Littérature – 366 réels à prise directe de Sima 01 – du 16 au 27

Les « 366 réels à prise directe d’après Raymond Queneau » a été un excellent exercice pour moi.

J’écris au passé simple car c’est la suite et la fin. Constat que je n’ai pas tenu un mois complet.
Le fait d’avoir systématiquement un thème imposé chaque jour a fini par n’ennuyer, quelque chose de trop scolaire, trop contraignant et je ne souhaite pas m’imposer trop de contrainte, la vie de tous les jours s’en charge très bien sans que j’en rajoute.

Lorsque j’écris, j’ai une propension à l’excessive longueur dans mes textes, je pars toujours dans tout un tas d’explications parfois futiles. Bref, la brièveté n’est pas mon fort !
En confrontant mon penchant pour la prolixité, ce défi a été un stimulant qui m’a obligé à synthétiser mes idées de manière concise et épurée, un bon moyen pour me perfectionner.

Le premier message, celui à l’origine de tout : Littérature – 366 réels à prise directe de Sima 01 – du 01 au 15

Janvier 2024 du 16 au 27

16 → Aujourd’hui mal

Enthésopathie d’insertion du tendon supraépineux sans calcification intratendineuse ou signe de rupture. Bursite sous-acromio-deltoïdienne modérée associée.
Vous n’avez rien compris, je vous rassure, moi non plus. Ce que je peux dire, c’est que ça fait mal. Par moments l’impression que le bras va se décrocher, une douleur constante sous l’omoplate, parfois jusqu’aux cervicales… Une souffrance constante, 24h/24. Aucune position confortable, sauf allongé sur le dos, bras le long du corps, mais je ne peux dormir ainsi. En plus de la douleur, le manque de sommeil… Cela peut durer longtemps, il faut donc prendre son mal en patience.

17 → Aujourd’hui  film dont vous êtes le héros

Synopsie :
Sima, muni de bâtons de marche aux pouvoirs ancestraux, explore une nouvelle randonnée. Son chant discordant effraie dragons et sorcières, les forçant à fuir. Mais rencontrera-t-il la fée Morgane non prévenue de sa présence dans cette forêt ? Trouvera-t-il le Saint Graal, qu’il ne cherche d’ailleurs pas ? Une aventure pleine de rebondissements, où le suspense palpite à chaque pas, nous captivant tout au long du périple. Bientôt à l’écran, ne manquez pas cette quête insolite, mêlant humour, mystère, et fantaisie.

18 → Aujourd’hui fragment d’aujourd’hui raconté en recette de cuisine

Recette de ce jeudi :

  • Mélanger café fort et motivation,
  • Allongez avec quelques étirements puis laisser reposer 20 minute en méditation,
  • Petite marche bien dosé puis bien se faire pétrir la tendinite chez le kiné, quelques pointes d’électro-stimulants pour tonifier le tout,
  • Alternez pauses à votre goût,
  • Ajoutez une réunion associative accompagnée de feuilletés/frangipane,
  • Puis terminer par une infusion de lecture apaisante,
  • Gardez au chaud.

19 → Aujourd’hui  dilemme

Être ou ne pas être : Telle est l… Hein ? Quoi ?!… quelqu’un a déjà écrit ça ?… Un nom, et qu’il soit pendu haut et court !
Comment ?… Il est déjà mort ?… il n’est donc plus ?

À défaut de débattre avec cet inconnu je me lance.

Dilemme :
Savoir oser
Vouloir se taire
Oser vouloir
Taire son savoir
Savoir se taire
Vouloir oser

20 → Aujourd’hui sans pitié

Elle court vite l’arachnidée mais quand elle pense rejoindre une cache…  coup de patte de velours et retour au centre de l’aire de jeu de Ricky, le chat. Il regarde, fait mine de s’en désintéresser, au moindre mouvement la malmène, l’envoie dans un autre coin… Je tente de l’attraper pour la libérer mais Ricky surgie et la prend dans sa gueule, les pattes restées à l’extérieur bouge encore. Il la relâche plus loin pour continuer à jouer jusqu’à ce qu’elle ne bouge plus, qu’elle soit morte, il la mangera. Les chats ont un côté psychopathe, aucune empathie, sans pitié.

