Dans cet article je vais commencer par brosser une liste des appréhensions pour terminer par les biens-fait de la randonnée en solo. Pourquoi 7 ? C’est un chiffre que j’aime bien, ce n’est pas exhaustif, mais un bon départ pour apprivoiser tes peurs et faire place aux plaisirs.

Les 7 appréhensions :
La peur de se perdre
L’angoisse de la solitude (ou de l’inconfort mental)
Le doute sur ses capacités physiques, La peur de ne pas être à la hauteur
Le manque de sécurité en cas de blessure ou d’accident
La peur de l’inconnu et La gestion de l’imprévu
La charge mentale de la logistique
Le jugement des autres

Oui, tu auras des appréhensions… et c’est normal !

Si tu envisages une première randonnée en solitaire, sache que tu auras des peurs et des craintes. Et c’est tout à fait normal. Ces craintes ne sont pas des signes de faiblesses, mais la preuve que tu prends la chose au sérieux.
L’idée de passer une nuit seul en pleine nature, d’affronter la météo, le silence, et autres peut faire hésiter. On se demande « suis-je prêt ? Est-ce raisonnable ? ». Ta première nuit en bivouac seul sera bien plus intimidante que les suivantes. Alors commence petit, mais commence. Car derrière chaque appréhension surmontée, il y a une récompense : la fierté d’avoir osé, et le bonheur de découvrir que tu es plus capable que tu ne le crois.

1. La peur de se perdre
« Et si je ne retrouve pas mon chemin ? »
Sans personne pour partager tes décisions tu peux craindre de perdre le sentier ou de mal interpréter une carte.

  • Apprends à lire une carte et utilise un GPS ou une appli fiable (OsmAnd[1] ou MaRando® de la FFRandonnée).
  • Prépare ton itinéraire à l’avance et informe quelqu’un de ton trajet.
  • Commence par des sentiers bien balisés avant de t’aventurer en zone plus isolée.

2. L’angoisse de la solitude (ou de l’inconfort mental)
« Vais-je me sentir isolé, paniquer sans compagnie ? »
Se retrouver seul avec soi-même peut être déstabilisant surtout au début et si tu n’es pas habitué à la solitude.

  • Accepte que cette solitude fasse partie de l’expérience. Elle peut d’abord déranger puis devenir une force.
  • Tu apprendras à t’écouter, à observer, à te recentrer.
  • Tu peux aussi garder un carnet de bord ou prendre un livre.
  • Profite de la solitude pour méditer, réfléchir ou, simplement apprécier la nature.

3. Le doute sur ses capacités physiques, la peur de ne pas être à la hauteur
« Vais-je y arriver ? »
Sans l’effet de groupe on redoute de ne pas tenir la distance, de ne pas réussir, de compétences ou de motivation.

  • Commence par des randonnées courtes et faciles pour gagner en confiance.
  • Prévois des pauses régulières et teste ton matériel en amont.
  • Mieux vaut commencer trop court que trop long.

4. Le manque de sécurité en cas de blessure ou d’accident
« Et si je me blesse ? »
En cas de chute ou de blessure l’absence de compagnon peut inquiéter.

  • Préviens un proche de ton itinéraire et de ton heure estimée de retour.
  • Emporte une trousse de premiers secours et commence par des itinéraires bien flèchés.

5. La peur de l’inconnu et la gestion de l’imprévu
« Si un orage éclate ? Si je croise un animal sauvage ? Si je perds quelque chose ? »
Ne pas savoir exactement ce qu’on va vivre, comment on va réagir…c’est un saut dans l’inconnu.

  • Renseigne-toi sur la faune locale et apprends les gestes de base (ex. : ne pas courir).
  • Préparation = confiance. Plus tu anticipes les aspects pratiques (météo, matériel, itinéraire), plus tu diminues cette part d’incertitude.

6. La charge mentale de la logistique
« Ai-je bien pensé à tout, n’ai-je rien oublié ? »
Gérer seul l’itinéraire, le matériel, la nourriture et l’eau peut sembler accablant.

