Littérature – Rêver debout de Lydie Salvayre (2O21)
EAN : 9782021477139
208 pages
Éditions seuil
Faisant fi des siècles qui ont passé Lydie Salvayre interpelle Miguel Cervantès sous forme de lettres et demande des comptes au sujet de son hidalgo, Don Quichotte, qu’il a fortement malmené et par la même occasion elle rend hommage à Don Quichote de la Mancha et Sancho Pensa. Avec sa perspicacité Lydie nous renvoie à nos propres interrogations. À travers ce couple improbable, l’hidalgo, ce personnage idéaliste, fantasque qui décide de mettre ses lectures de chevalerie en pratique pour défendre les opprimés et Sancho, plus terre à terre, matérialiste… N’y-a-t-il pas l’écho de nos propres contradictions, une sorte de bipolarité bien ancrée au plus profond de chacun d’entre nous ?
Quatre siècles nous sépare, cela a-t-il tant changé ?
Ce Roman agréable à lire est pourtant profond, déraisonnable et désinvolte, bref, puissant et beau ! Lydie met en miroir cette Espagne inquisitrice, archaïque des rois Philippe et notre société actuelle plus moderne, plus soi-disant démocratique et pourtant pas moins injuste, pas moins médiocre, pas moins violente, pas plus libre ! C’est avec beaucoup d’intelligence que la narratrice fait ce parallèle.
La censure ou l’auto-censure a-t-elle changé ? N’y a-t-il pas comme une continuité à travers les siècles passés ?
« Consolez-vous, Monsieur, la même intolérance sévit à notre époque : il est mal vu de plaisanter sur un certain nombre de sujets ; et l’on risque de ruiner sa carrière et parfois même sa vie si l’on pousse un peu loin l’esprit de raillerie. »
Une fois la colère et les réprimandes de Lydie Salvayre passées sur Cervantès elle lui livre son admiration et un véritable hommage pour la grâce et la force de son œuvre.
Un livre drôle, l’on rit beaucoup et sérieux à la fois, un livre qui donne à réfléchir sur notre présent. Un livre qui vous donne envie de lire ou relire « Don Quichotte de Manche » écrit par Miguel Cervantès. Livres que j’ai adorés !
Je vous mets plus bas deux extraits… Mais lesquels devais-je choisir ? L’on met généralement des extraits comme « apéritif » or ce roman se lit goulûment comme une gourmandise, c’est un tout et les extraits vous laisseront sur votre faim.
« Il apparaît clairement, à la lecture de cet épisode, que non seulement le Quichotte ne se réclame jamais des autorités en place pour légitimer ses actions, mais qu’il peut les pourfendre sans le moindre état d’âme s’il les estime injustes, malvenues ou horriblement barbares. C’est ce que j’exprime, peut-être de façon réductrice, en le déclarant anarchiste.
N’ayant, en tout cas, rien à perdre, aucune position à préserver coûte que coûte, aucun abri réconfortant pour y croupir en paix.
Vivant de peu.
Soucieux des autres.
Engageant une lutte sans merci contre les salauds de tout poil. »
« Cette plume incisive, cette veine mordante qui s’exprime chez vous par éclairs, m’enchante au plus haut point, cher Monsieur, tout autant que m’enchante votre très stupéfiant féminisme.
Vous avez en effet créé dans votre roman « Don Quichotte de la Manche » la figure la plus féministe qui se puisse concevoir, sous les traits de Marcelle, une jeune femme très fière, très belle, très déterminée et qui a décidé de rester, dans l’Espagne ultramisogyne des rois Philippe, maîtresse de son destin.
Une exception.
J’ai presque envie de dire : un miracle. »
Jean-Henri Fabre est non seulement un grand entomologiste, herboriste, botaniste, mais aussi un magnifique «vulgarisateur», au meilleur sens du terme. Avec lui, l’homme ne s’efface pas devant le scientifique, il est toujours présent. Il nous entraîne, tout au long des 10 volumes de ses souvenirs entomologiques, dans la passionnante découverte du monde inconnu des insectes.
Vous pouvez trouver les Ebooks facilement sur internet, ils sont tombés dans le domaine public.
N’allez pas croire que je vais vous faire ici le résumé de ses 10 volumes.
Sima, tu les as tous lu ?
Non j’en ai lu que deux et c’est volumineux, mais à la portée de tous et j’ai adoré.
Le but ici est plutôt de vous parler de la particularité et l’intérêt qu’ont ses écrits, bref mon ressenti.
Qui est Jean-Henri Fabre ?