21 → Aujourd’hui dégoût et des couleurs

Ces dernières années un immense nouveau quartier à surgie du sol à côté de chez-moi. J’y longe les canaux créés, vous savez les fameuses zones humides créées pour compenser démagogiquement et hypocritement l’émergence de la bétonisation. On crée des zones humides là où elles n’ont pas lieu d’être, mais l’on a détruit celles existantes. Et dans ces canaux artificiels, l’eau a l’odeur et la couleur d’égout, à vous dégoûter.

22 → Aujourd’hui la force

Force ? Que dire ?
Souvenir d’école :
Une force résultante qui agit sur un corps, ce dernier accélère dans la direction et le sens de la force.
F=ma
F → Intensité de la force résultante sur le corps.
m → la masse du corps
a → l’accélération du corps

23 → Aujourd’hui mélange

San Francisco

  • 1 mesure de jus d’orange
  • 1 mesure de jus de citron
  • 1 mesure de jus d’ananas
  • 1 mesure de jus de pamplemousse
  • 2 traits de grenadine
  • Eau gazeuse pour remplir le verre

Normalement il y a aussi un blanc d’œuf mais je n’aime pas.

24 → Aujourd’hui c’est longtemps

Le rétablissement d’une tendinite.

25 → Ce qui vous empêche d’écrire

Ma tendinite à l’épaule.

26 → Aujourd’hui numéro en couleur

7, les sept couleurs de l’arc-en-ciel.

27 → Aujourd’hui journée des pieds

Sous caresses douces,
Baume et pieds en repos,
Bien-être éphémère.

FIN.

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Littérature – 366 réels à prise directe de Sima 01 – du 01 au 15

Janvier 2024 du 1 au 15

Je me lance dans ce défi sachant par avance que je ne le tiendrais pas quotidiennement. Lorsque je suis en randonnée ou ailleurs, je n’ai pas forcément le thème ni l’envie.

J’ai mis dans la catégorie Littérature, je vous rassure, je ne me sens pas une âme, ni une plume d’écrivain mais il fallait bien le ranger quelque part.

Je les publierai par quinzaine.

Je me lance donc dans cette aventure tant qu’elle me distrait et m’amuse. Je me connais et je ne brille pas par la constance et je peux vite m’en ennuyer et ne souhaite pas m’imposer de contrainte qui risquent de me barber.

Le plus compliqué fût de retranscrire tout sur mon blog (en essayant d’y corriger les fautes) mais surtout sans rien changer, rien retravailler… Jamais je n’aurai publié certains « réels » que je n’aime vraiment pas… J’ai donc vraiment dû prendre sur moi pour la publication de ce billet. Mais bon, ça reflète l’instantané rarement satisfaisant.

Prises rapides, on sent même que parfois c’est à l’arrache !

366 réels à prise rapide (les règles)

Janvier, tant que j’en aurais envie.

01 → Aujourd’hui résolutions révolutions – 20h37

Aujourd’hui marque le début de mes résolutions 2024. Sont-elles une révolution ? Certainement pas ! Je n’ai pas la prétention ni l’ambition de changer le monde, peut-être y contribuer modestement à mon humble niveau. Je ne compte pas non-plus me réinventer ni rompre avec mon quotidien. À bien y réfléchir mes résolutions non-évolutionnaires n’est qu’une liste d’une banalité entendue : Santé, relations, activités (physiques, pseudo-artistiques, pseudo-intellectuelles).
Je m’engage à embrasser la vie avec une intensité renouvelée… mais n’est-ce pas ce que j’essaie de faire chaque année avec plus ou moins de succès ? Je peux y ajouter : garder mon optimisme et mon moral au bon fixe.

Mince, j’ai dépassé les cents mots ! 107, ça commence mal.

02 → Aujourd’hui bleu – 14h45

Sous un ciel de nuances d’acier mon cœur soupire,
Le bleu éclatant, lointain, me manque, m’inspire.
Grisaille et pluie dansent, effacent l’azur,
Mon âme en quête de l’azur se fait murmure.
Les nuages tissent des voiles sombres,
Éclipsant le firmament, mille ombres.
Le bleu du ciel, comme un doux souvenir,
Se cache derrière des rideaux de givre.
Les gouttes tristes frappent en cadence,
Un chœur monotone, une mélancolie en transparence.
Je rêve du bleu qui caresse l’infini,
Où le soleil dore chaque pli.
Mais dans ce gris, une promesse discrète,
Mon cœur retrouvera l’azur, source de rêves modestes.

