« Changer l’eau des fleurs » est un roman poignant écrit par Valérie Perrin.
EAN : 9782226403049
560 pages Éditions : Albin Michel
« Changer l’eau des fleurs », roman de Valérie Perrin — Albin Michel. Un best-seller traduit dans le monde entier, portrait tout en pudeur d’une femme gardienne de cimetière.
Vous qui me suivez, vous savez que je réserve cette catégorie exclusivement à mes coups de cœur littéraires. Celui-ci remonte à l’année précédente, en septembre 2023. Quelques mois auparavant, j’avais déjà été séduit par une œuvre de cette écrivaine avec « Les oubliés du dimanche« .
Deux livres de la même plume, deux coups de cœur distincts, une coïncidence qui se présente rarement.
Je me lance dans ce défi sachant par avance que je ne le tiendrais pas quotidiennement. Lorsque je suis en randonnée ou ailleurs, je n’ai pas forcément le thème ni l’envie.
J’ai mis dans la catégorie Littérature, je vous rassure, je ne me sens pas une âme, ni une plume d’écrivain mais il fallait bien le ranger quelque part.
Habituellement je parle dans cette catégorie que de mes coups cœurs littéraires, ce ne sera pas le cas dans ce billet car j’ai lu deux de ses livres qui m’ont laissé deux appréciations distinctes.
Qui est Sarah Marquis ?
Sarah Marquis est une aventurière hors pair, connue pour ses expéditions en solitaire à travers des territoires sauvages et hostiles à travers le monde. Elle a passé une grande partie de sa vie à explorer des régions reculées et inaccessibles, repoussant les limites de l’endurance humaine. Malheureusement beaucoup moins médiatisé que d’autres aventuriers. J’ai une grande admiration et un immense respect pour ce qu’elle fait !
Sarah Marquis écrivaine
Elle a écrit plusieurs livres, je n’en ai lu que deux qui m’ont laissé deux ressentis différents. J’ai tout de suite fait abstraction du style qui pour moi (c’est subjectif) manque de profondeur, de nuance, d’originalité et de créativité. C’est un peu dur ce que je dis là, mais cela n’enlève rien à ses performances d’exploratrice. Je n’en ai donc pas tenu compte et m’en suis tenu aux stricts récits de ses aventures, puisqu’au final c’est cela qui m’intéressait, ce qu’elle fait, plus que la façon dont elle le raconte et étant « dys » il serait mal venu de ma part de ne pas avoir de tolérance.
Deux livres que j’ai lu.
Instincts de Sarah Marquis (2016) éditions Michel Lafon
Instincts de Sarah Marquis – édition Pocket. Le récit de trois mois en solitaire, à pied, en pleine survie dans l’ouest sauvage australien.
Nous suivons Sarah dans le Kimberley Australien sur un périple qui a duré quatre mois (environ 800 km) en totale autonomie, c’est-à-dire sans vivres ni ressources, ce qui est une performance.
J’ai adoré ce livre où elle décrit les défis auxquels elle est confrontée, comme la pénurie d’eau, la chaleur écrasante, la solitude extrême, sa perte de poids mais aussi les moments de grâce et de connexion profonde avec la nature.
C’est une véritable exploration sur les capacités et les limites de l’endurance humaine. J’ai vraiment adoré et cela aurait pu être, il n’en était pas loin, un coup de cœur si le style y était.
Forcément j’enchaîne sur un second livre.
Sauvage par nature de Sarah Marquis (2014) éditions Michel Lafon
Sauvage par Nature de Sarah Marquis – édition Pocket. Le récit d’un périple hors du commun : 3 ans de marche extrême en solitaire, de la Sibérie jusqu’en Australie.
Un périple de trois ans de 2010 à 2013 sur 20 000 kilomètres, de la Sibérie en Australie. Très rapidement, dès la Mongolie, je m’interroge sur le comportement des hommes mongols :
Autre choc, et non le moindre : à chacune de nos rencontres impromptues et hasardeuses, les nomades se positionnent devant moi en fixant l’horizon pendant que leur main cherche l’organe génital sous leur ventre pour uriner. Il s’ensuit alors une interminable opération qui s’achève par de multiples secousses… C’est alors que leurs yeux quittent l’horizon pour se coller à moi, gluants et noirs. Durant toute cette scène, aucun mot n’est échangé. Je ne peux que rougir en pensant à la quantité de pénis que j’ai pu observer. Après des mois de « je descends de mon cheval pour uriner devant la femme qui marche », je me suis amusée à classer les organes de reproduction masculins par ordre de grandeur. Car ce rituel a fini par ne plus me gêner.