  • Prépare minutieusement ta randonnée à l’avance (itinéraire, points d’eau, refuges, etc.)
  • Fais une liste de ton équipement et teste-le avant de partir.
  • Opte pour des aliments légers et faciles à préparer. Simplifie au maximum !
  • Moins tu auras de décisions à prendre sur le terrain, plus tu seras serein.

7. Le jugement des autres
« On va me trouver bizarre de randonner seul… »
Certains peuvent craindre d’être jugés pour leur choix de partir seul.

  • En réalité la plupart des gens admirent ceux et celles qui osent partir seul(e) !
  • Parle de tes motivations pour rassurer tes proches. Sinon, dis simplement que tu cherches du calme et de l’autonomie.

7 bonnes raisons pour partir seul :
Une liberté absolue
Un retour à l’essentiel (et à soi-même)
Un boost de confiance en soi
Des rencontres plus authentiques
L’aventure sur mesure
Connexion avec la nature
Le sentiment d’accomplissement unique

Et au-delà des doutes, il y a tant à vivre…

Non, partir seul ce n’est pas fuir les autres et encore moins soi-même. Si Annabel Abbs le dit très bien au nom des femmes dans son livre « Méfiez-vous des femmes qui marchent », ça s’applique à chacun, c’est le choix d’une liberté à ton propre rythme. Loin du tumulte des transports, du taf, des obligations sociales notre esprit s’apaise. C’est un moment rare où l’on peut penser autrement, rêver sans filtre et se poser aussi les bonnes questions… une forme de méditation en mouvement !

Étonnement, partir seul favorise aussi des rencontres plus spontanées et authentiques. Bref, c’est une expérience qui change notre rapport au monde, aux autres et à nous-mêmes. Pas besoin d’être aguerri, il suffit de commencer modestement et de se laisser surprendre.

1. Une liberté absolue
« Je décide de chaque détail de mon aventure. »
Pourquoi c'est génial? Tu avances à ton rythme, t’arrêtes quand tu veux, choisis ton itinéraire, tes pauses, ton bivouac.

  • Pas besoin de compromis, chaque décision t’appartient.
  • Tu peux changer tes plans à tout moment selon tes envies.
  • Plus besoin de consensus : ce sommet à gravir ou cette sieste au soleil ? À toi de décider !

2. Un retour à l’essentiel (et à soi-même)
« Je découvre des parts de moi. »
Sans distractions sociales tu redécouvres le silence, tes pensées et une connexion avec la nature.

  • La randonnée en solitaire te permet de te recentrer sur l'essentiel, loin de la vie quotidienne.
  • C'est une occasion de te reconnecter avec toi-même, de réfléchir et comme dit plus haut, de méditer.

3. Un boost de confiance en soi
« Chaque défi relevé seul me rend plus fort. »
Prendre seul la décision de partir, s’orienter, gérer les imprévus, tout cela donne une vraie solidité intérieure.

  • Gérer seul les imprévus (météo, orientation) forge ton assurance.
  • Chaque difficulté surmontée, chaque journée accomplie te rappelle que tu es capable.
  • Affronter et surmonter les défis seul renforce la confiance en soi et l'autonomie.
  • C'est une occasion de mieux se connaître et de découvrir ses propres limites.
  • Tu rentres avec une estime de toi plus solide.

4. Des rencontres plus authentiques
« En solo, tu es plus abordable. »
Partir seul ne veut pas dire rester isolé, au contraire on attire naturellement le contact.

  • Les échanges sont souvent sincères et spontanés.
  • On écoute mieux, on s’ouvre plus, et on vit des moments de partage inattendus.

5. L’aventure sur mesure
« Je crée l'itinéraire qui correspond à mes envies. »
Ta randonnée devient exactement ce que tu veux qu’elle soit (sportive, contemplative, improvisée, etc.), il n’y a pas de compromis à faire, pas de programme à suivre, ou si, celui que tu te donne.