Ouf, juste en dessous des cents mots. 98 mots et poésie de pacotille 🙂

03 → Aujourd’hui taper – 21h32

Taper, quel drôle de mot aujourd’hui ! Au sens propre, frapper ? Je n’ai tapé personne et l’on ne m’a pas tapé non-plus, c’est la pire des solutions pour résoudre un différent. Au sens figuré, demander de l’argent. Non, j’en ai demandé à personne et l’on ne m’a rien demandé non-plus.
Que m’inspire ce mot ?
Il tape sur des bambous, il joue pas les requins
Tahiti Touamotou Équateur méridien
Y a des filles de partout qui lui veulent du bien
Lui la gloire il s’en fout et ça va, ça vient

Mais je chante faux et ce n’est pas de moi mais de Philippe Lavil.

Mince, je dépasse les cents mots, 106.

04 → Aujourd’hui le plus petit des petits riens – 16h52

L’eau frémissante,
Sazen à la table basse,
Le délice du thé.

Thé matcha, un des « petits riens », moment simple et ordinaire du quotidien qui nous apporte du réconfort.

Là, pour le coup, je l’ai fait en moins de 100 mots (28).

05 → Aujourd’hui acheté – 12h40

Depuis peu je me lance dans l’aquarelle et pour cela je m’étais acheté du papier spécial…
Sima on t’a dit aujourd’hui !…
Oui, j’y viens, patience…

Donc avant-hier je m’installe pour dessiner et si j’ai retrouvé plein de pinceaux, aucun n’est pour l’aquarelle. Inutile de dire que dans ce cas il ne fût pas simple de peindre.
Aujourd’hui, je me suis donc acheté trois pinceaux il y en avait à tous les prix. Ce qui a déterminé mon choix : 1 – mon budget, 2 – si je devais vendre mes œuvres débutantes, elles n’amortiraient pas mon investissement (7,95 € les 3).

Pile 100 mots !

06 → Aujourd’hui que deviendra cet enfant plus tard ? – 16:30

Une jeune femme agenouillée dans l’un des couloirs du métro parisien. Il y a un gobelet posé devant elle, c’est tout ce qu’il y a. Elle évite le regard des passants qui de toute façon l’ignore et passent devant elle en faisant mine de l’ignorer, de ne pas la voir.
Elle est enceinte, une grossesse bien avancée qui ne peut plus se cacher. Un enfant qui naîtra dans la plus grande misère et la précarité. Que deviendra cet enfant plus tard, cet enfant pas encore né ?

87 mots.

07 → Aujourd’hui surprise – 13h05

Un jour ordinaire, soudain mon téléphone sonne avec une voix familière qui émerge de l’oubli : un ex-collègue perdu de vue depuis presque deux ans. La surprise me fige, créant un instant de connexion spontanée, rappelant des souvenirs professionnels et ravivant des liens perdus. Je lui suis reconnaissant pour ce coup de téléphone impromptu qui dura plus d’une heure.

59 mots.

08 → Aujourd’hui une question lue quelque part – 18h15

Lu sur le réseau social Mastodon : Êtes-vous favorable au permis à 17ans ?
Habituellement je n’aurais pas cliqué sur le lien qui me renvoie vers un vote qui déjà était clos, de toute façon je n’aurais pas voté.
Voilà une question que je ne me suis jamais posée. J’aurais tendance à dire : pourquoi pas ? Mais je pense que la priorité est au développement des transports en commun pour tous et dans tous les lieux… Alors que l’élargissement de la base d’acheteur potentiels de voitures bénéficierait aux constructeurs au détriment de la protection de l’environnement. Alors NON !

Pile 100 mots !

09 → Aujourd’hui tentative de liberté – 13h00

Mon mal de dos m’empêche de partir randonner dans le Cézallier, annulant ainsi tout plan d’évasion et tentative de liberté que j’avais initialement prévus pour la mi-janvier. Ça ne pourra pas se faire avant la semaine 7, kiné oblige, le temps nécessaire à la rééducation pour espérer recouvrer la mobilité nécessaire.