S’il s’agit d’un comportement récurent, il doit bien y avoir des traces sur web, cela sera forcément arrivé à d’autres femmes, je n’ai rien trouvé sur le sujet d’où mes interrogations, cela est vraiment arrivé ! Ou s’agit-il d’ajouter de la mésaventure à l’aventure ? Il n’y aura pas d’explication à ce comportement.
Elle marche seule, sans rechercher le contact avec les populations, leurs cultures… Au contraire elle les fuit au maximum, on se pose donc la question de sa motivation pour un telle périple, est-ce l’exploit pour l’exploit ? La description qu’elle fait des autochtones est pour la plupart très négative et n’inspire donc pas du tout au voyage. Elle balaie assez rapidement certaines parties de son parcours d’Asie ce qui donne certaines incohérences. Alors que son bivouac est inondé volontairement dans une rizière elle ajoute :
Il me faudra plus de dix jours pour faire sécher mon sac et mes affaires, la température ambiante étant de – 10 °C (50 °F) avec des pics jusqu’à – 17 ou – 20 °C (- 62 à 68 °F).
Alors là il manque des pages ou des explications, comment d’une rizière forcément à des températures positives se retrouve-t-on à de telles températures négatives ?
Bref, je me suis forcé à lire jusqu’au moment où elle prend le bateau pour l’Australie et c’est là que je lui ai lâché la main. Je ne suis pas allé jusqu’aux dernières pages.
Ce n’est pas parce que ma critique est sévère envers ce livre que je ne suis pas moins admiratif de ses performances. Vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé ce livre.
Littérature – Les oubliés du dimanche de Valérie Perrin (2017)
EAN : 9782253071167
416 pages Éditions : Le Livre de Poche
Les Oubliés du Dimanche, de Valérie Perrin, édition de poche (Le Livre de Poche). Un roman sur la mémoire, le deuil et les liens invisibles qui nous attachent aux autres.
Dans cette catégorie « Littérature », je ne parle que de mes coups cœur et depuis le dernier billet où je parlais du roman de Karsten Dusse fin janvier, j’ai lu treize livres et un seul coup de cœur, mais pas des moindres, « Les oubliés du dimanche » de Valérie Perrin.
L’histoire se déroule dans une maison de retraite où de nombreux résidents attendent leur dernier souffle, souvent négligés par leurs proches et la société. C’est là que nous rencontrons Justine, vingt et un ans, aide-soignante dévouée, qui décide d’écrire l’histoire de ces âmes oubliées du dimanche. Au fil des pages les vies des personnages se dévoilent, révélant des histoires de perte, de regret et de solitude, mais aussi de résilience, de bonheur et de rédemption.
Valérie Perrin nous présente des personnages authentiques et complexes. Chaque résident de la maison de retraite est décrit avec une telle précision et une telle humanité qu’ils deviennent immédiatement familiers, comme s’ils étaient des membres de notre propre famille. Leurs histoires sont profondément touchantes et captivantes, et on ne peut s’empêcher de s’attacher à eux. Elle explore également des thèmes universels tels que l’amour, la mort, la solitude et l’espoir.
« Les Oubliés du dimanche » de Valérie Perrin est un roman qui m’a touché au plus profond de moi-même. J’ai ri, il m’ a tiré des larmes et fait réfléchir. C’est une histoire bouleversante. Je recommande vivement ce livre.
Avertissement : je parle marque, mais je ne suis pas sponsorisé, et c’est totalement subjectif.
Si je lis sur format papier, je lis beaucoup sur liseuse et dernièrement elle m’a lâché !
Je l’avais depuis juillet 2016 mais après plusieurs chutes et surtout une ultime le 15 février alors que j’étais loin de la maison, qui a rendu la partie basse de l’écran pénible à lire. Je m’explosais les yeux à lire…
J’avais une PocketBook Basic Touch dont j’étais super content avant son ultime chute. Alors pour la nouvelle liseuse j’ai opté pour la même marque… Oui, lorsque je suis satisfait, je suis un animal de fidélité.
Ma nouvelle liseuse :
PocketBook Touch Lux 5
PocketBook Touch Lux 5 – liseuse compacte avec écran HD 6 pouces, technologie E Ink Carta et éclairage SMARTlight, idéale pour la lecture diurne et nocturne.
Je n’ai pas opté pour le haut de gamme mais une liseuse qui me convient. Et contrairement à Kobo de l’article de Tutox, elle n’impose rien !
