencontre improbable entre deux personnages si différents ? Partagez vos impressions et réflexions dans les commentaires !

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Note(s)

  1. ^ Anecdote : J’ai accompagné l’une de mes filles, étudiante en photographie, pour un projet de reportage sur les Roms qu’elle avait choisi. Ce projet est devenu personnel pour elle, et nous avons rencontré cette communauté régulièrement pendant deux ans. Nous avons été invités à un mariage, un mariage d’amour qui se reflétait dans les yeux et la joie des deux mariés. J’ai été surpris par leur jeune âge ; elle avait 16 ans et lui presque 18, alors que les gadjos et gadjis (comme ils nous appellent) se marient de plus en plus tard, lorsqu’ils se marient.

Littérature – Voyages Marches Évasions

Randonnez ! Marchez ! Voyagez ! Évadez-vous ! Lisez !

Rien de tel que le pouvoir de la littérature pour nous évader ! Parfois, la possibilité de partir en randonnée n’est pas accessible ou ne se présente pas comme on le voudrait, que ce soit à cause d’obligations professionnelles, de responsabilités familiales, ou tout simplement à cause de contraintes financières. Même si l’aventure peut se trouver à notre porte sans que nous ayons besoin de parcourir des milliers de kilomètres, elle reste tout de même soumise à un certain budget, que ce soit pour le matériel nécessaire ou les déplacements.

Dans ces moments-là, la littérature reste, à mon avis, l’un des meilleurs moyens de s’évader et de voyager. Que ce soit en attendant la prochaine randonnée ou en entre deux sorties, un bon livre peut nous transporter vers des horizons lointains sans même quitter notre fauteuil. Lors de mes randonnées, j’ai toujours avec moi un livre.

Je vous ai concocté une liste, qui n’est pas exhaustive, il y en a tant d’autres… Dans cette liste il n’y a pas de « Road trip ». Et je vous avoue, je ne les ai pas tous lu !

– Houa Sima, tu nous mets une liste et tu n’as pas tout lu ! Hooouu la hooonte !…
– Ho là, on se calme…

Il faut dire que plus je lis et plus ma PAL (Pile À Lire) augmente de façon exponentielle. J’en ai lu tout de même certains les London, Thoreau, Giono, Sarah Marquis, Tesson, Le Breton, Lacarrière… Mais bon, c’est vrai, pas toute la liste.

Dans cette liste on y trouve un peut de tout, de la philosophie, des récits de voyages, des romans, bref, de quoi piocher et faire aussi vos propres recherches.

On remarquera que les femmes sont minoritaires mais la tendance évolu, il y a de plus en plus de marcheuses et c’est tant mieux !

La liste :

  • Méfiez-vous des femmes qui marchent de Annabel Abbs
  • Voyage au pays du silence de Neil Ansell
  • Au détour du Caucase de Clara Arnaud
  • Sur les chemins de Chine de Clara Arnaud
  • L’échappée belle, éloge de quelques pérégrins de Nicolas Bouvier
  • Journal d’Aran et autres lieux de Nicolas Bouvier
  • Marcher, Éloge des chemins et de la lenteur de David Le Breton – coup de cœur
  • En Patagonie de Bruce Chatwin
  • La Sagesse du nomade de Bruce Chatwin
  • Voyage d’une Parisienne à Lhassa de Alexandra David-Néel
  • Les grands chemins de Jean Giono – coup de cœur
  • L’apprentissage de la marche de Jean-Louis Hue
  • La lettre qui allait changer le destin d’harold fry arriva le mardi… de Rachel Joyce
  • Remonter la Marne de Jean-Paul Kauffmann – J’ai aimé
  • Chemin faisant de Jacques Lacarrière
  • Chemins d’écriture de Jacques Lacarrière
  • En cheminant avec Hérodote de Jacques Lacarrière
  • Un beau matin d’été de Laurie Lee
  • L’Appel de la forêt de Jack London – coup de cœur
  • Construire un feu de Jack London – coup de cœur
  • Croc-Blanc de Jack London – coup de cœur
  • Histoires du pays de l’or de Jack London – coup de cœur
  • Les vagabonds du rail de Jack London – coup de cœur
  • À dos d’oiseaux de Sarah Marquis
  • Déserts d’altitude de Sarah Marquis
  • Instincts de Sarah Marquis – J’ai aimé
  • Sauvage par nature de Sarah Marquis – Je n’ai pas aimé
  • Femmes au sommet de Reinhold Messner
  • La Marche de Pascal Picq
  • En Avant, Route ! de Alix de Saint-andré
  • Eloge de la marche de Leslie Stephen
  • Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson – coup de cœur
  • Avec les fées de Sylvain Tesson
  • Une très légère oscillation de Sylvain Tesson
  • Marcher de Henry David Thoreau
  • Walden ou La Vie dans les bois de Henry David Thoreau – coup de cœur
  • Philosophie de la marche de Nicolas Truong
  • Chaudun, la montagne blessée de Luc Bronner – coup de cœur
  • Les règles du mikado de Erri De Luca – Dernier coup de cœur.

Pour terminer je vous mets quelques extraits de mon dernier coup de cœur « Les Règle du mikado de Erri De Luca » sans vous dévoiler l’histoire, ce sera à vous de la découvrir:

[…]
Je pars pour une plus longue période. Non pas pour me soigner, je n’en ai pas besoin. Je projette de faire un voyage depuis longtemps.
J’ai tout réglé à la fondation pour qu’elle se passe de moi. Ce que j’entreprends doit être fait à pied. Ce sera forcément lent.
La marche me permet d’entrer dans les paysages et d’en faire partie.
[…]
Je vis dans un endroit en plein air où tout est vrai. Les surfaces qui m’entourent ne peuvent pas mentir. La terre sur laquelle j’installe ma tente, les piquets enfoncés sont le fondement qui me porte.
J’ai plus d’années que de kilos. Les vieux doivent être légers.
L’humanité a été jeune, ce n’est que récemment qu’elle s’est mise à vieillir en masse. C’est un temps inconnu, plus que la jeunesse.
Aucune expérience de vieillesse précédente ne peut servir d’exemple.
Le matin, je fais l’appel, j’invite chaque partie de mon corps à dire présent. Je commence par les pieds pour finir par la nuque.
Je dresse le plan de la journée, les activités indispensables et les superflues. Le feu, l’eau, la soupe, l’hygiène, sont des nécessités, puis je dois ajouter la lecture et le jeu pour l’entraînement des pensées.
La durée du jour est un tour du monde.
Le soir, je me retrouve aux antipodes, la nuit me ramène au point de départ.
Je vis sans montre. Si je me réveille dans le noir à cause d’un bruit, d’un rêve, je n’ai pas besoin de savoir l’heure. Je me concentre sur les battements de mon cœur.
Ils sont plus lents en hiver, je palpe mes carotides pour les sentir.
[…]

Cet article vous a plu… Que vous soyez un aventurier passionné ou un rêveur en quête d’évasion, partagez vos pensées sur ces œuvres qui nous transportent au-delà de l’horizon !

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