51 mots.

10 → Aujourd’hui livre posé – 18h50

Un livre solitaire, délaissé, dort dans l’ombre,
Pages froissées, contes oubliés, sa vie sombre.
Livre posé, abandonné, puis repris, récit sacré,
Les mains caressent les pages des mots ressuscités.

29 mots.

11 → Aujourd’hui à midi pile – 12h05

Dernières bouchées,
Le repas qui s’achève,
Café sans sucre.

9 mots

12 → Aujourd’hui description du comportement des humains – 20h35

Les humains sont complexes et naviguent entre émotions et raison.
Leurs actions sont motivées par des aspirations individuelles ou collectives, parfois les deux.
Entre altruisme et égoïsme, ils manifestent une diversité de comportements influencés par leurs cultures et leurs traditions dont certains aimeraient les voir immuables en opposition à ceux qui les souhaitent évolutives, autant de sujets de tensions qui les divises alors qu’ils sont des êtres sociaux, les humains sont riches de contradictions.

74 mots

13 → Aujourd’hui ce qui ne fonctionne pas – 9h30

En tenu d’Adam je me glisse dans la douche me retourne pour faire coulisser et fermer la porte vitrée et voilà que les roulettes quittent leur guide, je la rattrape à temps, mes orteils ont eu chaud.
J’essaie de la remettre, en vain. La pose en équilibre précaire et sors prendre ma brosse à dent en bambou… Le manche me servira de levier. Outil dérisoire, le manche casse. Je continue à me battre, non pas à mains nues mais entièrement nu sur un sol glissant contre une porte vitrée qui pèse le poids d’un mort… Le combat est perdu d’avance.

100 mots.

14 → Aujourd’hui transparences – 11h40

Jaune transparent,
Opaque avec de l’eau claire,
Magie du pastis.

Peut-on faire des haïkus avec tout et n’importe quoi ?

Un apéritif que j’aurais pu prendre ce midi si je n’avais pas décliné l’invitation… à consommer avec modération.

38 mots.

15 → Aujourd’hui j’attends – 19h05

Le compte à rebours est parti !
Je prépare peu à peu mes effets…
Je vibre d’anticipation… le jour J de mon départ sur les chemins de Compostelle est encore loin, trois mois et j’espère que mes chaussures usées raconteront l’histoire de mon parcours.
J’attends, je m’impatiente avec l’espoir des promesses de découvertes et de rencontres.
Je compte les jours, j’attends le jour J.

64 mots.

Vous pouvez vous lacher dans les commentaires, je ne me vexerai pas.

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Humeur – Je me lance dans l’art postal

Humeur – Je me lance dans l’art postal

L’art postal, également connu sous le nom de « mail art » est une forme d’art populaire qui implique l’envoi de petites œuvres d’art via le service postal traditionnel. Il a émergé dans les années 60 / 70.

Si j’ai toujours écrit des lettres manuscrites à mes proches pour les anniversaires, fêtes, ou autres prétextes (à la plume 1.5 ou 1.1 en fonction de la longueur du texte)… dernièrement je me suis passionné par cette forme de correspondance bien plus personnalisée.

– Houa Sima, t’es un artiste !
– Heu non, on va relativiser…

Art postal, la première fois.

Car oui, comme pour tout, il y a toujours une première fois.
Cela remonte à une quinzaine d’années.
Un ami qui fabrique des sandales en cuir me demande de lui envoyer mon empreinte de pieds sur un carton avec un centimètre de marge… Je m’exécute et lui envoie directement le carton de mon empreinte de pied, sur lequel j’avais dessiné mes empreintes d’orteils (pour rire) et au recto tout un texte sous forme « poétique » en cercle et boucle… J’y avais mis son adresse, un timbre… Bref, je lui ai envoyé ça sous forme de blague me disant que ça le ferait marrer sans être certain, vu le format, qu’il le recevrait.
Il l’a reçu, ça l’a bien fait marrer. Il m’a téléphoné et m’a dit que cela s’appelait de l’art postal…
– Ha bon, ok.

J’ai continué à communiquer par lettres manuscrites traditionnelles avec mes proches, le temps a passé.