Ça nous demande de créer un profil (cession), ou pas, ou plusieurs… J’imagine que si l’on est plusieurs à utiliser la liseuse, chacun retrouve ses bouquins, comme je suis seul à l’utiliser je n’ai pas créé de profil.
Ça propose de créer un compte pour accéder à un « cloud », Dropbox, boutique en ligne et d’autres services… Comme je n’en ai pas besoin, je n’ai pas créé de compte.
Et je l’utilise telle quelle, elle est reconnue automatiquement par Calibre, j’y ajoute/supprime des livres… Bref elle me convient parfaitement !
Littérature – Des meurtres qui font du bien de Karsten Dusse (2022)
EAN : 9782749172491
400 pages Éditions : Le Cherche midi
Des Meurtres qui font du bien, Karsten Dusse – une couverture au graphisme percutant jouant sur le contraste entre sérénité (méditation) et violence (croix rouge, hachoir).
Il s’agit là d’un premier roman de Karsten Dusse, le premier aussi d’une série (en quatre tomes me semble-t-il) déjà parus en Allemagne. Le tome deux devrait sortir en traduction française en mars 2023. Je l’attends avec impatience.
Polar/Thriller, méditation, humour…
L’histoire de Björn Diemel, un avocat au pénal, professionnel, méticuleux ne lâchant jamais rien dans son travail que sa femme, Katharina déteste. Il faut dire que son mandataire, son principal pour ne pas dire son unique client n’est autre que Dragan Sergowicz et comme le dit Blörn :
« Je dis simplement qu’il était « louche ». Sachant que le terme « louche », attribué aux affaires de Dragan, était un gros euphémisme.
(…)
Dragan n’était pas seulement un proxénète brutal, mais aussi un baron de la drogue doublé d’un trafiquant d’armes. Lorsque je fis sa connaissance, il camouflait ses affaires tant bien que mal derrière une série d’entreprises d’import-export semi-légales. Pour faire court : Dragan était, même au regard de la conception très large que mon employeur avait de la respectabilité, un mandat « pourri » : un de ceux qui faisaient couler l’argent à flots dans le cabinet, mais dont on préférait ne pas se vanter. »
À cause de ce mandataire qui le surcharge de travail de façon impérative, Björn est bord du burn-out. Il risque de perdre ce à quoi il tient le plus : Katharina menace de le quitter, ne plus voir sa fille Emily qu’il ne voit d’ailleurs que lorsqu’elle dort en raison des horaires imposés par son métier…
Comment lier son travail qui lui apporte des revenus confortables et une vie familiale normale ? Recouvrer l’amour de son épouse, pouvoir profiter de sa fille ?
Il se décide de consulter Joschka BREITNER, coach de méditation pleine conscience pour cadres dirigeants. Il suivra avec lui plusieurs séances, ce dernier lui fournira à l’issue un petit manuel sur lequel il pourra se référer en fonction des ressentis ou des situations.
La méditation de pleine conscience semble la solution idéale pour une vie harmonieuse et équilibrée… Mais c’est sans compter sur les impératifs de son mandataire peu scrupuleux et qui risque de mettre mal les nouveaux objectifs de Björn (profiter de sa fille, reconquérir son épouse).
Björn ne laissera pas perturber ce nouvel équilibre qu’il tente de mettre en place, pour son bien être, celui de Katharina et d’Emily.
Chaque chapitre commence par une citation tirée du manuel de pleine conscience pour cadres dirigeants » Ralentir sur la voie de dépassement » de Joschka BREITNER
Exemple :
Chapitre 2
La liberté
« Un homme qui fait toujours ce qu’il veut n’est pas libre. L’idée seule de toujours devoir faire quelque chose emprisonne.
N’est réellement libre que celui qui, pour une fois, ne fait pas ce qu’il ne veut pas. »
Vous connaissez la méditation de pleine conscience? Je la pratique mais pas le meurtre, du moins pas encore. Un roman où la « méditation de pleine conscience » devient un justificatif aux meurtres « qui font du bien ».
Tout se tient dans un récit cohérent. Ho que j’aime le côté détourné de ce polar hors norme où l’humour côtoie l’horreur.
Le Démon de la Colline aux Loups, Dimitri Rouchon-Borie – couverture aux couleurs expressionnistes mêlant ciel orageux et terres arides.
Et ça commence comme ça :
« Mon père disait ça se passe toujours comme ça à la Colline aux Loups et ça s’était passé comme ça pour lui et pour nous aussi. Maintenant je sais que ça s’est arrêté pour de bon. La Colline aux Loups c’est là que j’ai grandi et c’est ça que je vais vous raconter. Même si c’est pas une belle histoire c’est la mienne c’est comme ça.
