Humeur – 200 millions de dollars

Lit de Sima78, sept. 2021
Lit de Sima78

Humeur – 200 millions de dollars

Vous avez tous entendu ces derniers jours la fameuse croisière de trois jours dans l’espace.

Trois jours dans l’espace : la croisière SpaceX vaut 200 millions de Dollars.
C’est Jared Isaacman, un homme d’affaires qui a fait fortune avec un système de paiement nommé Shift4 qui régale. Il paie les billets des trois autres passagers, pour une somme qui ne dépasserait pas 200 millions de dollars.
Encore un caprice de riche qui tente de se justifier par un prétexte pseudo-scientifique et caritatif.

Quand on arrive à ces sommes là (presque 200 millions, ou plus ou moins), on ne va pas chipoter et restons-en à 200 millions de dollars.

La presse nous informe régulièrement de caprices, détournements de fonds, marchés, etc. de plusieurs centaines de millions quand il ne s’agit pas de milliards et nous lisons tout cela sans nous offusquer, ou pas trop… Un peu comme une chanson que l’on n’aime pas mais qu’a force de l’entendre à la radio, l’on finit par la fredonner.

Lorsque l’on a un salaire moyen, ou bas, ou encore minimum, voire au RSA il est difficile de s’imaginer ce que représente 200 millions de dollars, je veux dire en argent, en travail, c’est difficile de se le représenter.

Que serait 200 millions de dollars sous notre matelas ?
Alors j’ai décidé d’essayer de vous matérialiser cela pour vous défaire de ces chiffres aux multiples zéros qui sont au-delà de notre imaginatif.
Nous allons donc prendre la base de 200 millions de dollars.
Cela s’écrit ainsi :
200 000 000 $

Comme nous sommes en Europe, nous allons les convertir en euros. À l’instant où j’écris ce billet le dollar est 0,85016 € ce qui fait:
170 035 000 €, bon, là aussi on ne va pas chipoter, on est plus à 35 000 € euros près, ne soyons pas mesquins et arrondissons à 170 000 000 €.

Donc 170 millions de pièces de 1 €… C’est pas plus concret sima78 ! Ok, alors pour les compter on va les mettre côte à côte.

La pièce de 1 € fait 23,25 mm de diamètre, donc mises côte à côte cela fait :
(170 000 000 X 23,25 mm)/1 000 = 3 952 500 m soit divisé encore par mille cela fait une ligne de 3 952,5 km de pièces de 1 €.

Pour que cela prenne moins de place nous allons les empiler, la pièce fait 2,33 mm d’épaisseur.
(170 000 000 X 2,33 mm)/1 000= 396 100 m soit une pile de 396,100 km.

Comme cela prend vraiment trop de place on va prendre des billets de 100 € neufs (pas des froissés, hein !), il fait 0,12 mm d’épaisseur.
((170000000/100)*0,12)/1000=204
Si ont les mets sur la tranche, côte à côte, il nous faudra une étagère de 204 mètres de long de billets de 100€.

170 millions d’euros c’est un gros volume de billets, et en salaires, que cela présente-t-il ?
Au moment où j’écris le salaire minimum net est de 1 230,60 €.

170 000 000 € correspond à 138 143,99 salaires minimum net.

Quelqu’un gagnant le salaire minimum travaillant pendant toute sa carrière (47 annuités par exemple) aura touché 694 058,40 €. Je vois venir les pointilleux : ce n’est pas bon comme calcul car le salaire minimum est réévalué de temps en temps voire chaque année… Soit ! Mais celui qui peut dépenser 170 millions pour trois jours aura ses ressources augmentées de façon proportionnelle si ce n’est exponentiel dans le même temps.

Donc combien de carrières de « smicars » pour 170 millions d’euros ?
Pour arriver à cette somme de 170 millions d’euros il faudrait presque 245 personnes travaillant au salaire minimum pendant 47 ans… Oui je sais le salaire minimum augmente un peu chaque année… mais ça donne un ordre d’idée de ce que cela représente 170 millions d’euros.