Ce qui a provoqué mon intérêt.

Alors que je n’avais plus entendu parler d’art postal depuis des années, je vois passer lors d’échanges dans mes contacts Mastodon deux personnes qui partagent leur passion pour l’art postal, photos à l’appui. J’en discute avec eux, je reçois deux courriers art postal qui m’ont fait très plaisir, je demande des conseils… Bref des échanges très sympathiques ! Et ça m’a donné envie de m’y essayer.

Et c’est parti !

J’ai commencé très simplement, un graphique devant, derrière une vielle carte de Bretagne trouvé sur internet, à l’intérieur des photos personnelles que j’ai retouchées, vieillies… Pour le pliage je me suis inspiré de l’un des courriers reçus. Je devais bien commencer par quelque chose.

Ensuite, je me suis remis au dessin, et là, c’est comme beaucoup de choses, on perd beaucoup lorsque l’on ne pratique plus. J’ai créé plusieurs cartes, certaines ont été envoyées, d’autres sont attentes, beaucoup sont parties à la poubelle. Cela dit, plus j’en fais, plus j’y prends plaisir et plus j’ai de nouvelles idées. Dernièrement j’ai fait une carte postale entièrement en numérique (sur papier photo) que j’aime bien car il représente le dos de mon pc portable et ça n’a pas été plus rapide que les autres cartes que je dessine. J’ai d’autres projets de découpages, collages, etc.

Pour conclure.

Mes cartes « Art Postal », je les appelle « Cartes Personnalisées » car je ne me sens pas une âme d’artiste, tout comme lorsqu’elles étaient simplement manuscrites, je ne me suis jamais senti l’âme d’un écrivain. Lorsque j’envoie une carte personnalisée, je n’attends rien en retour. J’ai déjà été récompensé en bonheur en la créant, l’écrivant et en l’envoyant, le plaisir est comblé lorsque je sais qu’elle est bien arrivée à destination. Je pense que recevoir une carte ou une lettre manuscrite au milieu des factures et des publicités fera bien plus plaisir qu’un simple texto, même s’il m’arrive de doubler mon envoi par un sms, par exemple, pour souhaiter un bon anniversaire.

Je trouve que c’est aussi une sorte de pied de nez à ce monde hyperconnecté.

2023-1021-lettre -001.jpg, oct. 2023
Recto
2023-1021-lettre -03.jpg, oct. 2023
Verso

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Ecrire un billet, quand il faut se mettre à la tâche

René Magritte sima sima78Que ce soit au boulot ou au quotidien, nous avons toujours plein de bons prétextes pour éviter ce que nous devrions faire, mais pour le coup c’est un bon sujet de billet.
Sur cette dernière réflexion j’ai décidé d’argumenter plus bas en me basant sur un extrait de « Le vagabond » de Tristan Bernard, que je résume en trois phrases:

Nous ne faisons pas ce que nous devrions.
Ce que nous devrions faire nous ne le faisons pas.
Et, nous nous reposons sur la pensée que la chance nous viendra en aide.