  • C’est une aventure à ton image qui évolue au gré de tes envies et de ton humeur.

6. Connexion profonde avec la nature
« Je contemple la nature et les paysages. »
Sans discussion, sans distraction tes sens s’aiguisent.

  • Tu remarques les paysages, les sons, les odeurs.
  • Tu fais partie du paysage.
  • La nature devient une compagne de route.
  • Ça t’ancre dans le présent.

7. Le sentiment d’accomplissement unique
« La joie d’arriver au bout par mes propres moyens. »
Quand tu poses ton sac à l’arrivée, tu ressens bien plus qu’une simple fatigue physique, c’est une fierté.

  • Tu n’as compté que sur toi-même.
  • Tu as surmonté l’inconnu, parfois la solitude, souvent tes propres limites.
  • Tu t’es prouvé que tu pouvais y arriver sans dépendre de personne.

Partir seul c’est bien plus que marcher, c’est s’accomplir.

- Et toi Sima, tu n’as jamais eu d’échecs ?
- Ça arrive que ça ne se passe pas comme prévu…

Et les échecs dans tout ça ?

Lors de ma reprise, j’ai chuté plusieurs fois, je me suis fait une coupure à la paume, une ampoule vite devenu très douloureuse, j'ai dû écourter ma rando. Une autre fois en Espagne j’ai dû interrompre la randonnée après quatre jours alors qu'elle était prévu beaucoup plus longue pour avoir sous-estimé les dépenses in-situ.. D’autres encore ont été ajustées en chemin.
Face aux imprévus, chacun prend les décisions qui lui semblent les plus sages.

Mais je ne considère pas ces moments comme des échecs mais comme des leçons. Je me satisfait de ce que j'ai parcouru sinon comme pour l'Espagne, ce n'est que partie remise, et je prévois la reprendre là où je l'ai laissée.

Et la préparation physique ? Au risque d’en choquer certains, j’estime qu’il n’y en a pas besoin !
Si tu es déjà sportif, fais des assouplissements, de la course à pied, etc. évidement, c’est un plus.
Tu es sédentaire et tu prends ta voiture pour tout ? Rien n’est perdu ! Trouve-toi une randonnée de 2 ou 3 jours sans trop de dénivelés, avec des hébergements (pas obligé de commencer par du bivouac) et un sac léger. En attendant, commence par marcher pour tes courses quotidiennes et fais quelques balades d’une demi-journée près de chez toi pour faire tes chaussures et réveiller tes muscles.

Partir seul, à ton rythme, à l’écoute de ton corps, au fil des randonnées ton rythme évoluera.

Conclusion : Ce n’est pas une fuite, c’est un choix !

Partir seul, ce n’est pas fuir les autres, c’est choisir un espace à soi. Chaque pas te rapproche de toi-même et renforce ta confiance. Oui, il y aura des imprévus, des moments de doute, mais ce sont eux qui écrivent les plus belles histoires.
Comme je l’ai appris à mes dépens (entre blessures et itinéraires écourtés) chaque expérience, même inachevée est une leçon. L’important n’est pas d’arriver au bout coûte que coûte mais d’oser se lancer.

Alors, si tu ressens cet appel à marcher seul, n'hésite plus. Lance-toi et vis cette expérience, la route est longue mais chaque pas en vaut la peine. Bonne randonnée et que chaque sentier te mène à une nouvelle découverte de toi-même.

Au bout du sentier il y a bien plus qu’un paysage, il y a toi !

Une question, un retour d’expérience, une anecdote ? Je t’invite à le partager en commentaire, c’est toujours un plaisir d’échanger.

Le billet « Randonner Seul pour la Première Fois : Le Guide de Ceux qui Osent » est apparu en premier sur le blog de Sima78.

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Auteur : Tarasna0922
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Note(s)

  1. ^ OsmAnd : Si le site est en anglais, l'application et la documentation est en français.