(…) »
Et accrochez-vous, ça va être effroyable !
L’histoire d’un garçon qui ne connaît rien de la vie hors de la Colline aux loups, pas même son prénom. Il l’apprendra lorsqu’il sera scolarisé sous la pression des services sociaux, Duck. Il sera placé avec toute la fratrie en famille d’accueil pour les protéger des parents maltraitants et toxiques à l’extrême, séparé de ses frères et sœurs, ils sont arrachés de ce qu’il appelle « le nid ». Le nid n’est autre que l’obscurité de cave qui pue l’excrément c’est là où il a vécu avec ses frères et sœurs pourtant refuge d’une relative douceur…
Comment se construire lorsque l’on a déjà été détruit dès son plus jeune âge ? Il ne connaît que la violence en réponse à l’adversité et n’est pas pour autant démunie de sensibilité, sa sœur qu’il aime tant, le petit dernier, qu’il appelle « la boule » et qu’il aimait blottir contre son ventre pour se tenir chaud mutuellement lorsqu’ils étaient dans « le nid ». Il tombera aussi amoureux…
Mais sa vie est très loin d’être un long fleuve tranquille.
« La Colline aux Loups c’était déjà une prison bien pire que tout imaginez-vous sous l’eau depuis le jour de votre naissance à retenir votre respiration en attendant une bouffée d’air qui ne vient pas ma vie c’est ça. »
Duck écrit sa vie depuis la prison, tout, absolument tout, depuis son enfance. Il écrit avec les mots qu’il connaît, son vocabulaire, une ponctuation hasardeuse, son « parlement » comme il dit et qui donne une force et une vraisemblance au récit.
Un roman écrit au vitriol, âmes sensible vous abstenir ! Non, lisez-le quand même, vous aurez de l’empathie et comprendrez le Démon qui le hante.
Littérature – S’adapter de Clara Dupont-Monod (2021)
EAN : 9782234089549
200 pages
Édition Stock
S’adapter, roman de Clara Dupont-Monod publié aux éditions Stock, dont la couverture illustre avec sobriété la force du vivant et la résilience.
Un petit livre mais d’une grande force.
Quand un enfant « inadapté » arrive dans une famille c’est un équilibre qui est perturbé. On pense toujours aux parents, et la fratrie, qu’en est-il ? L’écrivaine ne l’oublie pas.
Un sujet abordé avec tendresse, pudeur… Relation entre les êtres et la nature aussi…
Dans une maison familiale cévenole naît un enfant « inadapté », aux yeux noirs qui ne fixe rien et ne verront jamais, au palais creux, il ne parlera pas non plus, un corps mou, une tête qui ne tient pas des membres qui ne sauront ni saisir ni marcher… un corps allongé, un éternel bébé aux joues douces et rebondies mais qui reste sensible aux sons. Ce lourd handicap qui trace une frontière entre lui et les autres.
Pauvres parents qui nous inspirent de l’empathie et c’est toujours de ce point de vue, les parents, que les compassions se dessinent. Et la fratrie ? N’est-elle pas impactée, elle aussi, par un tel bouleversement ?
Qui en parle ?
Clara Dupont-Monod laisse la parole aux pierres, oui, aux pierres de cette maison au milieu des montagnes protectrices et d’une nature puissante. Les pierres, témoins habituellement silencieuses de toutes les vies d’une maisonnée, nous content en toute sincérité et sans jugement l’histoire de cette fratrie en trois chapitres.
Elles nous livrent le vécu de l’aîné puis de la cadette et en enfin du dernier, celui arrivé après la mort de l’enfant « inadapté » et héritier malgré lui du drame familiale.
Pour conclure
Une thématique pas facile à aborder et encore moins sous l’angle choisi, celui de la fratrie et pourtant Clara le fait avec brio d’une plume précise et juste. Tous les sentiments y passent et y alternent, de l’amour au retranchement, du bonheur au chagrin… Donner la parole aux pierres exemptes de jugement confère au texte toute sa puissance, sa sincérité et aussi sa pudeur et sa poésie. Un livre émouvant que j’ai adoré.
Littérature – L’homme peuplé de Franck Bouysse (2022).
EAN : 9782226465733
320 pages
Éditions Albin Michel
L’Homme peuplé, roman de Franck Bouysse publié aux éditions Albin Michel, dont la couverture illustre une atmosphère hivernale et mélancolique.
Quand on aime les histoires aux atmosphères où le froid, l’ambiance rude de la ruralité presque hostile, des personnages forts et entiers se conjuguent, on aime Franck Bouysse.