En fait je n’argumente pas, je vous laisse lire!
Extrait à lire:
« (…)
Ce jour-là donc qui était un lundi, j’étais absolument torturé par la nécessité d’écrire un tout petit article que j’avais promis pour le jeudi précédent. J’avais déjà envoyé plusieurs lettres pour m’excuser. Chacune d’elles était plus longue à elle seule que l’article en retard.
(…)
J’avais décidé la veille que je ferais mon article le matin, afin d’avoir un après-midi de tranquillité inviolable. Mais toute la matinée avait coulé sans qu’on s’en aperçût, bien qu’elle fût occupée par un constant remords. Tout prétexte était bon pour reculer l’affreux moment où je m’assoirais à ma table. Il m’avait semblé absolument nécessaire de vérifier les bandages d’une machine excellente à changement de vitesse, à roue libre, une bicyclette de première marque dont je ne me servais d’ailleurs pas. Arrivé dans le hangar où elle se trouvait remisée, il me parut indispensable de gonfler le pneu arrière. Notez que je déteste gonfler des pneus, que ça ne m’arrive pour ainsi dire jamais, que c’est pour moi le plus écœurant des labeurs. Mais cette besogne était facultative, tandis que l’autre – Celle qui m’attendait dans mon cabinet de travail – l’autre était obligatoire, implacablement !
Après avoir gonflé lentement, posément, mes deux pneus, je me rendis dans le potager où je me mis à arroser des fleurs, à la stupéfaction du vieux jardinier qui ne m’avait jamais vu me livrer à une occupation pareille.
Je crois même que, ce matin-là, j’allais jusqu’à ratisser les allées du jardin. Enfin le déjeuner arriva. Je restai à table le plus longtemps que je pus. Je fis une partie de dames, que je perdis ; puis la revanche que je perdis également, et contre toute légalité je demandai à faire la belle !
Après les parties de dames, on ne pouvait vraiment se mettre tout de suite au travail. Il fallait de toute nécessité se dégourdir les jambes en faisant quelques pas sur la route.
Il faisait très chaud, abominablement chaud. J’aurais été cent fois mieux, les stores baissés, dans mon cabinet… Mais dans mon cabinet, il y avait une table impérieuse, des feuilles de papier d’une blancheur despotique, un inexorable encrier.
Je me promenai sur la route déserte, épiant sans me l’avouer le moment où quelque passant  surgirait au détour du chemin.
(…)
Il me semble à la réflexion que c’était là un sujet d’histoire, que la Providence m’envoyait charitablement.
Je remontai dans ma chambre et je fis mon article sans plus tarder sur un sujet d’ailleurs différent.
Mais tout n’est pas perdu, en somme, puisque ce sujet je le retrouve aujourd’hui. »

Image : Le pèlerin de René Magritte, 1966

Lettre manuscrite à l’époque du sms et du snapchat

reveur et lettre manuscriteEt oui, je suis de ceux qui dans ce monde rempli de sms, snapchat, et autres réseaux sociaux (twitter, facebook, etc.) envoie encore et toujours des lettres manuscrites.

Deux raisons à cela.

L’envoi :
lorsque je prends mon Rotring calligraphique 1.5, un papier à lettres de bonne qualité, je sais déjà que je vais passer un bon moment. Cet instant d’écriture, je vais le passer pleinement avec la personne à qui est destinée le courrier. En effet, je me concentre pour m’appliquer, pas facile, car les pensées me viennent plus vite que ma capacité d’écriture, mais ce n’est pas grave, je suis content de passer cet instant intemporel avec le/la destinataire… Je suis « Ici et maintenant » avec lui, elle ! Je suis heureux de lui écrire, une véritable satisfaction, et j’espère qu’il ou qu’elle sera heureu(se)x de me lire.
Donc dans un premier temps, l’écriture est une autosatisfaction que l’on espère partagée.
Dans l’intention de faire plaisir, on choisi également l’enveloppe, un beau timbre…

La réception :
vous êtes content de recevoir un sms vous fêtant votre anniversaire, quelqu’un a pensé furtivement à vous (s’il est, et vous aussi, sur les réseaux sociaux, il a certainement été notifié). Vous êtes content de voir sur les réseaux sociaux que telle ou telle personne passe de bonnes vacances à l’autre bout du monde, images et vidéos à l’appui, oui, cela fait plaisir…
Mais lorsque vous relevez votre courrier et qu’au milieu des factures et des publicités vous recevez une carte postale, une lettre, une épître… manuscrite. Vous savez qu’une personne a pris le temps de vous choisir une carte, qu’elle s’est attablée à une terrasse de café pour vous l’écrire, rien que pour vous, puis l’a posté. Et la lettre ou l’épître dans votre boite aux lettres, vous savez que la personne a passé plusieurs minutes, des précieuses minutes en pensant qu’à vous. La carte postale ou la lettre vous est personnellement choisie, destinée, les mots ne sont que pour vous et mûrement réfléchis.

J’ai la faiblesse sentimentale de penser que les messages virtuels (sms et autres) sont comme les paroles, tous cela s’envole, mais que les écrits (à l’encre) restent.

Soit! Certains me diront que sur le web tout reste de façon presque éternelle… Oui mais de façon pathétique et incontrôlable, alors que le manuscrit est émouvant, touchant voire troublant et on peut le garder, ou le supprimer s’il nous contrarie.