Oui mais !
C’est que les presque 245 personnes travaillant au salaire minimum pendant 47 ans n’auront rien épargné et seront peut-être même endettés car moins l’on gagne et plus l’on est sujet aux crédits à la consommation, il faut bien se faire plaisir de temps en temps lorsque le salaire ne sert qu’à payer le loyer, les charges, la nourriture, l’habillement, bref, le nécessaire, et encore…

On pourrait également élargir l’étendu de ces caprices à la pollution engendrée.
À moi que l’on va prochainement faire payer les ordures ménagères au poids (et non pas ceux qui su-remballent les marchandises), par contre on ne parle pas de la pollution et de la détérioration de l’environnement pour la fabrication de telles fusées. De la pollution engendrée lors de son lancement et celui de l’espace par tout ce qui y reste (Je ne dis pas que Crew Dragon laisse des débris dans l’espace, j’en sais rien, mais si on peut éviter les envois inutiles)… On se rapproche du scénario du syndrome Kessler.

Quand on a les moyens on se permet tout ! Tiens, on dirait une citation d’Audiard « Les cons ça ose tout ! C’est même à ça qu’on les reconnaît« .

Et cela serait dans le but de collecter des fonds pour le centre de traitement du cancer des enfants du St. Jude Children’s Research Hospital. Mais qu’il les donne directement ses 200 millions de dollars et qu’il demande à ses copains d’en faire autant plutôt que nous polluer en conneries.
Bon, là c’est une un autre sujet qui pourrait être long…

Mon billet s’est transformé en coup gueule, tant pis ! Arrêtons de banaliser les centaines de millions!

Humeur – Sentiment de solitude avec GnuPG

René Magritte sima78, janv. 2018
René Magritte sima78

Humeur – Sentiment de solitude avec GnuPG

Je n’envisageais pas écrire un billet sur le sujet. Faire un Tuto sur GnuPG ? Certains en ont fait d’excellents et je ne vois pas ce que je peux y ajouter.

C’est un billet de ChezIceman « Tuto – Le mail sécurisé c’est pas si facile, sauf si… » qui m’a décidé de parler de mon expérience.

J’utilise GnuPG depuis déjà un certain temps.

J’ai plusieurs PC, tous sous linux, j’utilise sur tous GNOME Evolution (bah oui, j’aime bien) comme messagerie sauf sur l’un sur lequel j’utilise Thunderbird, car le pc a moins de ressource et Thunderbird est moins lourd qu’évolution… Me semble-t-il.

Je n’ai aucune expérience sur ordiphone puisque je ne communique pas par mail depuis mon ordiphone, je n’ai donc aucune expérience sur le chiffrement depuis ces appareils. J’ai bien une messagerie configurée dessus, mais elle est dédiée uniquement à recevoir mes log « Logwatch » et « Fail2ban » de mon serveur. Je n’envoie pas de message depuis cette messagerie.

J’ai bien une messagerie sur mon ordiphone professionnel, mais pas chiffrée et uniquement pro… Enfin, j’avais… depuis qu’il est cassé il y a 4 mois ils me l’ont remplacé par un téléphone à clapet, manque de budget, du temporaire paraît-il, entre-temps ils ont payé un ordiphone tout neuf (plus de 400 €) pour qu’une partie de mes équipes vérifient les Pass Sanitaires du public… Mais bon, ça c’est une autre histoire.

Bref, j’utilise GnuPG !

Il y a toujours un début à tout.
Je ne saurais pas dire depuis quand, mais assez tôt, lorsque j’ai découvert GnuPG (début des années 2000), je me suis documenté, créé mes clés, etc.

Wouaa Sima, mais alors tu communiques en chiffré depuis longtemps ! Hola, on se calme.[1]

Au tout début, j’étais donc seul à détenir une paire de clés, personne d’autre dans mon entourage, ce qui ne sert strictement à rien, car il faut au moins être deux pour communiquer en chiffré. Mais le sujet m’intéressait, j’apprenais et signais mes messages même si je savais que personne de l’autre côté pouvais vérifier ma signature… Ça ne servait donc à rien sauf pour ma culture personnelle.