Il n’a pas son pareil pour décrire cet environnement parfois anxiogène.
Et quand on aime Franck Bouysse, on en attend forcément beaucoup.
Histoire
Un écrivain en manque d’inspiration s’installe dans une maison isolée dans la campagne près d’une ferme. Il se sent épié depuis cette ferme, parfois jusqu’à chez-lui. Qui vit dans cette ferme? Quelle histoire a-t-elle ? Lorsqu’il descend au village se ravitailler et profiter lors de rencontres pour en savoir plus il est confronté à des taiseux ou des réponses évasives voire mystérieuses.
Il va soulever de vieilles histoires nauséabondes.
Mon avis
J’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire, je ne saurais pas expliquer pourquoi, peut-être que je n’étais pas au plus haut de ma forme au début du livre, j’avais des maux de dos lorsque je l’ai ouvert. Toujours est-il qu’au bout de quelques pages il a su me happer et me garder jusqu’au bout mais cette histoire où le passé et le présent se confondent m’a perdu un peu sur la fin. Un changement de prénom m’a particulièrement perturbé, y a-t-il une subtilité qui m’aurait échappée, que je n’aurais pas compris ? Je suis resté sur un sentiment partagé, j’ai aimé le fond de l’histoire, le style Bouysse, mais aussi un sentiment d’inachevé, au-delà du dénouement des intrigues, j’aurai aimé en savoir plus sur cet écrivain qui pour le coup apparaît un peu comme prétexte d’entrée en matière.
Je l’ai noté 3 étoiles sur cinq sur ma liseuse.
Je vous invite à le lire tout de même, car la critique étant de fait subjective, ce pourrait être votre coup cœur, il bénéficie d’une critique assez élogieuse par ailleurs.
J’ai préféré « Glaise », tiens, je n’ai rien écrit sur ce livre… J’aurai dû.
Littérature – Un tesson d’éternité de Valérie Tong-Cuong (2021)
ISBN : 978-2-7096-6893-4
186 pages
Éditions JCLattès
Un tesson d’éternité, roman de Valérie Tong Cuong, éditions JC Lattès. La couverture minimaliste joue sur le motif du hublot, fenêtre ouverte sur un instant suspendu, pour évoquer introspection, mémoire et profondeur, thèmes chers à l’autrice.
Je découvre une écrivaine française Valérie Tong-Cuong, un livre que j’avais depuis quelques mois et dont je retardais la lecture, la quatrième de couverture ne m’avait pas particulièrement emballé. C’est donc sans grande conviction que j’entame ce livre et quelle belle surprise ! Je fus captivé dès le début, un véritable « page-turner » ! Un livre bouleversant dont on en sort pas indemne.
J’ai adoré ce roman, il m’a donné envie de découvrir plus amplement cette écrivaine et ses autres livres.
Anna Gauthier a réussi à se faire une place dans la classe moyenne (bourgeoise) de la côte du sud-est. Elle mène une vie professionnelle et familiale paisible entre sa pharmacie, sa villa surplombant la mer, elle est l’épouse de Hugues. S’il est un riche héritier de la région, sa situation professionnelle est plus modeste, il perdra son emploi de journaliste/pigiste sans carte de presse pour une revue locale et trouvera grâce à Anna un emploi de chargé des affaires culturelles de la ville. Ils mènent une vie bourgeoise et tranquille avec leur fils Léo, ils côtoient le cercle très fermé des grands fortunés de la région dont ils se sont fait quelques amis… Jusqu’où ira cette amitié où côtoyer ne signifie pas faire partie de ce cercle ?
Puis un événement arrive, Léo est mis en garde à vue puis en détention préventive après avoir frappé un policier… et tout bascule, tout le quotidien d’Anna est bouleversé, remis en question !
La voilà, l’épouvante : on a conduit son fils chez les loups, son fils à la peau tendre, son fils sans défense, bientôt griffé, mordu, déchiqueté.
Et c’est bien dans l’adversité que l’on perçoit la solidité du couple, où s’avère la fiabilité des amitiés.
Anna va se lancer bec et ongles pour sortir Léo de ce mauvais pas. La situation va la replonger dans ses terribles souvenirs d’enfance, d’une brutalité qui l’a marqué à jamais comme au fer rouge et dont les plaies suintent, toujours prêtes à s’ouvrir… Une enfance qui vous marque à vie !
Un roman écrit avec une grande pudeur et pourtant d’une violence inouïe où certains mots ne sont pas prononcés comme s’ils étaient indicibles, ne pas en ajouter à la brutalité.