« Un grand savant qui pense en philosophe, voit en artiste, sent et s’exprime en poète »
C’était avant tout un Naturaliste (il ne souhaitait pas qu’on l’affublât du nom d’entomologiste). Pour mieux le découvrir, je vous invite lors de vos voyages de passer par Sérignan-du-Comtat et visiter le Harmas de Jean-Henri Fabre qui dépend depuis 1922 du MNHN (Muséum National d’Histoire Naturelle). On y trouve une flore diversifiée de type plutôt méditerranéenne, des arbres également méditerranéens mais d’autres exotiques (exotique ici est l’antonyme d’indigène) et c’est dans ce jardin en friche, « Harmas » en provençal, qu’il y observait la faune et la flore, leurs développements, leurs inter-actions. Il herborisa aussi beaucoup sur les flancs du mont Ventoux, étudiait l’évolution des espèces et collectionnait tout ce qui avait un rapport à la nature et son évolution, par exemple des fossiles aussi…
Dans ma deuxième phase professionnelle j’ai dû lire des revues scientifiques et techniques, plutôt sur la botanique, parfois d’entomologie et ce ne sont pas le genre de lecture que l’on met sur notre table de chevet. Le texte va à l’essentiel sans forme de style, sans parler des livres plutôt techniques où le texte est réduit au minimum (clés d’identifications).
Exemple : j’aime lors de mes balades apporter « Nouvelle Flore : pour la détermination facile des plantes de la région parisienne » de Gaston Bonnier et Georges De Layens. Je vous dis tout de suite que si vous n’avez pas la connaissance d’un certain vocabulaire ça ne vous sera pas facile (contrairement à ce qui est dit) d’identifier des plantes et ça m’étonnerait qu’il se trouve sur votre table de chevet.
Par contre vous pouvez avoir sur votre chevet quelques volumes de « Souvenirs entomologiques« . Écrit comme une œuvre littéraire il met sa méthode scientifique à la portée de tous, ses réflexions philosophiques, des souvenirs d’enfance… Vous ne verrez plus le monde des insectes comme avant, lors de vos promenades dans la nature vous observerez les brins d’herbes, les fleurs, et des biotopes sous vos pas ou dans vos jardinières sans vous en rendre compte.
Bref, Jean-Henri Fabre nous apprend que l’on peut s’ouvrir au monde et fonder un système de pensée en regardant la nature qui nous entoure.
Extrait :
Chapitre 6
LE SPHEX À AILES JAUNES
Sous leur robuste armure, impénétrable au dard, les insectes coléoptères n’offrent au ravisseur porte-aiguillon qu’un seul point vulnérable. Ce défaut de la cuirasse est connu du meurtrier, qui plonge là son stylet empoisonné et atteint du même coup les trois centres moteurs, en choisissant les groupes Charançons et Buprestes, dont l’appareil nerveux possède un degré suffisant de centralisation. Mais que doit-il arriver lorsque la proie est un insecte non cuirassé, à peau molle, que l’hyménoptère peut poignarder ici ou là indifféremment, au hasard de la lutte, en un point quelconque du corps ? Y a-t-il encore un choix dans les coups portés ? Pareil à l’assassin qui frappe au cœur pour abréger les résistances compromettantes de sa victime, le ravisseur suit-il la tactique des Cerceris et blesse-t-il de préférence les ganglions moteurs ? Si cela est, que doit-il arriver lorsque ces ganglions sont distants entre eux, et agissent avec assez d’indépendance pour que la paralysie de l’un n’entraîne pas la paralysie des autres ? À ces questions va répondre l’histoire d’un chasseur de Grillons, le Sphex à ailes jaunes (Sphex flavipennis).
C’est vers la fin du mois de juillet que le Sphex à ailes jaunes déchire le cocon qui l’a protégé jusqu’ici et s’envole de son berceau souterrain. Pendant tout le mois d’août, on le voit communément voltiger, à la recherche de quelque gouttelette mielleuse, autour des têtes épineuses du chardon-roland, la plus commune des plantes robustes qui bravent impunément les feux caniculaires de ce mois.
Bricolage – Où devons-nous mettre la paire de pneus neufs.
Il faut savoir qu’une voiture n’a pas le même rythme d’usure entre les pneus avants et arrières.
Un véhicule à traction avant, usera plus rapidement ses pneus avants que ceux arrières et c’est l’inverse pour une propulsion.
Lorsque que l’on arrive dans un garage spécialisé sur les pneumatiques, que nous dit-on ?
Prenons l’exemple que nous avons une voiture à traction, nous avons eu ce véhicule avec les deux paires de trains (avant et arrière) neuf. Au bout d’un nombre de km, nos pneus avant sont usés et bons à remplacer.
Et c’est là que l’on va essayer de nous prendre pour « un peu nœud nœud ».
Waouh Sima, le jeu de mot pourri « un pneu », « un peu nœud » !…
Bon, ok, j’ai pas fait l’école du rire…
Le mensonge lié à la vente des pneus et leur emplacement.
Donc vous avez une traction avant avec le train de pneus avant à remplacer.
Ce que j’ai entendu plusieurs fois : Monsieur Sima, on va mettre les pneus neufs à l’arrière et permuter vos pneus arrières à l’avant.