Quand il y a un début, c’est qu’il y a une suite.
Puis j’ai rencontré (On Line) trois blogueurs qui utilisaient GnuPG avec qui j’ai communiqué en chiffré. Enfin, je pouvais tester mes connaissances, mettre en pratique la théorie acquise et j’en étais heureux, je pense que la joie était partagée, il y avait si peu de personnes qui utilisaient GnuPG.

Le hasard de la vie fait que l’on sait perdu de « vue », en fait ils ont arrêté de bloguer et nous n’avons plus communiqué. Puis il y a eu les « Café Vie Privée » (qui ne fonctionnent plus vraiment), j’ai participé à certains, j’en ai organisé dans les Yvelines avec d’autres libristes et dans ce contexte j’ai rencontré d’autres personnes qui communiquaient en chiffré, et des personnes qui s’y intéressaient. Ce qui me fait un peu sourire aujourd’hui, c’est que j’ai connu des personnes avec des discours défendant de façon abrupte la nécessité d’échanger en chiffré, faisant presque culpabiliser ceux qui ne le faisaient pas… Et qui aujourd’hui sont retournés à leurs messageries (FAI) sans chiffrement…
Toujours est-il qu’il a eu une période où j’ai échangé un peu plus en chiffré.

Puis c’est retombé comme un soufflé mal cuit.
Il faut dire qu’utiliser GnuPG, n’est pas si simple, cela demande une certaine rigueur (la rigueur n’est pas ma qualité première), tenir à jour ses clés, les synchroniser, être vigoureux pour le réseau de confiance, etc. Il faut reconnaître que c’est un peu une usine à gaz et je me suis retrouvé un peu seul, je n’ai que de rares personnes dans mon entourage utilisant le chiffrement pour communiquer. Sentiment de solitude !

Démocratisation et retour timide du chiffrement.
Alors bien sûr il y a la médiatisation, mais je pense que la sensibilisation est plutôt liée à l’actualité et aux nouvelles formes de communiquer de façon plus sécurisée : SMS via Silence, réseau Signal, Element, Telegram et autres. Et ce sont, AMHA, ceux qui communiquent via ces applications qui s’intéressent à la messagerie chiffrée, ce qui en fait une continuité et il y a des propositions « grand public » comme Prontomail et autres sauf que la grande majorité de ceux qui l’utilisent n’ont pas une réelle connaissance de ce qu’est une clé privée et clé publique et utilisent donc Prontomail de la façon la plus basique.

Dernièrement j’ai un collègue qui me dit : moi aussi Sima je communique en crypté (hou, ça fait mal aux oreilles), j’utilise Prontomail. Bah non, tu ne communiques pas en chiffré, en tout cas pas avec moi. Il ne faut pas oublier que Protonmail, comme d’autres, est une messagerie qui PERMET de communiquer de façon chiffrée, en cela j’ai vraiment apprécié le tutoriel d’Iceman « Tuto – Le mail sécurisé c’est pas si facile, sauf si… » que je conseille aux utilisateurs de Protonmail.

On va peut-être finir par savoir communiquer par mails chiffrés.

Deux excellents tutoriels GnuPG

Gnu Privacy Guard (GnuPG) Mini Howto (Français)

et l’excellent « Bien démarrer avec GnuPG« 

Précision de dernière minute: alors que le billet était déjà écrit et programmé pour sa publication j’ai souhaité tester l’application OpenPGP-Applet sous ubuntu20.04 pour gérer mes clés depuis une interface graphique. Une application qui par le passé ne m’a jamais convaincu par son fonctionnement hasardeux. Je l’installe, la lance et rien ne se passe, rien ne s’affiche… Pourtant avec un « ps aux » je vois que le processus est lancé, mais rien! Bon, je retourne à mes lignes de commande, mais le chiffrement conviviale pour l’utilisateur lambda n’est pas pour demain.

PS : avertissement pour ceux qui utilisent GnuPG sous Evolution, les pièces jointes ne sont pas chiffrées, il faut préalablement les chiffrer avant envoi.

Note(s)

  1. ^ Oui, ceux qui me lisent, les rares, savent qu’il m’arrive souvent de faire les questions réponses, en plus d’être dyslexique, je dois avoir une pointe de schizophrénie non diagnostiquée, je me sens moins seul devant l’écran 🙂