Moi : Hein ? Et pourquoi ?
L’autre : Parce que c’est l’arrière qui chasse et pour votre sécurité mieux vaut mettre les pneus neufs à l’arrière.
J’ai même eu droit une fois à une démonstration avec des voitures en jouet sur le comptoir…
Or tout cela c’est des conneries et purement commercial (j’y reviens plus bas).
Ne vous en prenez pas au vendeur/monteur de pneus, lui est persuadé de ce qu’il dit. Bien souvent il n’a qu’une formation sommaire en mécanique, quand il en a une, il est plutôt former par le centre de pneumatiques avec un aspect marketing (pousser à la vente) et généralement payé à la commission… Il croit ce qu’il dit !
Le comportement des véhicules.
Une traction avant (les roues motrices sont à l’avant) aura un comportement de sous-virage, c’est-à-dire que l’avant à tendance à partir (tout droit). Si vous prenez un virage à l’accélération mal maîtrisée, le véhicule va quitter la route en « chassant » de l’avant, en cas de gros freinage sur chaussée glissante, idem ! Sur une traction c’est l’avant qui part, c’est donc là où il faut les meilleurs pneumatiques. Une propulsion à une tendance de survirage, c’est l’arrière qui part, c’est donc là où il faut les meilleurs pneus.
Sous-virage droits bas de billet
Survirage Droits bas de billet
Heu Sima, j’ai déjà vu des tractions partir de l’arrière…
C’est possible, dans certaines situations particulières mais pas le comportement général : Dans un virage, soudain il y a un animal qui traverse, vous freinez, mettez des coups de volant dans un sens, puis dans l’autre pour, pour chercher à l’éviter d’un côté ou de l’autre, l’arrière peut partir en glissade, même si vos pneus sont neufs.
Pour faire « partir » une traction de l’arrière comme dans les rallyes, c’est le frein à main qui est utilisé (frein à main sur dimensionné et sans bouton bloquant) ou en faisant un appel/contre-appel. Comment dire pour ce dernier ?… Au freinage à l’entrée de virage donner un coup de volant dans le sens inverse au virage et immédiatement braquer dans le sens de la courbe, l’arrière contre balance et se déleste et part en glissade et l’on termine en contre-braquage (si vous n’avez pas le véhicule adéquat et/ou maîtrisez pas le geste, c’est les tonneaux assurés). L’appel/contre-appel se fait aussi avec les propulsions pour les « drifts »(donc aussi les motos), mais pas de la même façon que sur une traction, là c’est encore autre chose.
Heu, là je m’égare…
Bref, on met les pneus neufs là où est la motricité.
La vente au détriment de la sécurité.
Reprenons l’exemple d’un véhicule à traction avant. Pourquoi lorsque les pneus avant sont à changer ont veut vous mettre les neufs à l’arrière et permuter les pneus arrières vers l’avant ?
C’est simple et je vous laisserai faire le calcul.
Imaginons notre véhicule, nous faisons un certain nombre de km et au bout d’un an, les pneus avant sont à changer et ceux arrière sont à 60 % d’usure (j’ai pris des chiffres ronds pour vous faciliter la tâche et façon arbitraire).
À chaque fois, l’on vous met les plus usagés à l’avant et les neufs à l’arrière. Sur une certaine période vous vous rendrez compte que vous vous êtes déplacé plus souvent chez le changeur de pneumatiques. Vous allez me dire que sur un véhicule, ce n’est pas significatif côté budget, mais multipliez par le nombre véhicules qu’ils reçoivent… Bref, grâce à cette méthode, ils vendent plus à terme et à chaque fois vous avez une permutation (facturée ou pas).
Ne dramatisons pas non plus, ce n’est pas parce que les pneus neufs ne sont pas à l’endroit idéal que vous êtes en danger de mort. C’est juste qu’ils vendent plus et que la logique veut que les meilleurs pneus soient sur la motricité (avant pour traction, arrière pour propulsion).
Ha aussi : Vous êtes suspicieux et souhaitez avoir un autre avis, celui d’un autre garagiste et le garagiste vous dit : je n’ai pas le droit de vous laisser partir ainsi, il en va de ma responsabilité et patati et patata… Foutaise ! Vos plaquettes de freins sont « grillées », vos disques de frein presque transparents, vous souhaitez aller voir ailleurs, il en va de votre responsabilité, le garagiste ne craint rien ! Ne vous laissez pas influencer par ce genre d’argument. Par contre, s’il est vraiment inquiet pour vous à juste titre, il peut prendre une personne à témoin ou vous faire signer une décharge sur laquelle figurent les détails l’état de votre voiture et les dangers que vous encourez. Il a une obligation d’information et de conseil. Soyez prudent !
Les deux images « Sous-virage » et « Survirage » viennent de :